J'écris...

03/02/17
ET LE CHEMIN SE POURSUIT

  Bien le bonjour, tout le monde !

   Après une longue semaine de délibérations, de questionnements et de recherches, je suis enfin parvenue à prendre une décision concernant la proposition des éditions Persée.

   Avant toute chose, je tiens à partager avec vous ma réponse. Elle est négative. Maintenant, je vais vous expliquer pourquoi.

   Reprenons, tout d'abord, ensemble les termes du contrat qu'ils me proposent. 

   "Nos formules de publication sont participatives, chaque auteur prenant en charge une partie du coût de publication de son livre. Pourquoi cette participation si l'éditeur croit vraiment à la valeur de l'ouvrage ? Aucun éditeur ne pourrait publier et valablement promouvoir à sa seule charge tous les ouvrages de qualité parmi les milliers qui lui sont présentées chaque année. Des formules prévoyant un investissement de l'auteur ont donc été mises en place."

   Je ne prétend pas être éditeur, loin de là, mais ce n'est pas contraire au principe même du métier ? Un éditeur doit justement investir car il croit en le livre, c'est un risque, un paris ou un investissement, pourrait-on dire. C'est pourquoi il existe une sélection aussi dure avant la publication. 

   Et j'aimerais aussi revenir sur le terme de "publication participative" qui revient plusieurs fois dans les papiers que j'ai reçus. C'est le terme "participative", en fait, qui m'interpelle vraiment. Participative ? D'autres personnes vont donc m'aider à financer ce projet ? Ils expliquent leur formule sur une autre feuille. 

   "Enfin, notre formule est celle de la publication participative : elle inclut un travail soutenu de diffusion et de promotion auprès des libraires et médias. L'auteur est ainsi libéré de ces contraintes ; il ou elle peut néanmoins accompagner activement son livre en promotion, selon ses souhaits et ses possibilités. Défendu par une équipe compétente et expérimentée, le livre publié a alors ses chances de succès. Les impressions et les retirages sont tous à notre charge, quelles que soient les quantités à fournir pour satisfaire la demande."

   Oui… Donc ce n'est pas du tout un financement participatif, tout vient de ma poche, en réalité. C'est de la publication à compte d'auteur. Sauf qu'ils disent accompagner le livre et le promouvoir. Est-ce que l'un parmi vous, lecteurs, a déjà entendu parler des éditions Persée ? Moi-même ce ne fut qu'en faisant des recherches que je les ai découverts. Alors, pour ce qui est de la diffusion, il reste des progrès à faire.


   De plus, Persée ne précise à aucun moment sur leur site internet qu'ils publient à compte d'auteur. Si ce n'est pas un mensonge, cela reste de la dissimulation d'information. Et il m'était arrivée la même chose avec les éditions Baudelaire. 

   Enfin, je ne pense pas aujourd'hui qu'un auteur ne va pas accompagner son ouvrage. Tenir un blog, animer des réseaux, participer à des salons, faire des séances de dédicace, tout cela est nécessaire aujourd'hui pour que vive un ouvrage. Cela me paraîtrait absurde qu'un écrivain ne s'investisse pas dans son propre projet. 

   "Votre ouvrage peut également être proposé au public sous forme d'E-book (livre électronique), au prix de 9,99 € et moyennant un complément de participation de 120 €."

Persée me demandait déjà 3 432 € et, avec tout cet argent, l'édition numérique n'est pas comprise ? Il faut encore sortir la carte bleue pour avoir accès à ce service ? Vraiment ? Vous savez combien ça coûte de faire son propre livre numérique sur Edilivre avec la formule de base ? Rien, c'est gratuit.


   De plus, il n'est pas indiqué combien d'exemplaires sortent avec le premier tirage. D'après des témoignages d'auteurs, cela tournerait autour de 300. On ne peut pas dire que ce soit un nombre phénoménal.


   Mais ce n'est pas encore ce qu'il y a de pire. Le pire, c'est quand on se rend compte que les auteurs qui sont passés par Persée n'ont reçu aucun accompagnement. J'ai relevé notamment un commentaire sur le forum jeunesecrivains (très bon forum, au passage) : “une diffusion minimale, pas de pub, pas de communication média ou si peu... allez, en vendre 100 exemplaires est déjà une gageure (quelle que soit la qualité du livre).”

   Et des témoignages de cet ordre là, il y en a une ribambelle. Je me suis renseignée auprès d'autres auteurs de mon entourage qui m'ont tous répondu de ne pas tomber dans ce qu'ils appellent une arnaque. 

  Après, je me suis rendue sur un forum très intéressant où plusieurs personnes comme moi ont eu affaire à ce genre de cas. Je vous met ci-dessous le commentaire d'un auteur très révélateur, trouvé sur le forum Le Monde de l'Ecriture


"Je viens de trouver sous mon bureau des retours de maisons d'édition dont je ne me rappelais même plus.
- La société des Ecrivains qui mettait à ma charge un montant forfaitaire de 3650 euros ;
- Les éditions Bénévent 3860 euros ;
- Les éditions Baudelaire  qui proposent pour la correction orthographique et grammaticale un forfait de 4 euros HT par page, sans oublier le modeste montant dû par l'auteur à l'éditeur : 5210,40 euros ;
- Les éditions Persée qui me demandaient 3630 euros hors corrections ;
- Les éditions Mélibée 5231,50 euros ;
Et d'autres que je ne trouve plus..."

   Je ne pense pas que les éditions Persée liront cet article un jour, cela m'étonnerait fort, mais si d'aventure ils atterrissaient ici, je voudrais leur poser une question. Avez-vous déjà écrit ? Vous savez ce que représente un roman pour un écrivain ? Le nombre d'heure qu'il passe à travailler sur chaque page ? Que vous jouiez ainsi avec les rêves d'auteurs simplement pour de l'argent, c'est inacceptable. Alors, oui, je vous prends pour cible aujourd'hui car je ne souhaite pas que d'autres tombent dans le même piège que moi. 

   Mon projet n'était pas de me lancer dans l'auto-édition, pas encore. Pour le moment, j'essaie toujours de passer par des circuits assez classiques. Je songerai à l'auto édition d'ici quelques années, sûrement, mais, pour le moment, je vais poursuivre mon chemin. Si tout va bien, en plus, l'année prochaine j'entre en Master d'édition, alors j'aurai enfin toutes les cartes en main pour mener pleinement une carrière littéraire. 


   Donc Le Masque de la Princesse et moi, on continue notre chasse aux éditeurs ! D'ailleurs, il me reste encore un petit dernier qui est déjà revenu deux fois, il est temps qu'il entame son troisième voyage. En attendant, merci d'avoir lu, j'espère que l'article vous a plu, même s'il ressemble plus à une dénonciation qu'autre chose. Mais bon, justice est faite, et moi, je vais m'en retourner à mes petites écrits.


29/01/17
ET LE CHEMIN S'OUVRE ?


  Bien le bonjour, tout le monde ! 

   Cela fait un moment que mes petits chéris sont sur les routes, à la poursuite des éditeurs. Le Masque de la Princesse a déjà beaucoup voyagé, il est passé entre quelques mains : Albin Michel, Flammarion, Bayard, Casterman, XO Editions, Rageot, Persées, Syros, Atalante, Editions du rocher, Thierry Magnier, Rouergue et Elidia. Autant dire que j'ai misé le paquet sur cet enfant. 

   Et pour miser, il le faut car les envois coûtent incroyablement chers. Pour six manuscrits, j'en avais environ pour une quarantaine d'euros. Evidemment, je ne les ai pas tous envoyés par la poste ! Certains envois (comme Gallimard, par exemple) se font exclusivement par internet. Cela ne facilite pas le travail du comité de lecture, certes, mais, nous, écrivains, ça soulage notre porte monnaie. 


  Les réponses ont été lentes à venir, ce qui était plutôt bon signe. Mais bon, elles ont fini par pleuvoir. Sans surprise, mais avec une pointe de déception, toujours, elles étaient négatives. Toutes ? Hé bien… Non !

   Hier matin, mon père est allé chercher le courrier. J'avais deux renvois, un de Groupe Elidia et un des Editions Thierry Magnier. Lettre intéressante pour le premier (apparemment, la publication a fait l'objet d'un désaccord au sein de l'équipe), mais lettre type pour le second. Oh, il faut que je vous fasse lire quand même le commentaire du Groupe Elidia ! 

"Votre idée n'est pas sans originalité. Toutefois, en dépit des qualités littéraires indéniables de votre projet, de la justesse et de la perspicacité du propos, notre comité éditorial ne s'est pas accordé sur la publication."

   Oh, tu la sens, la frustration ! Mais bon, au final, ce n'est pas une réponse positive, hein…  


   Puis je suis tombée sur une lettre épaisse de type A4. Une lettre en droite provenance des Editions Persée. 

   "Chère Mademoiselle, 

Nous sommes heureux de vous informer que votre ouvrage LE MASQUE DE LA PRINCESSE a reçu un examen favorable à l'issue de son examen en sélection."

   Là, premier coup de stress et bouffée de chaleur. Je me tenais dans la cuisine, la lettre entre les mains. Je me suis enjointe au calme et j'ai poursuivi ma lecture. Je vais vous joindre ici les Commentaires de lecture sans mettre le résumé qu'ils ont écrit car il dévoile des instants clés de l'intrigue. 

"Un roman comme on les aime, de ceux qui nous empêchent de dormir le soir tant ils sont prenant. Ce texte possède de solides qualités littéraires ; un vocabulaire riche, une ponctuation maîtrisée, un contenu clair, explicite, d'une délicieuse fluidité. C'est avec brio que Marine Lafontaine impose un style original et très personnel dans la réécriture de son roman. 

En résumé, voici un ouvrage talentueux qui a tout pour séduire un lectorat attentif tant à la qualité scénaristique qu'à l'originalité du contenu."

   Là, ça faisait ding dong dans ma tête. Puis est arrivée la suite…  Afin d'être distribuée à grande échelle, avec la participation d'Hachette Livre, les éditions Persée me demandent une participation de 3 432 euros.
   Il y a de cela près de trois-quatre ans, j'avais déjà été acceptée dans une maison, les éditions Rimbaud précisément. Cette maison m'avait demandé près de 2 600 euros de participation. A l'époque, je n'avais pas l'argent, alors j'ai refusé. Aujourd'hui, je pourrai l'avoir si je pioche dans ma bourse d'études.

   J'en discute avec mon entourage en ce moment. Etre publiée est mon rêve de toujours et je suis prête à m'investir corps et âme dans le projet, quitte à y mettre une somme énorme. Mais est-ce que c'est le bon moment ? Le bon moment, est-ce que je dois parier sur Persée pour m'aider à démarrer ma carrière littéraire en bonne et due forme. La question s'étudie. 

   Quoiqu'il en soit, recevoir une réponse positive est un pas de géant en avant et ça me met du baume au coeur qu'une maison reconnaisse mon travail. Je vous tiendrai bien évidemment au courant de la suite des évènements.


07/10/16
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 6

Bien le bonjour, tout le monde !

Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu de nouvelles par rapport à ma quête pour devenir le roi des écrivains. Et pour cause ? Je me suis retrouvée en prépa et là-bas, c'était un peu compliqué d'écrire.

Mais l'erreur est réparée et me voilà de nouveau en train de battre le pavé du chemin des ambitions. Et, comme compagnon de route, j'ai choisi cette fois-ci un autre de mes enfants que j'ai le plaisir de vous présenter aujourd'hui : Le Masque de la Princesse.

Alors, le Masque de la Princesse, qu'est-ce que c'est, quelle est donc sa genèse ? Alors, c'est un roman que j'ai écrit pour la première fois quand j'étais hum… en première, si je me souviens bien. L'écriture en était très facile et j'ai beaucoup aimé mettre en scène Liam, un personnage très insolent, un genre de caractère que j'ai assez peu l'habitude de manipuler, en fait. 

Donc, c'était un vrai plaisir d'écriture. Et quand je suis arrivée à la fin, j'en étais assez fière. Puis le temps à passer… et j'ai trouvé ça très mauvais ! Quand j'étais en hypokhâgne, soit environ deux ans plus tard, je me suis relancée dans une écriture sans grande conviction. Et là, surprise, les mots ont de nouveau coulé tout seul ! En quelques mois, la seconde version était achevée, ce qui m'a grandement étonnée. 

Puis est arrivée la khâgne… Rah, là, là, quelle période ! Et j'ai laissé de côté tous mes écrits. Enfin, j'ai passé le concours, je suis allée faire mon stage et les vacances ce sont offertes à moi, heures infinies de vide. Alors, évidemment, je me suis remise à écrire. Et j'ai forcé mon papa à lire Le Masque de la Princesse. 

Je procède toujours ainsi, en fait. L'étape “papa” est encore indispensable pour moi. Je lui envoie le roman sous format docx afin qu'il corrige les erreurs (type orthographe et grammaire), mais il émet aussi son avis sur certains termes utilisés, des choses de genre. Après, je repasse derrière afin de valider ou non ses choix. 

C'est là encore que Le Masque de la Princesse m'a surpris. Car, normalement, quand toutes ces étapes sont passées, je me lance dans une ultime relecture pour corriger des oublis. Et là, je me suis retrouvée à faire correction sur correction… J'ai même réécris des passages complets ! Comme quoi, ce qu'on dit est vrai : un roman est un objet sans cesse en construction. 

Puis j'ai dit stop et je me suis tournée vers l'avenir. Il était temps de l'envoyer, ce roman !… ce qui est une façon très théâtrale de dire que j'ai perfo-relié des pages et des pages pendant deux heures. 

Car oui, après avoir choisi les éditeurs vient l'heure de la création du manuscrit. Donc, passage par la case boîte à copie. Et, pour éviter de payer une fortune pour faire relier les petits, je le fais moi-même à la maison.  

Enfin, cela est fait ! L'envoie comprend 8 Masques de la Princesse, 6 par la poste et 2 par internet. 190 pages de rêves partent sur les routes, ça y est, et vont rejoindre mes précédents éclaireurs (Chassé-Croisé, Réflexions d'une marionnette de papier et Eros et Thanatos). 


Comme quoi, quoiqu'il arrive… L'aventure continue !


LE MASQUE DE LA PRINCESSE


Bien le bonjour, tout le monde ! 

   Aujourd'hui, grand jour car je reprends du service en envoyant un nouveau manuscrit sur les grands chemins. En effet, je me suis enfin décidée à proposer un nouveau manuscrit aux éditeurs. Et celui choisit est intitulé “Le Masque de la Princesse”. 

   Ce roman, je l'avais déjà évoqué plusieurs fois à travers divers articles, mais sans vraiment me pencher dessus. Aujourd'hui, je le remets à l'honneur avec cette petite présentation. D'ailleurs, j'ai remarqué que j'avais laissé des révélations de la première version sur le blog, mais j'ai heureusement rectifié le tir. 

   Ce roman est une réécriture, celle d'une histoire que j'avais écrite au lycée. De nombreuses choses ont été modifiées depuis la dernière fois, notamment le personnage principal que je pense avoir grandement épaissi (ce qui ne pouvait pas lui faire de mal). Et qui dit nouvelle version dit nouveau résumé. Je vous le mets ci-dessous : 

Liam Sefa est un jeune homme issu d’une famille tombée en disgrâce à cause des actions passées de son grand-père. Il a été condamné à mort par pendaison pour une longue liste de méfaits. Mais, alors qu’il était sur le point de rendre son dernier souffle, il est gracié par Eliya d’Asrestos, l’héritière du trône. Cette dernière lui fait une proposition : elle pourra oublier le passé s’il accepte en échange de devenir son maître d’armes. Pour Liam commence ainsi une longue quête sur le chemin de la vérité et cela pourrait bien l’amener à comprendre ce qui se cache derrière la mort de son ami d’enfance, le frère jumeau d’Eliya.  

Dans la première version, Liam et la famille royale n'étaient liés que grâce à Sigène Sefa, mais, dorénavant, notre bretteur en herbe a un passif encore plus lourd avec les enfants au sang bleu. Ce qui rend la situation plus dramatique, en fait.  

L'histoire tourne autour d'un renversement de situation qui a été amené assez bien, tout du moins, je l'espère. Mon unique lecteur m'a dit avoir été surpris, donc on verra bien. En tout cas, ce roman est une histoire que j'apprécie beaucoup, notamment parce qu'elle est facile à écrire. J'espère que Liam et Eliya sauront faire rêver les éditeurs et, par la suite, qu'ils pourront conquérir vos coeurs. 

En attendant que ce jour arrive, je vais vous proposer un petit extrait que je vais mettre en vis-à-vis d'un extrait issu de la première version. Puisque j'en avais déjà mis un en ligne, je pense que c'est celui-ci que je vais vous laisser le plaisir de découvrir. Je vous souhaite une excellente lecture. 

Le Masque la Princesse, version 1, 2012

-     Liaaam ! chantonna une voix.
-     Amy ! s’écria-t-il en réprimant une grimace.
Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette fille devait lui tomber dessus ?! Amy se détacha de lui en souriant. Le soleil avait fait ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de soie bleu toute légère qui lui arrivait aux genoux. 
-     Tu n’as pas froid ? railla Liam. L’hiver n’est même pas fini.
-     Tu es venu vendre des récoltes ? le questionna vivement la jeune fille, ignorant royalement sa question.
-     Tu es idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à dégeler. On doit travailler la terre. On ne pourra semer que d’ici deux ou trois semaines.
-     Ah… 
Amy était gentille, mais pas très futée. Surtout collante. Issue de la petite bourgeoisie, elle attendait sagement que son père la marrie et passait ses journées à échapper à ses leçons de lecture, piano, cuisine et autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la recherche de ragots à se mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam, elle lui sautait dessus et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses avis.
D’ailleurs, ça y est, elle était partie…   
-     Tu sais que la princesse Eliya est de sortie aujourd’hui ? lui lança Amy alors que Liam marchait tranquillement sans prêter attention à ses bavardages. C’est tellement rare de la voir hors du palais ! J’aimerai tellement la croiser ! On la dit si belle ! C’est l’anniversaire de la mort de son frère jumeau, j’ai entendu dire donc elle serait au cimetière royal tout à l’heure puis viendrait en ville ! Je ne sais pas pourquoi faire, mais il y a tellement de rumeurs là-dessus que je ne sais plus où donner de la tête !
Liam se demanda un instant si la langue était un muscle indépendant qui ne connaissait pas la fatigue puis si toutes les filles étaient aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait en faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à ranger les outils ?”… Oui… Cela devait être propre à la gente féminine de parler tout le temps.
Il détailla un moment le profil d’Amy qui lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville. Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de hamster. Elle avait noué d’imposants rubans rouges à ses couettes, une vraie gamine… Malgré ses manière futiles de petite bourgeoise, il arrivait (bien que rarement) à Liam d’apprécier sa compagnie. Dans le coin, il était plutôt connu comme quelqu’un de bagarreur qui s’emportait facilement, trop en réalité. On lui donnait un regard de démon, hérité par son grand-père qui avait autrefois trahi le royaume et avait été exilé. Ses yeux vifs et d’un bleu particulièrement lumineux, cachés en partie par une mèche de cheveux châtains qu’il laissait pousser. Si sa mère faisait mine d’approcher les ciseaux de cette mèche, il s’enfuyait en courant. Il n’aimait pas ce regard de démon et le cachait. Amy n’avait emménagé que très récemment dans la cité royale. Attentive aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de Liam Sefa, cet adolescent qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu très vite le rencontrer.
Ils étaient enfin arrivés à la poissonnerie.  Amy se pinça les narines d’un air indigné.   
-     Le poisson sent bien meilleur une fois cuit et mélangé à de la sauce ! décréta-t-elle d’une voix nasillarde.
-     Tu me fatigues, soupira Liam.
Il allait pousser la porte quand il se fit percuter de plein fouet par une silhouette. Tous deux tombèrent à terre dans un cri de surprise. 
-     Dé… Désolée ! bafouilla une voix. Je courrai et je ne vous ai pas vu !
-     J’ai remarqué ! répliqua Liam avec humeur. Si tu cours, regarde où tu vas, idiote !
La jeune fille qui lui était rentrée dedans rougit fortement. Elle ne s’attendait pas à une réaction aussi véhémente.
-     Vous… Vous vous êtes fait mal ? demanda-t-elle timidement.
-     Comme si, persifla le jeune homme en se redressant.
-     Liam, voyons ! intervint Amy. Ce n’est pas de sa faute, ne sois pas aussi agressif ! Vous allez bien, mademoiselle ?
La jeune fille hocha la tête. Elle était vêtue de vêtements sales, mais plutôt bien coupés. Ses longs cheveux noirs lui arrivaient dans le bas du dos et ses grands yeux entre le noisette et le doré étaient très vifs. 
-     Je suis désolée, répéta-t-elle.
-     Pff…
Sans même lui accorder un regard, il entra dans la poissonnerie. Amy s’excusa auprès de la jeune fille et courut à la suite du garçon.
-     Tu es vraiment malpoli ! le réprimanda-t-elle. Cette fille ne t’avait rien fait de mal !
-     Si mon attitude te dérange, tu peux partir, répliqua Liam d’un ton où perçait tout son ennui. J’ai mieux à faire que d’écouter tes bavardages. 
-    Tu es vraiment impossible !
 
Le Masque la Princesse, version 2, 2015

-                Liiiiiiam !

Ah… 

Ce n’était qu’Amy… Mais… 

Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette fille devait lui tomber dessus !

Amy se détacha de lui en souriant. Le soleil avait fait ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de soie bleue toute légère qui lui arrivait aux genoux. Elle tenait serrait contre elle un réticule de la même couleur que son vêtement, ce qui était sûrement un acte calculé de la jeune fille.   

-                Tu n’as pas froid ? s’étonna Liam. L’hiver n’est même pas fini.

-                Tu es venu vendre des récoltes ? le questionna vivement son interlocutrice, ignorant royalement sa question.

-                Tu es idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à dégeler. On doit travailler la terre. On est tout juste en train de semer.

-                Ah… 

Liam trouvait Amy gentille, mais pas très futée. Surtout collante. Issue de la petite noblesse, elle attendait sagement que son père la marrie et passait ses journées à échapper à ses leçons de lecture, piano, cuisine et autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la recherche de ragots à se mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam, elle lui sautait dessus et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses avis.

-                C’est super que tu sois venu aujourd’hui ! lui annonça la colporteuse. La princesse doit aller au cimetière royal cet après-midi pour rendre hommage à son  frère défunt ! Tu sais qu’on dit qu’elle est vraiment belle ? Mais les rumeurs sont certainement exacerbées par le peu d’apparitions publiques qu’elle offre au peuple ! Oui, c’est certainement ça. Mais, il paraît qu’elle est vraiment jolie. J’ai entendu à l’auberge une servante qui travaille là-bas raconter que… Hé, Liam, où vas-tu ?

L’intéressé prit le parti de l’ignorer. Mains dans les poches, il s’était éclipsé discrètement avant d’accélérer le pas dans l’espoir insensé d’échapper à la tornade blonde.

Ah, ah…

Comme si. 

-                Liiiiam, attends-moi !

-                Ne me suis pas !

-                Attends, enfin !

Elle l’attrapa par le bras, l’obligeant à ralentir.

-                Madaima t’a envoyé faire des courses, je parie ! C’est bien son genre, d’avoir des idées pareilles pour ton anniversaire. Je t’accompagne. Oh, je t’ai souhaité bon anniversaire ? Bon anniversaire ! Ça te fait bien dix-neuf ans, hein ? Je t’achèterai un gâteau dans la meilleure boulangerie du coin pour fêter ça.

-                Je n’en ai strictement aucune envie, grommela Liam.

-                Je ne te demande pas ton avis, chantonnait la jeune fille.

L’intéressé préféra céder plutôt que se lancer dans une conversation stérile avec la petite noble. Celle-ci comprit qu’elle avait gagné et se relança dans son activité favorite.

-                Comme je te le disais à l’instant, normalement, on aura une chance de… Oh, mais je ne t’ai pas dit un truc super important ! Figure-toi que… 

Liam se demanda un instant avec dépit si la langue était un muscle indépendant qui ne connaissait pas la fatigue et si toutes les filles étaient aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait en faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à ranger les outils ?”, “Où est-ce que tu vas encore ?”, “Essaie de ne pas provoquer de bagarres, cette fois-ci”… Oui… Cela devait être propre à la gente féminine de parler tout le temps.

Il détailla un moment le profil d’Amy qui lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville. Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de petit animal. Elle avait noué d’imposants rubans bleus à ses couettes, une vraie gamine… Malgré ses manière futiles de petite noble, il arrivait à Liam d’apprécier sa compagnie.

Il faut dire que, dans les alentours, il était plutôt connu comme quelqu’un de pugnace qui s’emportait facilement, trop, même. On lui donnait un regard de démon, hérité de son grand-père, un félon qui avait autrefois trahi le royaume et avait été exilé loin de la capitale. C’était en partie pour cela qu’il dissimulait ses yeux vifs et d’un bleu particulièrement lumineux derrière une longue mèche de cheveux châtains. Il n’aimait pas ce regard de démon et le cachait ; il lui avait attiré trop d’ennuis par le passé, comme éveiller la curiosité d’un prince qui s’était fait beaucoup trop présent dans sa vie par la suite.

Avant d’en disparaître sans laisser de traces.

Amy avait emménagé il y a peu dans la cité royale. Attentive aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de Liam Sefa, ce jeune homme qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu très vite le rencontrer.

Liam, tentant de faire abstraction de l’abeille qui bourdonnait à son oreille, se dirigea vers la poissonnerie. Malheureusement, sa route fut coupée par un barrage qui avait été érigé dans la rue principale. Une foule dense s’était agglutinée contre les barrières et les conversations allaient de bon train. Des gardes royaux en armure rouge gardaient l’espace, le regard acéré et l’allure fière.

-                Oh là, là ! Ça va être génial ! s’excita Amy en attrapant son bras pour le secouer. Tu ne crois pas ? La sécurité est très élevée, dis donc, une souris ne pourrait pas passer ! J’espère qu’on la verra bien d’ici. On ne devrait pas aller par là, plutôt ? Je suis certaine qu’on aurait une meilleure vue.  

-                Fais ce que tu veux, je vais te laisser là, répliqua le jeune homme.

-                Ah, non ! Reste avec moi ! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir la princesse !

-                Je ne veux pas la voir et surtout pas aujourd’hui, répliqua sèchement le garçon en se dégageant de l’emprise de la jeune fille.

Il avait envie de fuir cet endroit et haïssait cette sensation qui lui bouffait les entrailles. Mais, quand le son du cor retentit, il se sentit comme ancré dans le sol. Son regard dévia, attiré par la procession qui venait de déboucher à l’autre bout de la rue avec, à sa tête, une cavalière tout de noir vêtue. Elle était… Liam s’avança presque inconsciemment, les yeux écarquillés. La jeune fille se tenait très droite sur son destrier et son regard doux parcourait la foule. Quand ses yeux se posaient sur vous, vous vous sentiez pris dans une étreinte mélancolique qui vous serrait la gorge dans un étau. Elle était vêtue d’une robe noire composée de voiles et de dentelles vaporeuses qui semblaient envelopper son corps tout entier. Une mantille couvrait le haut de sa tête et son front, symbole d’un deuil encore vif.

Elle avait un visage empreint d’une beauté noble et triste. Mais ce qui retint l’attention de Liam, ce furent ses mains. Elles étaient blanches et fines, dépourvues de la moindre cicatrice, de la moindre saleté. Même ses ongles semblaient d’une blancheur immaculée. Sûrement n’avait-elle jamais tenu une arme entre ses doigts.  

Le cheval et sa cavalière passèrent à quelques pas de lui. Liam suivit silencieusement des yeux le mouvement des cheveux noirs de la princesse qui semblaient flotter dans son dos, avec une grâce étrange. Ah… Son parfum lui parvint une fraction d’instant. Il flotta un moment sur ses narines avant de s’évanouir, souvenir évanescent.

Ezra devait avoir le même parfum dans leur enfance… 

A ses côtés, Liam entendit Amy pousser un soupir de mélancolie.

-                Elle est aussi belle que les rumeurs le prétendent, murmura-t-elle, visiblement conquise par la vision qui venait de s’offrir sous ses yeux. Nul besoin de joyaux ou de discours quand on est capable d’ensorceler un peuple entier par sa seule présence. Notre princesse héritière sera une grande souveraine, un jour.



 29/06/2015
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 5

   Bien le bonjour, tout le monde !


   Comme je vous l'avais dit récemment, il y a eu du mouvement du côté écriture. En effet, tout d'abord, j'ai dépassé les trente refus des éditeurs. Mais alors quels refus ! 


   Plus j'évolue, plus les lettres évoluent avec moi. J'ignore si c'est parce que mon écriture s'améliore ou si mes histoires intéressent plus, mais les lettres ont changé. Elles sont plus longues et, surtout et, elles sont personnalisées. Et ça, c'est très réconfortant. Evidemment, un refus demeure, quoiqu'en dise, un refus. Mais il faut savoir prendre les choses du bon côté, comme on dit.
   Et il est assez facile de positiver en voyant de grandes maisons d'édition vous donner des conseils et vous encourager. Les sentiments restent mitigés, entre la tristesse et la joie, mais ces lettres sont la preuve que j'avance et ça, déjà, c'est super.

   Mais ce n'est pas la plus grande nouvelle. Figurez-vous que j'ai rencontré une personne absolument formidable. Elle s'appelle Hélène Bihery et c'est un agent littéraire.

   Pour ceux qui l'ignoreraient, un agent littéraire est le pont entre l'auteur et l'éditeur. C'est lui qui va aider un auteur dans son écriture et sa recherche de maison. Quand on m'a donné son nom, je n'arrivais tout d'abord pas à y croire, puis, au rendez-vous (qu'est-ce que j'étais nerveuse !), je me suis rendu compte que j'avais face à moi un tout nouvel horizon. Je ne dis pas que notre rencontre va aussitôt me faire entrer dans une maison, mais nous allons y travailler ensemble. Et rien ne pourrait me rendre plus heureuse.

   Après avoir longuement discuté, je suis rentré dans mon internat et je me suis mise au travail (au plus grand damne de certaines de mes camarades qui me trouvaient très lointaine). Le but était de rendre le meilleur possible un manuscrit sans me disperser pour en travailler d'autres. Contre toute attente, j'ai choisi Chassé-croisé. Ce dernier a bien changé et je pense maintenant que le résultat est satisfaisant.
   Aujourd'hui, il part.
   Il part avec plein de rêves et d'espoirs dans son ventre. Ça va marcher, j'y crois et je ne cesserai d'y croire. L'espoir fait vivre, comme on dit.

   Sur ce, je vous laisse, il va falloir que je retourne à Arras pour de nouvelles aventures !… Mais pourquoi j'ai encore cours ?!

   Bref *toussa, toussa*, bonne journée à tous et merci de m'avoir lu !


29/04/2014
ET DE 20 ! 

   Enfin, 22 pour être exactement exact. Mais 20 quoi, me direz-vous ? Hé bien, j'ai en ce jour reçu plus d'une vingtaine de réponses d'éditeurs ! 
   7 pour Réflexions d'une marionnette de papier (Gallimard, Robert Laffont, Nathan, Flammarion, Albin Michel Jeunesse, XO et Seuil).
   8 pour Eros et Thanatos (Black Moon, Gallimard, Milan Jeunesse, Albin Michel Jeunesse, Laffont, Flammarion, Seuil et Rageot).
   7 pour Chassé-croisé (Laffont, éditions Baudelaire, Albin Michel Jeunesse, Seuil, Plon, Pocket Jeunesse et Nathan). 

   Et il est très curieux (voire amusant) de constater l'évolution des lettres à mesure du temps. Les maisons d'édition, selon l'intérêt éveillé en elle par les manuscrits, ne répondent pas toujours de la même manière.

   J'ai envoyé Réflexions d'une marionnette de papier l'année dernière, si je me souviens bien. Javais écris ce livre en seconde, donc, évidemment, au regard d'aujourd'hui, je le trouve trop peu abouti. J'ai donc eu des réponses types. C'est-à-dire, le genre de courrier insensible et froid qui te prend au cœur et qui te déprime pour le reste de la journée. 
   Deux maisons se détachent tout de même du reste avec Laffont et sa lettre écrite à la main, ainsi que Nathan qui met le doigt sur les points faibles de mon récit et qui m'encourage à persévérer dans la voie de l'écriture. Cette lettre, bien qu'elle soit tout de même un refus, m'avait chaud au cœur et m'avait encouragée à retravailler mon histoire.

   Puis nous envoyâmes sur le front Eros et Thanatos. Refus, refus, refus. Froids, lettres types, parfois même aucune réponse (ce qui était aussi le cas avec le livre précédent). Même Laffont ne refusa le réconfort d'une lettre manuscrite pour m'envoyer son papier type. Les boules…
   Mais une lettre se détacha du lot. Alors qu'Albin Michel Jeunesse m'avait envoyé une lettre type pour le livre précédent, ce coup-ci, il s'agissait d'une lettre longue et très intéressante. Je vous la fournis ci-dessus. Cliquez dessus pour pouvoir l'agrandir et la lire. 

   Puis nous arrivons à Chassé-croisé où les choses évoluent encore un peu plus avec seulement deux réponses types (Plon et Seuil). Le reste… Whaou ! 
   Laffont m'a ressorti sa lettre manuscrite. Nathan loue mon originalité, mais déplore une confusion dans la narration. Il faut dire que Chassé-croisé est un livre avec une dizaine de narrateurs alors forcément, on peut parfois faire de petites confusions… 
   Puis vint Albin Michel Jeunesse. Leur lettre précédente était pas mal ? Ce n'est rien comparée à celle-là !
   Premièrement, ils se rappellent de moi, ce n'est pas rien. Ils savent qui je suis et que c'est moi qui leur ai envoyé Eros et Thanatos. Puis ils soulignent mes points faibles que je vais essayé d'améliorer. La lettre est fournie, longue, vraiment encourageante. Mais bon, il s'agit toujours d'un refus… 

   Nous en arrivons au point culminant de cet article avec les éditions Baudelaire. J'ai découvert ces
éditions sur internet. Je me suis pourquoi pas et j'ai envoyé via le net Chassé-croisé. Leur réponse m'est parvenue 15 jours plus tard, le 6 mars exactement, je me rappelle (c'est l'anniversaire de ma collection Soul sea).
   Et contre toute attente, j'ai été acceptée. 
   Ouais. 
   Bémol ? Ils m'ont demandé de sortir 2 639, 80€ pour imprimer les plaquettes et tout. Oui, il s'agit d'une maison d'édition à compte d'auteur et non, ils ne sont pas présentés ainsi sur leur site (j'ai vérifié après coup pour voir si ce n'était pas moi qui m'était plantée). La somme, de toute manière, je ne l'ai pas, donc ça règle le problème. Dans une même heure, je suis passée d'une joie extrême à une sorte de résignation. 
   … Snif… 

   Bref ! Les maisons d'édition ne fournissent donc pas toujours la même réponse. Apparemment, selon l'aboutissement de l'histoire ou l'écriture, ils changent. En somme, plus un livre est intéressant, plus leur réponse le sera également.


05/02/2014
 LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 4



   Attention, messieurs, dames ! Je suis “heureuse” de vous annoncer que nous avons enfin atteint la dizaine ! Comment ? De quoi nous parle-t-elle ? Quelle dizaine ? Hé bien, j'ai reçu ma dixième lettre de refus ! 

   Ah, ah, ah… Bref… 

    En effet, Eros et Thanatos a été rejeté par les éditions Albin Michel Jeunesse, mais c'était la lettre de refus la plus positive que j'ai reçu jusqu'alors. Plus circonstancielle que les autres, les éditeurs m'ont félicité, pointé du doigt mes faiblesses (en citant les scènes précises qui ne convenaient pas), vivement encouragé à poursuivre mes travaux et demandé de continuer à leur envoyer mes écrits. Plutôt encourageant, en somme ! 

    Sitôt dit, sitôt fait. Grâce à un très beau cadeau de noël appelé une perforelieuse (Une CombBind 200, messieurs, dames ! Magnifique !) et grâce à l'aide généreuse de ma marraine qui a réussi à faire imprimer mes manuscrits à son travail, je me suis retrouvée avec une pile de manuscrits gratuits ! Enfin, gratuits… Si on ne compte pas les premières de couverture en plastique, les quatrièmes de couvertures en carton et les spirales pour maintenir toutes les pages en place ! Ah, ouais…C'est un petit budget tout ça ! Ou un investissement sur l'avenir, dirons-nous. 

 N'ayant plus que sept enveloppes à disposition, je n'ai pu pour l'instant qu'envoyer donc sept Chassé-croisé ! Hé oui, c'est ce petit bébé là qui part sur les chemins, ce coup-ci. Peut-être aura-t-il plus de chance que ses deux prédécesseurs (à savoir, Réflexions d'une marionnette de papier et Eros et Thanatos), qui sait ?

L'aventure continue ! Grâce à l'aide d'une documentaliste de mon lycée, j'ai maintenant de nouvelles adresses d'éditeur. Elle m'en a listé tout un tas, c'est super !

Tremblez, carcasses ! Marine n'a pas fini de se battre ! Hé, hé !


Marine Lafontaine, toujours motivée !
  

 28/11/2013
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 3 

    Hé oui, ce n'est pas parce que Eros et Thanatos a échoué au tremplin Black Moon (grrr…) qu'il ne va pas tenter sa chance ailleurs ! Tenez-vous bien, éditeurs, on arrive !

   Cinq manuscrits tout beaux, tout propres, reliés, couverture plastique et dos cartonné… Miam ! 
   Ces cinq trésors vont bientôt être envoyés vers divers maisons d'édition, et je compte bien encore en faire imprimer pour qu'ils suivent le même chemin, accompagnés par quelques exemplaires de Chassé-croisé !
    J'en profite pour glisser un ENORME merci à Béatrice pour toute l'aide qu'elle m'a apporté dans l'impression de mes manuscrits. Sans elle, je n'aurai pas pu en faire autant. 

   Bien sûr, Réflexions d'une marionnette de papier est toujours d'actualité. Il a été refusé partout, mais je compte bien le retravailler et le remettre sur les rails (j'ai déjà ajouté des scènes et corrigé des trucs de-ci, de-là). 

  Alors, cette fois-ci, qui visons-nous… ? Les même que la dernière fois ! Avec quelques modifications, évidemment ! Pour l'instant, je compte sur XO, Laffont, Hachette, Flammarion et Albin Michel.Vous pouvez accéder aux sites en cliquant sur les noms. 

  Il n'y a plus qu'à inscrire les adresses sur les enveloppes (pas les même que la dernière fois, fort heureusement), ajouter la lettre, poster et en avant pour la grande aventure ! 

      Quant à vous, chers lecteurs, je compte également sur vous pour m'aider (s'il vous plaît ?) ! Je ne demande pas grand chose, juste que vous relayiez cet article ainsi que ceux qui vous plaisent. Sans buzz, je n'arriverai à rien. Merci beaucoup pour tout votre soutien et votre présence !


15/10/2013
CHASSÉ-CRØISÉ 


   Bien le bonsoir ! Article spécial qui va porter sur une sorte de heu… mise au point ? Je n'aime pas trop ce terme, ça ressemble à une sentence. Mais je vous rassure tout de suite, ce n'est nullement le cas ! Heu… Bon, et si on démarrait ?

   Tout d'abord, je voulais vous parler de Eros et Thanatos qui sera sûrement remis en ligne tantôt. Les résultats du concours tremplin Balck Moon sont normalement pour bientôt. Si je ne figure pas parmi les cinq finalistes, je remettrai en ligne le roman avec, en plus, une scène ajoutée ! 

  Je pense démarrer une nouvelle fiction d'ici peu avec comme pivot Kei, le personnage principal de mon livre Libre arbitre. Par contre, je ne sais pas encore bien ce que je vais faire de lui… Auriez-vous des idées, des envies à me soumettre ? N'hésitez pas à me les envoyer par mail ou les ajouter par commentaire ! Toute idée est la bienvenue !


  Enfin, j'aimerai vous parler d'un petit livre qui me tient à cœur. Chassé-croisé en est le titre, il détient au compteur 103 pages, ce qui est peu, je le concède, mais toutes ont été rédigées dans le courant de septembre (du premier au trente, pour être précise). Une aventure d'écriture haletante.

  Sur quoi porte cette histoire ? Sur plusieurs sortes d'aventures de dix points de vue différents. On a Amedeo, un détective qui a recueilli il y a deux ans Darkie, un gamin dont il ne connaît pas le visage, Aylce, une dullahan à la recherche de son corps, Célie, un infirmier au cœur d'artichaut, Brahim, un cancéreux au caractère exécrable, Kate, une jeune fille à la santé fragile, Tina, une vieille femme de quatre-vingt ans, Jacobs, un adolescent télékinésiste qui rêve de devenir pâtissier, Nelson, un garçon qui aime jouer au basket et Olivier, un épicier.
   Autour d'eux gravitent d'autres personnages, mais ils ne parlent pas à proprement parler (sauf Giani, un SDF à qui les personnages viennent confier leurs problèmes). En effet, chaque personnage à sa voix à donner dans des chapitres à la première personne du singulier. Voici le début du livre :
 
Mai 2013, par un beau matin, ensoleillé, un ciel dépourvu de tout nuage. 7h, l’heure de l’éveil, l’heure du déclenchement de l’histoire. Chut… Les personnages vont commencer.



Amedeo abattit son poing sans délicatesse aucune sur son réveil. Il maugréa un moment, enfoui sous ses couvertures bien chaudes. Cette fichue sonnerie avait le don de tirer du sommeil en sursaut ! Repoussant les couvertures, le jeune homme bâilla et s’étira longuement avant de se diriger d’un pas de somnambule hors de sa chambre.

-                Darkie, c’est l’heure, grommela-t-il en frappant à la porte de l’enfant, située en face de la sienne.



Célie se glissa doucement hors des bras de Bonie pour ne pas la réveiller. Non par gentillesse, mais subir son babillage incessant dès le réveil, non merci ! Il piocha quelques vêtements dans son armoire puis jeta un coup d’œil à son horloge mural. Un juron fleurit lui échappa en constatant son retard et il se hâta vers la salle de bain.



Kate poussa un soupir de bien-être quand elle sentit l’eau chaude de la douche couler sur son corps et chasser de son esprit les dernières brumes de sommeil. Sommeil dû encore une fois à ses somnifères. La jeune femme chassa de sa tête ses problèmes de santé pour se concentrer sur ce moment vivifiant. A tâtons, elle chercha son gel douche. Elle s’en saisit, l’ouvrit et le porta à son nez pour se laisser envahir par la douce odeur de vanille.



-                Nelson, tu vas finir par être en retard en cours ! pesta Olivier.

Un grognement lui répondit. Peu convaincu, le père de famille, bien décidé à déloger sa larve de fils, l’attrapa par un pied qui dépassait du lit et tenta de le tirer. Mais l’adolescent parvint à se dégager et à regagner le couvert protecteur de la couette. Olivier poussa un soupir, les mains sur les hanches.



-                Monsieur Auteuil, je vous apporte votre petit-déjeuner.

Brahim grogna dans son sommeil. Il aurait souhaité tourner le dos à l’intruse, mais cette dernière était déjà en train de relever le lit pour qu’il puisse s’asseoir et manger convenablement. L’infirmière déposa son plateau sur ses genoux.



Jacobs mordait à pleine dent dans sa tartine de Nutella sans faire attention aux informations que diffusait la radio, entièrement plongé dans la leçon de sciences physique qu’il tentait en vain de retenir. Oui, bon, sa mère n’avait pas arrêté de lui dire la veille d’apprendre sa leçon, mais il avait d’autres choses à faire. Terminer son dernier jeu vidéo par exemple.



Tina chantonnait gaiement devant sa glace, tout en faisant glisser délicatement sa brosse dans ses cheveux blancs tout bouclés et tout vaporeux, dû au shampoing de la veille. Elle sourit à son reflet avec conviction.  

-                Ma petite vieille, tu as toujours aussi bonne mine !



Gianni était assis sur son banc. Il l’était toujours, d’ailleurs, qu’importe le temps, l’heure ou le jour, il se trouvait là, dans ce parc boisé, à cet emplacement précis. Il jeta un regard embarrassé à Aylce qui pleurait depuis des heures à ses côtés.

-                Faut me comprendre, je n’en peux plus ! hoquetait-elle. Des semaines entières se sont écoulés depuis que je l’ai perdu !

Bon bah, puisqu’il n’avait pas le choix… 

Gianni se leva.

Puis Amedeo prend la parole et l'histoire démarre. Chaque personnage intervient à tour de rôle pour construire le roman et lui donner vie. Il y a aussi quatre lettres qui s'introduisent dans le récit. L'une d'entre elles, la dernière, vient d'ailleurs illustrer le titre.
Je ne peux pas vraiment résumer ce récit sans vous en dévoiler une partie, donc, pour conclure, je vous livre un dernier extrait qui, je l'espère, éveillera votre intérêt ! 
 
Amedeo Kea

-                Bonjours, vous pourriez m’aider à retrouver mon corps, s’vous plaît ?
Je pensais pouvoir dire, sans me vanter, que j’avais déjà vu et vécu beaucoup de choses malgré mon âge. Entre ma mère qui m’avait abandonné à la naissance, les dettes monstrueuses de mon père, mon passage dans un centre de correction, mon adoption aux alentours de seize balais et autres joyeusetés sur lesquelles je passerai, oui, à vingt-quatre ans, peu de personnes pouvaient affirmer avoir fait tout ça.
Mon nom, Amedeo Kea, le prénom que m’a donné mon père, le nom de famille de mes parents d’adoption. Et, sur le pas de ma porte, Gianni Prochenzo, le SDF du coin, celui qui fréquente le parc Van Gogh. A son air, je devinais qu’il n’avait pas quitté son banc pour une raison quelconque. Il me tendait un sac d’où était sortie cette phrase curieuse et dérangeante. J’hésitais à m’en saisir, mais Gianni ne me laissa pas le choix et le fourra dans mes bras. Je poussais un soupir et lui fit signe d’attendre un instant. 
-                Darkie, dépêche-toi, tu vas louper ton bus, grognai-je en entrant dans la cuisine.
L’enfant, attablé devant son bol de céréales, ne me répondit pas, comme à son accoutumée. Il se contentait de mâcher mollement sa nourriture lyophilisée que j’ai en horreur tout en regardant des dessins animés débiles à la télé. Je retournai sur le pas de la porte avec un tupperware en main.
-                Here, take it. It should be enough for you this afternoon.
Il me remercia d’un signe de tête et d’un sourire ; l’est pas bien bavard, lui non plus. Je le vis s’éloigner de son drôle de pas feutré et refermai la porte. Darkie m’avait déjà chipé le sac et s’employait à le fouiller.
-                Ame’, m’appela-t-il.
Je m’accroupis près de lui, curieux de voir ce que nous avait apporté le vieux Gianni. Si je puis dire… ça ne m’a pas déçu.
-                Ah bah enfin ! Non, mais vous aviez l’intention de me faire poirauter encore longtemps là-dedans ! Mine de rien, il y fait chaud !
OK… Heu… Darkie tenait en main une tête. Oui, une tête, vous avez bien lu. Je ne saisissais pas bien la blague, là… Le visage était celui d’une jeune femme, approchant de la vingtaine, je dirai, encadrés par des cheveux blonds cendrés ondulés. Ses yeux verts dardaient sur moi un regard courroucé.
-                Jeu ? suggéra Darkie avec le si peu de mots qui le caractérisaient.
Agacé, je me tournai vers lui. Ce gamin, je l’avais trouvé, il y a quoi ? Deux ans ? Malade, à la rue. Depuis, il vit ici. Je n’ai jamais réussi à lui arracher la moindre info à son sujet, j’ignore à même son prénom ou son visage puisqu’il porte en permanence (même pour dormir ou se laver, j’ai vérifié) un masque de Dark Vador. 
-                Sûrement, acquiesçai-je. Remets ça dans le sac et va chercher tes clics et tes clacs. A cette heure-là, le bus est déjà passé, je t’emmène.
Mais Darkie ne m’obéit pas, détaillant la tête. Il la posa sur le sol comme pour mieux l’étudier. L’intéressée ne semblait d’ailleurs pas bien heureuse d’être l’objet de cette observation. 
-                Non, mais oh ! s’emporta-t-elle. Vous voulez me disséquer aussi ! Bon sang, je me demande bien pourquoi ce clochard m’a amené là si vous n’êtes pas fichus de me venir en aide !
C’est trop perfectionné pour être un jouet, ça. Darkie, nullement surpris par la colère de la tête, l’avait reprise. Il la logea dans le creux de ses bras et leva son visage sur moi.
-                Besoin d’aide, me lança-t-il.
Tout être humain rationnel aurait déjà balancé cette chose par la fenêtre en espérant ne plus jamais croiser son chemin. Sauf que Darkie et moi, on se ressemblait assez à ce niveau-là : on n’avait pas toujours des réactions dites normales. C’est pourquoi, cette tête, on ne l’avait pas jetée, on n’avait pas hurlé, on ne s’était pas planqué sous une table et on n’avait pas appelé d’exorcistes. Au lieu de cela, je consultais l’heure dans une grimace. 
-                Ton prof va gueuler, Darkie.
Le gamin hocha la tête et partit chercher son sac dans sa chambre. Je me retrouvais alors seul avec la fameuse tête qui semblait bouder. Elle roula soudainement vers moi.
-                Je vous en prie, aidez-moi ! me supplia-t-elle avec des yeux baignant de larmes. J’ai perdu mon corps suite à un accident, je ne sais pas du tout où il peut être !
-                Ton corps ? répétai-je.
Oui, je parle avec une tête, rien de plus normal. Bah, j’ai déjà vu plein de films d’horreur que plus rien ne m’étonne, que voulez-vous.
-                Oui, mon corps ! insista vivement la tête, visiblement ravie que je lui prête enfin un peu d’attention. Je l’ai perdu !
-                Comment t’as fais ton compte ?
Là, je vis la tête froncer les sourcils.
-                Mais… vous n’avez pas peur de moi ? demanda-t-elle, apparemment froissée par ce constat.
-                J’en ai vu d’autres, éludai-je.
-                Alors ça, c’est trop fort ! s’énerva-t-elle pour de bon. Je quitte l’Irlande parce que je ne fais plus peur à personne, mais en France, c’est la même rengaine ! Vous ne croyez plus aux fantômes, aux morts-vivants, aux esprits et vous nous tournez en ridicule dans des films pathétiques ! Ah, vive le 21ème siècle, bravo ! Si j’avais mon corps, je vous applaudirais, tiens !
Darkie revint sur ces entres faits avec son sac de cours. Je me redressai et saisis la tête pour la déposer sur la table basse du salon.
-                Je conduis le gamin à l’école et je reviens.
-                Hé, vous n’allez pas me laisser là ! s’indigna la tête. Non, mais, revenez !
Je refermai la porte sans prendre en compte ses insultes. Darkie me tira par la manche pour que je me presse et nous descendîmes jusqu’au parking dans un silence habituel. Nous nous installâmes dans la voiture et je mis en marche le moteur.
-                Dullahan.
Je m’arrêtais dans ma manœuvre pour fixer Darkie qui venait de prononcer ce mot. D’après ma mémoire, un dullahan était une sorte de cavalier qui tenait sa tête sous son bras et qui répandait la terreur autrefois en Irlande. Ils apportaient la mort et pouvaient posséder un fouet créé à partir d’une colonne vertébrale humaine.
-                Tu parles de notre invitée surprise, déduis-je.
Il acquiesça. Je soupirai et jetai un coup d’œil à ma montre. Bon, de toute manière, les cours avaient commencé.
-                On remonte. 

Je m'arrête ici. Je pensais éventuellement le mettre en ligne aussi. Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout dépend de vous. Faites-moi vite savoir vos avis ! 

   

 je ne sais plus la date de publication exacte
LES CONSEILS DE MARINE, 5ème ROUND


   Bien le bonjour ! Aujourd'hui, nouveau billet sur des petits conseils. Cette fois-ci, je vais vous aider à construire une histoire en vous fournissant une astuce qui vous aidera, je l'espère, à rendre votre récit intéressant, voir passionnant. 

   Il existe une astuce que j'utilise énormément dans mes livres pour leur donner un minimum d'intérêt. J'appelle ça : l'intrigue derrière l'intrigue. Ce n'est guère original, certes, mais cela résume bien l'idée.

   Alors, keskecé que cette petite bête là ? Il s'agit en fait d'un procédé fort simple : vous écrivez une histoire, une qui peut même paraître banal. Puis, au fur et à mesure de votre récit, vous faites découvrir au lecteur la face cachée de l'intrigue… Mouais, ce n'est pas super clair ! 

   Prenons un exemple. Alors, sur le vif, on va se faire une petit impro. Disons, un homme, un historien, qui part faire des recherches sur les heu, mayas ? Ouais, on va dire ça. Donc il y va, fait son petit bonhomme de chemins avec ses recherches, fait quelques rencontres etc, etc. PUIS ! On découvre qu'en réalité, il n'est pas celui qu'on pensait qu'il était ! Par exemple, qu'il est possédé par un maya qui cherche à faire renaître son peuple. Ou d'autres choses de ce genre. 

   Le but est de surprendre le lecteur. Le principe de l'intrigue derrière l'intrigue n'est pas un rebond, mais un total retournement de l'histoire. C'est tout remettre en cause, mais pas tout de suite.  Il faut d'abord que vous laissiez l'intrigue première s'installer avant de pointer le lecteur du doigt et lui dire “Tu as été trompé. Ce que tu vois, ce n'est pas la réalité”.

   Pour illustrer mes propos, j'ai choisi de m'appuyer l'œuvre de Terry Goodwink, sa collection de L'Epée de Vérité. Dans le premier tome de la série, Richard recevait la première leçon du sorcier (d'où le titre du tome, d'ailleurs). Bon, pour ce qui ne veulent pas que je leur dévoile cette première leçon, tout sera écrit en blanc (même si, je vous assure, ce n'est pas un élément clé de l'intrigue). Les autres n'ont qu'à surligner le passage suivant. 

   Je disais donc, la première leçon du sorcier s'appuie sur la volonté des gens. Zed, le sorcier au nom
très, très long, donc nous nous contenterons de Zed et non de Zeddicus Zu'l Zorander, Zed nous dit que les gens croient ce qu'ils ont envie de croire, et que c'est ainsi qu'ils se laissent heu… “berner” par des illusions ou des rumeurs. 
    C'est exactement ce procédé-ci avec l'intrigue derrière l'intrigue. Vous poussez les lecteurs à croire en certaines choses, puis vous inversez la tendance avec de nouvelles informations qui vous font dire le contraire de ce que vous disiez jusque là. 

     Voilà en somme, le procédé de l'intrigue derrière l'intrigue. Cela rendra votre récit plus vivant,  plus attrayant et surtout plus intéressant ! Bien sûr, il existe encore une multitude de façons d'étoffer votre récit, je vous en parlerai dans un prochain article !
   En attendant, vous pouvez vous abonner, me suivre sur Facebook ou Google +, laissez un commentaire ou me commander un article. Surtout n'hésitez pas et à très bientôt !    



16/07/2013
LES CONSEILS DE MARINE, 4ème PARTIE

   
   Bien le bonjour ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas mis un article de conseils en ligne pour vous aider dans votre écriture. Aujourd'hui, je vais m'intéresser à deux choses : le style et le cas spécial des réécritures. Suivez le guide !

   J'ai choisi de commencer par le style d"écriture qui est une chose trèèèèès importante dans un livre. Il m'est déjà arrivé, par exemple, d'arrêter un livre en cours de route car je n'arrivais pas à accrocher avec la manière d'écrire de l'écrivain. 
   Prenons un exemple. Vous connaissez tous Pierre Bottero, n'est-ce pas ? Il a une façon d'écrire qui lui est propre, comme une signature, une marque qui va ajouter à ses histoires, je trouve, un soupçon de candeur qui rendra ses livres si particuliers. Ce n'est qu'une impression personnelle, mais voilà, c'est toujours ainsi que je l'ai ressenti. 

   Alors, la question que vous devez vous poser c'est “comment avoir son propre style”, non ? Je pourrai vous dire que ce comment est erroné, ce qui n'est pas totalement vrai, mais pas si faux que ça… En réalité, je pense que le style ne peut se forger qu'à travers le travail et la lecture. 
  Il faut vous inspirer des autres, les prendre comme modèle. Mais c'est long, vraiment long. Cela fait plus de dix ans que j'écris et je dois avouer que mon style d'écriture n'est pas encore au point, même s'il est déjà façonné.
   C'est en écrivant que vous arriverez à vous définir vous-même, il n'y a pas de secrets. Plus vous vous exercerez, plus vous aiguiserez votre plume. Les mots vous viendront plus facilement, votre langage se développera, deviendra plus fluide. Mais ne vous arrêtez jamais de lire. C'est en vous inspirant des plus grands que vous parviendrez à vous lancer. 

   Super transition ! Nouvelle question : oui, mais, comment se lancer ? C'est là que j'introduis mon deuxième sujet ! Les réécritures.  

   A vrai dire, j'y ai pensé à cause l'écriture du mythe de Médée. Mais récemment, j'ai aussi réécris la légende de Romulus et Rémus. Donc j'ai eu envie de vous en parler. 
   Vous n'êtes pas sans ignorer que Jean de La Fontaine, le célèbre fabuliste, s'est inspiré des fables d'Esope jusqu'à même reprendre totalement ses histoires pour les faire à sa sauce. Plagiat ou invention, c'est un peu des deux, je l'avouerai. Quel rapport avec mon sujet ? J'y viens. 
   Tout comme La Fontaine, rien ne vous empêche de vous approprier une histoire pour exercer votre écriture. Choisissez une légende, adoptez un point de vue différent (ou pas) et retranscrivez-là avec vos propres mots. Ainsi, vous pourrez donner un second souffle à l'histoire en elle-même et la rendre encore plus intéressante. 
   Les réécritures sont partout, c'est une sorte d'hommage. Combien de personnes ont-elle reproduit Roméo et Juliette à leur façon ? 
   Après, dans une autre version, vous avez les fanfictions. Au lieu de reprendre l'histoire toute entière et de la refaire à votre façon, vous vous appropriez quelques personnages que vous aimez, voir tout l'univers du livre, pour écrire vos propres aventures. C'est une manière de se lancer sympathique et plutôt douce. Doucement, vous apprendrez à vous détacher et créer vos propres mondes. 

    Bon, évidemment, les conseils que je vous donne peuvent être modulés à loisir. Les réécritures peuvent être plus complexes, plus subtiles. Vous pouvez aussi carrément vous détacher de l'histoire principale pour écrire le “côté caché” de l'œuvre choisie. C'est ce que j'ai choisi de faire avec Romlus et Rémus (la fiction devrait être mise en ligne un peu plus tard, vous verrez à ce moment-là) où j'ai adopté le point de vue de la louve quand elle recueille les deux enfants.  

   ce sera tout pour cet article. Il est plus court que les précédents, mais je pense que l'essentiel y est. J'espère avoir réussi à vous convaincre ou, tout du moins, d'avoir titillé votre envie d'écrire. Si ce n'est pas le cas… tant pis ! A très bientôt pour un nouvel article !

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06/07/2013
LA MALLE FOURRE-TOUT



    Bien le bonjour, chers lecteurs ! Petit article assez spécial car il vous concerne directement. En quoi ? Hé, hé, je vais y répondre dès à présents ! 
    Vous avez été plusieurs à me poser des questions par mail, ce dont je suis absolument ravie. Pour ceux qui hésiteraient encore, je vous y incite vivement. Voici l'adresse : marine.lafontaine@sfr.fr
    Je réponds à toutes les questions, dans le mesure du possible, bien sûr. J'ai aussi reçu quelques demandes d'articles que je suis en train de traitée. Je répondrai d'ailleurs à l'une d'entre elles dès la semaine prochaine. 
    Sans plus attendre, voici les questions… génial, j'ai l'impression d'être célèbre !

Q : Comment t'appelles-tu ?
R : Ah, heu, bah, Marine Lafontaine. Ça paraît si improbable que j'écrive sous mon vrai nom sur Internet ?

Q : Es-tu une descendante de Jean de La Fontaine ? 
R : Evidement !

Q : Pourquoi écris-tu ? 
R : Ah, la question piège ! J'écris parce que j'écris, rien de plus. Ce n'est pas pour communiquer mon avis ou montrer ma vision des choses (bien que j'en profite un peu pour justement y glisser quelques petits choses),  j'aime écrire, c'est aussi simple que ça.

Q : Quelles études fais-tu ? Tu as des projets ?
R : Alors j'entre à la rentrée prochaine en terminale L avec pour but d'intégrer une prépa par la suite. Après, j'envisage faire des études d'édition, mais j'ai aussi d'autres envies comme travailler dans le social, ce genre de choses. Bien sûr, mon but premier reste toujours de vivre de mon écriture, mais je crois qu'il est important d'avoir quelque chose à quoi se rattraper si par malheur je ne devais rester qu'un écrivaillon. 

Q : Aimes-tu les olives ? 
R : Oui, beaucoup, mais à quoi sert ce genre de questions ? 

Q : Quel est ton personnage de livre préféré ? Pourquoi ?
R : Wha, ça, ça va être compliqué d'y répondre ! Heu… Si je devais vraiment n'en choisir qu'un seul, heu… Je crois que je prendrai Shaar-Lun, un des trois héros de la trilogie Les Empereurs-Mages de Jean-Luc Bizien. C'est un vagabond mystérieux, aguicheur, au grand cœur, loyal, fidèle à ses principes et courageux. Depuis que je suis petite, il a toujours été en quelque sorte un idéal de personnage pour moi.

Q : Comment ton entourage vit-il ta passion ?
R : Hum, je ne leur ai jamais posé la question, mais plutôt bien, je pense. Bon, il y a eu une époque où ma mère n'arrivait plus à me décoller de mon clavier, donc, là, ça a bardé, mais sinon ça va. Je ne refuse jamais une sortie entre amis, ce genre de choses, donc jamais ils n'ont eu de problème avec mon écriture. 

Q : Tu écris vraiment tous les jours ? Tu fais quoi à côté ? 
R : Hi, hi, hé oui ! J'adore pianoter sur mon clavier, j'ai toujours un projet sur lequel travailler, une idée à coucher sur papier alors je m'y atèle vraiment tous les jours. Sinon, j'aime beaucoup dessiner, lire, regarder des séries, faire du sport, sortir avec ma famille ou mes amis. Comme vous pouvez le constater, je suis parfaitement normale !

Q : Tu as déjà eu le syndrome de la page blanche ? 
R : Argh ! Question maudite ! Oui, ça m'est déjà arrivé. Dans ces cas-là, j'erre comme une âme en peine, je dois vraiment me forcer pour tenter d'écrire quelque chose de potable. Au bout d'un moment, un déclic survient, mais c'est vrai que parfois j'ai du mal à écrire un livre, jamais parce que le sujet ne m'intéresse plus, mais parce que je n'arrive pas à formuler mes idées. Dans ce genre de situations, j'ai une technique infaillible… Je commence à écrire un nouveau roman !   

Q : Sur quoi tu travailles en ce moment ? 
R : Alors, heu, beaucoup de projets ! Alors, en ce moment je m'essaie à un deuxième tome de Eros et Thanatos, mais je ne suis pas sûr qu'il soit destiné à la publication. Après je planche également sur la réécriture de Médée, ainsi que sur quelques romans : Entre Ciel et Terre, Cruor ramorum, Projet soldat parfait, Les bonnes mœurs, ainsi qu'une ébauche d'un troisième tome concernant Le Recommencement (pour ceux que vous ne connaissez pas, je vous les présenterai plus tard). Et, une première pour moi, je travaille pour quelqu'un en ce moment ! En effet, une blogueuse m'a contacté pour que j'écrive une fiction pour son blog ! Ça m'a fait tout drôle, surtout que son site est excellent ! Donc j'y travaille en ce moment-même. 

    Voilà, ça nous fait une dizaine de questions, cela devrait suffire pour le moment à satisfaire votre curiosité ! A très bientôt pour un nouvel article, n'hésitez pas à commenter ou à vous abonner au blog par mail pour être prévenus dès qu'un écrit est mis en ligne. Vous pouvez aussi me suivre sur Google + et sur Facebook



 17/05/2013
EROS ET THANATOS 


   
    Bien le bonjour ! J'espère que vous allez bien aujourd'hui et que vous profitez du beau temps (si vous êtes du Nord, comme moi, pour une fois qu'on en a !).
    Alors, je voulais vous présenter un de mes romans qui a été terminé depuis peu. Dès les dernières corrections établies, il sera envoyé à des éditeurs et, décision récente, j'ai décidé de le mettre en ligne pour que vous puissiez y avoir accès. Bien entendu, vous serez les premiers tenus au courant et je vous fournirai le lien vers le site où je le mettrai. 
    Le livre en question s'appelle Eros et Thanatos. Je vous avais déjà parlé à l'occasion et il fait parti des manuscrits que je propose dans les prix du concours “A vous la suite !”. Comme son titre l'indique, il s'agit d'une histoire principalement centrée sur l'amour. C'est la première fois que j'écris dans ce domaine, mais je dois m'avouer plutôt fière du résultat. La mort est aussi présente, je vous laisserai juger par vous-même…

   Comme vous avez déjà dû le remarquer, j'ai une position très campée au sujet du mariage pour tous et de l'homosexualité en général. Dans mon livre, j'ai donc choisi de mettre en scène trois couples : un de gays, un de lesbiennes et un d'hétéros. Ainsi, chacun est au même rang et tous participent à l'histoire. D'ailleurs, en voici le résumé ! 

   Il existe dans ce bas monde des êtres possédant des pouvoirs pouvant égaler les Dieux. Malheureusement pour eux, car la vie est bien difficile, mais certains humains sont là pour leur tendre la main. Ceci est l'histoire de plusieurs d'entre eux qui, malgré leurs différences, vont apprendre à s'aimer et connaître l'amitié : Nathanaël que les ombres l'obligent à tuer, Azela, une mystérieuse jeune fille rencontrée au détour d'un couloir, Ael qui est entraîné malgré lui dans la fuite de Cinaed, un jeune homme pouvant faire jaillir des flammes et Gabrielle dont l'actuel travail est de veiller sur une jeune femme cachée derrière des paravents. Tous sont liés les uns aux autres, mais leurs liens seront-ils assez forts ou Thanatos finira-t-il par les arracher des bras d'Eros ? 

   Le dessin à votre gauche est une réalisation personnelle, la seule pour le moment. Je vous présente donc Ael Duncin, mon personnage principal ! 

    Nous ne sommes plus dans la fantaisy comme avec Soul sea ou Le Recommement où la magie régnait dans un monde créé de toutes pièces. Cette fois-ci, nos personnages sont ancrés dans la réalité, mais certains possèdent des capacités exceptionnelles.    
   Il existe deux fins pour ce livre : une gaie et une triste. La petite anecdote est, qu'au début, j'avais mis sur papier une première fin, la triste. Une fin assez… morbide sur les bords. En fin bref, le tout est que ma mère a pleuré en la lisant et que j'ai écris une deuxième fin, une joyeuse. Après, celle que je mettrai en ligne… ce sera à vous de lire ! Si demande il y a, je mettrai les deux. 

  Alors, évidemment, vous l'attendiez et le voici, un petit extrait choisi par mes soins pour vous mettre l'eau à la bouche. Messieurs, dames… A table ! Voici le premier chapitre, rien que pour vous. 

Scène de piété filiale 
 
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L’éclat accrochait les rayons du soleil et les réverbérait. Ils semblaient glisser le long du fil de lame pour aller ensuite ricocher dans son œil.
Une vie de tournesol… Toujours à chercher la lumière, le corps si vite fané une fois qu’on l’a arraché de terre.

Que voulez-vous dire ? Une fois cueilli… c’est ça ? 

Les gouttes vermeilles se mêlaient aux rayons pour se fondre l’un dans l’autre, comme des amants qui s’enlaçaient. Beau et repoussant à la fois … 

Tu as fait le bon choix, Nathanaël. Il n’y a pas de problème. Il fallait le faire… 

Non, non… Je ne pense pas.
Nous sommes là, nous. Tu n’as pas à t’en faire.
Pupilles dilatées, mains tremblantes, corps secoué de frissons malsains. Nathanaël leva lentement la tête vers le ciel paisible.
Pourquoi m’avoir fait faire ça, une nouvelle fois ?
Il le fallait.

Mais… 

-                Nathanaël !
Un cri strident et aigu. Une voix familière. Elle aurait dû évoquer de tendres souvenirs au parfum de lait et d’étreinte.
Mais elle n’éveilla en le jeune homme que des regards terrifiés. Il pensait pourtant les avoir enfermés à double tour dans un coin de son esprit… Pourquoi revenaient-ils maintenant ?
Elle ne comprend pas, Nathanaël, laisse-la donc. Elle n’est rien.
Il ne leur répondit pas, fixant la femme horrifiée de ses yeux gris aux reflets d’orage. Elle tremblait, son corps était secoué de spasmes, elle se retenait mal de vomir. Sa peau était recouverte d’une pellicule de sueur. Une sueur froide… provoquée par la peur. Il voulut l’approcher, mais elle hurla. Tout en poussant ce cri abominable, elle reculait, se cognant à la table de la terrasse. Elle faillit tomber, mais se rattrapa à une chaise.
-                Ne m’approche pas ! Ne m’approche pas, espèce de monstre ! Abomination !
-                Mais… 
-                AAAAAH !
Elle continuait de crier, vrillant les tympans de Nathanaël de sa voix perçante. Elle avait une sorte de bracelet à son poignet dont elle avait enclenché le bouton. Dans le lointain, des sirènes se mirent à mugir. A ce son, la femme retrouva un semblant de courage, assez pour cracher à la figure du garçon. Ce dernier ne broncha pas.
Puis ils débarquèrent. Toutes ces mains qui l’agrippent et le secouent… On le jeta à terre et on lui passa les menottes. Les policiers beuglaient des choses, mais Nathanaël ne les entendait pas. Ses oreilles bourdonnaient et sa vision était floue. Il eut un regard pour le couteau qui traînait dans le gazon, souillant les brins d’herbe d’un rouge vermeille. Son père adorait son jardin. Il en avait toujours pris soin avec une attention et une tendresse toute particulière. Tout comme il s’était toujours occupé de son fils. Et lui avait toujours énormément aimé cet homme compréhensif et généreux.
C’était d’ailleurs lui aujourd’hui sa nouvelle victime.
  
-                Nathanaël… Tu as quel âge déjà, mon garçon ?
-                J’ai seize ans, monsieur.
-                Seize ans… Je ne pensais pas te voir encore ici.

Tue-le, tue-le !

Nathaël les ignora, se concentrant sur l’homme qui lui faisait face. Il s’agissait de son avocat, le même, toujours. Celui qui le suivait depuis la première fois. Un homme sec comme une vieille branche, aux mains noueuses. Il était assis de l’autre côté d’une vitre de protection en verre renforcé de barreaux en acier. Nathanaël se tortilla sur sa chaise en plastique, mal à l’aise. Les murs suintaient d’humidité et une sorte mousse grisâtre courrait sur les cloisons de plâtre.
Tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le ! TUE-LE !
Nathanaël étouffa à grand peine un gémissement. Il avait l’impression qu’on broyait ses tempes entre deux pierres. Il ressentait des picotements dans ses avant-bras et son poignet le torturait. Quand il le fit tourner, l’os craqua. Il remarqua avec horreur que ses doigts étaient recourbés comme des serres. Ou plutôt… 
Comme lorsque j’ai étranglé Ael.

Oui, exactement. Refais-le !

Pourquoi ?

Parce qu’il le faut. Sinon, tu sais bien ce qu’il va se passer ! Tu tiens vraiment à vivre ça, Nathanaël ?
L’intéressé leva lentement sa main vers les barreaux. Mais, au dernier moment, il fit semblant de toucher une tâche sur la vitre de protection. L’avocat n’avait pas reculé. Il planta ses yeux bleus dans ceux de son client.
-                Jusque-là, j’ai tout fait pour te sauver, Nathanaël, mais… Cette fois-ci, je n’arriverai jamais à te sortir de ce bourbier.
-                Je sais, monsieur, murmura le garçon en baissant la tête.
-                J’aurai vraiment aimé t’aider, mais là… Je ne peux rien faire. C’était l’acte de trop, mon garçon.
Nathanaël ne pleura pas. Cela faisait des années qu’il avait cessé de verser des larmes. Il savait ce qui l’attendait. Il vit l’avocat se lever et fit de même, précipitamment.
-                Excusez-moi ! appela-t-il.
L’interpellé s’arrêta.
-                Est-ce que… Est-ce que ma mère va venir ? demanda timidement le jeune homme.
L’avocat posa sur son client un regard empli de tristesse. Le meurtrier se rassit sur sa chaise, sachant parfaitement ce que ça voulait dire.
-                Au revoir, mon garçon.

Nathanaël fut reconduit à sa cellule sous bonne escorte. Il était pieds et poings menottés. Sa geôle en voisinait d’autres, mais toutes étaient vides.
Tant mieux. Il ne faut pas m’approcher, je suis dangereux.
Mais non, tu n’es pas dangereux. C’est eux qui sont stupides. Pourtant, c’est bien que nous soyons seuls, non ? Comme ça nous ne serons pas dérangés.
Le meurtrier s’assit sur sa couchette. La même, toujours. Celle sur laquelle il avait dormi la dernière fois, mais aussi la fois d’avant, et celle qui précédait celle d’avant. Il ne ferma pas les yeux. Il préférait ne pas dormir. Sinon, ils les reverraient.
Les visages de ceux qu’il avait tué.   
-                Fallait-il vraiment que je le fasse ? demanda-t-il dans le vide.

Evidemment ! Il le fallait ! C’est bien mieux ainsi, tu ne crois pas ?

-                Je… Je ne sais pas…
Nous sommes là pour toi, ne te préoccupe de rien d’autre. 
-                Mais… Mon père…
Tout va bien, Nathanaël. Quoiqu’il arrive, nous serons toujours là, à tes côtés.
-                Le pire c’est que je sais que c’est vrai…

Ael observa un moment la silhouette de Nathanaël qui dormait sur sa couchette, recroquevillé comme un petit animal. Machinalement, il porta deux doigts à sa gorge pour retracer les marques que lui avait laissé son ami le jour où il avait tenté de l’étrangler. A ce moment-là, si… Il préférait ne pas y penser.
-                Chéri, je ne sais pas si c’est une bonne idée de venir, tenta de le retenir sa mère, jetant des regards apeurés vers la cellule. Il est fou à lier.
Ael lui offrit un sourire rassurant et frappa contre la vitre pare-balles qui le séparait de Nathanaël. Ce dernier sursauta, tiré brusquement de son semi sommeil. Il posa un regard surpris sur Ael, qui vira à la panique. 
-                Tu ne devrais pas être là, lui murmura-t-il précipitamment. Tu dois t’en aller !

C’est lui, Nathanaël, tue-le ! Tue-le, voyons !

Ael, inconscient du risque auquel il s’exposait, sourit tristement.
-                J’ai appris que tu avais tué ton père… 
-                Je… Oui… 
Le garçon baissa la tête, honteux. Ael voulut ouvrir la bouche, mais sa mère le tira en arrière sans ménagement.
-                Arrête de parler à ce monstre ! lui cria-t-elle. C’est un malade mental, il a déjà essayé de te tuer, je ne veux pas que ça se reproduise !
-                Mais, maman…
-                On s’en va !
Mais son fils se dégagea de son emprise. Les mots résonnaient dans sa tête : monstre, malade mental… Il savait que Nathanaël n’était pas comme ça. Il alla s’accroupir près de son ami. Ce dernier semblait au bord de la nausée.

Qu’attends-tu pour le tuer, voyons ? Il faut que tu le fasses, n’attends pas !

Je ne veux pas… Je…
Fais-nous confiance, Nathanaël. C’est ce qu’il y a de mieux.
-                Va-t-en, supplia le meurtrier en reculant. Tu sais pourtant de quoi je suis capable.
-                C’est d’ailleurs pour cette raison que je viens te voir, lui sourit Ael. Je suis ton meilleur ami, Nathanaël, ne l’oublie pas.
Il vit le visage de son ami se chiffonner de tristesse. Il voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Ael se redressa.
-                Je serai là, le jour du procès. Je serai là.

Cinaed poussa un grognement de frustration. Il prit une nouvelle cigarette dans son paquet et la porta à sa bouche. Sans rien sortir, que ce soit briquet ou allumette, le bout de sa nicotine en barre se mit à rougir et grésiller. Il en prit une bouffée, espérant ainsi calmer la nervosité qui le rongeait. Cela faisait un quart d’heure qu’il faisait le pied de grue près du poste de police. Il savait qu’il ne pouvait intervenir, et cette idée le ravageait. Il aurait tellement aimé y aller et ainsi pouvoir… 
La porte du poste s’ouvrit soudainement sur Ael et sa mère. Un soupir de soulagement passa les lèvres entrouvertes de Cinaed. Quand il avait appris qu’ils allaient voir au poste l’autre fou qui faisait office de meilleur ami au jeune homme, il avait paniqué. Il n’avait pas envie d’user de nouveau de ses pouvoirs devant Ael… Même si ce dernier ignorait qui il était en réalité. Il le fixa, remontant la rue tout en tentant de calmer sa mère hystérique. Il dut sentir qu’on l’observait car il se retourna soudainement. Cinaed croisa ses yeux bleus, trop bleus pour être réels. Cinaed se demanda un court instant s’il portait des lentilles ou si cette couleur extraordinaire était la sienne… quand il reçut un coup de coude dans le ventre !
-                Tu pourrais écouter quand je te parle ! signala une voix féminine avec mauvaise humeur. Déjà que ça fait trois plombes que tu t’es arrêté et… Hé, Cinaed, tu m’écoutes, oui ?
-                Oui, oui, soupira celui-ci. Qu’est-ce qu’il y a, Gabrielle ?
Sa sœur jumelle lui lança un regard courroucé. Si ces deux-là n’avaient pas vraiment le même physique, ils possédaient la même personnalité, ainsi que les mêmes goûts. Ils étaient d’ailleurs souvent ensemble, quand chacun ne partait pas de son côté s’amuser avec ses amis. Ils pouvaient s’entendre à merveille pendant une journée complète, puis, sans prévenir, devenir les pires ennemis au monde.
Gabrielle plissa les yeux. Elle s’était récemment acheté des lentilles de couleur sépia qu’elle adorait. Elle scruta la rue d’un air concentré, puis un sourire vint trancher sa frimousse couverte de tâches de rousseurs.
-                Alors quelle fille étais-tu en train de mater ?
-                Aucune.
-                Un garçon alors ?
-                Non plus !
-                Hum… 
Elle eut une moue ennuyée, tout en se grattant l’arrière du crâne. Ses cheveux roux coupés à la garçonne lui procuraient un air espiègle. Elle donna un petit coup de poing dans l’épaule de son frère et glissa son bras au creux de son coude. 
-                Allez viens ! On va se boire quelque chose ?
-                Non, j’ai pas vraiment envie, ce soir.
-                Très bien ! Alors, on rentre !

Ael fixait d’un air absent les gyrophares des voitures de police qui déchiraient la nuit. Il savait le procès de son ami le lendemain. Sa mère était allée voir celle de Nathanaël pour la calmer et la soutenir. Il savait qu’elles allaient toutes deux déverser leur bile sur le jeune meurtrier, et cette pensée le révoltait. Bien qu’il ait tenté de le tuer par le passé, jamais Ael n’avait réussi à lui en vouloir.
Il avait l’impression que son ami entendait certaines choses. Des choses que lui et les autres ne parvenaient à percevoir. Il aurait donné cher pour savoir ce que c’était. Il aurait aimé aider Nathanaël et ainsi empêcher ce qui allait arriver le lendemain même. Parce qu’il connaissait déjà la décision du juge, chacun le savait… 
Ael tira les rideaux pour ne plus voir les lumières colorées et se laissa tomber sur sa chaise de bureau. Il n’avait pas la tête à ses devoirs… Il se mit à jouer avec son stylo plume sans réellement y faire attention. Aujourd’hui encore, il l’avait croisé… Cinaed Helldi. Ce gars-là était dans le même lycée que lui. Connu pour son côté impulsif, il jouait facilement des poings et était un piètre élève. Il avait un succès fou avec les filles. Il fallait dire que c’était un “morceau de choix”. Son côté mauvais garçon séduisait, mais il avait également un physique avantageux, sculpté par le sport (seule matière en laquelle il excellait). Mais on ne lui avait jamais connu de petites amies. Comment Ael savait-il tout ça ? Parce que c’était un des élèves les plus populaires du lycée et que, dans ces cas-là, les rumeurs allaient vite. Sa sœur jumelle, Gabrielle Helldi, était également connue pour son côté garçon manqué. Ael avait longuement sympathisé avec elle cette année comme ils étaient dans la même classe. C’était une fille plutôt sympa et mignonne.
Le garçon soupira et reposa son stylo. Demain soir, à dix-sept heures, le procès… Dans trois jours, l’enterrement de Monsieur Ouïmo, le père de Nathanaël.
Et dans une semaine, tout au plus, il n’aurait sûrement plus jamais l’occasion de voir son ami.

Gabrielle et son frère se trouvaient dans la salle de bain, chacun vêtu d’un tee-shirt noir, de jeans délavés et troués, chaussés de baskets colorées. La jeune fille souligna son regard d’un coup de crayon alors que son frère tentait d’aplatir un épis.  
-                T’es au courant ? lui lança sa sœur. Apparemment, c’est aujourd’hui, le procès du copain d’Ael.
-                Je sais, marmonna Cinaed. Ah, saleté d’épis !
-                Passe-moi ta laque, je vais arranger ça.
Il lui donna et elle se mit derrière lui pour tenter de discipliner la chevelure blonde de son jumeau. Elle reprit :
-                Ça fait deux jours qu’il est en prison. Il aurait tué son père, cette fois-ci.
-                … 
-                Dire que c’était le meilleur ami d’Ael… Il doit être rudement secoué. 
-                Hum…
-                Voilà ! C’est arrangé !
Elle ébouriffa ses cheveux roux qu’elle aspergea ensuite de laque. Satisfaite, elle rendit le tube à son frère qui, lui, était en train se brosser les dents. Il grogna un remerciement.
-                Je crois que c’est son cinquième meurtre, murmura-t-elle.
Cinaed cracha dans le lavabo.
-                Cinq ?! s’étrangla-t-il. Mais il n’a que seize ans !
-                Ael n’aime pas en parler, donc c’est par les journaux que je le sais. Il aurait tué son cousin à huit ans, puis sa sœur à dix, un ami à onze, sa petite amie à treize et là son père… 
-                Mais il est taré ! Pourquoi ne l’ont-ils pas coffré depuis tout ce temps ?
-                Je suppose qu’il était trop jeune, qu’ils ont jugé qu’il valait mieux l’assigner à résidence… Je ne sais pas. Je trouve ça triste… 
-                Moi je dis surtout que c’est un fou dangereux ! 
Elle eut un petit sourire amer, puis passa son anneau en fer où étaient écrits en noir “live” et “death”. Son frère avait le même au pouce, mais avec l’inscription “FIRE”. Au sommet de son oreille droite se déployait une sorte de griffe, agrémentée d’une pierre rouge. L’oreille gauche de sa sœur était également percée et elle y accrochait toutes sortes de boucles d’oreilles fantaisies. Aujourd’hui, elle en avait choisi une composée de trois chaînes où pendaient des plumes blanches qui coulaient sur son épaule.  
-                Bon, sourit-elle. On essaye d’entrer au lycée sans se faire virer dès la première heure ?
-                C’est une option, ricana son frère.
-                Prends tes études au sérieux !
-                Oui, chef !
Elle poussa un soupir et attrapa le sac en toile qui lui faisait office de cartable.
-                Go !

Une ambiance lourde régnait au petit-déjeuner, ce matin-là. Ael triturait ses céréales sans réelle envie de les porter à sa bouche. Ses parents lui jetaient des regards en coin quand ils pensaient qu’il ne s’en rendait pas compte. Sa mère finit par se racler la gorge et posa sa main sur son poignet :
-                Ael, chéri, dis-moi… Tu n’envisages pas d’aller au procès de ce garçon aujourd’hui ?
-                Il s’appelle Nathanaël, maman.
Il la vit sa raidir. Ce prénom était tabou ici depuis qu’il avait failli mourir de ses mains. Mais Ael n’hésitait pas à le prononcer. Ce n’était qu’un prénom, après tout ! Pas de quoi en faire une crise cardiaque !
Sa mère ravala difficilement ses larmes et il sentit son cœur se serrer. Il n’aimait pas la voir souffrir. Il savait à quel point elle tenait à lui et que sa réaction vis-à-vis de Nathanaël était normale. Malgré tout, il ne supportait pas quand elle parlait de lui comme s’il s’était agi d’un monstre… 
Ce que tous pensaient.
-                Maman, lui sourit-il doucement en pressant sa main dans la sienne. Je veux y aller… Tu comprends ?
-                Mais, Ael, il a tenté de te tuer ! explosa son père.
Le garçon ne répondit pas. Il se souvenait de chaque détail de ce jour, comme si tout s’était passé la veille. Les doigts de Nathanaël sur sa gorge, le manque d’air, la tête qui lui tournait, leurs larmes qui coulaient, puis cette explosion… Ces flammes, des bras qui l’arrachaient de l’étreinte mortelle de son ami, une voix dont il ne se rappelait ni le timbre, ni les mots… Juste la chaleur que cela lui avait procuré… 
Il fut arraché de ses pensées par les sanglots de sa mère. Il se leva pour entourer ses frêles épaules de ses bras. Il se haïssait de la faire pleurer, de lui causer du mal, mais il devait y aller… 
-                Ne t’en fais pas, la berça-t-il. Tout ira bien, Nathanaël ne m’approchera pas.
-                Je ne t’empêcherai pas d’y aller, mon poussin, lui confia sa mère, mais… Si tu savais comme ça me fait peur.
-                Maman… 
-                Vas-y avec quelqu’un, alors ! le pria son père avec inquiétude. Ne te retrouve pas seul avec lui !
-                Mais, papa… 
-                Je veux que quelqu’un soit avec toi ! Moi… c’est au-dessus de mes forces.
-                D’accord, je demanderai à un de mes amis.
-                Merci.
Ael sentit une bouffée d’amour monter en lui. Il se dit qu’il avait vraiment des parents forts et compréhensifs. Il les embrassa, attrapa son sac et fila en cours. 


  Voilà pour cette petite présentation ! Le livre devrait normalement être mis en ligne dès le mois prochain, en tout cas, il sera là très vite, promis ! A très bientôt pour un nouvel article, n'hésitez pas à commenter ou à vous abonner au blog par mail pour être prévenus dès qu'un écrit est mis en ligne. Vous pouvez aussi me suivre sur Google + et sur Facebook. Merci et à la prochaine !


26/03/2013
MINI ARTICLE 

   Bien le bonjour et nous voici de retour avec un article shampoing ! Alors, sur quoi portera l'article aujourd'hui ?… C'est une bonne question sur laquelle je vais me pencher immédiatement ! Ah bah tiens, et si je vous parlais d'un concours aujourd'hui ?

    Le concours en question a été organisé par les éditions Black Moon. Le principe est simple. Vous écrivez un livre et vous l'envoyez. Le meilleur écrit sera publié. Après, Black Moon, qu'est-ce que c'est ? C'est romans de morsure et compagnie avec sous sa bannière Twilight, 16 lunes et j'en passe ! Personnellement, je tenterai bien le coup, mais je ne pense pas que mes écrits colleraient avec l'esprit des éditions. Néanmoins, si vous êtes fans ou déterminés, lancez-vous ! Le concours est ouvert jusqu'à juillet, je crois bien. Pour inscriptions, questions et détails, voici le lien !




16/03/2013
LES CONSEILS DE MARINE, 3ÈME VOLET  

    Bien le bonjour (ou bonsoir, plutôt, vu l'heure). Ce soir, je vais une nouvelle fois vous donner quelques conseils d'écriture pour créer votre propre personnage principal.
   Ce personnage est celui avec qui vous allez passer le plus de temps, celui qui va être le ciment de votre histoire. Il doit accrocher le lecteur, lui plaire, l'interpeller. Il existe quelques piliers essentiels qui feront de votre personnage un “héros”.
   Vient alors la question, qu'est-ce qu'un héros ? Un personne qu'on admire, répondront certains. Quelqu'un avec beaucoup de valeur morale, répondront d'autres. Superman, enfin, diront les fans de comics. Il existe autant de héros possibles que de lecteurs différents, mais quelques “trucs” reviennent toujours. Je vous en parlerai tout à l'heure.
   Alors, pour créer son personnage principal, le critère le plus important est qu'il doit vous plaire à vous. Sinon, l'écriture de son aventure va se révéler plutôt pénible ! Pour qu'il soit quelques peu crédible, je vous conseille de lui créer ce que j'appelle sa “fiche d'identité” : âge, taille, poids, couleurs de cheveux (dire également s'ils sont courts, longs, et autres particularités comme serre-tête, mèches teintes…), couleurs d'yeux (dire s'ils sont vairons, lunettes ou non…), signes distinctifs (ce qui le différenciera des autres physiquement : cicatrice, tatouage, percing, barbe, moustaches, bijoux particuliers…), caractère (enjoué, renfermé, calme, s'emporte facilement…), passé/enfance, secrets (ça peut être tout et n'importe quoi : aime Joan Miro -mais le dit pas parce que ses amis trouvent ça ringard la peinture-, a déjà tué quelqu'un…), famille (parents divorcés, frère, cousin… Indiquez des personnages que vous pourrez introduire dans le livre par la suite), aime (le chocolat, la musique… Tout ce que vous voulez ! Soyez fous !), n'aime pas (idem) et les tics (bégaye quand elle/il est en colère, mordille une mèche de cheveux… ou rien du tout, après tout !).  
   Personnellement, je ne me suis mise que récemment à cette technique pour un livre compliqué. Ça me permet d'y voir plus clair et cela donne de la crédibilité à vos personnages. Cette fiche peut s'appliquer à n'importe quel personnage et peut être ajustée et brodée en fonction de vos écrits : pouvoir particulier, tenue d'agent secret, uniforme d'école, études…

   Revenons aux points clés d'un héros. On va en prendre deux diamétralement opposés pour voir : disons Eragon et Arsène Lupin. D'un côté un gentleman cambrioleur intemporel et, de l'autre, un jeune dragonnier qui lutte pour libérer son monde d'un tyran. Chacun est une icône du héros, mais ils n'ont aucun point commun si ce n'est celui-ci : être capable de réaliser l'impossible. Peu de personnes peuvent se vanter de s'identifier à Arsène Lupin, mais il va donner envie, parfois de se comporter avec autant d'élégance que lui : il fait rêver. Eragon, aussi, à un autre niveau. Ce n'est qu'un point de vue personnel, mais je trouve qu'il “motive”. Il a ses coups de cafard et d'angoisse, mais il va toujours de l'avant et ne va jamais cesser la lutte, quelque soient les difficultés. Ensuite, ce qui fait qu'un héros est un héros, ce sont ces actions. Prenons, par exemple, Marie, du livre d'Olivier Adam “A l'abri de rien”. C'est une jeune femme comme n'importe qui : elle est au chômage, dépressive, elle fait ses courses au Monoprix, a un mari et deux enfants. Rien d'exceptionnel chez elle. Mais elle va s'investir à fond dans la survie des sans-abris. Et, par ce geste, elle va devenir une héroïne : elle va jusqu'au bout des choses (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler).
   S'identifier au héros est important aussi. Il faut qu'il ait des émotions : doutes, peines, peur, joie… N'en faites surtout pas un insensible ! Même s'il cache tout ça, ce n'est pas grave ! Mais il doit en vivre, en ressentir, pour que le lecteur puisse avoir des affinités avec lui. Harry Potter était un adolescent tout à fait banal avant de se découvrir sorcier. Mais ce n'est pas en acquérant ses pouvoirs qu'il va devenir inhumain, au contraire. On assiste à tout : ses coups de gueule, ses amours, ses doutes, sa détermination… C'est aussi ça qui séduit.
   Un héros n'est jamais seul ! Il faut qu'il ait autour de lui une panoplie de personnes qui le seconderont dans sa tâche, sa quête, qui le pousseront à atteindre son but. Prenons, par exemple, le personnage d'un joueur de basket. Il se propulsera à la victoire grâce à ses coéquipiers, mais ce sera lui qui marquera le panier ultime, celui de la gloire !… Ou pas, si vous voulez écrire un bouquin déprimant.

Bon, il est tard quand même, je commence à fatiguer. On reprendra une autre fois ! Bonne nuit et à très vite pour la suite des aventures de Lizzie où notre jeune duchesse fera un rêve… un drôle, étrange rêve…

      
13/02/13
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 2


   Bien le bonjour, cela faisait longtemps ! Hé non, désolée, ce n'est pas encore la suite de la fiction. Mais je vous la promets pour très bientôt, fin de semaine, je crois bien. En attendant, je vais vous parler de mes avancées dans mon rêve. Pas de nouvelles des quelques éditeurs à qui j'ai envoyé mon manuscrit par mail. Alors les choses sérieuses ont commencé… Ça fait très maléfique, dit comme ça ! 
 
   Enfin, bref… Revenons à nos moutons ! Alors, une fois le fichier fin prêt, nous sommes allés chez un imprimeur (qui nous a coûté d'ailleurs une for-tune ! Ghouap !). Non mais ça nous est revenu à plus de 100 euros, tout ce bazar !

 Donc, une fois les huit manuscrits (mon chiffre porte bonheur !) imprimés recto verso et liés (c'est beau, non ?), il a fallu acheter les enveloppes. Mon père ayant déjà écrit et donc envoyé ses oeuvres à des éditeurs, je l'ai laissé choisir… C'est là que les choses se corsent. 
  
  Vous la voyez cette enveloppe ? Sûr ? Cette enveloppe Auchan à bulles là ? Bah c'est de la m**** ! Une demi-heure il nous fallut pour mettre les huit manuscrits dans ces enveloppes ! Hou, c'était du sport !     



  Donc, huit manuscrits, sept maisons d'édition. Pas logique ? C'est bien vrai, mais j'ai voulu garder un exemplaire de mon tout premier manuscrit, tout de même ! Alors, les maisons choisies sont les suivantes : Flammarion (collection tribal), XO, Albin Michel, Robert Laffont (collection R), Milan jeunesse, Nathan jeunesse (collection dystopie) et Bayard. Vous pouvez cliquer sur les noms pour accéder directement aux sites. 

   Après avoir inscrits les adresses, réussis à mettre les manuscrits dans ces screugneugneu d'enveloppes (accompagnés d'une lettre), tout est prêt pour être envoyé ! Mon rêve, me voilà !

   Quant à vous, chers lecteurs, je compte également sur vous pour m'aider (s'il vous plaît ?) ! Je ne demande pas grand chose, juste que vous relayiez cet article ainsi que ceux qui vous plaisent. Sans buzz, je n'arriverai à rien. Merci beaucoup pour tout votre soutien et votre présence ! 

  

24/01/13
LES CONSEILS DE MARINE, LE RETOUR



   Hé oui, déjà de retour ! Je suis en forme en ce moment, je fournis les articles par deux !
   Second round pour les conseils de Marine. Cette fois-ci, comme promis, je vais vous donner quelques conseils pour que vous puissiez coucher sur papier vos propres envies. Mais avant tout, voici mon adresse email : marine.lafontaine@sfr.fr 
   Alors, pourquoi mon mail ? Pour que vous n'hésitiez pas à me questionner. Pas de problème, vous pouvez me demander ce que vous voulez (du moment que ce n'est pas trop indiscret !), j'y répondrai dans la mesure du possible. Ainsi, si vous avez une question assez pointue, vous n'aurez qu'à me la poser ! Je vous le répète, n'hésitez pas (je fais déjà cela avec mon cousin, alors ça ne me gêne pas du tout). Maintenant que cela est dit, passons au vif du sujet !


   Il existe d'indénombrables façons de commencer une histoire. Pourquoi ? Parce que l'idée peut venir de n'importe où ! Je vais vous raconter une petite anecdote, tiens ! Elle date d'environ mes classes CP, CE1. Quand nous étions toutes jeunes, mes amies et moi avions inventé un jeu où nous étions des fées qui se battaient grâce à leurs pouvoirs magiques pour tuer un serpent qui tyranisait notre village (on voit l'influence des Witch et des Winx…). C'est comme ça que j'ai écrit mon premier texte, que je lisais le soir à mes peluches pour avoir leur avis (moquez-vous, c'était un travail très sérieux !). En m'inspirant de ce jeu, j'avais couché sur papier mon premier récit.
   Les premiers textes puisent généralement dans les histoires qui nous ont le plus marquées ou celles qu'on préfère, tout simplement. Alors, ne vous étonnez pas si vous faîtes un remake d'Harry Potter et compagnie ! C'est parfaitement normal. Puis, à force, vous aurez vos propres idées et vous parviendrez à les mettre sur papier. 
    Où trouvez l'inspiration ? Hé bien, attrapez la loupe du brillant Sherlock Holmes, drapez-vous du manteau de l'espiègle Arsène Lupin et suivez-moi !  Nous allons entrer dans le fantastique laboratoire de l'imaginaire, un endroit plus époustouflant encore que la chocolaterie de Roald Dahl. L'inspiration, pour tout vous avouer, est… partout ! Hé oui, les idées sortent de tout et n'importe quoi. Vous pouvez avoir le déclic n'importe où, n'importe quand, ou simplement en laissant vos pensées vagabonder (des fois, des idées me viennent même en pleine nuit, ce qui est assez agaçant… et fatiguant).
   Prenons, par exemple, une image, tiens notre petit scientifique ! Que prépare-t-il ? Quels secrets de l'humanité peut-il tenter de percer avec son intelligence ? Ou, voyons plus loin encore ! Et s'il n'était qu'un robot, manipulé par un extraterrestre qui cherche à reproduire chimiquement une glace à la fraise qu'il ne peut trouver sur sa planète, mais dont il est complètement fan (je n'ai jamais dit qu'on ne devait avoir que des idées sérieuses…). 
   Pour une première fois, je vous conseille de vous inspirer d'histoires déjà écrites. Prenez un gramme de Percy Jackson, un soupçon d'Artemis Fowl (dont le tome 8 est sorti aujourd'hui, au passage !), une pincée de l'Epouvanteur et vous aurez… un beau bazar ! Héra et Pan se sont alliés contre les FARfadets et menacent de détruire le monde ! C'est un travail pour nos trois héros, Percy, Artemis et Tom qui vont s'allier et… bon, j'arrête mon délire. 
   Ensuite, vous pouvez vous inspirez de l'actualité, vos propres expériences etc. Soyez attentifs, observez, vous avez tous les éléments autour de vous pour créer une fabuleuse histoire. 
   
   Avant d'aller plus loin, je dois vous avertir. Ecrire, c'est long. Ecrire, c'est parfois pénible et angoissant. Mais écrire, c'est une drogue affreusement et délicieusement magique. Une fois qu'on y est habitué, une fois qu'on aime, cela devient comme une seconde peau. Dans mon cas, ça m'est pratiquement indispensable. Cependant, écrire correctement avec de belles figures de style, de manière fluide et sans fautes, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C'est énormément de travail, un travail quotidien, indispensable. Je ne veux pas vous décourager d'avance, au contraire ! Je ne saurai correctement exprimer ce que je ressens quand j'écris, c'est juste… merveilleux ? Oui, merveilleux. Alors, franchement, si vous en avez envie, lancez-vous ! Il n'y a pas hésiter, qu'avez-vous à perdre ? Rien. A gagner ? Tout ! 

   Bon, je parle beaucoup pour pas dire grand chose, moi… Alors, étape suivante ! Une fois que vous avez une vague idée de votre sujet de départ (ça peut être vraiment n'importe quoi !) Allez, prenons un exemple : un homme atterrit dans un monde parallèle au sien à une différence près, c'est qu'il est une femme. Si vous voulez ajouter un petit plus à votre histoire, vous pouvez dépeindre une situation féminine épouvantable : port du voile, soumission totale à son mari… Si le sujet vous plaît, c'est tout bon. Ou, au contraire, ajoutez de la magie : dragon, sorcières et abracadabra, que je te transforme en crapaud ! Ou, plus nuancé, avec un peu de télékinésie, quelques touches discrètes et nuancées. Bref, vous avez plus de possibilités que vous ne pourriez imaginer. 
   Votre personnage principal va être votre premier point d'ancrage dans l'histoire. Faîtes-le comme vous l'aimez parce qu'il va vous suivre partout ! 
    Hum… Avez-vous déjà joué aux Sims ? Votre protagoniste, c'est un peu comme la création d'un sims : vous commencez par le définir physiquement et mentalement avant de vous lancer dans l'aventure. Tout est permis : cheveux courts, longs,  bruns, roux, yeux bleus, verts, peau noire, de lait, grand, petit, gros, mince, vieux, jeune. Mais ne vous contentez pas de ça ! Donnez-lui des caractéristiques qui le rendront unique : percing, tatouage, teinture, lunettes, et même plus ! Yeux vairons, cicatrices, ailes (bah, pourquoi pas ?), doigts palmés...
   Donc, notre bonhomme, qu'est-ce qu'on en fait une fois qu'il est ce qu'il est ? Personnellement, je ne le fais jamais, mais, pour vos premiers essais, écrivez-en une : une biographie. Si vous voulez que vos histoires soient réalistes, écrivez sa vie : où il est né, ses études, ses fréquentations, ce qu'il aime etc. Quand vous serez plus familiers avec votre plume, vous pourrez vous passer de cette étape que je n'ai jamais prisée : je trouve qu'elle enlève beaucoup de magie à l'écriture. 
   Par contre, ce que j'adore dans ce genre de portrait, ce sont les caractéristiques mentales ! Alors là, mais éclatez-vous ! Plus vous travaillerez cette partie, plus votre personnage sera intéressant : tics nerveux, phobies, manies, ne lésinez pas ! Créer lui un caractère qui pourrait attendrir ou faire rire, même exaspérer !
   Vous pouvez faire ce genre de biographies avec tous vos personnages, ce qui serait l'idéal, mais alors, bonjour le travail !
   Une fois que cela est fait, une nouvelle marche à franchir : vous allez passer aux grandes lignes de l'histoire. Pareil, cette étape, vous pourrez la sauter plus tard (ou pas, cela dépend des personnes). Donc, vous allez complètement écrire l'histoire, mais dans ses grandes lignes, toutes les péripéties, sans rentrer dans les détails. Par exemple, notre bonhomme a donc atterri dans un monde parallèle sous la forme de femme, mais, pas de chance, il est capturé par une horde de bandits qui veulent le revendre dans un harem. Ajoutez des personnages, des descriptions, et baladez-les un peu n'importe où jusqu'à l'évasion finale. 

   J'ai dit, éclatez-vous, éclatez-vous, mais restez un minimum cohérent ! Si votre personnage a 26 ans à la page 4, il n'en aura pas 14 à la page 10 (sauf si vous faîtes un flash-back, bien sûr, ou si c'est fait exprès). Après, que dire d'autre... ? Faites attention à l'orthographe et à la grammaire, n'hésitez pas à vous documenter à côté, à lire d'autres histoires (surtout !!) qui pourront toujours vous fournir de la matière. Faites lire vos essais autour de vous : un point de vue extérieur est toujours le bienvenu et souligne parfois des choses que vous n'auriez pas vu seul. 
   Bon après, j'ai encore foule de conseils à vous donner, mais ce sera pour une prochaine fois, je crois que je vous ai assez bourré la tête comme ça avec toutes mes histoires ! Retenez juste une chose : l'écriture est un plaisir et non une corvée. Ce qu'il faut, c'est vous amuser, c'est le mot d'ordre ! Alors, on se retrouve une prochaine fois ! Merci de votre visite et à bientôt. 
    

  24/01/13
LES CONSEILS DE MARINE



Bien le bonjour !
   Petit article quelque peu inhabituel ! Aujourd'hui, je ne vous parlerai pas de livres ou de mangas, je ne vous parlerai pas non plus de choses diverses. Non, je vais viser un sujet en particulier. Oui, aujourd'hui, je vais vous parler de l'écriture. 
    Par écriture, je ne vais vous bassiner de longues et belles phrases qui feront l'éloge de ma passion. Non, je vais vous donner des conseils pour que vous écriviez vos propres textes ! 
   Il faut savoir qu'il existe plus d'une forme d'écriture, mais peut-être le saviez-vous déjà. Un blog ne sera pas rédigé de la même manière qu'un site professionnel ou un roman. Le registre, le style et le public changent, il faut savoir s'adapter. 

Quelques conseils pour rédiger un article

   Comme vous le saviez peut-être déjà, Marine's blog est mon deuxième blog. J'ai commencé à écrire des articles sur Internet depuis que je suis en quatrième. Au début, c'est toujours pataud et maladroit, quoi de plus normal ? 
    Dans l'écriture, selon moi, il n'y a qu'un secret : il faut écrire sur des sujets que l'on aime. Cela ne sert à rien d'essayer de rédiger un texte sur quelque chose qui ne nous botte pas, il sera mauvais (à moins d'avoir une bonne maîtrise de sa plume, évidemment). 
   Donc, imaginez que vous avez créé un blog et que vous voulez mettre en ligne un article sur un sujet que vous aimez. Prenons, par exemple (je vais dire une bêtise, je vous préviens), l'élevage des lapins. Vous devez vous documenter (ce que je fais toujours, ou presque, même quand je connais le sujet), croiser les données etc. Vous pouvez aussi illustrer vos propos de quelques photos/dessins : vous n'en serez que plus agréable à lire !
   Et hop, quelques clapiers pour enjoliver le tout ! Les images peuvent aussi vous servir pour argumenter. Si vous voulez démontrer, à tout hasard, que les lapins sont élevés dans des conditions désastreuses, vous pouvez choisir des images qui vont appuyer vos propos (mais, si vous vous adressez à un public jeune, évitez les photos chocs, tout de même). 
   Pour en revenir à nos lapins, imaginons que vous donniez des conseils pour élever son propre lapin. Commencez par accrocher votre lecteur avec un titre du genre “Quelques conseils pour élever son lapin” ou, plus fantaisiste “Les bons trucs de Tonton Charles pour s'occuper de Jano lapin !” Enfin bref… 
   Une fois que vous avez procédé ainsi, vous allez présenter votre article dans les grandes lignes. Du genre “Je vais vous parler de la façon de le nourrir, puis comment nettoyer sa cage…” etc. Ayez un esprit de synthèse et ne vous étalez pas sur de petits détails : allez à l'essentiel. 
    Après, bien sûr, vous pouvez très bien faire autrement. Ces conseils ne sont applicables que si vous le voulez. Mais, si j'étais vous j'écouterai mon génie… non, je plaisante ! 
   
   Une dernière chose quand même : pour avoir un article plutôt bien structuré, vous pouvez utiliser la superbe technique de l'entonnoir ! Qu'est-ce que c'est ?  J'ai appris ça l'année dernière en latin, quand on devait rédiger pour la première fois de notre vie une sorte de commentaire composé sur l'Odyssée d'Homère. Le truc c'est, vous partez du plus général pour aller au plus particulier, vous affinez votre recherche. En gros, nous c'était : 1, la présentation ; 2, les axes généraux ; 3, le détail. Ça peut marcher aussi ici. 

   Voilà, ce sera tout pour cet article, mais je vous retrouve très vite pour un deuxième article du même genre, mais cette fois-ci, on parlera de comment écrire son propre roman. A tout de suite ! 



 21/12/12
 DANS LA PEAU DE RIMBAUD


   Bien le bonsoir. Ce soir, je voulais vous faire partager un exercice d'écriture. Pour ne rien vous cacher, nous travaillions sur Rimbaud en classe et notre professeur nous a proposé une rédaction de type bac pour nous entraîner. L'exercice consistait à nous mettre dans la peau du jeune poète et d'écrire une lettre en pastichant son écriture. Le but était de raconter, en 1881, pourquoi Rimbaud avait renoncé à l'écriture. Nous basant sur sa biographie et les poésies vues en classe, nous nous sommes mis au travail. Et, sans vouloir paraître orgueilleuse, j'étais tellement fière de ma lettre que j'ai voulu la partager avec vous !
   Rimbaud avait pour habitude de joindre un poème aux lettres qu'il écrivait. Alors j'ai décidé de l'imiter en vous proposant un vieux poème que j'avais écris lorsque j'étais en quatrième. J'espère que cela vous plaira.
    La lettre est adressée à Monsieur Théodore de Banville, poète fortement admiré par Rimbaud. Mais, sans plus tarder, voici la lettre !


Harar (Abyssinie), le 26 septembre 1881.
À Monsieur Théodore de Banville.

Cher Maître,
Cela fait bien des années que nous nous sommes vus pour la dernière fois. Vous rappelez-vous de celui que j’étais ? J’ai bien changé - fort heureusement. Je n’écris plus, plus une seule poésie. Pourquoi, me demanderiez-vous ? Pardon, cela me fait rire car la réponse est bien simple, mais j’ai moi-même mis du temps à la comprendre. Vous souvenez-vous pourquoi j’ai commencé à écrire ? Tout comme mes pas me permettaient de fuir ma mère, mes vers me permettaient de m’évader. Enlisé - que dis-je ! - enterré dans la marne de cette bourgeoisie d’hygiénistes, j’avais beau me débattre, je continuais à lentement dépérir. Mon moyen d’évasion, la poésie ! Des vers, des rimes, que j’égrenai dans ma course par milliers. Mes ambitions - folles dames - m’entraînèrent dans leur ronde effrénée. Que c’était étourdissant ! Je larguai les amarres, je me libérai de cette vie ô combien étouffante ! Poésie fade et plate, je la voulais lumineuse… non… objective !
Je m’étais rendu poète, je travaillais à être voyant. Ah, cher Maître, que dire de la vie que je menais ? Les poches crevées, mais la tête ballottée par les rêves, je vivais en bohème, une existence dite de débauche. L’écriture était un long travail qui a nécessité nombre d’expériences dont mon innocence a été le prix à payer. Je me suis adonné, abandonné et j’ai écrit - une folle erreur de ma part, non ?
J’ai aimé, lors de mes années les plus absurdes, un homme à l’intellect séduisant nommé Verlaine - mais vous le saviez déjà, sans doute. Mon existence, déjà malaisée, prit le visage de l’enfer. La souffrance que j’éprouvai fut plus grande encore ! Douleur, douleur, ô douleur atroce ! Mes querelles avec Verlaine se firent graduellement plus violentes, notre vie orageuse, non ! tempétueuse ! Nous vivions, comme lui-même l’avait si bien souligné, “une orgiaque misère” où nous nous permettions tout excès. Quand il me quitta, le monde me sembla soudainement erroné et vide. Mais, quand je tentai de le revoir, il me tira dessus avec un pistolet. La douleur fut effroyable, dans le cœur et dans le corps.
Satan, ô Satan, comme je le suppliai pitoyablement de me laisser la vie sauve ! Je devais écrire, encore ! Par deux fois de nouveau, j’ai noirci des feuillets et des feuillets. Le premier recueil que je composai, je le fis alors que je marchais, vacillant, au bord du gouffre de la mort. Le second… non… bien qu’il suivît l’autre de près, il fut radicalement… différent. Comme si le bonheur avait apposé son empreinte à même mon âme ! Je dois vous sembler exalté, mais cette époque me paraît bien lointaine. Cependant, avec ces poésies, il m’a semblé arriver à une sorte… comment dirai-je ? D’accomplissement ? Orphée avait bien pâle figure à côté de moi !
Toutes ces années, j’ai vécu à travers la poésie, pour elle, rien que pour elle. Désormais, je voulais vivre pour moi. Alors, Anch’io, cher Maître, je voulais être homme d’action ! Pourquoi ce brusque revirement ? Je ne puis plus écrire de poésie. J’avais, au fond de mon âme, une ambition secrète dont je ne vous ai jamais fait part : celle de créer un jour une langue qui m’aurait permis d’exprimer ce que je ressentais. Hélas ! Je ne l’ai jamais trouvée… Alors, oui, j’ai quitté le monde des chimères puisque cette langue n’y était point. Peut-être la trouverai-je ailleurs, dans l’action, loin des terres du Nord. Ici, sur ces terres du Sud dessinées grâce la sueur des hommes, peut-être aurai-je une chance - ne sait-on jamais. J’ai longtemps voyagé, cher Maître, j’ai cheminé à travers mille contrées dont j’ai appris tous les dialectes pour m’en imprégner, les graver à même mon âme et ainsi espérer trouver cette fameuse langue - même si, à mon grand désespoir, je dois vous avouer que ce n’est toujours pas le cas. Cependant, le voyage n’est plus un moyen d’évasion, mais un mode de vie. J’allais partout : Italie, Rotterdam, Alexandrie, Chypre ! Ah, quel cachottier je fais, je ne vous ai pas encore tout dit. Vous risquez d’être fort surpris - et je regrette de ne pas être présent pour rendre compte de l’effet de cette nouvelle - mais, ne voulant plus vivre de poésies, j’ai pris la décision de gagner ma pitance grâce au travail : cette nouvelle expérience m’a beaucoup apporté ! Je m’essayais à la direction de chantiers, au trafic d’armes… Que de palpitantes nouveautés ! 
Mon cher Maître, la poésie m’a longuement guidé, m’a grandement aidé, mais je devais me détacher d’elle avant qu’elle ne me rende fou. Je ne regrette rien. Après tout, comment pourrait-on regretter une vie que l’on a choisie ?

ARTHUR RIMBAUD

   A travers la lettre, je retrace la vie de Rimbaud : ses fugues pour échapper à l'éducation trop stricte de sa mère, sa volonté de devenir “voyant”, son histoire avec Verlaine, Une saison en enfer, les illuminations, ses voyages, son travail… 
   Ensuite, voilà un petit poème que j'avais écrit lors de mes années collèges. 

Un jour, je sortirai
De ce lieu où je t’ai rencontré
Où nos souffles se sont échangés
Où tout s’est achevé

Un jour, tu es venu à moi
Tel un messie comme je le perçois
Dans toutes ces prophéties qu’étaient mes rêves

Un jour, Éros s’est joué de nous
En nous réunissant en cet instant
Cruelle qu’est la Mort

Un jour, l’amitié
A tissé sa toile vicieuse
Pour l’embraser par un baiser

Un jour, j’ai crié
J’ai pleuré
Et même frappé les murs qui m’étouffaient
Quand ils t’ont emmené

Un jour, la lumière
La porte qui grince sur ses gonds
Le son du glas est annoncé
On me saisit, on me traîne, on me secoue
Sonnée par un coup, je vois le monde de rouge se colorer

Un jour, je suis sortie
De cette prison où je t’ai rencontré
Où nos souffles se sont échangés
Où l’échafaud a tout achevé

Maintenant je viens vers toi

Quand les lames pénétreront ma peau
Ne crois pas que je crierai
Je resterai digne et humble
Car je sais que plus loin
En dehors de cette gangue de chair
Tu m’attends
   Je n'ai écrit que très peu de poésies, je ne suis pas spécialement douée. Contrairement aux romans, l'inspiration ne me vient que trèèèès rarement ! Enfin bon, qui puis-je si ce n'est pas ma tasse de thé ?  Je n'ai plus qu'à me concentrer sur mes livres et devenir un bon écrivain !



25/11/2012
LIBRE ARBITRE


    Suite à une remarque de ma lectrice favorite, Libre Arbitre va faire l'objet d'une réécriture complète. La première version était, selon elle, trop compliquée et trop violente. Je vous laisse découvrir l'article par vous-même, mais je doute publier un jour cette version.

   Salutations, chers lecteurs ! Aujourd'hui, pour tout vous avouer, je n'avais aucune idée d'article en tête. Quelques lectures sympas à partager, mais je voulais faire autre chose. Alors l'article de ce dimanche portera sur moi (oh, l'égoïste !) et d'un nouveau livre que j'écris en ce moment-même (cinq en même temps, mon record, qui dit mieux ?).
    Le titre de ce livre est “Libre arbitre” et les personnages sont… des personnages ! Hé oui ! Dans ce roman, je vous propose une mise en abîme, l'envers du décor. L'histoire commence avec la naissance du personnage principal. Son principal problème ? Son auteur. Pourquoi ? Premier extrait !


 

Je m’étais rendu compte que la plus petite chose avait une conscience à ma naissance.
Je me souvins encore de tout cela… J’étais né dans un univers entièrement blanc et uniforme. Il n’y avait pas de limites. Ça s’étendait, là, tout autour de moi, immense. Moi, avec mes yeux d’encre, j’observai silencieusement. Je n’étais alors qu’un nom sur du papier.
Oui, on m’avait nommé Ludivine. Mais j’ignorai de quel sexe j’étais, la tonalité de ma voix, la couleur de mes yeux, de mes cheveux ou de ma peau. J’ignorai à même mon corps. Mon esprit était aussi vierge que la feuille de papier sur laquelle j’étais couché(e).
J’étais une petite tâche d’encre.
Puis, on m’a nommé Ludovic, ensuite Pablo, on est revenu sur Ludivine, pour partir sur Camille et finalement adopter Kei. Je crois que celui qui me nommait n’avait aucune idée de ce qu’il allait faire de moi. Il hésitait, tapait sur son clavier et effaçait avant de taper de nouveau. Puis, pour se changer les idées, il a lu Rust Blaster, de Yana Toboso (qui est également le mangaka de Black Butler, non je ne fais pas du tout de pub, pourquoi ?). Je me souvins qu’il pleurait  à la fin. Il a alors décidé de me nommer comme le personnage principal de ce manga : Kei. Je fus depuis lors un garçon aux cheveux blancs et aux yeux violets, tout comme le protagoniste du manga. Si ça, ce n’était pas du plagiat…  
D’ailleurs, à qui appartenait ses mains qui tapaient ces touches avec hésitation ? Maintenant que j’avais des yeux corrects, je pouvais regarder par-delà l’écran qui me séparait de mon créateur. J’y ai vu des poils de barbe, de la fumée de cigarette. Un homme… et il buvait de la bière. Super, mon avenir était assuré ! Il sembla soudainement avoir une idée et ses doigts se mirent à voler de touche en touche. Autour de moi, les mots virevoltaient pour aller se placer correctement. Une fois qu’ils avaient trouvé leur place, ils s’accrochaient à la feuille et se transformaient sous mes yeux. Je me retrouvai assis dans un fauteuil, une télécommande à la main, une canette de coca dans l’autre. J’étais dans une maison coquette. De grandes fenêtres laissaient le soleil déverser ses rayons chaleureux dans la pièce. C’était agréable et… Tiens ? L’auteur avait changé d’avis, il pleuvait maintenant. On sonna à la porte et des mots s’écrivirent sur les murs de la maisonnette. “Va ouvrir !” qu’ils disaient. Je me suis retrouvé propulser hors du fauteuil et revêtu d’un costume noir avec un plateau sous le bras. J’étais maintenant serviteur dans un immense manoir. J’allais ouvrir. Sous la pluie grelottait une jeune fille vêtue d’une crinoline qui formait comme un demi-globe à partir de ses hanches. Elle avait de grands yeux verts… Ah non, ils étaient bleus maintenant. Heu… L’auteur avait décidé désormais qu’elle portait un cache œil et qu’elle avait des cheveux noirs comme le jais avec trois mèches colorées : une violette, une lavande et une indigo. Elle leva le nez pour lire son texte d’une voix monocorde :
-   Exc… Excusez-moi. J’ai été surprise par l’orage et je me demandai si je pouvais rester ici le temps que ça se calme. 

   Pour en venir à la trame du récit, Kei va donc évoluer dans un univers qui ne va cesser de changer et, quand le tout se sera stabilisé, va devoir subir toutes les envies et pulsions de l'écrivain sans jamais pouvoir aller contre sa volonté. Par exemple : 
 
-     Je n’ai pas pu ramener l’antidote, mais je vais quand même te sauver. J’ai passé un pacte avec notre adversaire. Je vais partir, Kei… Et ainsi…
Elle sanglotait, mais moi, je ne voulais tout simplement pas y croire.
-     Tu vivras, acheva mon amie.
Animée par la volonté de notre écrivain, elle se leva.
-     Paola ! criai-je.
Je voulus m’élancer vers elle, mais les mots fondirent sur moi, bruyant et malfaisant essaim d’insectes noirs, pour m’empêcher d’avancer. Mr l’ennemi-qui-nous-attend-en-embuscade-dans-un-arbre-pour-nous-tuer ne tenta rien, le visage fermé. Moi, je continuai à lutter.
PAOLA ! hurlai-je de nouveau.   

    Voilà (bon, je vous rassure, Paola ne s'en va pas vraiment, ce n'est que le début de l'histoire, après tout!). Pour ceux qui se poseraient éventuellement la question, Mr l’ennemi-qui-nous-attend-en-embuscade-dans-un-arbre-pour-nous-tuer est bel et bien un personnage. C'est le protagoniste un peu mystérieux du moment qu'on nomme en fonction des circonstances  (je vous laisse donc imaginer la situation dans laquelle se sont retrouvés Paola et Kei…)
      L'histoire va donc se construire autour de cette problématique. Puis, un jour (mon prince viendra ? Hé non !), l'auteur tue un des personnages les plus proches de Kei pour faire avancer l'histoire. Alors le protagoniste n'a plus qu'une idée en tête : se révolter et quitter définitivement son monde de papier et ainsi avoir enfin son propre libre arbitre. 
    Vous pourrez retrouver également d'autres personnages de mes livres que rencontre Kei au fur et à mesure de sa quête : Ascal (Soul sea), Koena et Harley (Le Recommencement), Noé (Réflexions d'une marionnette de papier)… 
    Allez, un dernier petit extrait pour la route !
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Je m’appelle Kei. Nom de famille : inconnu. Taille : inconnue. Poids : inconnu. Parents : inconnus. Passé : inconnu. Futur : plus qu’incertain. Libre arbitre : zéro.
J’ai des cheveux blancs malgré mon jeune âge (je dois avoir dans les dix-sept ans à vue de nez) et des yeux violets. Je n’ai pas d’histoire pour le moment. J’ai été le porteur d’une clé des Enfers pendant quelques pages, mais cette époque est révolue (apparemment).
Je partage mes lignes avec papi André, un savant amateur de thé, Paola, une tueuse voir plutôt une terroriste et Mr la mystérieuse-silhouette-qui-observe-tout-la-scène-un-sourire-de-loup-sur-les-lèvres qui ne sait pas qui il est et dont on ne connaît pas le visage parce qu’il est masqué par son abondante tignasse rousse qui descend jusqu’au creux de ses reins. On a un auteur qui fume et qui boit. De plus, il nous a créé, mais il n’a aucune idée de ce qu’il va faire de nous.
En gros, bah, on est un peu dans la galère, quoi.  



09/11/2012
MON PREMIER ROMAN 



   
   Bien le bonjour et bienvenue dans un monde empli de magie… Comme promis, je vais vous parler de mon nouveau roman, qui est en fait une reprise du premier. Hé, oui ! Après cinq années d'attente, je suis parvenue à reprendre enfin les Sorcellyres !
   Je ne peux pas vous parler des Sorcellyres sans évidemment commencer par le début. En réalité, cette histoire date de primaire et a été de nombreuses fois écrite et rata-écrite. Je l'ai commencée à peu près en même temps que je démarrai Harry Potter et mon récit s'en est trouvé fortement influencé : la lettre pour entrer dans une école de Sorcellires (oui, avec un i à l'époque), le lieu coupé du monde pour faire ses achats… Bon, l'histoire tenait plus de la fantaysie que du fantastique, puisque l'histoire se déroulait dans un autre monde et qu'on y croisait des sangarennes (petits êtres ailés, équivalents des chouettes dans HP, mais bien plus dangereuses… et assoiffées de sang !), ainsi que des elfes ! Ces derniers avaient été chassés de la société et étaient considérés comme des monstres. Bon, je ne suis pas allée au-delà de la page 16, mais bon…
   J'ai d'ailleurs gardé l'histoire telle quelle et bien qu'elle date de très longtemps, je me suis dit que vous aimeriez peut-être en lire un extrait que voici (début du chap 1) : 


 
Minuit sonna. Une ombre la rue d’un pas rapide et s’arrêta devant le numéro quatorze. Elle se glissa dans le jardin en faisant le moins de bruit possible puis pris l’échelle qui était couchée à terre. D’un geste lent, elle la posa contre le mur de la maison. Un chat qui observait tout ce va-et-vient, décida que le moment était venu de savoir qui s’amusait à venir dans son jardin et qui voulait rentrer dans sa maison. Il s’avança de son pas léger et silencieux. Quand il fut à un mètre, il reconnut la personne qui avait déjà commencé à gravir les échelons. C’était sa jeune maîtresse, Loune, elle venait encore de faire une escapade nocturne, ce qui est strictement interdit chez la famille Lambarte.

Loune avança lentement et parvint jusqu’à sa chambre, elle poussa doucement la fenêtre et sauta dans la pièce. Là, une mauvaise surprise l’attendait. Sa mère en robe de chambre, le visage livide, était assise sur le lit. Elle n’eut aucune réaction quand sa fille entra. Après un silence gênant, la mère prit la parole :

- Je sais que tu ne te souviens jamais de ce que tu fais la nuit, mais, bon sang de bonsoir, il faut que tu arrêtes de te balader quand le jour est tombé.   
Loune se balança d’avant en arrière l’air perturbé.
- Désolée maman.
Elle avait murmuré ces mots très timidement. Mrs Lambartre s’adoucit un peu.
-Je ne t’en veux pas vraiment, mais, il faut que tu arrêtes quand même de te balader la nuit.
Loune bailla et sa mère la laissa se coucher après s’être assuré que la fenêtre était bien fermée. Le lendemain matin, Loune se réveilla tard, elle étira un à un tous ses muscles et regarda sa chambre. Il y régnait un de ses désordres. Elle claqua des doigts comme le fait sa mère pour que soit impeccable, ce qui ne fit qu’empirer les choses. Loune laissa tomber et sauta de son lit. Ensuite, elle se regarda dans la glace de sa chambre. Elle vit une jeune fille, le teint pâle, ses yeux verts bouffis et ses cheveux noirs tombant sur ses épaules. Elle passa sa main au-dessus de sa tête. Une poussière bleue tomba. Quand le nuage s’évapora, Loune était habillé avec un jean slim, des botes en daims noirs, un haut marron et un boléro à capuche pourpre. Ses cheveux noirs étaient regroupés en une longue tresse. Loune se regarda dans le miroir, tourna sur elle même et, la mine satisfaite, alla prendre son petit-déjeuner.
Elle descendit d’un pas feutré pour ne pas réveiller sa petite sœur qui n’était encore qu’un enfant de six ans. La fin de l’escalier débouchait sur la porte d’entrée, le courrier était là, machinalement, Loune le ramassa. Il y avait deux lettres d’impôts, une pub pour du linge, un magazine d’ustensiles de cuisine et une lettre adressée à son nom. Tiens, qui peut m’écrire ? Se demanda-t-elle. D’un pas lent, elle se dirigea vers la cuisine vide. Ses parents étaient déjà au travail. Un sourire étira ses fines lèvres, au moins elle serait tranquille pour lire son courrier. Elle mis le reste du courrier sur la table, pointa son doigt vers le frigo puis vers le placard, sans lever les yeux de sa lettre. Aussitôt lait, bol, pain, confiture, céréales volèrent. Mais le bol se brisa sur le bord de la table ainsi que le pot de confiture, le bouchon du lait s’ouvrit répandant le liquide par terre, le pain et les céréales atterrirent dans le bocal de Fichte, le poisson rouge. Loune regarda, enfin, ce qui se passait. Elle poussa un cri muet. Elle se leva et aperçu le chat que l’on avait vu hier soir assis sur une des chaises. Il ronronnait. Elle lui murmura dans un souffle :
- Aide moi, Mistick, s’il te plaît.
Mistick leva ses yeux vert doré et dit à son tour.
-Tu t’es encore promenée cette nuit.
-Ah bon ?
-Si tu continues, ta mère va faire une crise.
-Oui, bon, tu peux m’aider ?
-       D’accord mais, après tu me montres ton courrier.
Loune soupira d’exaspération et d’étonnent, d’exaspération car on ne peut rien cacher à Mistick et d’étonnent, comment le chat était-il au courant de la lettre. Déjà, le vieux matou s’était mis au travail. Tout voltigeait dans la petite cuisine : les morceaux du bol et du pot de confiture se sont rassemblés, le lait fut nettoyé et la bouteille jetée, le pain et les céréales furent " pêchés " et jetés à leur tour. Pour couronner le tout, Mistik nettoya l’eau de Fichte et prépara le petit-déjeuner de Loune. Le gros chat s’effondra d’épuisement puis s’endormit sur le carrelage froid. Loune en profita, elle déchira l’enveloppe de la lettre et qu’elle lut à haute voix :

Chère mademoiselle Lambarte.
Nous avons le privilège de vous annoncer que vous êtes admise dans l’enceinte de notre école de sorcellires. Vous trouverez ci-jointe la liste des éléments pour votre scolarité. La rentrée est fixée le trois septembre et attendons votre réponse avec impatiente (le vingt-cinq juillet au plus tard). Nous rappelons aux élèves que lors des grandes vacances, un bateau vous mènera à l’île de la décision. Après un repos d’un mois, nous vous conduirons à la route de passage pour l’achat de vos fournitures puis, encore un mois de repos. Suite au temps écoulé, vous rentrerez pour reprendre votre scolarité. 
Nous espérons vous voir bientôt entre les murs du collège de Sortéle.
Professeur Calouni Mirolde
Directrice
  
  Voili, voilo ! Le dessin située à côté de l'extrait correspond à peu près à l'image que j'avais d'une sangarenne à l'époque. Puis elles ont viré comme ça, oui le guerrier vert très bizarre, c'est bien ça. Autant vous dire qu'ils étaient encore plus dangereux que les petites fées qui ne devaient pas mesurer plus de 50cm. 

   Ensuite est arrivée l'influence Tara Duncan et Keira a fait son entrée. Cette jeune fille va subir beaucoup, beaucoup de modifications au cours des années à venir, mais elle va garder son caractère trempé et son indépendance. Dans le premier livre que j'ai écrit sur elle, elle vit avec sa mère et son beau-père, se baladait toujours avec une hache (oui, oui, je sais, c'est bizarre, mais bon…) et possède un vélo enchanté (ne regardez pas l'écran comme ça, enfin !). 
   C'est aussi à partir de là qu'est apparu le clan des Noyés. Ce camp composé de morts avait pour mission de protéger certaines personnes (une sorte d'entreprise de gardes du corps très puissants, en gros). Depuis, ce clan s'est toujours retrouvé dans mes récits, avec plus ou moins d'importance, la Noyée principale restant toujours Elena, celle qui devait protéger Keira. Avec mon papa, on avait d'ailleurs écrit un petit cross-over à ce moment-là entre son livre (cf l'article sur La machine à rêves) où Fulberte Chinchila (l'un de ses personnages, et mon préféré de son histoire) devient la soeur d'Elena. Par la suite, nous avons abandonné cette idée parce que les deux univers de nos récits divergeaient trop. 

   L'histoire s'est mêlée à l'ancienne pour donner un peu du n'importe quoi, dont voici un extrait (début chap 2) : 

Keira le repéra tout de suite. La chevelure rousse dépassait d’un buisson situé sous le vieux chêne. La jeune fille hésita. Son regard passa de sa ceinture de fortune au buisson. Puis elle haussa les épaules, tant pis. Elle saisit sa hache et la lança avec précision et force.
            Cette hache, elle ne s’en séparait jamais. Elle l’avait trouvée en jouant aux archéologues avec ses amis. Le manche et la lame était en fer, d’un seul tenant. Quand à son tranchant, il était tellement aiguisé que rien qu’en caressant la lame, le sang pouvait goutter.
            La hache se planta dans l’épaisse écorce, juste au dessus des cheveux.
-     Hé, protestèrent ceux-ci, Keira, pas encore !
          La chevelure bougea et un garçon sortit du buisson. Il avait des yeux vert pleins d’étoiles. Tout était droit en lui. Des épaules à la silhouette en passant par les sourcils.
          Le nouveau venu croisa les bras et soupira.
-       Tu ne peux pas t’en empêcher ?
-       Non, avoua t-elle, j’aime tellement faire ça. C’est drôle de te faire peur.
-       On avait dit que tu arrêtais ! Allez, récite.
-       Pas le droit de faire du lancé de hache, de…
-       Et ça c’est quoi ?
-       Du lancé de hache, Chef !  déclara la jeune fille en se mettant au garde à vous du parfait petit soldat.
            Le jeune homme passa sa main sur son visage et soupira comme s’il parlait à une folle.
-     T’inquiète pas, Peter. Je ne recommencerai plus. promit Keira.
-     C’est ce que tu avais dit la dernière fois ! s’emporta Peter.
-     Et si on cherchait Jenn’. proposa la jeune fille pour changer de sujet.
-     J’arrive, ne vous dérangez pas !
          On entendit un craquement. Le bruit de quelque chose que l‘on traîne au sol et une jeune fille, un coati aux talons, se faufila entre les arbres du petit bois. C’était Jenny, dit Jenn’. Ses cheveux blonds lui arrivait aux épaules et ses yeux étrangement rose vif faisait penser à deux bonbons à la framboise. Les deux autres l’aimer pour son air sympathique, ses joues rebondit, son optimiste et aussi pour son côté mystérieux.
Bon, et cette pêche ? On y va ? s’impatienta l’arrivante.

   Voilà pour le deuxième essai des Sorcellyres. C'est vrai que dans cet extrait-ci, il n'y a pas de magie, mais la première fois que Keira utilise ses pouvoirs, il y a trop de personnages et je mettrai longtemps à vous dire qui est qui pour que vous compreniez l'extrait (désolée, je m'en repends !). 
   Me voici entrée en sixième et je m'attèle toujours à la même histoire. Je laisse tomber l'autre (je suis quand même allée jusqu'à la page 39, ce dont j'étais très fière à l'époque !). Mais ça y est, j'ai trouvé un filon ! Les deux anciennes histoires se mêlent à la nouvelle, je pétris le tout dans mon cerveau, j'y ajoute un peu de Naruto (je venais de découvrir les mangas, et j'avais lu celui-ci en tout premier) et pouf ! Tada, les Sorcellyres, mon tout premier roman, était né… 
  
   J'ai été cruelle avec Keira, à ce moment-là. Son pire ennemi qui cherche à la tuer, Aveuntaine, est en réalité son père et toutes les gens qui l'ont adopté sont morts sous ses yeux. De plus, elle est la porteuse d'une entité qui ronge son énergie vitale : elle est condamnée dès le début. Bon, tout n'est pas mauvais, quand même ! C'est une forte tête, ma Keira, et elle est charismatique. Sa puissance fait son charme et elle se retrouve très vite entourée d'amis fidèles dont quelques personnages récurrents tel que Frida. C'est une personne que j'aime beaucoup, donc je pense la faire encore apparaître par la suite. Il s'agit d'une fée violette, spécialiste dans la guérison et les plantes. Elle possède également un lourd secret que je vais peut-être réutiliser pour les nouveaux sorcellyres !

   Un élément, une entité. Une entité, un réceptacle. Keira était celui de l'Hydre de l'eau, et elle l'est toujours. L'histoire commence d'ailleurs par le moment où cette créature fut scellée en elle… 
   Extrait du premier chapitre !
 
L’Hydre jeta un regard haineux aux sorcellyres, un peu plus bas. Comment avaient-ils réussis à l’emprisonner ? Leurs maudits sortilèges avaient eu raison de sa liberté. Mais, ils ne pourraient pas le garder éternellement ici. Un sortilège, c’est comme une peau de chagrin* Ça s’use. Oui, il n’avait pas à s’inquiéter, bientôt il serait libre, il dévasterait le reste du pays et il écraserait les sorcellyres. Il avait été conçu pour ça.
Il était gardé dans une grotte circulaire et puante.  De la moisissure courait le long des murs de roche et de l’eau tombait à gouttes régulières. Plic, plic, plic… Des coupelles de feu volaient au ras du plafond et leur fumée verdâtre frôlait les cloisons pour finir leur course au ras du sol.
Les sorcellyres discutaient entre eux. L’Hydre ne saisit pas grand-chose, mais il sut qu’on parlait de lui. Le sorcier guérisseur paraissait soucieux comme quand on lui donnait un travail trop grand. C’était un fainéant, mais il maîtrisait des techniques anciennes et interdites.  C’était plutôt inquiétant de le voir :
-       Je veux bien moi, se justifia-t-il alors que l’un de ses disciples le traitait de trouillard, mais il me faut un enfant d’un an.
-       J’ai ce qu’il vous faut, déclara avec une lenteur bien calculée une des disciple.
Le sorcier guérisseur tourna son visage ridé et inexpressif vers la jeune femme qui venait de parler. Elle rougit et dit.
-       Mon enfant…

*

-       C’est très dangereux, Layla.
-       J’en suis consciente. Mai si ça peut nous débarrasser de l’Hydre de l’eau, je suis prête à payer le prix.
Le sorcier guérisseur soupira et prit dans ses bras le bambin.
Il le posa sur l’autel de pierre rouge entouré de bougies à demi consumées. Celui-ci sourit et attrapa son pied pour le mettre dans sa bouche, faisant glousser la disciple. Le sorcier guérisseur fronça les sourcils et donna une tape sur la jambe du bébé.
-     Un peu de sérieux, gronda-t-il, à demi attendri.
Il dessina une sorte de bande, traversant son visage, au sang d’Hydre. Le liquide rougeâtre coula sur les joues de l’enfant puis, à l’aide de son scalpel, il fit trois entailles dans la chair des tempes du bébé. Enfin, il écrivit un sceau dans la langue des dragons sur son poignet droit. Il répandit le sceau tout le long du bras de l’enfant

La cérémonie pouvait débuter.
Le sorcier guérisseur commença à psalmodier. Il enferma sa main droite dans sa main gauche, levant l’index et le majeur vers le ciel. L’Hydre commença à se débattre dans ses liens magiques : tout ça ne sentait pas bon du tout.
Le bambin se mit à pleurer et le monstre mythologique comprit ce qu’il allait se passer. Il avait déjà assisté à une cérémonie comme celle-là : On allait l’envoyer dans les veines du gamin ! L’Hydre de l’eau poussa un rugissement qui fit trembler les murs de la grotte. Ce genre de pratiques étaient interdites par la loi !
Déjà, son esprit devenait vaporeux et une force venue des fins fonds des astres le poussa vers l’enfant. Il eut une dernière pensée pour sa fille, abandonnée de tous. La dernière chose qu’il vit fut le regard triomphant de l’ennemi.

*
Le seau s’était rétracté sur le poignet de l’enfant, empêchant ainsi l’Hydre de s’évader. Dès qu’il essayait, il se brûlerait de toute part.
Le sorcier guérisseur s’épongea le front avec sa toge de cérémonie blanche, ornée d’une étoile rouge, tout en regardant d’un œil discret Layla bercer son bébé :
-     Un héros, lui murmurait-elle, un vrai héros.
-     C’est aussi grâce à vous, reprit-elle en se tournant vivement vers le vieil homme.
-     Layla, l’interrompit brusquement le sorcellyre, écoutez bien ce que je vais vous dire. (Il soupira en regardant sa plus fervente disciple.) Votre fille ne pourra pas rester sur Lavia. Dès la première relève, nous l’enverrons sur Terre. Personne ne devra l’approcher, même pas vous.
Un silence de mort s’abattit sur eux à la vitesse d’un aigle sur une proie.
En voyant le visage livide de la jeune mère, le dos du sorcier guérisseur se voûta comme sous le poids d’un trop lourd fardeau. 
-        Elle aura une famille d’accueil mais ce sera tout. tenta-t-il de la rassurer.
Layla plissa les yeux de colère et d’impuissance. Elle se leva et répondit.
-       Quand j’ai dit que j’étais prête à payer le prix pour nous débarrasser de l’Hydre de l’eau, je ne pensais pas à ça. (Puis elle dit d’un ton chargé de haine.) Soit !

   
 Bon, Layla a eu un rôle très dur à ce moment-là, mais en plus, par la suite, j'en fais une antagoniste de choix… C'est méchant, dis donc !
C'est partir de cette base-ci que j'ai écrit mon premier roman, ainsi que le deuxième… et la moitié du troisième. Je voulais terminer les aventures de Keira et compagnie en quatre tomes, mais c'est devenu très, très compliqué, entre les complots, les liens de parentés qui n'en étaient pas, les mensonges, machin qui avait tué machine, mais qui finalement il s'agissait du cousin de bidule, lui-même chargé d'une mission et devait protéger truc qui lui était l'héritier de machine et… Pfoui ! Voilà, quoi !  De nouveau, on a le droit au clan des Noyés qui doit protéger Keira pour éviter que l'Hydre ne s'échappe de son corps et ne dévaste tout sur son passage. 
Après avoir bloqué complètement au milieu du troisième tome, j'ai voulu de nombreuses fois reprendre l'histoire sans y parvenir. J'ai tenté plusieurs fois des débuts qui se révélaient mauvais ou inintéressant. Puis finalement, j'ai essayé le cycle de la Chrysalide, nouveau nom donné au clan des Noyés. Je voulais reprendre les différentes histoires présentes dans ma collection et les séparer… Et ça n'a pas marché ! Pourtant, j'étais bien parti, mais non, ça ne m'intéressait pas d'écrire ma collection comme ça. 
Et me voici, cinq ans plus tard, avec, je pense, un bon filon… J'ai transformé ma petite Keira en un gladiateur expérimenté et l'ai propulsé dans un monde proche de celui de L'épée de Vérité… Je vous en mets le premier chapitre ici ! Vous verrez bien si vous aimez !
 
-     Condenser l’eau…
Un frisson, un souffle de vent, peut-être. Dans le sous-bois, la lumière dorée du soleil était tamisée par l’épais feuillage des arbres.
-     Vaporiser l’eau… 
Les branches en charmille formaient une voûte, offrant aux rares promeneurs une ombre fraîche et reposante. Dans le lointain se mêlait le doux bruit des vagues, les sons furieux et multiples de la ville.
-     Dévier la lumière… 
Une journée paisible, une comme toutes les autres, dirait-on. Et c’en était une.

Gassloth avait été ravagée pendant la guerre. Cette terre immense avait subi tant de dommages que les champs ne produisaient plus et que les rivières avaient encore un goût de sang. Il arrivait même que l’on aperçoive encore des armes qui, charriées par les flots, finissaient inéluctablement par couler dans la vase. Les citoyens avaient tout donné pour espérer remporter la victoire : leurs fils, leur nourriture, leur eau, leur argent, leur vie… Ils ignoraient tout des combats et sur ce qu’il se passait sur les champs de bataille. Ils avaient bien trop peur pour demander de quoi il en retournait, de toute manière ! Ainsi, dès qu’ils apercevaient des soldats, ils leur offraient tout ce qu’ils possédaient, espérant qu’ils partent le plus vite possible sans, entre temps, aller s’amuser avec leur femme.
Ryner leva la tête vers le ciel qui lui semblait trop bleu, trop vaste pour être honnête. Il semblait se moquer de lui et de sa condition misérable. Il se demanda vaguement si, dans les pays en paix, les nues étaient semblables. Aussi railleuses et belles…
Il se secoua. Evidemment qu’elles l’étaient ! Un ciel était un ciel, quoiqu’en en dise ! Pas de temps à perdre en réflexions poétiques ! Le jeune homme se chargea de son seau. La guerre reviendrait bientôt, c’était évident. Bientôt, le sang coulerait de nouveau. Encore et encore… 
Ryner avançait à pas lents pour ne pas renverser la moindre goutte d’eau. En ce moment, cette denrée s’achetait à un prix d’or. Avec l’argent qu’il en tirerait, il aurait assez de quoi payer le passage de la frontière. Mais si les soldats le coinçaient avec sa marchandise, il se ferait bastonner. La dernière fois, il s’en était tiré de justesse grâce à Chase, mais son ami (ou plutôt, sa connaissance…) ne pourrait pas intervenir à chaque fois.
Une fois le seau vidé dans une sorte de jarre, il estima le niveau de l’eau et jugea qu’il pouvait encore la remplir un peu. Il retourna près du puit et accrocha son récipient à un rochet. C’était un vieux puit construit à l’ancienne, avec sa manivelle manuelle. Tout se faisait avec la magie de nos jours… Ryner entendit le seau atteindre l’eau et attendit un moment avant de le remonter. Il avait retiré sa chemise pour éviter de l’imbiber de sueur. Ses muscles roulaient sous sa peau lustrée par la transpiration. Le soleil était à son zénith et aucun nuage était là pour faire obstacle à la chaleur de plomb qu’il diffusait. Ryner attrapa son seau et le décrocha. Une fois vidé, il le laissa près du puit, se demandant s’il servirait à un autre chanceux. Quoique peu étaient nombreux à se risquer aussi près des derniers champs de bataille, pour ne pas dire personne. On disait ces terres maléfiques, suintant d’une magie mortelle qui maudirait tous ceux qui s’en approcher. Mais pour le jeune homme, ces endroits représentaient son gagne pain. Des domaines laissés à l’abandon, des habitations intactes (ou presque)… Dans ces lieux désertés, on y trouvait de tout. Des monceaux de richesses, des souvenirs, des traces du passé, des morts, aussi… L’image d’un vieil album photo lui revint en mémoire. A l’intérieur, il avait trouvé toutes sortes de clichés aux couleurs altérées. Il l’avait brûlé avec son propriétaire, un vieil homme tout juste cadavre.
Il arrivait que certaines personnes viennent le voir pour qu’il aille fouiller dans leurs anciennes demeures, celles d’avant guerre, et en rapportent certains objets. Quand la somme en valait le risque, il acceptait. En fait, il ne montrait de la réticence que pour faire monter les prix. Les terres en lisière des anciens champs de bataille ne représentaient aucune menace pour lui, depuis le temps qu’il les parcourait. Elles étaient son territoire, un lieu qui n’appartenaient qu’à lui. On le prenait pour un fou, un individu marginal qui mettait les autres mal à l’aise, si bien qu’on s’écartait sur son passage.  
Ryner s’étira longuement avant de remettre sa chemise. Il jucha la jarre sur son dos avant de s’en aller à bons pas. S’il marchait suffisamment vite, il arriverait au prochain village avant la nuit tombée. Ne jamais rester dehors la nuit, c’était sa première règle de survie. Le jour lui appartenait, mais une fois le noir installé, les créatures qui se tapissaient sur ces terres reprenaient leurs droits. Elles se mettaient à déambuler à la clarté métallique de la lune, régaliennes et affamées. Pour en avoir déjà affronté à plusieurs reprises, le jeune homme savait à quel point elles étaient dangereuses et leurs crocs effilés.
S’il avait demandé à Chase des renseignements sur ces êtres, il lui aurait probablement fourni un exposé clair et concis sur leurs habitudes, leur nourriture, leur cycle de fécondation et autres détails sans intérêt à ses yeux. Mais Chase, lui, était passionné par la faune. Il l’étudiait à travers les différentes contrées du monde et revenait toujours avec des anecdotes qu’il jugeait passionnantes sur ses nouvelles trouvailles. Malheureusement pour lui, à chaque fois qu’il voulait partageait ses découvertes avec Ryner, ce dernier était toujours occupé ailleurs, par le “plus grand des hasards” ! Le destin faisait mal les choses, parfois… 
Ryner ne prit pas le temps de s’arrêter pour déjeuner, mâchonnant en cours de route des lanières de viande séchées. Il croqua également dans une miche de pain racornie. Il avait hâte de passer de nouveau dans la zone “vivante” où il pourrait acheter des aliments frais ! Cela faisait longtemps que la nourriture qu’il trouvait dans les maisons abandonnées était couverte de moisie et de poussières, à l’exception de quelques rares trouvailles conservées grâce à la magie. 

Quand il atteignit enfin le nouveau village, la nuit commençait à s’installer. Sans perdre un instant, il parcourut rapidement les rues pavées en jugeant les maisons d’un simple coup d’œil. Il finit par trouver celle qu’il voulait : sur ses murs blanchis à la chaux étaient peints des symboles cabalistiques rouges, comme s’ils avaient été dessinés avec du sang… Ce qui était effectivement le cas.
Ryner n’eut aucun mal à faire sauter la serrure de la porte d’entrée. Quand il en franchit le seuil, il fut entouré pendant quelques secondes d’un halo vert qui s’éteignit quand il avança. La protection magique était donc toujours en place. Avec ça, il n’avait rien à craindre des bêtes ! Dans un grognement de soulagement, il déposa son précieux fardeau à terre et se massa les reins avant de se laisser choir dans un vieux canapé défoncé. Il pouvait déjà entendre les grondements affamés des créatures alors qu’elles laissaient leurs griffes traîner à même le sol, raillant les pierres des rues pavées. Ryner écouta un moment leurs pas lents et leurs bruits gutturaux, puis s’enroula dans sa couverture. Sans même prendre la peine de manger ou de boire, il s’allongea et s’endormit aussi sec.

La silhouette sembla surgir de nulle part. Les particules d’eau qui l’enveloppaient s’éparpillèrent brutalement, révélant son corps aux multiples blessures. Un râle d’animal blessé s’échappa de sa bouche alors qu’elle se laissait choir dans la poussière. Son dernier combat l’avait sacrément abîmée… Elle parvint lentement à glisser ses genoux sous elle pour se forcer à se relever. Si elle continuait ainsi, ils allaient la rattraper…       
-     Je ne veux pas… chuchotait-elle, au bord de l’évanouissement, retourner… dans… l’arène… 
Son regard embué par la douleur se posa sur sa gourde qui s’était renversée sur le sol au moment de sa chute. Elle la ramassa péniblement et la porta à ses lèvres. Seules quelques gouttes vinrent humecter ses lèvres.
-     Je m’en procurerai plus tard… murmura-t-elle.  
Un sifflement lointain lui fit dresser l’oreille. Ils l’avaient repéré !
-     Condenser l’eau, chuchota-t-elle avec empressement.
Aussitôt, les particules d’eau qui flottaient autour d’elle se rassemblèrent près de ses paumes ouvertes. Une vague de douleur contracta son visage. 
-     V… Va… haleta-t-elle.
Le contrôle lui échappa soudain et l’eau retomba à ses pieds en une pluie fine. Sans même prendre le temps de jurer, la jeune fille se mit à courir. Elle avait épuisé jusqu’à la moindre parcelle de magie en elle ! Le sifflement se faisait de plus en plus proche ! Elle ahanait, le souffle haché par l’effort. Ses jambes menaçaient à tout moment de la lâcher, mais elle les força à accélérer. Elle sonda les alentours de son regard aigu et parvint à distinguer quelques silhouettes qui la suivaient de près. Ses dents se serrèrent. La première attaque viendra… de la droite ! La fugitive  se jeta en arrière. Son corps exercé virevolta dans les airs avant s’atterrir sur le sol, accroupi parmi les broussailles. Deux… Non, six tueurs, tous entraînés à des sorts aussi dangereux que douloureux.
Une longue bataille s’annonçait… 

Gavriel prit une grande inspiration. Les yeux clos, la respiration courte, il se concentra, se coupant ainsi de tout ce qu’il pouvait se passer autour de lui. Il aurait pu avoir un tremblement de terre à l’instant même, il ne s’en serait même pas rendu compte. Ses sens déployés balayèrent un large champ d’action. Il caressa des zones étendues, effleura des contrées inconnues, souffla à travers des paysages lointains… Il voulut s’approcher d’un secteur tout en particulier, mais l’accès lui fut brutalement refusé. Ses mâchoires se serrèrent alors qu’un lent flux de douleur lui traversait le corps. Une protection magique… Cela faisait des années qu’il ne s’était pas heurté à une aussi puissante ! On le secoua brutalement par l’épaule, mais il n’y fit pas attention, totalement prit par sa lutte avec ce sort. On força alors l’accès à ses lèvres et un liquide brûlant glissa dans sa gorge. Il hoqueta et ouvrit les yeux. Il était allongé sur le flanc dans la poussière. Deux paires d’yeux le scrutaient avec inquiétude.   
-     Vous allez bien, Père Anachorète ? Excusez-moi de vous avoir réveillé, mais vous me sembliez très agité, s’excusa l’une des jeunes femmes.
-     C… ce n’est rien, bredouilla Gavriel, encore sonné par sa rencontre. C’est l’une des premières fois qu’un sort me résiste comme ça… 
Les deux femmes échangèrent un regard à la fois surpris et inquiet. Celle qui l’avait réveillé l’aida à se relever.
-     Le chemin est encore long jusqu’aux Terres Désertes, Père Anachorète, il vaut mieux continuer.
-     Ce serait préférable, oui… Je m’en remets à vous, mesdemoiselles !
La seconde, bien plus taciturne que son amie, s’approcha de Gavriel et le questionna :
-     Avez-vous pu localiser nos ennemis ?
-     Malheureusement, non, grimaça le jeune homme. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous être utile… 
-     Ne regrettez rien, Père Anachorète ! s’empressa de le rassurer la première en souriant. C’est notre travail de vous protéger, après tout ! N’est-ce pas, Jennifa ? ajouta-t-elle en lançant un regard lourd de signification à sa collègue.
Celle-ci, pour toute réponse, haussa les épaules. Dans le clair de lune, son armure bleutée prenait un éclat métallique irréel. Accrochée dans le bas de son dos, sa large épée se cognait contre ses reins à chacun de ses pas. Gavriel offrit un petit sourire à la première guerrière, vêtue d’une semblable cuirasse. Cette dernière lui rendit poliment son sourire avant de lui indiquer d’un geste de tête qu’il était temps de se remettre en route.

Ryner bâilla longuement. Sa jarre sur le dos, il parcourait de son pas vif  les grandes allées de la capitale. Il était arrivé ici dans la matinée même, bien décidé à vendre son eau sans finir en prison. Il leva les yeux vers l’imposant château qui ombrageait la ville de sa majestueuse masse. Son regard sombre parcourut pendant un moment les tourelles, les remparts, caressa les meurtrières et glissa le long des créneaux. Il se détacha de sa contemplation en entendant le bruit du pas caractéristique et rythmée d’une patrouille. Si elle le voyait, elle ne manquerait pas de l’arrêter et de l’interroger. Les patrouilles adoraient faire ça, surtout avec lui.
Le jeune homme se coula dans une ruelle et passa rapidement à une nouvelle rue où il se mêla à la foule. Il savait que cela ne suffirait pas à duper les soldats… Il retira habilement le large tissu rouge dans lequel il s’était enroulé pour avoir un peu plus chaud et le retourna pour de nouveau s’en draper et cacher ses cheveux blonds. Au soleil, le textile était maintenant d’une couleur jaunâtre. Sans cesser de marcher, Ryner fit couler les sangles de sa jarre le long de ses épaules et la coinça sous son bras. Puis il s’assit près d’un marchand ambulant. Adoptant une posture nonchalante, il s’appuya contre un mur et fit semblant de s’intéresser aux produits disposés sur le tapis en laine qui était posé à même le sol poussiéreux. La patrouille passa devant lui sans même lui accorder un regard. Ryner les suivit du regard jusqu’à ce qu’ils disparaissent de son champ de vision.   
-     Hé gamin, siffla le marchand, si t’as quelque chose à vendre, sors la marchandise ou bien dégage !
Pour toute réponse, Ryner dévoila sa jarre. Il l’ouvrit, exposant alors son contenu aux yeux des passants. Le soleil se déversa à l’intérieur et fit briller l’eau comme du diamant.
-     Par ici, messieurs, dames ! cria-t-il. De l’eau, qui veut de l’eau ?
Il vit aussitôt les clients du marchand se détourner de lui pour s’avancer, avide.
-     D… de l’eau ? chuchota une vieille femme aux lèvres desséchées. Elle n… n’est pas empoisonnée ?
-     Fraîche, potable et riche en minéraux ! promit Ryner avec un sourire charmeur. Et de plus, elle n’est pas si chère que ça ! Je vous fais le litre à vingt roys, qu’en dites-vous ?
-     Vingt ? cracha un enfant avec amertume.
-     Tu préfères aller en réclamer aux patrouilles, morveux ?
Pour toute réponse, le gosse fouilla dans la bourse accrochée à sa ceinture et tendit quelques pièces au jeune homme. Celui-ci les prit et les compta. Puis il lui fit signe d’approcher avec son récipient qu’il plongea dans l’eau claire. Puis il le rendit à son client qui en but avidement une gorgée. Son regard s’éclaira alors qu’un filet d’eau clair coulait sur son menton, traçant une raie blanche sur son visage noir de poussière et de boue.
-     Elle est… bonne, murmura-t-il avec émerveillement.
-     J’en veux ! cria une personne dans la foule qui s’était formée autour de la jarre.
-     Moi aussi !
-     Ne poussez pas, j’étais là avant vous !
-     Donnez m’en !
Ryner posa sur ses gens un regard suffisant empreint de mépris, mais ne fit aucun commentaire. Il accueillit les pièces dorées presque avec indifférence, mais s’empressait de les glisser dans sa propre bourse. Une rumeur se répandit soudain parmi les plébéiens. Certains s’empressèrent de se disperser sans même réclamer l’eau qu’ils venaient de payer. Craignant une patrouille, Ryner se redressa, prêt à décamper à son tour, mais il ne s’agissait pas de ça. A quelques pas de lui se dressait une silhouette à l’état pitoyable. Le jeune homme fronça les sourcils à la vue de ses vêtements en cuir et son crâne rasé.
Un gladiateur… 
Et vu ses blessures, il ne devait pas être en permission.   
-     De l’eau… réclama-t-il. Vite… 
Il avait une voix jeune, oui, presque celle d’un enfant… et féminine ! Les guerriers féminins étaient rares par les temps qui courraient. En général, ils appartenaient au clan de la chrysalide… et étaient donc impitoyablement exécutés. 
-     Je ne vends pas de l’eau aux personnes en fuite, déclara alors Ryner en récupérant sa jarre.
La jeune fille attrapa vivement le bord du récipient. Ses yeux brillaient de convoitise.
-     S’il-vous plaît… C’est une question de vie ou de mort.
-     Ne me faites pas une tête de chien battu, je ne vous en vendrai pas !
Elle le fixa intensément. Ses yeux noirs arrachèrent un frisson à Ryner. On aurait dit qu’elle était en train de sonder son âme ! Il se sentit tout à coup nu et extrêmement vulnérable, une sensation des plus désagréables. Il lui semblait que le monde tanguait autour de lui. Une impression de vertige l’obligea à s’agripper fermement à la jarre pour ne pas chuter. Ses dents se serrèrent à lui en exploser la mâchoire, mais il parvint à les desserrer pour siffler quelques mots :  
-     Dis donc, ma petite demoiselle, tu ne serais pas en train de légèrement jouer avec le feu, toi ?
-     Pourri… murmura la jeune fille d’une voix caverneuse. Tu n’accordes aucune importance à ton prochain, je…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un bras l’attrapait par la taille pour la tirer en arrière. Un cri de surprise et de rage sortit de sa gorge alors qu’elle se débattait vainement contre quatre soldats qui tentaient de l’attacher. Ryner tressaillit en voyant les liens dorés qu’ils tenaient entre leurs mains.
-     Mais… Hé ! Qu’est-ce que vous faites ?!
Il voulut s’approcher, mais on le repoussa rudement. Son dos heurta la jarre qui tomba et se vida de son contenu. Un patrouilleur se pencha et recueilli un peu de liquide dans sa main.
-     De l’eau… 
Il se releva d’un bond et gifla Ryner à toute volée. Pris de court, le jeune homme n’avait pas réagi. Sa lèvre éclata sous l’impact et du sang souilla son menton.
-     Comment oses-tu présenter de l’eau à cette fille ?! rugit-il. Trahison, trahison !
Plaqué ventre à terre, le gladiateur avait cessé de se débattre. Il observait silencieusement l’eau qui se répandait dans la boue.
-     Je n’ai rien présenté à cette fille ! gronda Ryner. S’il y a des personnes en tort, c’est vous ! Je ne sais pas ce qu’elle a commis, mais certainement pas un crime assez grave pour mériter l’Ejih !
Pour toute réponse, le soldat posa sur lui un regard teinté d’un mépris sans nom. Rapidement, il se détourna et attrapa le lien doré qu’il noua autour des poignets de la fugitive. Mais pas la moindre trace de douleur ne parut sur son visage. Elle siffla comme un chat sauvage, mais il n’y avait que dans la colère cette stridulation, pas de la souffrance. L’Ejih n’avait strictement aucun effet sur elle. Le soldat obligea sa prisonnière à se relever puis détailla longuement Ryner du regard. Ce dernier porta la main à son foulard par réflexe en se demandant si son visage était assez bien caché ainsi. 
-     Mettez-le aux fers pour complicité et insulte envers un officier en service ! aboya-t-il. Et pour tous les autres que ce fils de charogne n’a toujours pas payé !
-     Ah, vous m’avez reconnu ? s’étonna faussement Ryner.
Il aurait aimé cracher à la figure de l’hautain personnage, mais choisit d’adopter profil bas pour le moment. C’était la seule chance qu’il avait de sortir sans prendre trop de coups. On lui brûla les poignets avec une corde rugueuse, mais sur laquelle aucun sortilège n’avait été jeté, contrairement aux liens de sa compagne d’infortune. On les mena sans ménagement à une sorte de roulotte aux parois renforcées. Ryner évalua le nombre de soldats dans un discret sifflement admiratif. 
-     Qu’as-tu donc commis pour déplacer deux patrouilles entières ? lança-t-il moqueusement à la fille.
     Pour toute réponse, l’intéressée lui jeta un regard brûlant de rage et de peur. Ce mélange ne surprit guère Ryner qui connaissait assez les prisons et ceux qui les occupaient pour savoir que cette fugitive supplierait bientôt pour sa vie.

Voici ce qui conclut mon article ! Merci de l'avoir lu jusqu'au bout, j'espère qu'il vous a plu ! A la prochaine!
 
22/08/2012
EXTRAITS "LE MASQUE DE LA PRINCESSE" ET "ID-ENTITÉS"


Aujourd'hui, je vous propose deux extraits de mes romans à moi. Comme je vous ai déjà fait lire les deux premiers chapitres de Soul sea, j'ai décidé de vous faire découvrir deux autres livres dont je n'ai que peu parlé jusque alors. Il s'agit du premier tome de la collection en deux livres appelée “Le Recommencement” et un autre extrait de “Le masque de la princesse”
En voici les synopsis : 

Id-Entités, tome 1 -le Recommencement- : Nathaniel et Koena sont deux adolescents qui ont été abandonné à l'Arypha quand ils étaient jeunes, un abominable orphelinat où ils sont surveillés par des monstres appelés Cyrofalyus. Le jour où ils parviennent à s'enfuir, poursuivis par leurs tortionnaires, ils sont sauvés par un vieillard nommé Golta qui leur annonce de but en blanc qu'ils sont des élus des Dieux et qu'ils doivent aller réveiller l'entité qui dort en eux pour pouvoir ainsi libérer leur monde du terrifiant Harley, un mage tyrannique et sanguinaire. Commence alors une terrible quête pour les deux adolescents dont les chemins vont très vite diverger… 

Id-Entités est un livre très sombre et bien sanglant, qui est très différent de Soul sea. Ne vous attendaez pas à rire à tous les chapitres ! Voici l'extrait que je vous ai choisi :

Il pleuvait. Assise au seuil de la grotte où ils avaient trouvé refuge, Koena tendit ses mains devant elle pour recueillir de la pluie au creux de ses paumes.
-       Tu as quelque chose à me dire… Siyan ?
L’enfant sortit de sa cachette pour s’approcher à pas timide de la jeune fille. Ses yeux aux éclats d’émeraude le troublaient. Mais ce qui le faisait frissonner, en réalité, c’était cette nouvelle expression sur le visage de son amie : dure, amère, déterminée… Elle n’avait plus rien de naïve. Son amie se détourna de lui pour observer le ciel dont les grondements roulaient dans le lointain. Un éclat aveuglant les suivirent de peu, éclaboussant Koena de sa lumière blanche.
-       Le ciel est tellement risible, murmura Koena.
-       Pardon ? sursauta l’enfant. 
-       Regarde-le gronder, Siyan. Dans ses éclairs se déploient une telle colère… Mais nous en ignorons tous quelle est la cause. Alors qu’il a le moyen de se faire entendre de tous, le ciel ne nous fait passer aucun message. Il est en colère, et après ? Qu’avons-nous fait pour qu’il se hérisse ainsi ? Si j’avais son pouvoir de partage… J’aimerai tant crier aux gens de cesser cette guerre stupide. Au lieu de ça… Le seul qui entende ma voix dans ce bas monde… C’est toi, Siyan.
Elle posa sur lui un regard humide. Les larmes commençaient à s’amonceler au coin de ses yeux, mais elles ne semblaient pas décider à partir. Comme si les sentiments de Koena étaient instables… Comme si elle hésitait ? Devrait-elle être triste ? Devrait-elle être en colère ? Elle se laissa aller sur le côté et posa sa tête contre une des parois de la grotte. Un sourire amer vint étirer ses lèvres. 
-       J’ai si peur… pas toi, Siyan ? Cette histoire ne te terrifie-t-elle pas ?
-       Si… 
-       Tu es toujours si calme, si impassible… Je t’envie tellement… 
Dans son dos, Siyan demeurait debout, figé, incapable de prononcer un mot. Des larmes roulaient sur ses joues sans qu’il puisse les en empêcher.
-       C’est faux, murmura-t-il.
Il courut hors de la grotte. Le visage tourné vers le ciel, les bras légèrement écartés, il prit une grande inspiration et expira. Il fit volte face vers Koena qui n’avait pas bougé et qui le fixait de ses yeux d’émeraude.
-       J’ai tellement peur que j’en ai mal au ventre tant mes tripes sont nouées, chuchota l’enfant. Tu es tellement courageuse, Koena… Tu ne te rends pas compte de ta propre valeur. Dans les moments difficiles, tu sais toujours comment réagir. Moi… Je maîtrise une infime partie des pouvoirs de Golta… Et c’est rassurant. Je sais qu’en cas de danger, je peux me téléporter hors de portée de mes ennemis. Ça me permet de continuer à avancer. Ça me permet de ne pas flancher.
-       … 
-       Parce que j’ai une mission à accomplir… Et… Et que je ne dois pas faillir… sinon… c… ce serait fouler du pied… les efforts de tous ceux qui nous… ont permis d’avancer… Ce serait déshonorer la mort de Frida… ainsi que la chute de Belen et Radjine. Avant, je me disais “si ça devient trop dangereux, je peux fuir. Avec mes amis, nous pourrons toujours nous cacher quelque part et vivre tranquillement. Parce qu’après tout, pour cela devrait être à nous de faire tout ça ? Pourquoi c’est nous qui devons sauver l’humanité du joug d’Harley ?” Maintenant, j’ai la réponse. 
-       Comment ça ?
-       On le fait… Parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse. Parce que cette guerre nous concerne tous… Nous y avons tous un rôle… Le nôtre est juste plus important que celui des autres.
Il esquissa un sourire tendre et timide à la fois. Faisant face à son amie, il souriait. Koena se leva lentement et vint enlacer Siyan. Ce n’était qu’un enfant… Est-ce qu’un enfant avait le droit de prononcer de telles paroles ? Est-ce qu’un enfant avait le droit de porter un tel fardeau ? “Dieux… ou entités, peu importe qui vous êtes… se mit à prier Koena en fermant les yeux. Si vous m’entendez, je vous en supplie, ne prenez pas la vie de cet enfant. Il est si jeune… Pourquoi l’avez-vous choisi ? Etes-vous impitoyables à ce point-là ?”
Le grondement du ciel s’intensifia et fut simultanément accompagné d’un puissant éclair. Koena laissa ses larmes couler. Elle serra Siyan contre elle. Elle avait besoin de lui. De sa présence, de ses paroles, de sa chaleur… Elle savait que s’il lâchait prise, elle chuterait avec lui. Elle ne pouvait pas réussir seule… Est-ce pour ça que tous deux avaient été choisis ? Pour parcourir ce chemin de croix ensemble ?
“Et Nathaniel, songea amèrement Koena. Lui aussi avait été choisi… Comme quoi, les Entités sont comme nous… Naïves et pleines d’incertitudes… Elles commettent des erreurs, comme tout être humain…”

On a connu des moments plus joyeux, n'est-il pas ? Mais je trouvais que ce passage illustrait bien l'ensemble du livre. J'ai d'ailleurs écrit une suite appelée “In-Humanité” où l'on retrouve tous les personnages du premier tome, plus quelques nouveaux. 

Ensuite vient “Le masque de la princesse” qui est bien plus léger que “Id-Entités”. Ce livre n'est rattaché à aucune suite et c'est le premier livre non fantasy que j'ai écrit. En voici le résumé : 

Le masque de la princesse : La princesse Ezra est promise à l'héritier de l'empire de Lavia, le plus puissant du monde. Avec cette union, le modeste royaume d'Arestos accédera aux hautes sphères de la société et se taillera une place de choix aux côtés des grands de ce monde. Mais Ezra n'est pas celle qu'on croit. Pour être une dernière fois celle qu'elle est vraiment, elle choisit de se tourner vers les armes. Et pour lui apprendre, qui de mieux que le fougueux et arrogant Liam  qui n'a pas l'air d'avoir la langue dans sa poche ? Mais le jeune homme est aussi intelligent que curieux et bien vite, il verra le revers de la médaille… 

Liam est l'un des personnages que je préfère dans tous les romans que j'ai écrit. Il est hautain, arrogant, orgueilleux et pugnace, mais aussi tendre et protecteur. J'ai adoré écrire “Prince(sse)” car j'y ai placé une galerie de personnages hauts en couleurs et tous un peu excentrique dans leur genre. Mais assez parlé, voici l'extrait ! 

-     Liaaam ! chantonna une voix.
-     Amy ! s’écria-t-il en réprimant une grimace.
Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette fille devait lui tomber dessus ?! Amy se détacha de lui en souriant. Le soleil avait fait ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de soie bleu toute légère qui lui arrivait aux genoux. 
-     Tu n’as pas froid ? railla Liam. L’hiver n’est même pas fini.
-     Tu es venu vendre des récoltes ? le questionna vivement la jeune fille, ignorant royalement sa question.
-     Tu es idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à dégeler. On doit travailler la terre. On ne pourra semer que d’ici deux ou trois semaines.
-     Ah… 
Amy était gentille, mais pas très futée. Surtout collante. Issue de la petite bourgeoisie, elle attendait sagement que son père la marrie et passait ses journées à échapper à ses leçons de lecture, piano, cuisine et autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la recherche de ragots à se mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam, elle lui sautait dessus et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses avis.
D’ailleurs, ça y est, elle était partie…   
-     Tu sais que la princesse Ezra est de sortie aujourd’hui ? lui lança Amy alors que Liam marchait tranquillement sans prêter attention à ses bavardages. C’est tellement rare de la voir hors du palais ! J’aimerai tellement la croiser ! On la dit si belle ! C’est l’anniversaire de la mort de son frère jumeau, j’ai entendu dire donc elle serait au cimetière royal tout à l’heure puis viendrait en ville ! Je ne sais pas pourquoi faire, mais il y a tellement de rumeurs là-dessus que je ne sais plus où donner de la tête !
Liam se demanda un instant si la langue était un muscle indépendant qui ne connaissait pas la fatigue puis si toutes les filles étaient aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait en faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à ranger les outils ?”… Oui… Cela devait être propre à la gente féminine de parler tout le temps.
Il détailla un moment le profil d’Amy qui lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville. Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de hamster. Elle avait noué d’imposants rubans rouges à ses couettes, une vraie gamine… Malgré ses manière futiles de petite bourgeoise, il arrivait (bien que rarement) à Liam d’apprécier sa compagnie. Dans le coin, il était plutôt connu comme quelqu’un de bagarreur qui s’emportait facilement, trop en réalité. On lui donnait un regard de démon, hérité par son grand-père qui avait autrefois trahi le royaume et avait été exilé. Ses yeux vifs et d’un bleu particulièrement lumineux, cachés en partie par une mèche de cheveux châtains qu’il laissait pousser. Si sa mère faisait mine d’approcher les ciseaux de cette mèche, il s’enfuyait en courant. Il n’aimait pas ce regard de démon et le cachait. Amy n’avait emménagé que très récemment dans la cité royale. Attentive aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de Liam Sefa, cet adolescent qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu très vite le rencontrer.
Ils étaient enfin arrivés à la poissonnerie.  Amy se pinça les narines d’un air indigné.   
-     Le poisson sent bien meilleur une fois cuit et mélangé à de la sauce ! décréta-t-elle d’une voix nasillarde.
-     Tu me fatigues, soupira Liam.
Il allait pousser la porte quand il se fit percuter de plein fouet par une silhouette. Tous deux tombèrent à terre dans un cri de surprise. 
-     Dé… Désolée ! bafouilla une voix. Je courrai et je ne vous ai pas vu !
-     J’ai remarqué ! répliqua Liam avec humeur. Si tu cours, regarde où tu vas, idiote !
La jeune fille qui lui était rentrée dedans rougit fortement. Elle ne s’attendait pas à une réaction aussi véhémente.
-     Vous… Vous vous êtes fait mal ? demanda-t-elle timidement.
-     Comme si, persifla le jeune homme en se redressant.
-     Liam, voyons ! intervint Amy. Ce n’est pas de sa faute, ne sois pas aussi agressif ! Vous allez bien, mademoiselle ?
La jeune fille hocha la tête. Elle était vêtue de vêtements sales, mais plutôt bien coupés. Ses longs cheveux noirs lui arrivaient dans le bas du dos et ses grands yeux entre le noisette et le doré étaient très vifs. 
-     Je suis désolée, répéta-t-elle.
-     Pff…
Sans même lui accorder un regard, il entra dans la poissonnerie. Amy s’excusa auprès de la jeune fille et courut à la suite du garçon.
-     Tu es vraiment malpoli ! le réprimanda-t-elle. Cette fille ne t’avait rien fait de mal !
-     Si mon attitude te dérange, tu peux partir, répliqua Liam d’un ton où perçait tout son ennui. J’ai mieux à faire que d’écouter tes bavardages. 
-    Tu es vraiment impossible !

Voilà ! Et encore, là, Liam est très gentil avec Amy ! Il est capable de bien pire (vous le verrez quand je serai publiée… ce qui n'est pas encore gagné) !

Voilà, ce sera tout pour le moment ! En espérant que ça vous ai plu ! A bientôt !


02/07/2012
REFLEXIONS D'UNE MARIONNETTE DE PAPIER


      Comme promis, un petit article sur Noé, le personnage principal de mon nouveau roman : Réflexions d'une marionnette de papier. Le sujet tient en plusieurs thèmes : la liberté, la connaissance et le monde en général (ça fait très professeur dis comme ça...).
      Bref, l'idée m'est venue pendant un cours de français où l'on étudié un texte appelé “Réflexion sur la peine de mort” d'Albert Camus. Ce qui m'a plu, c'est le terme “Réflexion”. La suite du titre m'est venue toute seule. Puis j'ai lu successivement Felicidad le premier tome de No.6 et je me suis décidée : je voulais écrire un livre sur un monde qui paraissait utopique, mais bourré de défauts et d'ignominies.

      Bref résumé de l'histoire : Mathias est un adolescent qui vit à Honeda, la ville la plus riche de la planète. Il est promis à un avenir brillant qui le propulsera dans les hautes sphères de la société. Un jour, alors qu'il tente de fuir l'atmosphère étouffante de la ville, il rencontre Noé, une terroriste traquée. Sans aucune raison apparente, il la soigne et la recueille. Les évènements s'enchaînent, Noé dévoile son passé et se questionne sur son sauveur : qui est-il réellement ? Quel lourd secret porte-t-il sur ses épaules ? La jeune fille s'engage alors dans un combat terrible qui pourrait changer la face du monde, tout en se questionnant sur les libertés de l'Homme.

      Précisions sur l'histoire : Honeda a été construite sur un ancien village de pêcheurs. Le Président A Vie y a établi sa capitale. Pour en faire un monde de profits, il a supprimé certaines notions telles la liberté ou les loisirs. Pour ce faire, il a interdit lecture, musique, film, journaux et net. Tout était contrôlé par le gouvernement. Mais Noé est passée outre les règles et a rejeté cette société qu'elle hait. 

      Pour écrire ce livre, je me suis beaucoup aidée d'un dictionnaire de citations, j'ai fouillé dans des livres pour en partager des extraits. Normalement, le personnage principal est Noé, mais je dois avouer que j'aime beaucoup Mathias. Son côté sombre et torturé le rend attrayant quand j'écris.

     Un petit mot sur Noé tout de même : je voulais d'abord faire de Noé une fille, mais c'est devenu plutôt un garçon manqué. Elle a plutôt bon caractère, mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle a des idéaux et elle s'y tient. En gros, un bon personnage, mais pas très rigolo.
 

24/06/2012
LA PREMIÈRE APPARITION D'ASCAL


Comme promis, voici la première apparition d'Ascal, ou tout du moins de son nom. A l'époque, en 5ème, on devait écrire une rédaction sur le thème des noms de rue ou de place : il fallait raconter pourquoi ce nom là avait été choisi en fonction d'une légende, d'un personnage célèbre etc... Personnellement, j'avais choisi la place du petit soleil et en voici la légende que j'ai tiré (les fautes d'orthographes en moins) : 
PS : un peu d'indulgence, s'il-vous plaît, j'ai écrit cette rédaction à 13 ans, elle n'est pas forcément géniale au niveau du style... Merci !


Place du petit soleil

  • Maman, maman !
J'éteins mon portable, le range dans ma poche et pose enfin mon regard sur ma boule d'énergie de fille. 
  • Oui, Avril ? 
  • Pourquoi la place se nomme-t-elle "Place du petit soleil" ? 
  • Attends que je me rappelle. Ah, oui ! Cette histoire remonte au Moyen-Age...


Ascal était le fils du médecin le plus respecté de l'époque. Cet enfant enchantait les bourgeois malades grâce à son rire cristallin, ses yeux de feu et son incroyable perspicacité. Il aimait accompagner son père voir ses patients et observait avec la plus vive attention ses moindres faits et gestes. Mais, ce que préférait Ascal, c'était se rendre à la place publique. 
Les jours de fêtes, jongleurs, ménestrels, musiciens et faiseurs de tour envahissaient joyeusement la place. Comtes, nobles et barons étaient conviés à des mets subtils. 
Mais tout ça n'intéressait pas Ascal. Lui, ce qu'il voulait, c'était revoir Lev, l'homme qui lui avait sauvé la vie quand il s'était fait attaquer par des brigands. Lev lui avait promis de revenir et l'enfant l'attendait. 
Mais, aujourd'hui, nulle fête ne vint enchanter la place. Une foule animée d'une rage noire se massait devant l'échafaud. Dans le soleil de midi se découpait trois silhouettes : les gens d'armes, appelés autrement les exécuteurs, et le condamné à mort. 
Le coeur du fils du médecin rata un battement et un noeud malsain se forma dans sa poitrine. Le condamné à mort, c'était lui ! C'était Lev !
L'enfant tira sur la manche de son père et s'enquit d'une voix blanche :
  • Père, qu'a commis cet homme ? 
  • Mon fils, cet homme n'est autre que l'organisateur d'un coup d'Etat. 
  • Ce n'est point possible... Père, cet homme n'a commis nul crime ! 
  • Comment peux-tu l'affirmer ? 
  • Je le sens au fond de moi. 
  • Mon fils, soupira le médecin, ce n'est point avec des sentiment que se joue la justice. 
  • Mais, père ! 
  • Ascal ! Cela suffit !
L'enfant recula, la colère lui empourprant les joues. 
  • Cet homme est innocent ! hurla-t-il en désespoir de cause. 
Les gens d'armes posèrent sur lui un regard teinté de mépris. 
C'en fut trop pour Ascal. 
Il fendit la foule pour se trouver devant l'échafaud. Là, il s'éleva dans les airs. Son visage n'exprimait nulle peur. Comme s'il savait ce qu'il faisait. Comme s'il savait ce qui allait arriver...
Il entendait plus les cris de son père, ni ceux de la foule et encore moins ceux des gens d'armes. 
Un trou béant se forma sous ses pieds et un feu opalin s'éleva en tourbillonnant pour encercler l'enfant, épousant les formes de son corps. Un véritable petit soleil flottait au centre de la place. 
Ascal tendit les bras, les yeux emplis de rage. Il hurla. Le feu explosa, réduisant les exécuteurs à l'état de cendres. 
Lev se leva et, profitant de l'hébétude de la foule, il s'enfuit. 
Le médecin chercha son fils des yeux, désemparé.
  • Ascal ! Ascal !
Maisl'enfant avait disparu. 
  • C'est le Diable réincarné ! cria un homme. 
N'y tenant plus, le médecin s'enfuit à son tour. C'était tout ce qu'il lui restait à faire...



Avril lève sur moi un regard humide pour conclure : 
  • Elle est triste ton histoire. 
  • Mais non, Ascal est toujours là. Il protège la place et nous éclaire pendant nos heures sombres, faisant naître la joie dans nos coeurs. 
  • N'empêche que ton histoire est triste, persiste-t-elle. 
Je hausse les épaules et lève les yeux vers le soleil. Ascal veille sur nous. 


Alors, ça vous a plu ? Evidemment, Ascal est très différent maintenant : il ne s'exprime pas de la même façon, c'est un jeune homme de 17 ans, il ne se désintègre pas quand il tente de sauver des gens et puis il aurait fait bien plus de dégâts matériels que ça, quoi ! Là où passe Ascal, les villes sont détruites !
En espérant que ça vous ait plu ! A la prochaine !

        
18/05/2012
SOUL SEA, BREF PRÉSENTATION


Soul sea est mon trésor. Il a été créé à partir d'un simple nom, que j'avais donné à un de mes journauxs intime (je leur donne toujours un nom, je trouve ça plus convivial). Après, j'ai commencé à pianoter sur mon clavier, doucement, puis de manière de plus en plus passionnée ! Les idées se sont enchaînées les unes après les autres, le scénario est devenu de plus en plus complexe, plus intime, plus fort. Je travaille sur cette histoire depuis la fin de la cinquième et je suis loin d'en avoir terminé avec Ascal et sa clique !

En voici un bref résumé du premier livre :

Dans un monde peuplé essentiellement d'îles, c'est l'âge d'or de la piraterie. Les forbans sillonnent les océans à la recherche de la Soul sea, le plus fabuleux des trésors, héritage du célèbre flibustier Maolan. Dans un petit village perdu au milieu de la mer, Ascal, un orphelin, rêve de devenir pirate et de mettre la main sur la Soul sea. Un rêve précipité par l'arrivée d'un certain Makum qui lui indiquera où se trouve la carte nécessaire à son voyage. Tous deux, accompagnés de Sanko, l'ami d'enfance de l'orphelin, vont se lancer sur les mers dans une aventure qui va bientôt dépasser l'entendement. Surtout quand Ascal se voit octroyé du curieux don de pouvoir invoquer les Constellations.  

Soul sea comporte 15 livres appelés : 

1- Dans l'ombre du trésor
2- La haine des morts
3- La couleur de l'arum

4- En bas
5- L'aiguille de cette boussole
6- Au bout du chemin, il y a...

7- Accelerando
8- Les liens de l'équipage

9- Sans soleil, ni lune
10- À la vie, à la mort
11- L'étendue des ambitions

12- Un jeu d'enfant

13- Nouveau départ
14- Mon Unique
15- Reverse Book -Tancred-
16- Reverse Book - Maolan et Suro -

Reverse Book : il s'agit d'un livre racontant le passé d'une personne avant le début de la série. Une suite des personnages principaux est envisagée.
Chaque livre est séparée en quatre parties et chacune d'entre elles est introduite par une phrase, un proverbe en rapport avec l'histoire et dite par l'un des personnages.

Un petit mot sur le personnage principal : Ascal est un pirate gourmand et plein de vie à qui il manque quelques neurones. Il entraîne toujours ses amis dans des situations abracadabrantes (un petit tour dans le royaume des morts tout en allant au centre de la terre, par exemple ! Et pourquoi pas aller en Enfer, hein ?). Paradoxalement, il est une personne de confiance qui est capable de tout pour atteindre son but, à savoir trouver la fameuse Soul sea, un trésor assez particulier, pour tout dire...
Son équipage se compose de sept flibustiers. Si aucun d'entre eux n'est aussi déjanté qu'Ascal, quand il s'agit de semer la pagaille, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre !



24/04/2012
PETIT SCARABÉE A ENCORE DU CHEMIN À  FAIRE...



Ça c'est rageant ! Écrire est un travail sans fin. J'ai beau prendre et reprendre mes écrits, je trouve toujours trois tonnes de choses à corriger ! La preuve ! Ma page est couverte de stylo vert et de notes au crayon de bois !

Je sais que si je reprends cette page corrigée dans un mois, ce sera la même chose ! Les corrections sont perpétuelles, au fur et  mesure que mon écriture mûrie. Ceci est la première page de “Soul sea” et je suis sur le livre depuis un bout de temps pourtant ! Mais non, en relisant, je trouve que tel mot irait mieux ici, telle phrase devrait être tournée de cette façon... Mais bon, quand j'ai décidé d'être écrivain, j'avais déjà accepté les contraintes. Ces corrections, lire et relire ses livres, subir les critiques des autres, s'imposer une auto-critique très exigeante... C'est chiant, mais ce n'est rien comparé aux sensations que me procurent l'écriture.

Enfin bref, petit scarabée a encore du chemin à faire, mais compte bien gagner le sommet !... Enfin, tout dépendra des lecteurs en fin de compte, alors j'espère que mes écrits sauront vous séduire !

23/04/2012
MES PROTAGONISTES
 (de gauche à droite : Ezra, Koena, Keira, Ascal et Noé)

J'ai parlé de mon narrateur, maintenant, c'est au tour de mes protagonistes ! Chacun est issu d'une collection ou d'un livre différent. Je les ais moi-même dessinés parce que j'avais besoin de mettre un visage sur ces personnes qui m'accompagnent, pour la plupart, depuis des années entières. 

La plus “vieille” d'entre tous est Keira, la jeune fille aux cheveux bleus au centre. Elle fait partie de la collection “Les sorcellyres”, série en deux tomes que j'ai abandonné à cause du trop grand nombres d'histoires qui s'entremêlaient (si même l'auteur ne s'y retrouve plus, où va le monde ?!). Mais Keira reste mon premier personnage, celui avec lequel j'ai achevé mon tout premier roman. Elle est donc très importante à me yeux et, même si je ne publierai jamais ses aventures, je tenais à vous la présenter. Elle a fichu caractère, ne se laisse pas marcher sur les pieds, mais elle reste une amie fidèle et prête à tout pour écraser son père (le grand méchant de l'histoire).
Reprise avec le Cruor Ramorum

Vient ensuite, chronologiquement, Ascal, le garçon à la droite de Keira. Que dire de ce pirate (parce que c'en est un !) ? L'écriture de son parcours est pour l'instant ma plus belle et grande aventure. En effet, la collection “Soul sea” dont il est issu tient en 16 livres. Ascal est un personnage très différent des héros ordinaires, grands, intelligents et plein de sens moral. De taille plutôt petite, ce pirate n'écoute que deux choses : son instinct et son estomac. Ce qui, évidement, n'est pas toujours pratique car il conduit systématiquement ses compagnons dans des situations abracadabrantes et généralement mortelles. 

Après, c'est au tour de Koena, la jeune fille blonde aux cheveux courts, à la gauche de Keira. À l'origine, son histoire ne m'appartenait pas. Connue sous le nom de Camille, notre petit personnage évoluait dans “Les prisonniers du Dardoll”, roman commencé et abandonné par ma meilleure amie. On avait pour idée de reprendre l'histoire à deux, mais mon amie a vite baissé les bras. J'ai gardé la trame de départ puis maquillé un peu le tout et nous voilà avec Koena et son livre “Id-Entités”.  Il existe une suite qui tient en un tome appelé “In-Humanité”. Comment décrire Koena ? Selon les termes de son ennemi juré : faible, pleurnicharde et idéaliste ! Soyons gentil et remplaçons ça par courageuse, généreuse et idéaliste. Parce qu'elle est réellement comme ça.

Puis nous avons Ezra, le premier personnage en partant de la droite. Son livre est appelé “Le masque de la princesse”. Contrairement aux autres romans, ce livre est le premier à ne pas appartenir au fantaisy. Pas de magie, de monstres (sauf si l'on considère les hommes comme tels et c'est vrai qu'il y a de quoi se poser des questions), ou de fées ! Par contre, si vous êtes intéressés par les armes blanches, par ici ! C'est un véritable catalogue !

Enfin, voici Noé ! Heu... Je ne peux pas vraiment dire quelque chose sur elle puisque son livre (“Réflexions d'une marionnette de papier”) n'a pas encore été écrit. Mais ça ne saurait tarder ! Je vous la présenterai une prochaine fois !


23/04/2012
MON NARRATEUR


Honeda est mon narrateur.

"Je ne suis ni un homme, ni une femme. Je ne suis ni noir, ni blanc, ni asiatique, ni d'une quelconque couleur de peau. Je ne suis ni objectif, ni subjectif. Je suis tout, mais rien. On me nomme HO- pour mon hospitalité : qu'importe la raison, vous serez toujours les bienvenus entre mes pages. On ne nomme N- pour ma nature. On me nomme E- pour les émotions que je suscite avec cette voix ni belle, ni laide. On me nomme DA- pour être dactylo, pour transcrire et transmettre mes histoires ni ennuyeuses, ni intéressantes.
Je suis HONEDA et je suis un narrateur." 

Comme écrit ci-dessus, je me suis dit qu'il serait temps que je rende hommage à mon tout premier collaborateur : mon narrateur. Après tout, c'est lui qui conte toutes les histoires nées de ma plume : Honeda ! Il apparaît dans mes récits sous l'apparence d'un village en bord de mer qui évolue selon l'époque durant laquelle se déroule l'histoire. Un narrateur est normalement une personne furtive, placée comme un haut Seigneur et qui observe sans intervenir les histoires qu'il raconte. Ou au contraire il est lui-même plongé au coeur même de l'action. Dans ce genre de cas, il est généralement substitué au personnage principal.  Invisible ou au devant de la scène, un narrateur n'est censé n'avoir ni avis : son existence même n'est jamais citée. Pourtant, il est là, dans le creux de la main de l'écrivain. Et cela, c'est important que tous le sachent.

Marine Lafontaine

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