jeudi 7 juin 2018

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 27


 Bien le bonjour, tout le monde ! 

L'année scolaire s'achève doucement, mais sûrement. Bientôt, cours, stages, mémoire et soutenance seront derrière moi et je pourrai enfin goûter à des vacances bien méritées ! 

Mais en attendant la délivrance, je vous propose un nouveau chapitre de Bendy and Boris. Bonne lecture ! 


PS : Courage à tous ceux qui passent le bac ce mois-ci !




Les quatre compagnons de route poursuivaient leur exploration de la grotte, attentifs. De temps à autre, ils criaient le nom de leur ami manquant dans l’espoir de recevoir une réponse. Seul Cuphead ne se joignait pas à l’effort général, comme indifférent. Il avait fait émerger un peigne d’une poche intérieure de sa veste qu’il fixait depuis de longues secondes, comme si l’objet était capable de lui fournir des réponses aux questions qui tenaillaient sa pauvre cervelle. A cette vue, Bendy se rapprocha de lui et s’efforça de lui offrir un sourire encourageant.
-       Hé, peut-être qu’on va retrouver aussi Jackpot, lui suggéra-t-il.
Le nervi du Diable haussa un sourcil, pas le moins convaincu par cette proposition. Il passa son peigne dans sa chevelure élastique pour lui redonner un semblant de forme.
-       Ça m’étonnerait, répondit-il d’une voix égale. Il n’a pas dû survivre.
-       Ne sois pas un tel rabat-joie, mec… 

La mine chiffonnée de celui qu’il avait appris à considéré comme un ami toucha le mécanicien. Il devait réellement s’inquiéter pour le pauvre petit chat… Il asséna un coup de poing léger sur le bicep du frère de Mugman.
-       Allez, Cupperoo. Tu ne penses même pas ce que tu dis !
-       Si, je le pense, rétorqua l’intéressé à voix basse, mais j’espère avoir tort…
Mugman voulut s’approcher de son aîné pour le réconforter, mais il n’en eut nullement le temps. Tout à coup, un rugissement abominable s’éleva, statufiant nos quatre acolytes. Sous leurs yeux terrifiés, une gigantesque araignée venait de surgir des ténèbres ! Ses huit pattes monstrueuses brassaient l’air alors qu’elle fonçait vers eux, l’écume à la gueule. Les aventuriers savaient qu’ils devaient fuir ou, tout du moins, dégainer leurs armes, mais ils étaient pétrifiés à la vue de l’instrument de leur mort imminente. C’est alors que l’immonde créature s’effondra à quelques pas d’eux.


Tous retinrent leur souffle et l’un d’entre eux laissa même lui échapper un petit cri aigu sous la forme d’un filet de voix. Les jambes sciées par l’intensité de l’émotion qui les avait assaillie, ils s’entregardaient, tremblants à l’idée que le moindre mouvement pourrait attirer sur eux l’intention de l’araignée. Cependant, un éclat rougeoyant attira l’attention de Boris. Il écarquilla les yeux en constatant que du sang s’échappait des crocs du monstre en un flot épais et dense. Il humecta sa bouche desséchée de sa langue puis parvint enfin à balbutier : 
-       Attendez… Est-ce qu’elle est morte ?
Les compagnons de route n’en revenaient pas ! Maintenant que leur panique s’était quelque peu estompée, ils se rendaient compte que de larges béances s’ouvraient dans le corps de leur assaillante. La carapace épaisse avait été explosée par endroits sous la force de coups dévastateurs et des coupures cisaillaient son corps tout entier. Qui avait pu lui causer autant de dégâts… ? Un frisson parcourut la petite troupe. Ils n’étaient pas certains de vouloir rencontrer l’auteur de toutes ses plaies.
Néanmoins, ils y furent très vite confrontés. En effet, ils s’aperçurent que leur ennemie n’avait pas débarqué seule. Une silhouette se dressait sur son dos ensanglanté, une large épée à la main. Elle les observait depuis son perchoir, l’œil aiguisé, le visage fermé. C’était…  
-       Monsieur Félix ! s’exclama-t-on. 


Le chat leur offrit un sourire et son masque froid fondit instantanément comme neige au soleil. Il sauta du corps de sa victime, soucieux et heureux à la fois de retrouver ses camarades. Son sourire s’effaça très vite à la vue de l’abdomen bandé de Boris, de l’œil gonflé de Cuphead et des mines échevelées des deux autres.
-       Mon Dieu, que vous est-il arrivé, les gars ? s’inquiéta-t-il.
-       Monsieur Félix, le coupa le louveteau, c’était… !
-       Incroyable ! hurla le mécanicien en s’interposant entre son frère et son idole, les pommettes rosies d’excitation.


Félix, bien que surpris par l’intervention intempestive de son lecteur, eut la gentillesse de ne faire aucune remarque. Il rit, soulagé. On dirait que tout le monde allait bien… Il sentit quelque chose remuer contre sa poitrine. Le chat sourit légèrement puis écarta les pans de sa veste.
-       C’est bon, p’tit gars, le monstre est parti.
La tête toute ébouriffée de Jackpot émergea du vêtement sous les yeux ébahis des compagnons de route. Cuphead ne put retenir un cri de joie et courut récupérer le chaton. Celui-ci, ravi, se peletonna dans les bras du nervi du Diable. Il alla même jusqu’à frotter son front contre le menton de son ami en ronronant de satisfaction. Mugman, ravi de la tournure des évènements, se mit à gratouiller le ventre rond et chaud de l’animal. Tout était bien qui finissait bien… Quel soulagement ! Un soupir grave s’échappa de la poitrine de Félix. Pendant un moment, il avait perdu espoir…
-       J’étais si inquiet, avoua-t-il. Surtout quand j’ai vu ton sac sur l’araignée, Boris…
-       Mon sac ? l’interrogea vivement l’intéressé.
-       Oui. Regarde autour, je pense toujours qu’elle l’a.
Intrigué, le louveteau se pencha en avant pour confirmer les dires du chat. Un sourire éclatant étira ses lèvres à la vue de son sac à dos, toujours accroché à la patte de l’immonde créature. Il délaissa son frère et ses amis pour aller le récupérer. Pendant ce temps, Félix examina ses camarades, souhaitant leur apporter son aide s’ils étaient blessés. Heureusement, cela ne semblait pas être le cas, si on exceptait l’œil gonflé de Cuphead. Pour le moment, il n’y pouvait rien ; il fallait attendre que la poche de sang se résorbe.
L’aventurier remarqua que la fourrure de son petit lecteur, par contre, avait besoin d’être brossée : elle était plus dépeignée encore que celle de Jackpot !
-       Tu as été attaqué aussi, Bendy ? le questionna-t-il. Tu es tout échevelé…
-       Oh, non, c’est une histoire différente, le rassura le malade en préférant passer sous silence sa chute peu glorieuse dans le tunnel.
L’écrivain lui sourit avec douceur. Il fit surgir une brosse de sa sacoche enchantée et la brandit sous le nez de Bendy.
-       Hé bien, tu vas me la raconter pendant que je démêle tout ça, d’accord ?
Cette suggestion fit aussitôt monter le rouge aux joues à son interlocuteur. Ce dernier tenta bien de bafouiller une contestation, mais cette tentative se solda par un échec et il finit par accepter les bons soins de son idole, plus que ravi que celle-ci s’occupe de lui.


Boris, sur ces entrefaits, revint, chargé de son sac à dos. Il en profita pour demander à l’aventurier s’il pourrait ensuite lui emprunter sa brosse afin que lui-même remette un peu d’ordre dans ses poils, ce que Félix accepta tout naturellement. Une fois que ce dernier en eut fini avec son lecteur, il se recula d’un pas, satisfait du résultat.
-       Et c’est fini, annonça-t-il.
-       Merci, papa !
Un silence consterné tomba sur la petite troupe. Les mots étaient sortis avec un tel naturel que Bendy n’avait rien pu faire pour les retenir entre ses dents. Se rendant subitement compte de sa bourde, le mécanicien passa par toutes les couleurs : blanc, vert, puis rouge écarlate ! Il enfouit son visage entre ses mains et étouffa un cri de malaise contre ses paumes, monstrueusement gêné. Dans son dos, Boris peinait à réprimer un éclat de rire alors que Cuphead se fichait allégrement de lui, plus qu’heureux de le voir dans l’embarras. L’écrivain, touché par cette appellation, couvait le malade d’un regard tendre que ce dernier ne remarqua pas, trop occupé à essayer de se faufiler dans le sac à dos de son petit frère dans le vain espoir de disparaître à jamais de la surface de la terre.    
-       Cache-moi pour toujours, Boris ! suppliait-il.
Impitoyable, l’intéressé refusa aussi sec.


Il alla même jusqu’à repousser son aîné afin d’avoir accès au contenu de son sac à dos et en retirer la carte, soulagé de voir qu’elle était intacte. Si jamais l’araignée l’avait abîmée – ou pire ! détruite ! – il ne se le serait jamais pardonné.
-       Parfait, nous allons pouvoir nous remettre en route, s’exclama Mugman. J’ai hâte de sortir de cette grotte, elle me donne froid dans le dos.
Tous l’approuvèrent vivement. Les cinq aventuriers se remirent en route, soulagés d’avoir enfin réussi à se réunir. Ils ignoraient quels autres obstacles se dresseraient sur leur route, mais cela importait peu. Ensemble, ils pourraient les surmonter, ils en avaient la conviction.
Tous emboîtèrent le pas du louveteau qui avait revêtu un pull avec ravissement, soulagé d’avoir enfin quelque chose sur le dos. Boris avait le nez plongé dans la carte et avançait d’un pas sûr. Bendy trépignait d’impatience. Ils allaient enfin pouvoir mettre la main sur le premier fragment de l’Ink Machine ! A ses yeux, il s’agissait du premier pas vers sa guérison inespérée. Peut-être n’allait-il pas mourir, en définitive… Il avait l’impression de vivre un rêve éveillé.
Néanmoins, la mine sombre de son idole le préoccupait. Il finit par se racler la gorge puis s’adresser à lui, inquiet :
-       Quelque chose vous préoccupe, monsieur Félix ?
L’écrivain eut une moue pensive. Il finit par pousser un soupir avant de confier ses pensées au reste de la troupe :
-       Les araignées des rochers vivent toujours en groupe et sont rarement aussi grosses… J’ai remarqué des membres d’araignées avec des traces de crocs sur mon chemin. J’ai peur que quelque chose de bien plus dangereux nous attende plus loin.
Les quatre compagnons de route s’entregardèrent, anxieux. Il fallait qu’ils soient sur leurs gardes. A leur grand soulagement, cependant, ils ne rencontrèrent plus aucun monstre. Ce fut un autre problème qui se dressa bientôt sur leur route. 
-       Les gars ? les interpella le louveteau. La carte dit que nous devrions poursuivre dans cette direction, mais la route est bloquée… 
En effet, le chemin était encombré par d’énormes rochers. Un éboulement devait avoir eu lieu ! Impossible de continuer par là. Félix vint coller son oreille contre la paroi.
-       Je peux entendre une cascade… constata-t-il. Il y a quelque chose derrière !
Bendy s’avança aussitôt pour observer la caillasse. Plutôt satisfait de son examen, il recula d’un pas pour déposer sa sacoche et remonter ses manches, un sourire au coin des lèvres.
-       OK, débarrassons-nous de tout ça ! Ça ne semble pas bien lourd.


Cuphead, de son côté, leva les yeux au ciel, fatigué par les inepties qui pouvaient parfois sortir de la bouche du mécanicien. Comme s’il était possible qu’il soulève de tels blocs de pierre ! Tout ce qu’il allait y gagner, c’était un bon mal de dos et une nouvelle humiliation, comme si celle de tout à l’heure n’avait pas suffi. 
-       Ne te méprend pas, la crevette, intervint-il. Il n’y aucune chance que tu parviennes à…
Néanmoins, il eut tôt fait de ravaler ses paroles. Sous ses yeux ébahis, le malade venait de saisir à bras le corps un rocher qui faisait au moins le double de sa taille. Et le pire, c’était qu’il le soulevait dans les airs comme si de rien n’était !


Le mécanicien se recula de plusieurs pas pour déposer son fardeau. Il trottina ensuite vers l’amas de cailloux afin de renouveler son geste. Alors qu’il tenait un nouveau rocher contre lui, Boris l’interpella dans un soupir.
-       Ça va prendre une éternité si l’on fait ça, Bendy, fit-il remarquer.
-       Oh, alors tu suggères quoi ? le questionna son aîné.
-       Repose ça, d’abord, on va y réfléchir.
Le mécanicien haussa les épaules, mais obtempéra. Lui et son frère se mirent à débattre sur la façon de dégager la voie, très vite rejoints dans leur conciliabule par Mugman et Félix. Seul Cuphead demeura un moment en retrait, stupéfait. Il comprit avec surprise que Bendy était loin d’être aussi faible et pathétique qu’il ne l’avait cru au premier abord. Non, le malade cachait bien son jeu… En fait, si lui et Mugman n’avaient possédé leurs pouvoirs, ils auraient été battus à plat de couture depuis un long, très long moment.

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