mercredi 18 décembre 2013

TOP 10 2013

   Bien le bonsoir, chers lecteurs ! Ce soir, comme l'année dernière, il est l'heure du top 10 ! 
   L'année dernière, les cinq meilleurs mangas et meilleurs livres avaient trouvé une place dans ce classement. Cette année, je renouvelle la bibliothèque avec des titres tout neufs, tout beaux ! Certaines histoires sur lesquelles j'ai déjà écrit un article mériteraient largement d'avoir leur place ici (L'invisible, Darker than Black, Le Parfum…), mais pour que vous puissiez en avoir encore plus, je ne présenterai ici que des nouveaux.
   Une fois n'est pas coutume, nous commencerons par les mangas et les animés avant de nous attaquer aux romans, nouvelles, pièces de théâtres et autres genres littéraires. Le top 10, le voici ! 

   J'ouvre d'emblée avec les mangas et les animés, donc ! Et le bal commence avec un bijou de complexité qui mêle complots, examens, peur et doutes, j'ai nommé Afterschool Charisma !
   L'académie de Sainte Cléo ne reçoit que des clones de personnes prestigieuses : Freud, Napoléon, Marie Curie, Mozart, Jeanne d'Arc… Un jour, le clone de Kennedy est assassiné. Chaque clone est-il obligé de suivre la voie de son original ? Quel est le rôle de Shiro, le seul à être un véritable humain, dans cet engrenage infernal ?
   Quelle place ont les clones dans la société des hommes et pourquoi existent-ils ? Réponses en bulles, un chef d'œuvre !
 
   Le deuxième à prendre place dans ce top 10 est Tiger & Bunny, un animé sur des supers héros qui luttent contre le mal et dont l'intégralité des exploits est retransmis à la TV via une sorte de jeu pour déterminer lequel est le roi des héros ! 
   Parmi ces figures héroïques, il existe un duo, Kotetsu (un vieux de la vieille) et Barnaby (un jeune héros) dont les caractères on ne peut plus opposés vont se heurter avec violence quand ils ont auront l'obligation de travailler ensemble. Kotetsu est un papa poule idéaliste qui cache son métier à sa propre fille et Barnaby un jeune homme qui révèle son identité dès sa première intervention avec un lourd passé. Des moments drôles, tendus, émouvants promis ! A voir ! 

   Le troisième s'intitule Vinland saga. Ce manga sanglant et sombre porte sur les impitoyables vikings et leurs spectaculaires pillages. L'histoire tourne autour d'un groupe dirigé par Askelad, un homme puissant et intelligence, meneur d'homme exemplaire. Durant une attaque, il a tué le père de Torfinn qui est le héros de ce manga. On le suit à travers les tomes dans sa queête vengeresse. D'autres histoires s'ajoutent à cette trame comme la conquête du pouvoir du jeune prince Knut. Il y a un grand basculement dans l'histoire au tome 8 qui nous fait changer d'univers qui apporte une toute nouvelle dimension à l'histoire. Aussi surprenant que prenant, un manga à découvrir absolument !

Arrive maintenant un nouvel animé fascinant dont le titre est Fate/Zéro. L'histoire est en réalité le préquel à Fate stay night avec des évènements qui datent de dix ans auparavant. L'animé relate le combat entre sept magiciens nommés par le Graal qui doivent s'entretuer pour l'obtenir. Dans leur tâche, ils sont secondés par des esprits invoqués par des reliques. Pour être sûre d'obtenir le Graal qui a promis d'exaucer le vœu du vainqueur de ce jeu morbide, une des grandes familles de magiciens engage Emiya, un mercenaire prêt à tout pour parvenir à ses fins. Une histoire absolument superbe et émouvante ! J'ai adoré et vraiment regretté, par contre, que le personnage de Matou Kariya ait un rôle aussi ingrat.

Enfin, pour terminer ce classement de manga, je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Il s'agit d'une histoire dont l'auteur n'est autre que Naoki Urasawa, je veux parler bien entendu de ce monument qu'est Monster. Je n'ai jamais lu/vu un manga pareille. L'intrigue est… c'est Monster, quoi ! L'histoire débute en 1986 en Allemagne. Dans un hôpital réputé, le neurochirurgien japonais Tenma est destiné à une brillante carrière et il est fiancé à la fille du directeur de l'hôpital. Pourtant, un jour, il refuse d'opérer le maire et se charge d'un garçon qui a reçu une balle dans la tête, arrivé dans les urgences avant le maire. Malheureusement, ce dernier décède et la chute de Tenma débute. Sa fiancée le quitte, sa promotion lui file entre les doigts, le garçon (et sa sœur jumelle qui avait été hospitalisée aussi) disparaissent. Alors que tout semblait aller contre lui, ceux responsables de son malheur décèdent dans de mystérieuses circonstances. Neuf ans plus tard, Tenma découvre enfin le responsable de ces meurtres : Johan, le garçon qu'il avait sauvé. Débute alors un périple haletant pour ce docteur accusé de meurtres pour arrêter le monster qu'est devenu Johan et qui sème la mort autour de lui.
   Un manga magnifique ! A voir absolument ! L'intrigue est bien plus complexe que cela, mais si je devais vraiment vous faire un résumé correct, je n'aurai pas fini.

  Nous voici arrivé dans la seconde partie du top 10  avec trois romans, une pièce de théâtre et une trilogie.
   J'attaque très fort avec l'une des meilleures pièces de théâtre que j'ai lu et dont je pu m'imprégner de toute la complexité et la subtilité comme on l'étudie en classe. Il s'agit de Lorenzaccio, d'Alfred de Musset dont je ferai prochainement un article car je ne peux ici tout vous expliquer et vous démontrer à quel point cette histoire est fantastique.
    Lorenzo de Médicis est un personnage historique célèbre pour l'assassinat du duc de Florence, Alexandre de Médicis, son cousin. Alfred de Musset, à travers son chef d'œuvre, reprend cette partie de l'Histoire et la relate en y ajoutant sa touche personnelle, c'est-à-dire une pessimisme noir qui entache l'âme des personnages et la ville de Florence, théâtre de débauches. Un bijou littéraire !

   J'ai choisi ensuite de vous présenter Le dragon de glace, un livre que m'avait prêté un ami.  Sur le coup, il ne m'avait pas réellement plu, mais, après l'avoir terminé, il m'est souvent revenu en tête. Cette histoire, tendre et triste, m'a bien plus marquée que je ne l'aurai cru. L'histoire est celle de Mik, un jeune garçon sans mère et avec un père alcoolique au dernier degré. Il ne peut compter que sur son frère, même si celui-ci traîne dans pas mal de magouilles. Puis un jour, Mik est placé par les services sociaux chez sa tante Lena. Contrairement à ce qu'il craignait, il se plaît là-bas, se fait des amis. Il connaît le bonheur. Mais cela lui est vite retiré.
   Un très beau livre qui traite d'un sujet assez sensible avec brio. A lire !

    Le livre suivant m'a été prêtée par une autre amie (on un a gros trafic de livres et de mangas au lycée). La sélection dont je n'ai pu lire que le tome un jusqu'alors. Je dois avouer que quand elle me l'a passée j'étais très, très septique quant au sujet. Finalement, je l'ai dévoré. Même s'il n'est pas aussi super que Starters, dans le genre, il n'est pas mal non plus. Il s'agit d'un roman dystopie construit sur les ruines des Etats-Unis, dans un pays divisé par castes. Pour le mariage du prince, 35 jeunes filles de différentes castes ont été sélectionnées pour concourir entre elles et tenter de séduire le prince Maxon. Pour America Singer, amoureuse et déterminée, cette sélection est plus un cauchemar qu'un rêve. Mais sa rencontre avec le prince va la faire changer d'avis. Drôle et très intéressant !

   En quatrième, voici Totto-chan, la petite fille à la fenêtre, un roman tendre et intelligent. A Tokyo, vers 1940, Tetsuko, alias “Totto-chan” mène la vie dure à son institutrice : incapable de se concentrer, elle passe son temps à guetter les musiciens de rue depuis le fenêtre de sa classe, au point qu'elle finit par se faire renvoyer de son école. Ses parents l'inscrivent alors à Tomoe, une école atypique et empreinte de liberté où Tetsuko va apprendre à se respecter et respecter les autres. Elle prend goût à l'étude, défend ses camarades handicapés, apprend de ses échecs, devient autonome. Elle fera aussi l'expérience du racisme, de la guerre et de l'intolérance. Un très beau lire que j'ai lu il y a bien quelques années, pour ne rien cacher, mais dont je garde un très beau souvenir.

Pour conclure, voici une trilogie que j'ai dévoré il y a des années et des années de cela. Il s'agit de la Trilogie de Bartiméus, une très bonne collection fantastique (d'après mes souvenirs, tout du moins). L'histoire se déroule au XIX siècle. Bartiméus, un djinn vieux de près de 5000 ans, se fait invoquer par Nathaniel, un jeune homme surdoué qui souhaite se venger d'un humiliation qu'il a subi en public. Leur but ? Dérober l'amulette de Samarcande à Lovelace, un magicien à l'ambition démesurée, et la remettre entre les mains du premier ministre. Mais le complot est plus important que ce à quoi pouvaient s'attendre nos deux héros et l'humour décapant de Bartiméus n'est parfois pas de trop pour qu'ils se sortent d'affaire. Une collection magique à lire absolument !… C'est malin, j'ai envie de la relire, maintenant !

   Ceci conclut le top 10 2013 ! Merci à tous pour votre soutien et votre présence, ça fait toujours plaisir de vous voir aussi nombreux sur le blog, même si les commentaires se font rares. J'espère que je vous ai donné envie de lire ! Passez de très bonnes fêtes et aussi de très bonnes vacances !

Marine Lafontaine        

   

  

lundi 9 décembre 2013

LE PARFUM, BIS

   Bonsoir tout le monde ! 
   Aujourd'hui, j'ai profité d'une mini baisse de tension pour m'échouer sur le canapé devant un DVD d'une amie. Je me pelotonne dans les couvertures, ma peluche Yoshi sous le bras, mon chien couché contre moi et je lance le film. Et quel film ! 

   Le film, c'est Le parfum, histoire d'un meurtrier, tiré du célèbre roman de Süskind dont je vous avais parlé récemment, avec, dans le rôle principal, Ben Wishaw.

   Le film a été réalisé par Tom Tykwer en 2006. Le réalisateur a aussi participé au scénario avec Andrew Birkin et Bern Eichinger… Je dois vraiment penser à revoir ma culture cinématographique, parce que je ne connais aucun de ces messieurs ! 

   L'histoire reprend donc celle de Süskind avec un souci de d'adhération absolument saisissant ! L'intrigue est respectée à la lettre et le personnage de Grenouille parfaitement respecté tout en parvenant à le renouveler, c'est juste incroyable ! Parce que adapter ce roman à l'écran a dû se révéler une tâche plutôt ardue.

   Pendant un moment, j'ai eu peur qu'ils ne changent la fin ou le personnage de Richis, mais il n'en a été rien, fort heureusement. Le rendu est superbe, magistral. Un grand moment à passer. 
    Un reproche ?… Voyons, des reproches…Bah, pas vraiment. J'ai beaucoup aimé la légende de Baldini avec les treize essences car elle explique vraiment pourquoi Grenouille va collecter le parfum des jeunes filles.
   L'amie qui m'a passé le DVD n'a pas du tout aimé, par contre. C'est vrai que l'histoire est très spéciale, en plus d'avoir un fort côté dérangeant (bah, c'est Jean-Baptiste Grenouille, hein…). Mais c'est justement ça qui fait du Parfum une si belle histoire. 
   
   Ah, et je vous conseille vivement de regarder le film en anglais. La façon dont les acteurs prononcent le nom de Jean-Baptiste Grenouille est excellente !

Marine Lafontaine   


dimanche 8 décembre 2013

CONTRE ARTICLE SHAMPOING

   Je vois d'ici les yeux ronds, l'air de dire “Un contre article shampoing, mais qu'est-ce qu'elle nous a sorti ce coup-ci ? Ça y est, elle a un pété un boulon ?” Mais non, toutes les vis de ma petite tête sont toujours bien à leur place, je vous rassure ! 

   Ce soir, double article sur deux sujets dont je ne vais pas faire l'éloge, mais la critique ! Le premier se nomme "Meganebu”, un animé très récent et le second est “Under the umbrella with you”, un manga de Junko dont je vous avais parlé il y a des mois de ça. 

   Alors, qu'est-ce que “Meganebu” ? Un animé qui, comme son titre l'indique, parle d'un club… de lunettes ! Comment ça, c'est pas clair ? Pourtant, il n'y a pas plus littéral. En effet, “megane” en japonais signifie “lunettes” et “bu” c'est “club”, ou plus exactement “cercle”. 


   L'histoire est donc celle d'un club dont le thème est “les lunettes”. Le but ultime de ses cinq membres, des lycéens, est de créer des lunettes à rayon X pour pouvoir regarder des jeunes femmes nues sans se faire pincer. C'est pour vous dire le niveau… 

   Je n'ai rien contre l'idée d'un club de lunettes, moi-même en portant depuis ma plus tendre enfance. Le concept est pas mauvais, mais franchement… trop, c'est trop ! 

   Un ! Je suis désolée, mais quand on décide de créer un manga dans un milieu scolaire, on dessine les figurants ! Ou on les esquisse, je ne sais pas ! Mais on met pas des robots partout, quoi ! Là, on a l'impression de se retrouver dans un manga post-apocalyptique où les êtres humains ne sont qu'une poignée de survivants. De plus, un manga dans un lycée, c'est l'occasion de faire intervenir plein de personnages secondaires, c'est vraiment bête d'avoir choisi ce lieu et de ne pas du tout en exploiter les avantages.
   Deux ! Il n'y a que des hommes… à lunettes ! Je sais que c'est le thème, mais quand même. Leur but est de pouvoir mater des nanas, et on en voit nulle part. Et puis, tout le monde ne porte pas que des lunettes !… Si ? 
   Trois ! Bah trop c'est trop… Sérieusement, ils m'ont fatigué… et un peu pris le chou, pour parler gentiment. On a réellement l'impression que l'univers tout entier est centré autour des lunettes, c'est pas croyable, ça… 

   Bon, je ne vais pas m'attarder dessus, je dois avouer ne pas en avoir envie et manquer de matière. Les graphismes ne sont pas mauvais, au moins.  

  Alors, ensuite nous avons “Under the umbrella with you” et là, je vais m'attirer pas mal de regards noirs, je pense… 
   Under the umbrella with you, c'est un manga, un one-shot de Junko, une mangaka assez célèbre pour ses histoires comportant des histoires amoureuses homosexuelles. Ici, cela raconte l'histoire d'un lycéen qui rencontre un étudiant alors qu'il allait lui voler un parapluie… voilà. 

   Pourquoi je n'ai pas aimé ? Bah… Je n'ai pas accroché au personnage principal, déjà. Il a un côté attachant qui se révèle vers la fin, mais sinon, rien. Or j'ai besoin d'avoir un certain sentiment vis-à-vis des personnages, que ce soit négatif ou positif. Là c'était… rien. 
   Ensuite, ça va peut-être surprendre parce que Junko est célèbre pour son style assez léger et tout, mais je n'ai pas aimé son coup de crayon. Le dessin ne m'a pas plu, ça m'arrive rarement, mais là, oui. 
   Enfin, j'ai été déçue par l'histoire en elle-même. Tout s'enchaînait trop facilement à mon goût. Je demandais pas une intrigue hyper complexe avec des complots et tout (ça reste une amourette, rien de plus), mais un peu plus de construction, tout de même. 

   Je ne dénigre en rien le travail de Junko, attention. J'ai lu un autre manga d'elle appelé “Conveni-kun” qui m'a beaucoup plu… Bon, OK, je l'ai lu en anglais (je ne l'ai pas trouvé en français sur internet…), mais je l'ai trouvé touchant et plus structuré que “Under the umbrella with you”. Et, curieusement, j'ai plus aimé le trait dans “Conveni-kun”. Faut pas chercher à comprendre, je crois… 

   Voilà, c'était un petit contre article shampoing ! J'espère que vous l'avez aimé ! Si vous le souhaitez, vous pouvez toujours m'envoyer des suggestions à mon adresse mail (marine.lafontaine@sfr.fr), ou me suivre sur Facebook, Google + et/ou Twitter ! 
   Bonne soirée à tous, je vous conseille d'allumer votre radio pour écouter l'émission spéciale sur France Inter pour leur 50 ans. Concert intergénérationnel au rendez-vous ! 

Marine Lafontaine
   

mercredi 4 décembre 2013

L'INVISIBLE

   Bonsoir, nouvel article de la soirée sur un coup de cœur aussi morbide que fascinant, j'ai nommé L'invisible de Robert Pobi (appelé aussi Blood man).

   J'avais déjà entendu parler de ce livre il y a un long moment, pour tout avouer et j'avais été très tentée par un résumé lu dans un magasine. Puis un jour, je suis tombée dessus. Moi qui ne lit que très rarement des thrillers, je n'ai pas hésité une seule seconde avant de l'embarquer chez moi. Je l'ai dévoré. 

   Horreur, frissons, suspens, art, passés, tatouages et morbide se mêlent dans une ambiance aussi malsaine que fascinante. L'arrivée imminente d'un ouragan ajoute de la tension au récit où tout semble aller crescendo. Jusqu'au point culminant de son intrigue, Pobi nous tient en haleine et la fin nous laisse incroyablement frustré. Personnellement, j'en voulais encore. 
  
   Bon, l'histoire, tout de même, parce que je parle, je parle, mais je ne dis pas grand chose au final, moi… Nous sommes dans la ville de Montauk (Nouvelle-Angleterre) la ville natale de Jake Cole, un profiler hors du commun. Il n'y est pas revenu depuis près de trente ans, mais son père, un célèbre artiste, s'est immolé. Alors que Jake comptait repartir le plus tôt possible, il a reçu un appel de la police locale pour enquêter sur un double meurtre : une femme et un enfant ont été trouvés écorchés vifs dans leur maison de vacances. C'est sa signature, Jake le sait. Oui, trente trois ans plus tard, le meurtrier de sa mère est de retour. La traque est ouverte.  

   Alors, pourquoi lire ce livre ? L'intrigue, déjà. Très bien construite, très bien menée, très bien écrite. Les personnages, ensuite. Jake, Jacob, Kay, Frank, Hauser, Emily… Une galerie incroyable aux personnalités très diverses, aux caractères fouillés, aux passés élaborés. Un délice. 

  Je dois quand même avouer avoir rapidement trouvé l'identité du meurtrier (vers la moitié, je crois). Mais, je vous rassure tout de suite, ça ne m'a en rien enlevé du plaisir à la lecture, au contraire ! Ça m'a captivé. Je voulais comprendre le pourquoi du comment. Qui plus est, lire le nom du meurtrier m'a tout de même fait un choc. J'espérai me tromper, mais non… 

   Ce qui est aussi remarquable dans ce livre, c'est le mélange de l'art et de la mort. Jacob Coleridge, le père du personnage principal, est un peintre célèbre qui aurait fréquenté les plus grands (Picasso et Warhol, entre autre). Ses toiles vont nous guider tout au long de l'histoire. Et Jake Cole, son fils, est un artiste, également. Il peint les morts, comme il le dit lui-même.  Il analyse les œuvres des meurtriers, les déchiffre, les commente, en découvre les clés, les failles…

   J'ai vraiment adoré Pobi, et je suis même triste de l'avoir terminé si vite. Un grand moment de plaisir et de frissons. 

Marine Lafontaine 

   

HAPPY BRITHDAY GALERIE PERROTIN

   Dimanche, onze heures, appareil photo en main, je me retrouve devant le Tri Postal. Direction, une exposition venue tout droit de la Galerie Perrotin ! 

   Alors, pourquoi une exposition sur une galerie, ou plus précisément un galeriste ? Perrotin est un galeriste qui a démarré jeune (17 ans) dans le marché de l'art. Aujourd'hui, il possède une galerie à Paris (rue de Turenne), mais aussi une à Hong Kong et une autre à New York. J'ai lu sa biographie un peu en diagonale, mais j'ai remarqué qu'il avait notamment travaillé avec Marina Abramovic. Cet homme a découvert une poignée de “super stars” et, pour son flair, nous ne pouvons que le remercier.

   L'exposition a pour but de rendre compte de la vision de l'art d'Emmanuel Perrotin. A travers les différentes salles, on rencontre des artistes de tout horizon, ce qui rend l'ensemble à la fois très intéressant et déroutant, comme se veut l'art moderne. Des artistes comme JR, Ivan Argote ou Murakami m'ont fascinée et/ou surprise. Par ici le guide, je vais vous faire découvrir quelques œuvres qui valent le détour. 

   Tout d'abord JR qui a été, d'après moi, la découverte de cette visite. Cet artiste anonyme prend des photos de personnes comme vous et moi pour ensuite les imprimer sur papier et les coller dans la rue, un travail qui ressemble assez à celui de Ernest Pignon Ernest, un autre artiste tout aussi remarquable (ils auraient d'ailleurs travaillé ensemble sur un projet en Afrique du Sud, à Soweto). Ici, à votre droite, vous avez une photo de son projet Woomen are heroes, dans une favela de Rio. 
  Pour cet artiste, la plus grande galerie du monde est la rue. Je vous conseille de vous rendre sur son site pour comprendre le message de l'artiste et en profiter pour découvrir d'autres œuvres de JR.

   Ensuite, il faut tout de même que je vous parle de Paola Pivi, puisque c'est une de ces œuvres qui sert d'affiche pour l'exposition. 
   Alors que dire… ? D'après les dires de notre guide, Paola Pivi aurait en réalité disposé des tasses de faux capuccino dans une pièce… puis aurait lâché un guépard. OK… Je ne comprends pas bien le sens de l'œuvre, mais il est vrai que le rendu visuel est saisissant. 
   Une autre photographie de Paola Pivi est exposée à côté de la première. Cette fois-ci, des zèbres se font un câlin en Alaska… Pourquoi ? Quel est le message ? Quelqu'un peut-il me le dire ?! Professeur Candide, avez-vous une répon… Ah, il est parti sauver les zèbres, bon… 

   L'œuvre d'Ivan Argote se présente sous la forme d'une vidéo projetée sur trois murs dans trois villes différentes, New York, Paris et Madrid où il a placé sa caméra derrière des gens qui lui tournaient le dos, et leur a crié très fort "Je vous aime, vous êtes très beaux, vous êtes magnifiques !" L'objectif fixe leurs réactions quand ils se retournent. L'idée est belle, je me demande bien comment nous réagirions si l'artiste avait idée de faire ça à Lille… 

   Après, je devrais parler de Murakami, Maurizio Cattelan, Mr, Damien Hirst, Xavier Veihlan, Klara Kristalova… Mais si je devais citer toutes les œuvres intéressantes, j'en aurai pour des heures, et je pense que je vous ennuierai plus qu'autre chose. Le mieux, c'est que vous alliez faire un tour vous-même, je ne pense pas que vous le regretterez !
   Et, pour conclure, je vous laisser avec une photo de Damien Hirst appelée With Dead Head, qui date de 1991. 





Marine Lafontaine

   

jeudi 28 novembre 2013

LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 3

    Hé oui, ce n'est pas parce que Eros et Thanatos a échoué au tremplin Black Moon (grrr…) qu'il ne va pas tenter sa chance ailleurs ! Tenez-vous bien, éditeurs, on arrive !

   Cinq manuscrits tout beaux, tout propres, reliés, couverture plastique et dos cartonné… Miam ! 
   Ces cinq trésors vont bientôt être envoyés vers diverses maisons d'édition, et je compte bien encore en faire imprimer pour qu'ils suivent le même chemin, accompagnés par quelques exemplaires de Chassé-croisé !
    J'en profite pour glisser un ENORME merci à Béatrice pour toute l'aide qu'elle m'a apporté dans l'impression de mes manuscrits. Sans elle, je n'aurai pas pu en faire autant. 

   Bien sûr, Réflexions d'une marionnette de papier est toujours d'actualité. Il a été refusé partout, mais je compte bien le retravailler et le remettre sur les rails (j'ai déjà ajouté des scènes et corrigé des trucs de-ci, de-là). 

  Alors, cette fois-ci, qui visons-nous… ? Les même que la dernière fois ! Avec quelques modifications, évidemment ! Pour l'instant, je compte sur XO, Laffont, Hachette, Flammarion et Albin Michel.Vous pouvez accéder aux sites en cliquant sur les noms. 

  Il n'y a plus qu'à inscrire les adresses sur les enveloppes (pas les même que la dernière fois, fort heureusement), ajouter la lettre, poster et en avant pour la grande aventure ! 

      Quant à vous, chers lecteurs, je compte également sur vous pour m'aider (s'il vous plaît ?) ! Je ne demande pas grand chose, juste que vous relayiez cet article ainsi que ceux qui vous plaisent. Sans buzz, je n'arriverai à rien. Merci beaucoup pour tout votre soutien et votre présence ! 

Marine Lafontaine
  

LE PARFUM

   Grande nouvelle, chers lecteurs ! Je suis depuis peu sur Twitter ! Vous pouvez maintenant suivre l'actualité du blog et de mon parcours sur Facebook, Twitter et Google +, en plus de pouvoir vous abonner par mail. N'hésitez surtout pas ! 

   Maintenant que ma petite présentation est faite, passons au sujet même de l'article, j'ai nommé Le Parfum, de Süskind ! Un véritable bijou !

   Le parfum raconte la vie de Jean-Baptiste Grenouille, depuis sa naissance sous un étal de poissons jusque… Ça, vous le verrez bien ! 
   Grenouille a une sorte de don, si l'on peut dire : son nez. Il est capable de sentir des parfums sur les kilomètres à la ronde, de les identifier sans peine et il les retient tous sans problème. On suit Grenouille toute son enfance chez madame Gaillard jusqu'à ce qu'elle se débarrasse de lui pour l'envoyer en apprentissage à l'âge de neuf ans. Après quelques temps passé en tant qu'apprenti chez un tanneur, Genouille entre chez un parfumeur, Baldini, et c'est là que commence véritablement son histoire… De Paris jusqu'à Grasse en passant par Montpellier et l'Auvergne, on suit le parcours de ce détestable bonhomme sans pour autant pouvoir quitter les pages des yeux. 

   Grenouille possède quelques caractéristiques qu'il faut que je mette en avant : il n'a aucune idée de la morale, il ignore les idées telles le bien ou le mal, il ne possède et n'est rien, il n'a pas d'odeur qui lui est propre, ce qui va effrayer tous les personnages qui le rencontreront à travers le roman. Et bien sûr, il a un sens de l'odorat et une mémoire olfactive tout bonnement exceptionnels. 
   Il est increvable, aussi. J'emploie un terme aussi fort car il correspond tout à fait au personnage pour lequel je n'ai pas une once d'empathie ou de sympathie (ce qui est assez rare en soit). Dans le livre, l'auteur le décrit comme une tique, parfois au repos, repus, grasse et endormie, par d'autres moment, en mouvement. 
    Berk, quoi…

   J'ai lu la fin avec une sorte d'hébétement. J'ai refermé le livre, je l'ai regardé longuement et je me suis dit : “Heu, c'est moi ou… C'est pas vrai, z'ont pas osé faire ÇA ?!”
   Hé si… 
   La fin est des plus surprenantes. Elle, heu… Je ne sais pas vraiment quoi dire en fait, c'est… C'est pas très ragoûtant, hein…
    
   Un très, très, très bon livre. Il existe un film adapté du roman datant de 2006. Je ne peux pas vous dire plus, je ne l'ai pas vu, mais d'après la bande annonce, le personnage de Grenouille semblait à peu près respecté. Bref, un excellent moment au royaume évanescent des parfums. 

Marine Lafontaine    

vendredi 22 novembre 2013

L'ALCHIMISTE

Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle.
« A cette époque de la vie, tout est clair, tout est possible, et l’on n’a pas peur de rêver et de souhaiter tout ce qu’on aimerait faire de sa vie. Cependant, à mesure quele temps s’écoule, une force mystérieuse commence à essayer de prouver qu’il est impossible de réaliser sa Légende Personnelle.»
Ce que disait le vieil homme n’avait pas grand sens pour le jeune berger. Mais il voulait savoir ce qu’étaient ces « forces mystérieuses » : la fille du commerçant allait en rester bouche bée.
« Ce sont des forces qui semblent mauvaises, mais qui en réalité t’apprennent comment réaliser ta Légende Personnelle. Ce sont elles qui préparent ton esprit et ta volonté, car il y a une grande vérité en ce monde : qui que tu sois et quoi que tu fasses, lorsque tu veux vraiment quelque chose, c’est que ce désir est né dans l’âme de l’Univers. C’est ta mission sur la Terre.
– Même si l’on a seulement envie de voyager? Ou bien d’épouser la fille d’un négociant en tissus? 
– Ou de chercher un trésor. L’Ame du Monde se nourrit du bonheur des gens. Ou de leur malheur, de l’envie, de la jalousie. Accomplir sa Légende Personnelle est la seule et unique obligation des hommes. Tout n’est qu’une seule chose.
« Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. » 
 
    Bien le bonsoir ! Certains l'ont peut-être déjà lu et ont reconnu l'extrait introduit cet article, il s'agit bien d'un passage de L'Alchimiste de Paulo Cohelo, ce livre ô combien savoureux qui vous
transporte dans une quête initiatique des plus merveilleuses.

   Tout d'abord, excusez-moi pour mon retard. Je n'avais pas publié d'articles depuis un bout de temps, je le reconnais, mais la terminale et la vie sociale sont deux petites bêtes bien chronophages (hé oui, la vie réelle prend énormément de place !). Enfin, je profite d'un moment de répit (je me bagarre en ce moment avec un devoir sur Descartes et… comment ça, je fuis mes obligations ?) pour partager avec vous une histoire que j'ai adoré… et détesté à la fois. 

   L'Alchimiste, c'est l'histoire d'un jeune berger appelé Tarifa qui, pour assouvir son désir de voyage, décide de tout quitter et de partir à l'aventure. De l'Andalousie aux pyramides égyptiennes, nous suivons sa quête qui lui permettra de réaliser sa Légende Personnelle. 

   Alors vient  la question “Mais qu'est-ce diable la Légende Personnelle ?” (oui, les majuscules sont importantes, on les retrouve tout partout !). Bref… La Légende Personnelle, c'est en quelque sorte l'accomplissement de soi, la réalisation de son rêve le plus profond, son désir le plus cher. C'est ce qui permet à un individu de se sentir complet et épanoui. 
   Dans une interview, Paul Cohelo la traduira de cette manière : "Si vous écoutez votre cœur, vous savez précisément ce que vous avez à faire sur terre. Enfant, nous avons tous su. Mais parce que nous avons peur d’être désappointé, peur de ne pas réussir à réaliser notre rêve, nous n’écoutons plus notre cœur. Ceci dit, il est normal de nous éloigner à un moment ou à un autre de notre Légende Personnelle. Ce n’est pas grave car, à plusieurs reprises, la vie nous donne la possibilité de recoller à cette trajectoire idéale."

   Je garde vraiment un excellent souvenir de ce livre que je me rappelle d'avoir lu d'une traite comme une affamée. Le voyage de Tarifa est splendide, sa vision des choses, à la fois naïve et sincère, nous transporte et nous touche à la fois. De plus, j'ai adoré la notion de Légende Personnelle. Savoir que chacun à une place sur cette terre, que chacun à quelque chose à accomplir… J'ai trouvé ça merveilleux. Ça a touché mon âme d'enfant naïve, dira-t-on, n'est-ce pas, professeur Candide ?
   Mais, car il y a toujours un mais, j'ai bloqué sur une chose et… Bah ça m'a gâché en partie le plaisir de ce petit bijou. La Main du Destin (quand je vous dis qu'on retrouve les majuscules partout !). La Main du Destin m'a complètement freiné. D'après ce livre, notre vie est déjà écrite avant même notre naissance et ça… je n'ai pas supporté. Vous allez peut-être trouver ça fort de café, que je suis trop tranchée etc. Mais, imaginez-vous ! Aucun libre arbitre, aucun choix possible ! Votre vie est déjà tracée sans même que vous en ayez conscience selon les bons vouloirs d'un entité supérieure ! Pour la rêveuse existencialiste que je suis, ça m'a semblé assez, heu… effrayant, je dirai. 

   Mais ce livre est à lire absolument. Ne vous laissez pas freiner, n'hésitez pas à plonger au cœur de ce superbe voyage. Je vous garanti que vous le refermerez avec le sourire aux lèvres et une envie pressante de découvrir votre propre Légende Personnelle.

Marine Lafontaine

dimanche 10 novembre 2013

POURQUOI LIRE ?

  Avant de commencer, j'aimerai adresser un énorme merci à Béatrice pour toute son aide. Merci, merci, merci beaucoup !

   Le pourquoi est une question universelle qui hante constamment nos esprits. Pourquoi est-on ? Pourquoi la mort ?... Oui, bon, je ne suis pas là pour régler les questions existentielles de l'Humanité, mais plutôt pour tenter d'apporter des arguments à l'un des pourquoi qu'on me pose souvent. 
  C'est le pourquoi lit-on ? 

   Nous allons tenter d'y répondre ensemble. Avant de se lancer dans le sujet à proprement parler, il faudrait définir tout d'abord nos "limites". Pour cet article, nous allons nous concentrer sur les fictions, les textes philosophiques et les témoignages. C'est d'ailleurs par cela que nous allons commencer. 

   3096 jours de Nathasha Kampush, Si c'est un homme de Primo Levi, Brûlée vive de Souad… Ces écrits ont une place importante dans notre culture car ce sont des marques de l'Histoire, des marques du vice des hommes. Primo Levi, survivant de la déportation juive, Souad, victime d'un “crime d'honneur” en Cisjordanie, Nathasha Kampush, séquestrée dans une cave pendant dix ans par un malade mental. Ces trois personnes ont vécu des évènements terribles que nous pouvons ignorer. Il ne s'agit pas de “Jeter le voile”, mais de le déchirer pour entendre les voix de ceux qui ont souffert, car nous ne pouvons ignorer les horreurs humaines. 
   Ces témoignages, pourquoi les lire ? Pour ne pas oublier les horreurs du passé, par exemple, avec Primo Levi. Ou pour réagir. Laissez-moi vous parler de Souad. Cette jeune femme est tombée amoureuse à dix-sept ans. Dans son village, une femme est moins bien traitée que du bétail, elle n'a pas le droit de sortir, elle n'est pas autorisée à s'exprimer, elle est battue chaque jour… Etre femme est une malédiction, elle n'est là que pour procréer et donner des fils. Quand Souad tombe enceinte alors qu'elle n'est pas mariée, sa famille la fait brûler vive pour laver son honneur. Ce cas-là n'est pas rare ! Encore aujourd'hui, beaucoup de femmes subissent de tels sévices. Il est important de le savoir pour agir. 
   Voilà pourquoi lire. 

   Mais alors, on doit lire par "devoir" ? Non, pas uniquement, bien sûr ! On va alléger un peu l'atmosphère avec les fictions ! Alors, oui, fiction est un terme très large qui comprend romans, nouvelles, fables, pièces et autres. 
  Les fictions sont tout d'abord écrites pour divertir le lecteur, le sortir de son morne quotidien et le plonger dans une intrigue montée de toute pièce. Et c'est avec cette définition qu'on trouve la principale réponse au pourquoi qu'on pourrait formuler de cette manière : s'évader. Vous rêvez d'être une princesse après laquelle tous les hommes soupirent ? Un aventurier sans peur à la conquête du monde ? Une lycéenne pleine de répondant ? Un antique guerrier ? Alors lisez !
 
  Ouais, c'est peut-être un peu brute comme manière de convaincre…  On compare souvent la lecture à un voyage, un comparaison somme toute satisfaisante. Ouvrir un roman, c'est comme un départ pour un voyage où seul son esprit se déplace. Lire, c'est se plonger dans des vies, dans des mondes, c'est apprendre, c'est adopter des valeurs, c'est rencontrer des héros. Lire, c'est se sortir de la tête toutes les grises pensées qui la minent, c'est rire, frissonner, pleurer, crier… Quand vous lisez, vous accompagnez les personnages à travers leur histoire, vous la vivez en leur compagnie. On vit, on ressent des choses que nous ne pourrons probablement jamais vivre et en cela, le livre est un outil merveilleux. 

   Je ne sais pas vraiment comment vous le formuler, mais lire enrichis. Pas notre porte-monnaie, c'est sûr (c'est un peu cher, mais quand on aime, on ne compte pas), mais intellectuellement parlant, c'est vraiment épanouissant. Un bon roman procura avant toute chose du plaisir à son lecteur, mais il apportera aussi en quelque sorte une doctrine et vous vous forgerez une vision du monde tout à fait unique à travers vos lectures... sauf si vous vous en servez pour caler le pied d'un meuble. 

   "Lire tue l'ignorance et les préjugés" (affiche de la librairie Brestoise “Dialogue”, reprise à Becherel par la librairie salon de thé "Saint Michel"). Belle phrase bien tournée, non ?
 
Affiche due à la créativité de la librairie brestoise 'Dialogue'' reprise à Becherel par l'excellente libraire de la librairie salon de thé ''Saint Michel''
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/4991328/lire-tue-l-ignorance-et-les-prejuges/#5OztoXcelmZg0qQM.9
   C'est aussi là qu'interviennent les textes des grands philosophes tels que Platon, Lucrèce, Descartes ou Sartre, pour ne citer qu'eux. Grâce à leurs écrits, ils vont développer leurs thèses qui sont le reflet de leur vision de l'univers et de l'Etre. Chacun met en avant ses propres idées et c'est en les confrontant que vous créerez votre propre philosophie, ainsi que votre esprit critique. 
    Et puis, entre nous, une petite citation ou deux bien placées impressionnera toujours tout le petit monde ! 

"A force de lire on finit par comprendre qu'à force de lire on finit par comprendre" Jacques Beaudry

Marine Lafontaine

jeudi 31 octobre 2013

JOYEUX HALLOWEEN

Ah, Halloween, les frissons et les bonbons qui filent des caries…

Mauvaise nuit à tous ! L'année dernière, je vous avais fais un article sur l'histoire d'Halloween, cette année, heu… Ben je ne sais pas quoi écrire, en fait. Oui, exactement comme la dernière fois ! Moi qui adore cette fête, je me retrouve en panne d'inspiration à chaque fois… 

Ça vous dit, un petit one-shot improvisé ? Allez ! Êtes-vous prêts à frissonner ? Alors suivez-moi… 


    Les bois avaient pris des couleurs écarlates. Les feuillages mordorés se déclinaient sous des teintes différentes qui rendaient le lieu chaleureux. Pourtant, en cette fin d'après-midi, Ambre frissonnait de froid. Elle resserra son tricot dans un geste habitué, agenouillée près de la rivière, comme tant d'autres femmes aux mains bleues. 
    Dans un soupir résigné, elle sortit un linge sale qu'elle plongea dans l'eau glacée. La morsure du liquide lui arracha une grimace. Pour ne plus penser à la souffrance qui picotait ses doigts, elle se mit au travail. Armée de son racloir et de sa planche, elle nettoya des heures durant le linge, jusqu'à ce que ses doigts engourdis ne puissent plus tenir son outil, jusqu'à ce que son dos lui arrache des gémissements. Quand elle se redressa enfin, la plupart des lavandières étaient déjà reparties. Ambre, dans un soupir soulagé, salua les dernières et repartit d'un pas vif.  

    Ambre traversa son village, le panier calé contre sa hanche. Sur son chemin, elle croisa des hommes qui lui sourirent, mais elle n'adressa pas un regard à leur bouche orné de chicots pourris. Tête haute, elle ignora les chuchotements sur son passage. Depuis qu'elle était devenue veuve, les hommes la convoitaient, les femmes se méfiaient d'elle comme de la peste. Sorcière, elle l'a tué, un si gentil garçon… 
    Comme si ces commères pouvaient comprendre quoique ce soit à sa douleur ! Comme si perdre son mari n'avait pas été déjà assez dur… 
   La jeune femme referma rapidement le battant de sa porte. Le cabanon où elle logeait était si vide… si froid… Elle déposa son panier, la peau couverte de frissons désagréables. Dire qu'il y a quelques semaines, elle aurait été accueillie par un sourire chaleureux de son mari, un baiser sur la tempe. Puis le petit Will, ce si joli bambin avec ses boucles brunes et ses mains toutes potelées, oui, le petit Will lui aurait souri avec sa bouche sans dents… 
    Ambre ne se donna même pas la peine de fouiller le garde-manger qu'elle savait vide. Son travail de lavandière ne lui rapportait pas assez d'argent pour qu'elle puisse vivre décemment. Vivre… ? Elle eut un sourire ironique. Depuis la perte des revenus de son mari, qu'avait-elle fait à part trimer pour survivre… ou survivre pour trimer, elle ne savait plus exactement. Elle porta une main à son front moite. Quelle faiblesse dans ses membres, elle se sentait vaciller… 
    Le crépuscule avait gagné l'horizon. Il déployait sur le monde ses voiles sombres, teintant le monde de nouvelles beautés, dévoilant un visage de leur terre, éphémère et étranger aux humains. Un spectacle dont la jeune femme ne se lassait pas. Là, sous le couvert de l'obscurité, elle pouvait se voiler la face, s'imaginer dans un foyer douillet et chaleureux, en compagnie d'une famille aimante à l'abri du besoin. 
    Dans les ombres, elle pouvait dissimuler ses actes… 
   
    Au lever du jour, Ambre se réveilla avec des crampes d'estomac. Elle tenta de couper sa faim avec de l'eau dans laquelle elle avait fait bouillir quelques herbes, mais ses maux s'accentuèrent. Heureusement qu'elle devait être payée aujourd'hui… Avec un peu de chance, elle pourrait s'acheter une belle miche dorée chez le boulanger. Rien que l'idée la faisait saliver. 
   C'est avec cette idée qu'elle commença sa journée. Son panier de la veille sous le bras, elle fit le tour du village pour remettre à ses clients leur linge lavé. Monnaie sonnante et trébuchante qui tombait dans sa paume gercée par les heures de travail. Elle recueillait avec un soin presque religieux la moindre piécette qui lui permettrait de subsister un peu plus, ne serait-ce qu'un jour de plus… 
-   Tu appelles ça du linge propre ?! 
    Ambre poussa un cri quand le client en colère lui balança la braie à la figure. Elle trébucha et tomba sur les fesses. Dans sa chute, elle lâcha le panier qui contenait encore deux robes. Ces dernières tombèrent dans la boue et les excréments de chèvre. Le tissu s'en imbiba aussitôt. Affolée, Ambre s'empressa de les ramasser d'une main tremblante. Ses robes allaient encore lui demander des heures de travail ! Dire que ses clientes l'avaient exigé pour aujourd'hui ! Elle aurait aimé hurler après l'homme, mais si… il risquait de ne plus avoir recours à ses services et… 
-   Retourne laver ça, incapable ! beugla l'odieux personnage. Et ne compte pas avoir ta paie tant que cette braie ne sera pas éclatante ! 
     Les doigts d'Ambre creusèrent la terre. Elle ne pouvait empêcher ses épaules de trembler. Elle allait… Ses yeux écarquillés fixaient les robes qu'elle tenait serrées contre sa poitrine. 
     Relever la tête… sourire gentiment… Sois une bonne petite. 
-   Bien sûr, monsieur ! Je vais vous la laver tout de suite ! 

    Elle n'en pouvait plus… Ambre éternua. Pourvu qu'elle ne tombe pas malade… Le dos, le bras, les épaules… comme si ses os étaient rompus… Elle tordit la robe, les dents serrées. Les tâches ne partaient pas ! Paniquée, elle se mit à frotter son pain de savon plus vigoureusement contre le tissu. 
-   Pitié, pitié, murmurait-elle entre ses dents serrées. Ne me faites pas ça… Pitié… 
    Elle sentit les larmes venir, elles brouillèrent sa vision. Dans un sanglot, elle se mit à racler le vêtement avec plus d'ardeur que jamais. Ses gerçures lui faisaient tellement mal… Quand elle reprit le pain de savon, ses mains tremblaient. Elle s'apprêtait à se remettre au travail, quand le savon lui échappa.    
-   Non ! 
   Trop tard, il se faisait déjà emporter par le courant. Sans hésitation, Ambre bondit dans l'eau. le courant était fort dans ce coin-là et, plus d'une fois, elle faillit tomber. Après avoir bu la tasse deux fois, elle parvint enfin à récupérer son pain de savon qu'elle serra contre sa poitrine, ahanante. Elle avait tellement eu peur… 
   Elle voulut faire demi-tour, mais un son la figea. Un… rire… ? Qui pouvait être là à cette heure avancée de la nuit ? Et pourquoi… faisait-il si froid tout à coup ? Un silence d'outre-tombe planait sur le bois. Oiseaux, insectes, bruissement des feuilles dans le vent… Tout s'était tu, jusqu'au ruissellement de la rivière. Un nœud qu'elle ne saurait expliquer vint s'installer dans ses entrailles. Son souffle formait un minuscule nuage dans l'air. 
Une main se referma sur son épaule. Ambre faillit pousser un cri, mais des doigts vinrent forcèrent le passage de sa bouche. Elle avait un goût de sang sur la langue… Ses yeux glissèrent sur les doigts posés sur elle. Des mains gercées par le froid, fendu par les heures interminables de travail… Ses pupilles se dilatèrent. Non, pitié, non… Les doigts s'enfoncèrent un peu plus dans sa gorge, Ambre crut qu'elle allait vomir. Elle aurait voulu se débattre, mais une peur animale paralysait ses membres.
Ô lavandières maudites… 
On la fit basculer en arrière. L'eau l'aspira. La dernière vision qu'elle eut  fut des jambes ruisselantes d’un sang noir mêlé à du pus qui suintait de plaies profondes à force de rester agenouillée… Agenouillée en signe de soumission absolue ou de résignation ? Se résigner à ce sort…
Je ne… Je ne veux pas !
Des visages marqués par mille tourments éternels… 
Ô lavandières de nuit, mères infanticides. 
Ambre sentit l'eau s'infiltrer dans sa gorge, parcourir l'intérieur de son corps, gonfler ses poumons. Elle ressentait chacune de ces sensations avec acuité. Ah, songea-t-elle, alors c'est ça qu'a vécu Will… quand je l'ai noyé… 
  Ses organes internes ne résistèrent pas à la pression et furent réduits en bouillie. Dans un ultime cri de douleur, elle se cambra, mais aucun son ne sortit de sa bouche béante. 

Au lever du jour, une battue fut organisée par le village, mais on ne retrouva nulle trace d'Ambre. Au bord de la rivière, le racloir, la planche, le savon, les vêtements… tout avait disparu. Mais on raconte depuis qu'une voix se fait entendre les nuits sombres, celle d'une femme. D'autres chuchotements parfois étaient perceptibles, mais ces paroles-ci étaient plus fortes que les autres, plus déchirantes en étaient les plaintes. 
Celle d'une mère qui pleurait l'éloignement de proches qu'elle n'avait pu rejoindre dans la mort. 

Marine Lafontaine

PS : Alors, qu'en avez-vous pensé ? Improvisation sur la légende des fameuses lavandières de nuit.   

dimanche 27 octobre 2013

NOUVEAUTÉS

Bien le bonjour tout le monde sous cette pluie automnale.

Eros et Thanatos, comme certains ont dû le voir, a été remis en ligne. Vous pouvez aller le lire sur le blog (lien), mais aussi sur un nouveau site sur lequel je me suis inscrite récemment !

Le site s'appelle Fanfiction Fr, peut-être le connaissez-vous. Je ferai un article plus détaillé plus tard sur les fanfictions. pour l'instant, j'aimerai expliquer mon choix.
Fanfiction Fr est un très bon site où vous trouverait une foule d'histoires. De plus, leur présentation est claire et simple, ce qui facilite grandement la lecture.

Eros et Thanatos est donc également disponible là-bas, je vous conseille vivement d'aller y faire un tour pour découvrir ou relire mon roman. N'hésitez pas à partager cette information autour de vous ou tout simplement à commenter, c'est toujours super motivant d'en lire quelques uns !

Voici le lien pour Fanfiction Fr --> Ici

Merci à tous pour votre attention ! N'oubliez de commenter et partager !

Marine Lafontaine

jeudi 24 octobre 2013

MINI ARTICLE

Bonsoir, un petit article sur un blog de poésie que j'ai découvert il y a à peine quelques minutes ! 

Il est tenu par Sïana, une jeune femme de dix-huit ans qui, après avoir passé des années à noircir des cahiers, a décidé de pratiquer son art en pleine lumières. Sur son blog, elle publie des poèmes époustouflants, chargés de magie. Je ne vous en dis pas plus, allez donc lui rendre une petite visite, ça vaut vraiment le détour ! 


Marine Lafontaine

mardi 22 octobre 2013

IMPROVISATION

   On m'a mise au d'écrire un texte sur le vif en totale improvisation sur n'importe quel sujet qui me viendrait à l'esprit. Je ne sais pas vraiment si le résultat est satisfaisant, mais j'ai voulu partager ça avec vous ! 
   N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! 


   J'aurais aimé avoir les mots pour te dire à quel point tu étais belle. J'aurais aimé aimé pouvoir te faire comprendre que ce monde n'était pas vide, que ton existence n'était nullement contingente. 
   Tout est un, un est tout. 
   Nous sommes tous un rouage de cette immense mécanisme de l'Etre humain. Etres à la fonction nourricière et reproductrice, l'orgiaque débauche nous caractérise. Débauche de sexe, d'alcool et de rêves piétinés. Pourtant, la lumière parcourt son cycle, elle revient toujours nous éclairer et nous extirper de la nuit confuse. 
   J'adorais les levés de soleil qui teintaient ton visage de mille couleurs. C'était l'éveil des sens. Ta bouche pleine, tes joues pâles, tes yeux aguicheurs et la langue qui luisait quand, dans une attitude enfantine, tu tirais ce muscle rose vers le Créateur. Tu l'insultais avec des noms d'oiseaux de ton invention ; comme ce défi transparaissait. Le défi de te détacher de lui pour saisir à bras le corps ta vie. C'était doux et chaud. Tes étreintes me brûlaient. 
   Jamais une vie ne m'avait parue aussi belle. Jamais un tas de viande n'avait eu autant d'attrait. Carcasse animée, tu t'efforçais par des agitations à remplir ton âme de secrets rêveurs et d'actes constructeurs. Dans des spasmes orgasmiques, tu dévoilais tes beautés à ce monde encore jeune. Avec une jouissance étouffante, tu m'apprenais le langage des optimistes, des amoureux et des vivants. 
   Et moi, élève précoce, je me déployais, je me nourrissais de ta sève. Mais, en me développant, mes branches ont jeté sur toi des ombres glauques et misérables où rampaient des cauchemars. Tu es tombée du statu de philosophe à celui du vulgaire qui ne comprend pas son Univers. Triste chute qu'a été la tienne ; Fane, décline tel le soleil d'Hegel. 
   Tu étais belle, mais tu as perdu l'attraction que tu exerçais sur nous autres hommes communs…

   Débauche de sens. 
   Orgie nuptiale. 
   Ô douce amertume de ma solitude, puisses-tu un jour t'estomper. Pour qu'enfin un jour renaisse toute la magie et la beauté. 

    Voilà, conclusion ! Bon, c'est de l'improvisation, ne soyez pas trop sévères, s'il vous plaît ! 
    Pour ceux qui se demandent de quoi je parle avec le soleil d'Hegel, le petit truc à savoir c'est que Hegel, un philosophie, a autrefois comparé la philosophie au cycle solaire qui vient éclairer le monde, arrive à son zénith (apogée) puis décline jusqu'à disparaître. Puis tout recommence… Je sens que je vous ai plus embrouillé qu'autre chose, non ? 
    Enfin, bref, c'était notre moment Baudelairien ! j'espère que vous avez aimé ! A très vite, tout le monde ! 

  PS : remise en ligne d'Eros et Thanatos très prochainement !!

Marine Lafontaine

mardi 15 octobre 2013

CHASSÉ-CRØISÉ

   Bien le bonsoir ! Article spécial qui va porter sur une sorte de heu… mise au point ? Je n'aime pas trop ce terme, ça ressemble à une sentence. Mais je vous rassure tout de suite, ce n'est nullement le cas ! Heu… Bon, et si on démarrait ?

   Tout d'abord, je voulais vous parler de Eros et Thanatos qui sera sûrement remis en ligne tantôt. Les résultats du concours tremplin Balck Moon sont normalement pour bientôt. Si je ne figure pas parmi les cinq finalistes, je remettrai en ligne le roman avec, en plus, une scène ajoutée ! 

  Je pense démarrer une nouvelle fiction d'ici peu avec comme pivot Kei, le personnage principal de mon livre Libre arbitre. Par contre, je ne sais pas encore bien ce que je vais faire de lui… Auriez-vous des idées, des envies à me soumettre ? N'hésitez pas à me les envoyer par mail ou les ajouter par commentaire ! Toute idée est la bienvenue !


  Enfin, j'aimerai vous parler d'un petit livre qui me tient à cœur. Chassé-croisé en est le titre, il détient au compteur 103 pages, ce qui est peu, je le concède, mais toutes ont été rédigées dans le courant de septembre (du premier au trente, pour être précise). Une aventure d'écriture haletante.

  Sur quoi porte cette histoire ? Sur plusieurs sortes d'aventures de dix points de vue différents. On a Amedeo, un détective qui a recueilli il y a deux ans Darkie, un gamin dont il ne connaît pas le visage, Aylce, une dullahan à la recherche de son corps, Célie, un infirmier au cœur d'artichaut, Brahim, un cancéreux au caractère exécrable, Kate, une jeune fille à la santé fragile, Tina, une vieille femme de quatre-vingt ans, Jacobs, un adolescent télékinésiste qui rêve de devenir pâtissier, Nelson, un garçon qui aime jouer au basket et Olivier, un épicier.
   Autour d'eux gravitent d'autres personnages, mais ils ne parlent pas à proprement parler (sauf Giani, un SDF à qui les personnages viennent confier leurs problèmes). En effet, chaque personnage à sa voix à donner dans des chapitres à la première personne du singulier. Voici le début du livre :
 
Mai 2013, par un beau matin, ensoleillé, un ciel dépourvu de tout nuage. 7h, l’heure de l’éveil, l’heure du déclenchement de l’histoire. Chut… Les personnages vont commencer.



Amedeo abattit son poing sans délicatesse aucune sur son réveil. Il maugréa un moment, enfoui sous ses couvertures bien chaudes. Cette fichue sonnerie avait le don de tirer du sommeil en sursaut ! Repoussant les couvertures, le jeune homme bâilla et s’étira longuement avant de se diriger d’un pas de somnambule hors de sa chambre.

-                Darkie, c’est l’heure, grommela-t-il en frappant à la porte de l’enfant, située en face de la sienne.



Célie se glissa doucement hors des bras de Bonie pour ne pas la réveiller. Non par gentillesse, mais subir son babillage incessant dès le réveil, non merci ! Il piocha quelques vêtements dans son armoire puis jeta un coup d’œil à son horloge mural. Un juron fleurit lui échappa en constatant son retard et il se hâta vers la salle de bain.



Kate poussa un soupir de bien-être quand elle sentit l’eau chaude de la douche couler sur son corps et chasser de son esprit les dernières brumes de sommeil. Sommeil dû encore une fois à ses somnifères. La jeune femme chassa de sa tête ses problèmes de santé pour se concentrer sur ce moment vivifiant. A tâtons, elle chercha son gel douche. Elle s’en saisit, l’ouvrit et le porta à son nez pour se laisser envahir par la douce odeur de vanille.



-                Nelson, tu vas finir par être en retard en cours ! pesta Olivier.

Un grognement lui répondit. Peu convaincu, le père de famille, bien décidé à déloger sa larve de fils, l’attrapa par un pied qui dépassait du lit et tenta de le tirer. Mais l’adolescent parvint à se dégager et à regagner le couvert protecteur de la couette. Olivier poussa un soupir, les mains sur les hanches.



-                Monsieur Auteuil, je vous apporte votre petit-déjeuner.

Brahim grogna dans son sommeil. Il aurait souhaité tourner le dos à l’intruse, mais cette dernière était déjà en train de relever le lit pour qu’il puisse s’asseoir et manger convenablement. L’infirmière déposa son plateau sur ses genoux.



Jacobs mordait à pleine dent dans sa tartine de Nutella sans faire attention aux informations que diffusait la radio, entièrement plongé dans la leçon de sciences physique qu’il tentait en vain de retenir. Oui, bon, sa mère n’avait pas arrêté de lui dire la veille d’apprendre sa leçon, mais il avait d’autres choses à faire. Terminer son dernier jeu vidéo par exemple.



Tina chantonnait gaiement devant sa glace, tout en faisant glisser délicatement sa brosse dans ses cheveux blancs tout bouclés et tout vaporeux, dû au shampoing de la veille. Elle sourit à son reflet avec conviction.  

-                Ma petite vieille, tu as toujours aussi bonne mine !



Gianni était assis sur son banc. Il l’était toujours, d’ailleurs, qu’importe le temps, l’heure ou le jour, il se trouvait là, dans ce parc boisé, à cet emplacement précis. Il jeta un regard embarrassé à Aylce qui pleurait depuis des heures à ses côtés.

-                Faut me comprendre, je n’en peux plus ! hoquetait-elle. Des semaines entières se sont écoulés depuis que je l’ai perdu !

Bon bah, puisqu’il n’avait pas le choix… 

Gianni se leva.

Puis Amedeo prend la parole et l'histoire démarre. Chaque personnage intervient à tour de rôle pour construire le roman et lui donner vie. Il y a aussi quatre lettres qui s'introduisent dans le récit. L'une d'entre elles, la dernière, vient d'ailleurs illustrer le titre.
Je ne peux pas vraiment résumer ce récit sans vous en dévoiler une partie, donc, pour conclure, je vous livre un dernier extrait qui, je l'espère, éveillera votre intérêt ! 
 
Amedeo Kea

-                Bonjours, vous pourriez m’aider à retrouver mon corps, s’vous plaît ?
Je pensais pouvoir dire, sans me vanter, que j’avais déjà vu et vécu beaucoup de choses malgré mon âge. Entre ma mère qui m’avait abandonné à la naissance, les dettes monstrueuses de mon père, mon passage dans un centre de correction, mon adoption aux alentours de seize balais et autres joyeusetés sur lesquelles je passerai, oui, à vingt-quatre ans, peu de personnes pouvaient affirmer avoir fait tout ça.
Mon nom, Amedeo Kea, le prénom que m’a donné mon père, le nom de famille de mes parents d’adoption. Et, sur le pas de ma porte, Gianni Prochenzo, le SDF du coin, celui qui fréquente le parc Van Gogh. A son air, je devinais qu’il n’avait pas quitté son banc pour une raison quelconque. Il me tendait un sac d’où était sortie cette phrase curieuse et dérangeante. J’hésitais à m’en saisir, mais Gianni ne me laissa pas le choix et le fourra dans mes bras. Je poussais un soupir et lui fit signe d’attendre un instant. 
-                Darkie, dépêche-toi, tu vas louper ton bus, grognai-je en entrant dans la cuisine.
L’enfant, attablé devant son bol de céréales, ne me répondit pas, comme à son accoutumée. Il se contentait de mâcher mollement sa nourriture lyophilisée que j’ai en horreur tout en regardant des dessins animés débiles à la télé. Je retournai sur le pas de la porte avec un tupperware en main.
-                Here, take it. It should be enough for you this afternoon.
Il me remercia d’un signe de tête et d’un sourire ; l’est pas bien bavard, lui non plus. Je le vis s’éloigner de son drôle de pas feutré et refermai la porte. Darkie m’avait déjà chipé le sac et s’employait à le fouiller.
-                Ame’, m’appela-t-il.
Je m’accroupis près de lui, curieux de voir ce que nous avait apporté le vieux Gianni. Si je puis dire… ça ne m’a pas déçu.
-                Ah bah enfin ! Non, mais vous aviez l’intention de me faire poirauter encore longtemps là-dedans ! Mine de rien, il y fait chaud !
OK… Heu… Darkie tenait en main une tête. Oui, une tête, vous avez bien lu. Je ne saisissais pas bien la blague, là… Le visage était celui d’une jeune femme, approchant de la vingtaine, je dirai, encadrés par des cheveux blonds cendrés ondulés. Ses yeux verts dardaient sur moi un regard courroucé.
-                Jeu ? suggéra Darkie avec le si peu de mots qui le caractérisaient.
Agacé, je me tournai vers lui. Ce gamin, je l’avais trouvé, il y a quoi ? Deux ans ? Malade, à la rue. Depuis, il vit ici. Je n’ai jamais réussi à lui arracher la moindre info à son sujet, j’ignore à même son prénom ou son visage puisqu’il porte en permanence (même pour dormir ou se laver, j’ai vérifié) un masque de Dark Vador. 
-                Sûrement, acquiesçai-je. Remets ça dans le sac et va chercher tes clics et tes clacs. A cette heure-là, le bus est déjà passé, je t’emmène.
Mais Darkie ne m’obéit pas, détaillant la tête. Il la posa sur le sol comme pour mieux l’étudier. L’intéressée ne semblait d’ailleurs pas bien heureuse d’être l’objet de cette observation. 
-                Non, mais oh ! s’emporta-t-elle. Vous voulez me disséquer aussi ! Bon sang, je me demande bien pourquoi ce clochard m’a amené là si vous n’êtes pas fichus de me venir en aide !
C’est trop perfectionné pour être un jouet, ça. Darkie, nullement surpris par la colère de la tête, l’avait reprise. Il la logea dans le creux de ses bras et leva son visage sur moi.
-                Besoin d’aide, me lança-t-il.
Tout être humain rationnel aurait déjà balancé cette chose par la fenêtre en espérant ne plus jamais croiser son chemin. Sauf que Darkie et moi, on se ressemblait assez à ce niveau-là : on n’avait pas toujours des réactions dites normales. C’est pourquoi, cette tête, on ne l’avait pas jetée, on n’avait pas hurlé, on ne s’était pas planqué sous une table et on n’avait pas appelé d’exorcistes. Au lieu de cela, je consultais l’heure dans une grimace. 
-                Ton prof va gueuler, Darkie.
Le gamin hocha la tête et partit chercher son sac dans sa chambre. Je me retrouvais alors seul avec la fameuse tête qui semblait bouder. Elle roula soudainement vers moi.
-                Je vous en prie, aidez-moi ! me supplia-t-elle avec des yeux baignant de larmes. J’ai perdu mon corps suite à un accident, je ne sais pas du tout où il peut être !
-                Ton corps ? répétai-je.
Oui, je parle avec une tête, rien de plus normal. Bah, j’ai déjà vu plein de films d’horreur que plus rien ne m’étonne, que voulez-vous.
-                Oui, mon corps ! insista vivement la tête, visiblement ravie que je lui prête enfin un peu d’attention. Je l’ai perdu !
-                Comment t’as fais ton compte ?
Là, je vis la tête froncer les sourcils.
-                Mais… vous n’avez pas peur de moi ? demanda-t-elle, apparemment froissée par ce constat.
-                J’en ai vu d’autres, éludai-je.
-                Alors ça, c’est trop fort ! s’énerva-t-elle pour de bon. Je quitte l’Irlande parce que je ne fais plus peur à personne, mais en France, c’est la même rengaine ! Vous ne croyez plus aux fantômes, aux morts-vivants, aux esprits et vous nous tournez en ridicule dans des films pathétiques ! Ah, vive le 21ème siècle, bravo ! Si j’avais mon corps, je vous applaudirais, tiens !
Darkie revint sur ces entres faits avec son sac de cours. Je me redressai et saisis la tête pour la déposer sur la table basse du salon.
-                Je conduis le gamin à l’école et je reviens.
-                Hé, vous n’allez pas me laisser là ! s’indigna la tête. Non, mais, revenez !
Je refermai la porte sans prendre en compte ses insultes. Darkie me tira par la manche pour que je me presse et nous descendîmes jusqu’au parking dans un silence habituel. Nous nous installâmes dans la voiture et je mis en marche le moteur.
-                Dullahan.
Je m’arrêtais dans ma manœuvre pour fixer Darkie qui venait de prononcer ce mot. D’après ma mémoire, un dullahan était une sorte de cavalier qui tenait sa tête sous son bras et qui répandait la terreur autrefois en Irlande. Ils apportaient la mort et pouvaient posséder un fouet créé à partir d’une colonne vertébrale humaine.
-                Tu parles de notre invitée surprise, déduis-je.
Il acquiesça. Je soupirai et jetai un coup d’œil à ma montre. Bon, de toute manière, les cours avaient commencé.
-                On remonte. 

Je m'arrête ici. Je pensais éventuellement le mettre en ligne aussi. Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout dépend de vous. Faites-moi vite savoir vos avis ! 

Marine Lafontaine