24/06/18
PROJET MYSTÈRE
Bien le bonjour, tout le monde.
PROJET MYSTÈRE
Bien le bonjour, tout le monde.
Si
vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez du remarquer que,
depuis une semaine, des dessins accompagnés de phrases énigmatiques ont
fleuri sur mes comptes, accompagnés du fameux #projetmystere. Hé bien,
il est temps de lever le voile et de vous révéler ce que cache ce petit
jeu.
Tous
mes posts avaient pour but de titiller votre curiosité et de vous
annoncer la venue d'un petit nouveau. Mais commençons par le
commencement ! Les phrases étaient toutes issues d'un seul et même
livre. Je vous ai déjà parlé de mon roman, Le Masque de la Princesse. Je vous remets le résumé ci-dessous :
Liam Sefa est
un jeune homme issu d’une famille tombée en disgrâce à cause des actions
passées de son grand-père. Il a été condamné à mort par pendaison pour une
longue liste de méfaits. Mais, alors qu’il était sur le point de rendre son
dernier souffle, il est gracié par Eliya d’Asrestos, l’héritière du trône.
Cette dernière lui fait une proposition : elle pourra oublier le passé
s’il accepte en échange de devenir son maître d’armes. Pour Liam commence ainsi
une longue quête sur le chemin de la vérité et cela pourrait bien l’amener à
comprendre ce qui se cache derrière la mort de son ami d’enfance, le frère
jumeau d’Eliya.
Avant
d'en venir véritablement au projet, parlons un peu des images qui
accompagnaient nos énigmatiques extraits. Je voulais une couverture pour
ce roman. Alors j'ai contacté Marcia, qui n'est autre que l'artiste qui
a dessiné la magnifique bannière de ce blog.
Le
projet l'a tout de suite enthousiasmée et elle s'est attelée au
travail. Tous les dessins sont donc ici des croquis préparatoires en vue
de la couverture finale. Je vous les remets tous ci-dessous :
Les trois croquis ci-dessous sont des tentatives de couverture :
Après une longue réflexion, j'ai décidé de finalement partir sur le troisième essai. Et je vous joins en plus les différentes colorisations proposées par Marcia :
A l'heure où j'écris cet article, je ne possède pas encore la couverture finalisée, alors je ne peux vous la partager. Mais j'ai entièrement confiance en les doigts de fée de Marcia et je sais qu'elle sera magnifique.
Mais alors, quel est ce #projetmystere, en fin de compte ? Hé bien, entre 2016 et 2017, Le Masque de la Princesse a parcouru pas mal de chemin, il est passé par la case "comité de lecture" de quelques maisons sans, hélas, rencontrer de franc succès. J'ai donc décidé qu'on allait se débrouiller sans les maisons d'édition et de mettre en ligne mon roman.
Les trois croquis ci-dessous sont des tentatives de couverture :
Après une longue réflexion, j'ai décidé de finalement partir sur le troisième essai. Et je vous joins en plus les différentes colorisations proposées par Marcia :
A l'heure où j'écris cet article, je ne possède pas encore la couverture finalisée, alors je ne peux vous la partager. Mais j'ai entièrement confiance en les doigts de fée de Marcia et je sais qu'elle sera magnifique.
Mais alors, quel est ce #projetmystere, en fin de compte ? Hé bien, entre 2016 et 2017, Le Masque de la Princesse a parcouru pas mal de chemin, il est passé par la case "comité de lecture" de quelques maisons sans, hélas, rencontrer de franc succès. J'ai donc décidé qu'on allait se débrouiller sans les maisons d'édition et de mettre en ligne mon roman.
Tous les dimanches matins, aux alentours de 10h, je pense, je publierai un chapitre sur mes comptes Wattpad et Tapas.
Le roman sera donc disponible gratuitement pour tous ceux qui
souhaiteraient le découvrir. L'ouvrage est composé de dix-neuf chapitres
avec, en plus, un prologue et un épilogue (de quoi tenir tout l'été
sans problème, en somme !).
Demain soir, pour voue mettre l'eau à la bouche, je publierai le prologue. Le premier chapitre, quant à lui, surviendra le 1er juillet.
J'espère que ce roman, que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, saura vous séduire et vous transporter. N'hésitez pas à en parler autour de vous, à venir jeter un coup d'oeil et à partager. Ce livre ne pourra vivre qu'à travers vous et j'espère de tout coeur qu'il parviendra à vous toucher, vous lecteurs.
Et je vous joins ci-dessous des liens pour les différents comptes de Marcia pour que vous puissiez pleinement découvrir son travail d'orfèvre : Tumblr, Instagram, DeviantArt et Redbubble (ce dernier étant un site marchand). Je ne peux que vous conseiller aussi de lire son webcomic sur Tapas qui est tout bonnement génial !
Demain soir, pour voue mettre l'eau à la bouche, je publierai le prologue. Le premier chapitre, quant à lui, surviendra le 1er juillet.
J'espère que ce roman, que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, saura vous séduire et vous transporter. N'hésitez pas à en parler autour de vous, à venir jeter un coup d'oeil et à partager. Ce livre ne pourra vivre qu'à travers vous et j'espère de tout coeur qu'il parviendra à vous toucher, vous lecteurs.
Et je vous joins ci-dessous des liens pour les différents comptes de Marcia pour que vous puissiez pleinement découvrir son travail d'orfèvre : Tumblr, Instagram, DeviantArt et Redbubble (ce dernier étant un site marchand). Je ne peux que vous conseiller aussi de lire son webcomic sur Tapas qui est tout bonnement génial !
13/11/17
CHASSE-CROISE, LE RETOUR
Bien le bonjour, tout le monde.
Aujourd'hui, pas de nouveau chapitre, désolée. Cette fois-ci, je veux
vous parler un peu d'une histoire originale que j'avais déjà partagée
avec vous par le passé, mais que j'ai récemment remise au goût du jour.
L'histoire en question, comme le titre l'indique, c'est Chassé-croisé.
Récemment, j'ai recommencé à l'écrire. Cela faisait longtemps que je
voulais m'y mettre et, après plusieurs essais infructueux, j'y suis
finalement parvenue.
Pour les lecteurs qui l'ont eu entre les mains, beaucoup de choses demeurent inchangées, à part peut-être pour Jacobs qui perd son pouvoir de télékinésie et ne tombe finalement pas amoureux… Ouch, j'ai été méchante avec lui, en fait, dans cette nouvelle version !
Enfin bref. Je vais donc vous présenter cet ouvrage de nouveau ! Il
s'agit d'un roman chorale qui comporte pas moins de 10 narrateurs :
Amedeo, Darkie, Aylce, Olivier, Tina, Jacobs, Nelson, Célie, Kate et
Brahim. Cela fait beaucoup, mais, sincèrement, je ne me voyais pas
supprimer la parole de l'un d'entre eux...
Que raconte donc notre roman ? Il s'agit d'une multitude d'histoires
croisées. Les destins de mes 10 narrateurs créent un maillage complexe
et je sais qu'il peut être difficile de s'y retrouver. Cependant, mes
lecteurs m'ont dit qu'il était possible de passer par-dessus cela, alors
j'ai gardé ce système qui permet d'alterner différentes écritures.
Car oui, chaque point de vue est à la première personne, alors j'ai
voulu adapter l'écriture au langage de chacun. Tina Oman, par exemple,
est une vieille dame qui s'exprime très bien, contrairement à Darkie qui
n'a que onze ans et qui va donc utiliser un vocabulaire bien plus
trivial.
Mais je m'égare, revenons sur l'intrigue. C'est compliqué de la résumer
car c'est un peu le bazar alors je préfère vous donner des éléments sur
les personnages. Les voici :
«Il y a Amedeo, un détective qui a
recueilli Darkie, un enfant dont il ne connaît pas le visage, et qui a hérité
malgré lui d’Aylce, une Dullahan à la recherche de son corps. Il y a Brahim, un
cancéreux au caractère exécrable, mais aussi Kate, une jeune fille à la santé
fragile, dont s’occupe Célie, un infirmier au cœur d'artichaut. Sans oublier
Tina, une femme de quatre-vingts ans, à qui rend souvent visite Jacobs, un
adolescent qui rêve de devenir pâtissier et dont le meilleur ami
est Nelson, un joueur de basket amateur qui vit avec son père, Olivier, un
épicier.
Toutes ces personnes portent en elles de terribles blessures,
mais n’ont pas d’autre choix que de vivre avec elles et de les ignorer jusqu’au
jour de la guérison ou de l’affrontement. Au chassé-croisé des destins, chacun
trouvera peut-être enfin le moyen de trouver sa place dans ce monde et ainsi
vivre pleinement sa vie.»
Voilà ! Mine de rien, je suis assez fière de ce résumé. En fait, je ne vois pas comment je pourrai vous présenter l'intrigue autrement.
Sincèrement,
j'ai une grande affection pour ce roman dont l'écriture me tenait à
cœur. J'avais pour but, lorsque j'ai réfléchi à l'histoire, de mettre en
scène des "gueules cassées" de la vie. De plus, les différents destins
m'ont permis d'aborder un grand nombre de thèmes forts.
Mais
je dois vous avouer quelque chose. En fait, si je partage toutes ces
informations avec vous aujourd'hui, ce n'est pas pour rien. J'ai une
petite idée derrière la tête…
En fait, ce roman sera disponible au grand complet sur Internet d'ici quelques temps. Les premiers chapitres sont sortis sur Wattpad et Tapas.
Par contre, je ne compte pas le mettre en ligne sur le blog. Je pense
que les deux plateformes d'écriture citées ci-dessous se prêtent plus à
la lecture, c'est pourquoi ils ne seront disponibles que là-bas (tout du
moins, pour l'instant).
Les chapitres se présentent sous forme de petits épisodes, vraiment très courts. Un chapitre, un point de vue. N'hésitez pas à lire et à me dire ce que vous en pensez ! Je serai très heureuse d'avoir des retours !
De plus, Tapas est une plateforme qui permet de gagner de l'argent selon le nombre de personnes qui s'inscrivent à une histoire. Si vous avez quelques secondes et que vous souhaitez soutenir mon travail, vous pouvez vous créer un compte sur Tapas (j'ai créé le mien via mon profil Facebook, ce qui m'a littéralement pris ce temps-là) et m'ajouter à votre bibliothèque. Ainsi, vous serez prévenu dès qu'un chapitre sortira. C'est juste un pas pour moi vers mon rêve, mais c'est déjà un pas !
Je ferai un autre article sur cette plateforme car j'y ai découvert des auteurs extraordinaires !
Les chapitres se présentent sous forme de petits épisodes, vraiment très courts. Un chapitre, un point de vue. N'hésitez pas à lire et à me dire ce que vous en pensez ! Je serai très heureuse d'avoir des retours !
De plus, Tapas est une plateforme qui permet de gagner de l'argent selon le nombre de personnes qui s'inscrivent à une histoire. Si vous avez quelques secondes et que vous souhaitez soutenir mon travail, vous pouvez vous créer un compte sur Tapas (j'ai créé le mien via mon profil Facebook, ce qui m'a littéralement pris ce temps-là) et m'ajouter à votre bibliothèque. Ainsi, vous serez prévenu dès qu'un chapitre sortira. C'est juste un pas pour moi vers mon rêve, mais c'est déjà un pas !
Je ferai un autre article sur cette plateforme car j'y ai découvert des auteurs extraordinaires !
03/02/17
ET LE CHEMIN SE POURSUIT
Bien le bonjour, tout le monde !
Après une longue semaine de délibérations, de questionnements et de
recherches, je suis enfin parvenue à prendre une décision concernant la proposition des éditions Persée.
Avant toute chose, je tiens à partager avec vous ma réponse. Elle est négative. Maintenant, je vais vous expliquer pourquoi.
Reprenons, tout d'abord, ensemble les termes du contrat qu'ils me proposent.
"Nos formules de publication sont participatives, chaque auteur prenant
en charge une partie du coût de publication de son livre. Pourquoi
cette participation si l'éditeur croit vraiment à la valeur de l'ouvrage
? Aucun éditeur ne pourrait publier et valablement promouvoir à sa
seule charge tous les ouvrages de qualité parmi les milliers qui lui
sont présentées chaque année. Des formules prévoyant un investissement
de l'auteur ont donc été mises en place."
Je ne prétend pas être éditeur, loin de là, mais ce n'est pas contraire
au principe même du métier ? Un éditeur doit justement investir car il
croit en le livre, c'est un risque, un paris ou un investissement,
pourrait-on dire. C'est pourquoi il existe une sélection aussi dure
avant la publication.
Et j'aimerais aussi revenir sur le terme de "publication participative" qui revient plusieurs fois dans les papiers que j'ai reçus. C'est le terme "participative",
en fait, qui m'interpelle vraiment. Participative ? D'autres personnes
vont donc m'aider à financer ce projet ? Ils expliquent leur formule sur
une autre feuille.
"Enfin, notre formule est celle de la publication participative : elle
inclut un travail soutenu de diffusion et de promotion auprès des
libraires et médias. L'auteur est ainsi libéré de ces contraintes ; il
ou elle peut néanmoins accompagner activement son livre en promotion,
selon ses souhaits et ses possibilités. Défendu par une équipe
compétente et expérimentée, le livre publié a alors ses chances de
succès. Les impressions et les retirages sont tous à notre charge,
quelles que soient les quantités à fournir pour satisfaire la demande."
Oui… Donc ce n'est pas du tout un financement participatif, tout vient
de ma poche, en réalité. C'est de la publication à compte d'auteur. Sauf
qu'ils disent accompagner le livre et le promouvoir. Est-ce que l'un
parmi vous, lecteurs, a déjà entendu parler des éditions Persée ?
Moi-même ce ne fut qu'en faisant des recherches que je les ai
découverts. Alors, pour ce qui est de la diffusion, il reste des progrès
à faire.
De plus, Persée ne précise à aucun moment sur leur site internet qu'ils
publient à compte d'auteur. Si ce n'est pas un mensonge, cela reste de
la dissimulation d'information. Et il m'était arrivée la même chose avec
les éditions Baudelaire.
Enfin, je ne pense pas aujourd'hui qu'un auteur ne va pas accompagner
son ouvrage. Tenir un blog, animer des réseaux, participer à des salons,
faire des séances de dédicace, tout cela est nécessaire aujourd'hui
pour que vive un ouvrage. Cela me paraîtrait absurde qu'un écrivain ne
s'investisse pas dans son propre projet.
"Votre ouvrage peut également être proposé au public sous forme
d'E-book (livre électronique), au prix de 9,99 € et moyennant un
complément de participation de 120 €."
Persée
me demandait déjà 3 432 € et, avec tout cet argent, l'édition numérique
n'est pas comprise ? Il faut encore sortir la carte bleue pour avoir
accès à ce service ? Vraiment ? Vous savez combien ça coûte de faire son
propre livre numérique sur Edilivre avec la formule de base ? Rien, c'est gratuit.
De plus, il n'est pas indiqué combien d'exemplaires sortent avec le
premier tirage. D'après des témoignages d'auteurs, cela tournerait
autour de 300. On ne peut pas dire que ce soit un nombre phénoménal.
Mais ce n'est pas encore ce qu'il y a de pire. Le pire, c'est quand on
se rend compte que les auteurs qui sont passés par Persée n'ont reçu
aucun accompagnement. J'ai relevé notamment un commentaire sur le forum
jeunesecrivains
(très bon forum, au passage) : “une diffusion minimale, pas de pub, pas de communication média ou si
peu... allez, en vendre 100 exemplaires est déjà une gageure (quelle
que soit la qualité du livre).”
Et des témoignages de cet ordre là, il y en a une ribambelle. Je me
suis renseignée auprès d'autres auteurs de mon entourage qui m'ont tous
répondu de ne pas tomber dans ce qu'ils appellent une arnaque.
Après, je me suis rendue sur un forum très intéressant où plusieurs
personnes comme moi ont eu affaire à ce genre de cas. Je vous met
ci-dessous le commentaire d'un auteur très révélateur, trouvé sur le
forum Le Monde de l'Ecriture :
"Je viens de trouver sous mon bureau des retours de maisons d'édition dont je ne me rappelais même plus.
- La société des Ecrivains qui mettait à ma charge un montant forfaitaire de 3650 euros ;
- Les éditions Bénévent 3860 euros ;
- Les éditions Baudelaire qui proposent pour la correction orthographique et grammaticale un forfait de 4 euros HT par page, sans oublier le modeste montant dû par l'auteur à l'éditeur : 5210,40 euros ;
- Les éditions Persée qui me demandaient 3630 euros hors corrections ;
- Les éditions Mélibée 5231,50 euros ;
Et d'autres que je ne trouve plus..."
- La société des Ecrivains qui mettait à ma charge un montant forfaitaire de 3650 euros ;
- Les éditions Bénévent 3860 euros ;
- Les éditions Baudelaire qui proposent pour la correction orthographique et grammaticale un forfait de 4 euros HT par page, sans oublier le modeste montant dû par l'auteur à l'éditeur : 5210,40 euros ;
- Les éditions Persée qui me demandaient 3630 euros hors corrections ;
- Les éditions Mélibée 5231,50 euros ;
Et d'autres que je ne trouve plus..."
Je ne pense pas que les éditions Persée liront cet article un jour,
cela m'étonnerait fort, mais si d'aventure ils atterrissaient ici, je
voudrais leur poser une question. Avez-vous déjà écrit ? Vous savez ce
que représente un roman pour un écrivain ? Le nombre d'heure qu'il passe
à travailler sur chaque page ? Que vous jouiez ainsi avec les rêves
d'auteurs simplement pour de l'argent, c'est inacceptable. Alors, oui,
je vous prends pour cible aujourd'hui car je ne souhaite pas que
d'autres tombent dans le même piège que moi.
Mon projet n'était pas de me lancer dans l'auto-édition, pas encore.
Pour le moment, j'essaie toujours de passer par des circuits assez
classiques. Je songerai à l'auto édition d'ici quelques années,
sûrement, mais, pour le moment, je vais poursuivre mon chemin. Si tout
va bien, en plus, l'année prochaine j'entre en Master d'édition, alors
j'aurai enfin toutes les cartes en main pour mener pleinement une
carrière littéraire.
Donc Le Masque de la Princesse et
moi, on continue notre chasse aux éditeurs ! D'ailleurs, il me reste
encore un petit dernier qui est déjà revenu deux fois, il est temps
qu'il entame son troisième voyage. En attendant, merci d'avoir lu,
j'espère que l'article vous a plu, même s'il ressemble plus à une
dénonciation qu'autre chose. Mais bon, justice est faite, et moi, je
vais m'en retourner à mes petites écrits.
29/01/17
ET LE CHEMIN S'OUVRE ?
Bien le bonjour, tout le monde !
Cela fait un moment que mes petits chéris sont sur les routes, à la poursuite des éditeurs. Le Masque de la Princesse
a déjà beaucoup voyagé, il est passé entre quelques mains : Albin
Michel, Flammarion, Bayard, Casterman, XO Editions, Rageot, Persées,
Syros, Atalante, Editions du rocher, Thierry Magnier, Rouergue et
Elidia. Autant dire que j'ai misé le paquet sur cet enfant.
Et pour miser, il le faut car les envois coûtent incroyablement chers.
Pour six manuscrits, j'en avais environ pour une quarantaine d'euros.
Evidemment, je ne les ai pas tous envoyés par la poste ! Certains envois
(comme Gallimard, par exemple) se font exclusivement par internet. Cela
ne facilite pas le travail du comité de lecture, certes, mais, nous,
écrivains, ça soulage notre porte monnaie.
Les réponses ont été lentes à venir, ce qui était plutôt bon signe.
Mais bon, elles ont fini par pleuvoir. Sans surprise, mais avec une
pointe de déception, toujours, elles étaient négatives. Toutes ? Hé
bien… Non !
Hier matin, mon père est allé chercher le courrier. J'avais deux
renvois, un de Groupe Elidia et un des Editions Thierry Magnier. Lettre
intéressante pour le premier (apparemment, la publication a fait l'objet
d'un désaccord au sein de l'équipe), mais lettre type pour le second.
Oh, il faut que je vous fasse lire quand même le commentaire du Groupe
Elidia !
"Votre
idée n'est pas sans originalité. Toutefois, en dépit des qualités
littéraires indéniables de votre projet, de la justesse et de la
perspicacité du propos, notre comité éditorial ne s'est pas accordé sur
la publication."
Oh, tu la sens, la frustration ! Mais bon, au final, ce n'est pas une réponse positive, hein…
Puis je suis tombée sur une lettre épaisse de type A4. Une lettre en droite provenance des Editions Persée.
"Chère Mademoiselle,
Nous sommes heureux de vous informer que votre ouvrage LE MASQUE DE LA PRINCESSE a reçu un examen favorable à l'issue de son examen en sélection."
Là, premier coup de stress et bouffée de chaleur. Je me tenais dans la
cuisine, la lettre entre les mains. Je me suis enjointe au calme et j'ai
poursuivi ma lecture. Je vais vous joindre ici les Commentaires de lecture sans mettre le résumé qu'ils ont écrit car il dévoile des instants clés de l'intrigue.
"Un
roman comme on les aime, de ceux qui nous empêchent de dormir le soir
tant ils sont prenant. Ce texte possède de solides qualités littéraires ;
un vocabulaire riche, une ponctuation maîtrisée, un contenu clair,
explicite, d'une délicieuse fluidité. C'est avec brio que Marine
Lafontaine impose un style original et très personnel dans la réécriture
de son roman.
En
résumé, voici un ouvrage talentueux qui a tout pour séduire un lectorat
attentif tant à la qualité scénaristique qu'à l'originalité du
contenu."
Là, ça faisait ding dong dans ma tête. Puis est arrivée la suite… Afin
d'être distribuée à grande échelle, avec la participation d'Hachette
Livre, les éditions Persée me demandent une participation de 3 432
euros.
Il y a de cela près de trois-quatre ans, j'avais déjà été acceptée dans
une maison, les éditions Rimbaud précisément. Cette maison m'avait
demandé près de 2 600 euros de participation. A l'époque, je n'avais pas
l'argent, alors j'ai refusé. Aujourd'hui, je pourrai l'avoir si je
pioche dans ma bourse d'études.
J'en discute avec mon entourage en ce moment. Etre publiée est mon rêve
de toujours et je suis prête à m'investir corps et âme dans le projet,
quitte à y mettre une somme énorme. Mais est-ce que c'est le bon moment ?
Le bon moment, est-ce que je dois parier sur Persée pour m'aider à
démarrer ma carrière littéraire en bonne et due forme. La question
s'étudie.
Quoiqu'il en soit, recevoir une réponse positive est un pas de géant en
avant et ça me met du baume au coeur qu'une maison reconnaisse mon
travail. Je vous tiendrai bien évidemment au courant de la suite des
évènements.
07/10/16
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 6
Bien le bonjour, tout le monde !

Mais
l'erreur est réparée et me voilà de nouveau en train de battre le pavé
du chemin des ambitions. Et, comme compagnon de route, j'ai choisi cette
fois-ci un autre de mes enfants que j'ai le plaisir de vous présenter
aujourd'hui : Le Masque de la Princesse.
Alors,
le Masque de la Princesse, qu'est-ce que c'est, quelle est donc sa
genèse ? Alors, c'est un roman que j'ai écrit pour la première fois
quand j'étais hum… en première, si je me souviens bien. L'écriture en
était très facile et j'ai beaucoup aimé mettre en scène Liam, un
personnage très insolent, un genre de caractère que j'ai assez peu
l'habitude de manipuler, en fait.

Puis
est arrivée la khâgne… Rah, là, là, quelle période ! Et j'ai laissé de
côté tous mes écrits. Enfin, j'ai passé le concours, je suis allée faire
mon stage et les vacances ce sont offertes à moi, heures infinies de
vide. Alors, évidemment, je me suis remise à écrire. Et j'ai forcé mon
papa à lire Le Masque de la Princesse.
Je
procède toujours ainsi, en fait. L'étape “papa” est encore
indispensable pour moi. Je lui envoie le roman sous format docx afin
qu'il corrige les erreurs (type orthographe et grammaire), mais il émet
aussi son avis sur certains termes utilisés, des choses de genre. Après,
je repasse derrière afin de valider ou non ses choix.

Puis
j'ai dit stop et je me suis tournée vers l'avenir. Il était temps de
l'envoyer, ce roman !… ce qui est une façon très théâtrale de dire que
j'ai perfo-relié des pages et des pages pendant deux heures.
Car
oui, après avoir choisi les éditeurs vient l'heure de la création du
manuscrit. Donc, passage par la case boîte à copie. Et, pour éviter de
payer une fortune pour faire relier les petits, je le fais moi-même à la
maison.
Enfin,
cela est fait ! L'envoie comprend 8 Masques de la Princesse, 6 par la
poste et 2 par internet. 190 pages de rêves partent sur les routes, ça y
est, et vont rejoindre mes précédents éclaireurs (Chassé-Croisé, Réflexions d'une marionnette de papier et Eros et Thanatos).
LE MASQUE DE LA PRINCESSE
Bien le bonjour, tout le monde !

Ce roman, je l'avais déjà évoqué plusieurs fois à travers divers
articles, mais sans vraiment me pencher dessus. Aujourd'hui, je le
remets à l'honneur avec cette petite présentation. D'ailleurs, j'ai
remarqué que j'avais laissé des révélations de la première version sur
le blog, mais j'ai heureusement rectifié le tir.
Ce roman est une réécriture, celle d'une histoire que j'avais écrite au
lycée. De nombreuses choses ont été modifiées depuis la dernière fois,
notamment le personnage principal que je pense avoir grandement épaissi
(ce qui ne pouvait pas lui faire de mal). Et qui dit nouvelle version
dit nouveau résumé. Je vous le mets ci-dessous :
Liam Sefa est
un jeune homme issu d’une famille tombée en disgrâce à cause des actions
passées de son grand-père. Il a été condamné à mort par pendaison pour une
longue liste de méfaits. Mais, alors qu’il était sur le point de rendre son
dernier souffle, il est gracié par Eliya d’Asrestos, l’héritière du trône.
Cette dernière lui fait une proposition : elle pourra oublier le passé
s’il accepte en échange de devenir son maître d’armes. Pour Liam commence ainsi
une longue quête sur le chemin de la vérité et cela pourrait bien l’amener à
comprendre ce qui se cache derrière la mort de son ami d’enfance, le frère
jumeau d’Eliya.
Dans
la première version, Liam et la famille royale n'étaient liés que grâce
à Sigène Sefa, mais, dorénavant, notre bretteur en herbe a un passif
encore plus lourd avec les enfants au sang bleu. Ce qui rend la
situation plus dramatique, en fait.
L'histoire
tourne autour d'un renversement de situation qui a été amené assez
bien, tout du moins, je l'espère. Mon unique lecteur m'a dit avoir été
surpris, donc on verra bien. En tout cas, ce roman est une histoire que
j'apprécie beaucoup, notamment parce qu'elle est facile à écrire.
J'espère que Liam et Eliya sauront faire rêver les éditeurs et, par la
suite, qu'ils pourront conquérir vos coeurs.
En
attendant que ce jour arrive, je vais vous proposer un petit extrait
que je vais mettre en vis-à-vis d'un extrait issu de la première
version. Puisque j'en avais déjà mis un en ligne, je pense que c'est
celui-ci que je vais vous laisser le plaisir de découvrir. Je vous
souhaite une excellente lecture.
Le Masque la Princesse, version 1, 2012
-
Liaaam !
chantonna une voix.
-
Amy !
s’écria-t-il en réprimant une grimace.
Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette
fille devait lui tomber dessus ?! Amy se détacha de lui en souriant. Le
soleil avait fait ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de
soie bleu toute légère qui lui arrivait aux genoux.
-
Tu n’as pas
froid ? railla Liam. L’hiver n’est même pas fini.
-
Tu es venu
vendre des récoltes ? le questionna vivement la jeune fille, ignorant
royalement sa question.
-
Tu es
idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à
dégeler. On doit travailler la terre. On ne pourra semer que d’ici deux ou
trois semaines.
-
Ah…
Amy était gentille, mais pas très futée. Surtout collante.
Issue de la petite bourgeoisie, elle attendait sagement que son père la marrie
et passait ses journées à échapper à ses leçons de lecture, piano, cuisine et
autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la recherche de ragots à se
mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam, elle lui sautait dessus
et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses avis.
D’ailleurs, ça y est, elle était partie…
-
Tu sais que
la princesse Eliya est de sortie aujourd’hui ? lui lança Amy alors que Liam
marchait tranquillement sans prêter attention à ses bavardages. C’est tellement
rare de la voir hors du palais ! J’aimerai tellement la croiser ! On
la dit si belle ! C’est l’anniversaire de la mort de son frère jumeau,
j’ai entendu dire donc elle serait au cimetière royal tout à l’heure puis
viendrait en ville ! Je ne sais pas pourquoi faire, mais il y a tellement
de rumeurs là-dessus que je ne sais plus où donner de la tête !
Liam se demanda un instant si la langue était un muscle
indépendant qui ne connaissait pas la fatigue puis si toutes les filles étaient
aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait en
faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait
sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien
passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à
ranger les outils ?”… Oui… Cela devait être propre à la gente féminine de
parler tout le temps.
Il détailla un moment le profil d’Amy qui
lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville.
Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de hamster. Elle
avait noué d’imposants rubans rouges à ses couettes, une vraie
gamine… Malgré ses manière futiles de petite bourgeoise, il arrivait (bien
que rarement) à Liam d’apprécier sa compagnie. Dans le coin, il était plutôt
connu comme quelqu’un de bagarreur qui s’emportait facilement, trop en réalité.
On lui donnait un regard de démon, hérité par son grand-père qui avait
autrefois trahi le royaume et avait été exilé. Ses yeux vifs et d’un bleu
particulièrement lumineux, cachés en partie par une mèche de cheveux châtains
qu’il laissait pousser. Si sa mère faisait mine d’approcher les ciseaux de
cette mèche, il s’enfuyait en courant. Il n’aimait pas ce regard de démon et le
cachait. Amy n’avait emménagé que très récemment dans la cité royale. Attentive
aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de Liam Sefa, cet
adolescent qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu très vite le
rencontrer.
Ils étaient enfin arrivés à la
poissonnerie. Amy se pinça les
narines d’un air indigné.
-
Le poisson
sent bien meilleur une fois cuit et mélangé à de la sauce ! décréta-t-elle
d’une voix nasillarde.
-
Tu me
fatigues, soupira Liam.
Il allait pousser la porte quand il se fit percuter de plein
fouet par une silhouette. Tous deux tombèrent à terre dans un cri de
surprise.
-
Dé…
Désolée ! bafouilla une voix. Je courrai et je ne vous ai pas vu !
-
J’ai
remarqué ! répliqua Liam avec humeur. Si tu cours, regarde où tu vas,
idiote !
La jeune fille qui lui était rentrée
dedans rougit fortement. Elle ne s’attendait pas à une réaction aussi
véhémente.
-
Comme si,
persifla le jeune homme en se redressant.
-
Liam,
voyons ! intervint Amy. Ce n’est pas de sa faute, ne sois pas aussi
agressif ! Vous allez bien, mademoiselle ?
La jeune fille hocha la tête. Elle était vêtue de vêtements
sales, mais plutôt bien coupés. Ses longs cheveux noirs lui arrivaient dans le
bas du dos et ses grands yeux entre le noisette et le doré étaient très
vifs.
-
Je suis
désolée, répéta-t-elle.
-
Pff…
Sans même lui accorder un regard, il entra dans la
poissonnerie. Amy s’excusa auprès de la jeune fille et courut à la suite du
garçon.
-
Tu es
vraiment malpoli ! le réprimanda-t-elle. Cette fille ne t’avait rien fait
de mal !
-
Si mon
attitude te dérange, tu peux partir, répliqua Liam d’un ton où perçait tout son
ennui. J’ai mieux à faire que d’écouter tes bavardages.
- Tu es vraiment impossible !
Le Masque la Princesse, version 2, 2015
-
Liiiiiiam !
Ah…
Ce n’était qu’Amy… Mais…
Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette fille
devait lui tomber dessus !
Amy se détacha de lui en souriant. Le soleil avait fait
ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de soie bleue toute
légère qui lui arrivait aux genoux. Elle tenait serrait contre elle un réticule
de la même couleur que son vêtement, ce qui était sûrement un acte calculé de
la jeune fille.
-
Tu
n’as pas froid ? s’étonna Liam. L’hiver n’est même pas fini.
-
Tu
es venu vendre des récoltes ? le questionna vivement son interlocutrice,
ignorant royalement sa question.
-
Tu
es idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à
dégeler. On doit travailler la terre. On est tout juste en train de semer.
-
Ah…
Liam trouvait Amy gentille, mais pas très
futée. Surtout collante. Issue de la petite noblesse, elle attendait sagement
que son père la marrie et passait ses journées à échapper à ses leçons de
lecture, piano, cuisine et autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la
recherche de ragots à se mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam,
elle lui sautait dessus et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses
avis.
-
C’est
super que tu sois venu aujourd’hui ! lui annonça la colporteuse. La princesse
doit aller au cimetière royal cet après-midi pour rendre hommage à son frère défunt ! Tu sais qu’on dit
qu’elle est vraiment belle ? Mais les rumeurs sont certainement exacerbées
par le peu d’apparitions publiques qu’elle offre au peuple ! Oui, c’est certainement
ça. Mais, il paraît qu’elle est vraiment jolie. J’ai entendu à l’auberge une
servante qui travaille là-bas raconter que… Hé, Liam, où vas-tu ?
L’intéressé prit le parti de l’ignorer.
Mains dans les poches, il s’était éclipsé discrètement avant d’accélérer le pas
dans l’espoir insensé d’échapper à la tornade blonde.
Ah, ah…
Comme si.
-
Liiiiam,
attends-moi !
-
Ne
me suis pas !
-
Attends,
enfin !
Elle l’attrapa par le bras, l’obligeant à
ralentir.
-
Madaima
t’a envoyé faire des courses, je parie ! C’est bien son genre, d’avoir des
idées pareilles pour ton anniversaire. Je t’accompagne. Oh, je t’ai souhaité
bon anniversaire ? Bon anniversaire ! Ça te fait bien dix-neuf ans,
hein ? Je t’achèterai un gâteau dans la meilleure boulangerie du coin pour
fêter ça.
-
Je
n’en ai strictement aucune envie, grommela Liam.
-
Je
ne te demande pas ton avis, chantonnait la jeune fille.
L’intéressé préféra céder plutôt que se
lancer dans une conversation stérile avec la petite noble. Celle-ci comprit
qu’elle avait gagné et se relança dans son activité favorite.
-
Comme
je te le disais à l’instant, normalement, on aura une chance de… Oh, mais je ne
t’ai pas dit un truc super important ! Figure-toi que…
Liam se demanda un instant avec dépit si la langue était un
muscle indépendant qui ne connaissait pas la fatigue et si toutes les filles
étaient aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait
en faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait
sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien
passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à
ranger les outils ?”, “Où est-ce que tu vas encore ?”, “Essaie de ne pas
provoquer de bagarres, cette fois-ci”… Oui… Cela devait être propre à la
gente féminine de parler tout le temps.
Il détailla un moment le profil d’Amy qui
lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville.
Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de petit animal.
Elle avait noué d’imposants rubans bleus à ses couettes, une vraie
gamine… Malgré ses manière futiles de petite noble, il arrivait à Liam
d’apprécier sa compagnie.
Il faut dire que, dans les alentours, il
était plutôt connu comme quelqu’un de pugnace qui s’emportait facilement, trop,
même. On lui donnait un regard de démon, hérité de son grand-père, un félon qui
avait autrefois trahi le royaume et avait été exilé loin de la capitale. C’était
en partie pour cela qu’il dissimulait ses yeux vifs et d’un bleu
particulièrement lumineux derrière une longue mèche de cheveux châtains. Il
n’aimait pas ce regard de démon et le cachait ; il lui avait attiré trop
d’ennuis par le passé, comme éveiller la curiosité d’un prince qui s’était fait
beaucoup trop présent dans sa vie par la suite.
Avant d’en disparaître sans laisser de
traces.
Amy avait emménagé il y a peu dans la
cité royale. Attentive aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de
Liam Sefa, ce jeune homme qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu
très vite le rencontrer.
Liam, tentant de faire abstraction de
l’abeille qui bourdonnait à son oreille, se dirigea vers la poissonnerie.
Malheureusement, sa route fut coupée par un barrage qui avait été érigé dans la
rue principale. Une foule dense s’était agglutinée contre les barrières et les
conversations allaient de bon train. Des gardes royaux en armure rouge
gardaient l’espace, le regard acéré et l’allure fière.
-
Oh
là, là ! Ça va être génial ! s’excita Amy en attrapant son bras pour
le secouer. Tu ne crois pas ? La sécurité est très élevée, dis donc, une
souris ne pourrait pas passer ! J’espère qu’on la verra bien d’ici. On ne
devrait pas aller par là, plutôt ? Je suis certaine qu’on aurait une
meilleure vue.
-
Fais
ce que tu veux, je vais te laisser là, répliqua le jeune homme.
-
Ah,
non ! Reste avec moi ! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir la
princesse !
-
Je
ne veux pas la voir et surtout pas aujourd’hui, répliqua sèchement le garçon en
se dégageant de l’emprise de la jeune fille.
Il avait envie de fuir cet endroit et
haïssait cette sensation qui lui bouffait les entrailles. Mais, quand le son du
cor retentit, il se sentit comme ancré dans le sol. Son regard dévia, attiré
par la procession qui venait de déboucher à l’autre bout de la rue avec, à sa
tête, une cavalière tout de noir vêtue. Elle était… Liam s’avança presque
inconsciemment, les yeux écarquillés. La jeune fille se tenait très droite sur
son destrier et son regard doux parcourait la foule. Quand ses yeux se posaient
sur vous, vous vous sentiez pris dans une étreinte mélancolique qui vous
serrait la gorge dans un étau. Elle était vêtue d’une robe noire composée de
voiles et de dentelles vaporeuses qui semblaient envelopper son corps tout
entier. Une mantille couvrait le haut de sa tête et son front, symbole d’un
deuil encore vif.
Elle avait un visage empreint d’une
beauté noble et triste. Mais ce qui retint l’attention de Liam, ce furent ses
mains. Elles étaient blanches et fines, dépourvues de la moindre cicatrice, de
la moindre saleté. Même ses ongles semblaient d’une blancheur immaculée.
Sûrement n’avait-elle jamais tenu une arme entre ses doigts.
Le cheval et sa cavalière passèrent à
quelques pas de lui. Liam suivit silencieusement des yeux le mouvement des
cheveux noirs de la princesse qui semblaient flotter dans son dos, avec une
grâce étrange. Ah… Son parfum lui parvint une fraction d’instant. Il
flotta un moment sur ses narines avant de s’évanouir, souvenir évanescent.
Ezra devait avoir le même parfum dans
leur enfance…
A ses côtés, Liam entendit Amy pousser un
soupir de mélancolie.
- Elle est aussi belle que les rumeurs le prétendent, murmura-t-elle, visiblement conquise par la vision qui venait de s’offrir sous ses yeux. Nul besoin de joyaux ou de discours quand on est capable d’ensorceler un peuple entier par sa seule présence. Notre princesse héritière sera une grande souveraine, un jour.
29/06/2015
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 5
Bien le bonjour, tout le monde !
Comme je vous l'avais dit récemment, il y a eu du mouvement du côté
écriture. En effet, tout d'abord, j'ai dépassé les trente refus des
éditeurs. Mais alors quels refus !

Et il est assez facile de positiver en voyant de grandes maisons d'édition vous donner des conseils et vous encourager. Les sentiments restent mitigés, entre la tristesse et la joie, mais ces lettres sont la preuve que j'avance et ça, déjà, c'est super.
Mais ce n'est pas la plus grande nouvelle. Figurez-vous que j'ai rencontré une personne absolument formidable. Elle s'appelle Hélène Bihery et c'est un agent littéraire.
Pour ceux qui l'ignoreraient, un agent littéraire est le pont entre l'auteur et l'éditeur. C'est lui qui va aider un auteur dans son écriture et sa recherche de maison. Quand on m'a donné son nom, je n'arrivais tout d'abord pas à y croire, puis, au rendez-vous (qu'est-ce que j'étais nerveuse !), je me suis rendu compte que j'avais face à moi un tout nouvel horizon. Je ne dis pas que notre rencontre va aussitôt me faire entrer dans une maison, mais nous allons y travailler ensemble. Et rien ne pourrait me rendre plus heureuse.
Après avoir longuement discuté, je suis rentré dans mon internat et je me suis mise au travail (au plus grand damne de certaines de mes camarades qui me trouvaient très lointaine). Le but était de rendre le meilleur possible un manuscrit sans me disperser pour en travailler d'autres. Contre toute attente, j'ai choisi Chassé-croisé. Ce dernier a bien changé et je pense maintenant que le résultat est satisfaisant.
Aujourd'hui, il part.
Il part avec plein de rêves et d'espoirs dans son ventre. Ça va marcher, j'y crois et je ne cesserai d'y croire. L'espoir fait vivre, comme on dit.
Sur ce, je vous laisse, il va falloir que je retourne à Arras pour de nouvelles aventures !… Mais pourquoi j'ai encore cours ?!
Bref *toussa, toussa*, bonne journée à tous et merci de m'avoir lu !
29/04/2014
ET DE 20 !
Enfin, 22 pour être exactement exact.
Mais 20 quoi, me direz-vous ? Hé bien, j'ai en ce jour reçu plus d'une
vingtaine de réponses d'éditeurs !
7 pour Réflexions d'une marionnette de papier (Gallimard, Robert
Laffont, Nathan, Flammarion, Albin Michel Jeunesse, XO et Seuil).
8 pour Eros et Thanatos (Black Moon, Gallimard, Milan Jeunesse, Albin
Michel Jeunesse, Laffont, Flammarion, Seuil et Rageot).
7 pour Chassé-croisé (Laffont, éditions Baudelaire, Albin Michel Jeunesse, Seuil, Plon, Pocket Jeunesse et Nathan).
Et il est très curieux (voire amusant) de constater l'évolution des
lettres à mesure du temps. Les maisons d'édition, selon l'intérêt
éveillé en elle par les manuscrits, ne répondent pas toujours de la même
manière.
J'ai envoyé Réflexions d'une marionnette de papier l'année dernière, si
je me souviens bien. Javais écris ce livre en seconde, donc,
évidemment, au regard d'aujourd'hui, je le trouve trop peu abouti. J'ai
donc eu des réponses types. C'est-à-dire, le genre de courrier
insensible et froid qui te prend au cœur et qui te déprime pour le reste
de la journée.
Deux maisons se
détachent tout de même du reste avec Laffont et sa lettre écrite à la
main, ainsi que Nathan qui met le doigt sur les points faibles de mon
récit et qui m'encourage à persévérer dans la voie de l'écriture. Cette
lettre, bien qu'elle soit tout de même un refus, m'avait chaud au cœur
et m'avait encouragée à retravailler mon histoire.

Mais une lettre se détacha du lot. Alors qu'Albin Michel Jeunesse
m'avait envoyé une lettre type pour le livre précédent, ce coup-ci, il
s'agissait d'une lettre longue et très intéressante. Je vous la fournis
ci-dessus. Cliquez dessus pour pouvoir l'agrandir et la lire.

Laffont m'a ressorti sa
lettre manuscrite. Nathan loue mon originalité, mais déplore une
confusion dans la narration. Il faut dire que Chassé-croisé est un livre
avec une dizaine de narrateurs alors forcément, on peut parfois faire
de petites confusions…
Puis vint Albin Michel Jeunesse. Leur lettre précédente était pas mal ? Ce n'est rien comparée à celle-là !
Premièrement, ils se rappellent de moi, ce n'est pas rien. Ils savent
qui je suis et que c'est moi qui leur ai envoyé Eros et Thanatos. Puis
ils soulignent mes points faibles que je vais essayé d'améliorer. La
lettre est fournie, longue, vraiment encourageante. Mais bon, il s'agit
toujours d'un refus…
Et contre toute attente, j'ai été acceptée.
Ouais.
Bémol ? Ils m'ont demandé de sortir 2 639, 80€ pour imprimer les
plaquettes et tout. Oui, il s'agit d'une maison d'édition à compte
d'auteur et non, ils ne sont pas présentés ainsi sur leur site (j'ai
vérifié après coup pour voir si ce n'était pas moi qui m'était plantée).
La somme, de toute manière, je ne l'ai pas, donc ça règle le problème.
Dans une même heure, je suis passée d'une joie extrême à une sorte de
résignation.
… Snif…
Bref ! Les maisons d'édition ne fournissent donc pas toujours la même
réponse. Apparemment, selon l'aboutissement de l'histoire ou l'écriture,
ils changent. En somme, plus un livre est intéressant, plus leur
réponse le sera également.
05/02/2014
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 4
Attention, messieurs, dames ! Je
suis “heureuse” de vous annoncer que nous avons enfin atteint la
dizaine ! Comment ? De quoi nous parle-t-elle ? Quelle dizaine ? Hé
bien, j'ai reçu ma dixième lettre de refus !
Ah, ah, ah… Bref…
En effet, Eros et Thanatos a été rejeté par les éditions Albin Michel
Jeunesse, mais c'était la lettre de refus la plus positive que j'ai reçu
jusqu'alors. Plus circonstancielle que les autres, les éditeurs m'ont
félicité, pointé du doigt mes faiblesses (en citant les scènes précises
qui ne convenaient pas), vivement encouragé à poursuivre mes travaux et
demandé de continuer à leur envoyer mes écrits. Plutôt encourageant, en
somme !
Sitôt dit, sitôt fait. Grâce à un très beau cadeau de noël appelé une
perforelieuse (Une CombBind 200, messieurs, dames ! Magnifique !) et
grâce à l'aide généreuse de ma marraine qui a réussi à faire imprimer
mes manuscrits à son travail, je me suis retrouvée avec une pile de
manuscrits gratuits ! Enfin, gratuits… Si on ne compte pas les
premières de couverture en plastique, les quatrièmes de couvertures en
carton et les spirales pour maintenir toutes les pages en place ! Ah,
ouais…C'est un petit budget tout ça ! Ou un investissement sur l'avenir,
dirons-nous.


Tremblez, carcasses ! Marine n'a pas fini de se battre ! Hé, hé !
Marine Lafontaine, toujours motivée !
28/11/2013
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 3
Hé oui, ce n'est pas parce que Eros et Thanatos a échoué au tremplin Black Moon (grrr…) qu'il ne va pas tenter sa chance ailleurs ! Tenez-vous bien, éditeurs, on arrive !
Cinq manuscrits tout beaux, tout propres, reliés, couverture plastique et dos cartonné… Miam !
Ces cinq trésors vont bientôt être envoyés vers divers maisons
d'édition, et je compte bien encore en faire imprimer pour qu'ils
suivent le même chemin, accompagnés par quelques exemplaires de Chassé-croisé !
J'en profite pour glisser un ENORME merci à Béatrice pour toute l'aide
qu'elle m'a apporté dans l'impression de mes manuscrits. Sans elle, je
n'aurai pas pu en faire autant.
Bien sûr, Réflexions d'une marionnette de papier
est toujours d'actualité. Il a été refusé partout, mais je compte bien
le retravailler et le remettre sur les rails (j'ai déjà ajouté des
scènes et corrigé des trucs de-ci, de-là).
Alors, cette fois-ci, qui visons-nous… ? Les même que la dernière fois !
Avec quelques modifications, évidemment ! Pour l'instant, je compte sur
XO, Laffont, Hachette, Flammarion et Albin Michel.Vous pouvez accéder aux sites en cliquant sur les noms.
Il n'y a plus qu'à inscrire les adresses sur les enveloppes (pas les
même que la dernière fois, fort heureusement), ajouter la lettre, poster
et en avant pour la grande aventure !
Quant à vous, chers lecteurs, je compte également sur vous pour m'aider
(s'il vous plaît ?) ! Je ne demande pas grand chose, juste que vous
relayiez cet article ainsi que ceux qui vous plaisent. Sans buzz, je
n'arriverai à rien. Merci beaucoup pour tout votre soutien et votre
présence !
15/10/2013
CHASSÉ-CRØISÉ
Bien le bonsoir ! Article
spécial qui va porter sur une sorte de heu… mise au point ? Je n'aime
pas trop ce terme, ça ressemble à une sentence. Mais je vous rassure
tout de suite, ce n'est nullement le cas ! Heu… Bon, et si on démarrait ?
Tout d'abord, je voulais vous parler de Eros et Thanatos qui sera
sûrement remis en ligne tantôt. Les résultats du concours tremplin Balck
Moon sont normalement pour bientôt. Si je ne figure pas parmi les cinq
finalistes, je remettrai en ligne le roman avec, en plus, une scène
ajoutée !
Je pense démarrer une nouvelle fiction d'ici peu avec comme pivot Kei, le personnage principal de mon livre Libre arbitre.
Par contre, je ne sais pas encore bien ce que je vais faire de lui…
Auriez-vous des idées, des envies à me soumettre ? N'hésitez pas à me
les envoyer par mail ou les ajouter par commentaire ! Toute idée est la
bienvenue !
Enfin, j'aimerai vous parler d'un petit livre qui me tient à cœur.
Chassé-croisé en est le titre, il détient au compteur 103 pages, ce qui
est peu, je le concède, mais toutes ont été rédigées dans le courant de
septembre (du premier au trente, pour être précise). Une aventure
d'écriture haletante.
Sur quoi porte cette histoire ? Sur plusieurs sortes d'aventures de dix points de vue différents. On a Amedeo, un détective qui a recueilli il y a deux ans Darkie, un gamin dont il ne connaît pas le visage, Aylce, une dullahan à la recherche de son corps, Célie, un infirmier au cœur d'artichaut, Brahim, un cancéreux au caractère exécrable, Kate, une jeune fille à la santé fragile, Tina, une vieille femme de quatre-vingt ans, Jacobs, un adolescent télékinésiste qui rêve de devenir pâtissier, Nelson, un garçon qui aime jouer au basket et Olivier, un épicier.
Autour d'eux gravitent d'autres personnages, mais ils ne parlent pas à proprement parler (sauf Giani, un SDF à qui les personnages viennent confier leurs problèmes). En effet, chaque personnage à sa voix à donner dans des chapitres à la première personne du singulier. Voici le début du livre :
Sur quoi porte cette histoire ? Sur plusieurs sortes d'aventures de dix points de vue différents. On a Amedeo, un détective qui a recueilli il y a deux ans Darkie, un gamin dont il ne connaît pas le visage, Aylce, une dullahan à la recherche de son corps, Célie, un infirmier au cœur d'artichaut, Brahim, un cancéreux au caractère exécrable, Kate, une jeune fille à la santé fragile, Tina, une vieille femme de quatre-vingt ans, Jacobs, un adolescent télékinésiste qui rêve de devenir pâtissier, Nelson, un garçon qui aime jouer au basket et Olivier, un épicier.
Autour d'eux gravitent d'autres personnages, mais ils ne parlent pas à proprement parler (sauf Giani, un SDF à qui les personnages viennent confier leurs problèmes). En effet, chaque personnage à sa voix à donner dans des chapitres à la première personne du singulier. Voici le début du livre :
Mai 2013, par un beau matin, ensoleillé,
un ciel dépourvu de tout nuage. 7h, l’heure de l’éveil, l’heure du
déclenchement de l’histoire. Chut… Les personnages vont commencer.
Amedeo abattit son poing sans délicatesse
aucune sur son réveil. Il maugréa un moment, enfoui sous ses couvertures bien
chaudes. Cette fichue sonnerie avait le don de tirer du sommeil en
sursaut ! Repoussant les couvertures, le jeune homme bâilla et s’étira
longuement avant de se diriger d’un pas de somnambule hors de sa chambre.
-
Darkie,
c’est l’heure, grommela-t-il en frappant à la porte de l’enfant, située en face
de la sienne.
Célie se glissa doucement hors des bras
de Bonie pour ne pas la réveiller. Non par gentillesse, mais subir son babillage
incessant dès le réveil, non merci ! Il piocha quelques vêtements dans son
armoire puis jeta un coup d’œil à son horloge mural. Un juron fleurit lui
échappa en constatant son retard et il se hâta vers la salle de bain.
Kate poussa un soupir de bien-être quand
elle sentit l’eau chaude de la douche couler sur son corps et chasser de son
esprit les dernières brumes de sommeil. Sommeil dû encore une fois à ses
somnifères. La jeune femme chassa de sa tête ses problèmes de santé pour se
concentrer sur ce moment vivifiant. A tâtons, elle chercha son gel douche. Elle
s’en saisit, l’ouvrit et le porta à son nez pour se laisser envahir par la
douce odeur de vanille.
-
Nelson, tu
vas finir par être en retard en cours ! pesta Olivier.
Un grognement lui répondit. Peu
convaincu, le père de famille, bien décidé à déloger sa larve de fils,
l’attrapa par un pied qui dépassait du lit et tenta de le tirer. Mais
l’adolescent parvint à se dégager et à regagner le couvert protecteur de la
couette. Olivier poussa un soupir, les mains sur les hanches.
-
Monsieur
Auteuil, je vous apporte votre petit-déjeuner.
Brahim grogna dans son sommeil. Il aurait
souhaité tourner le dos à l’intruse, mais cette dernière était déjà en train de
relever le lit pour qu’il puisse s’asseoir et manger convenablement.
L’infirmière déposa son plateau sur ses genoux.
Jacobs mordait à pleine dent dans sa
tartine de Nutella sans faire attention aux informations que diffusait la
radio, entièrement plongé dans la leçon de sciences physique qu’il tentait en
vain de retenir. Oui, bon, sa mère n’avait pas arrêté de lui dire la veille
d’apprendre sa leçon, mais il avait d’autres choses à faire. Terminer son
dernier jeu vidéo par exemple.
Tina chantonnait gaiement devant sa
glace, tout en faisant glisser délicatement sa brosse dans ses cheveux blancs
tout bouclés et tout vaporeux, dû au shampoing de la veille. Elle sourit à son
reflet avec conviction.
-
Ma petite
vieille, tu as toujours aussi bonne mine !
Gianni était assis sur son banc. Il
l’était toujours, d’ailleurs, qu’importe le temps, l’heure ou le jour, il se
trouvait là, dans ce parc boisé, à cet emplacement précis. Il jeta un regard
embarrassé à Aylce qui pleurait depuis des heures à ses côtés.
-
Faut me
comprendre, je n’en peux plus ! hoquetait-elle. Des semaines entières se
sont écoulés depuis que je l’ai perdu !
Bon bah, puisqu’il n’avait pas le
choix…
Gianni se leva.
Puis
Amedeo prend la parole et l'histoire démarre. Chaque personnage
intervient à tour de rôle pour construire le roman et lui donner vie. Il
y a aussi quatre lettres qui s'introduisent dans le récit. L'une
d'entre elles, la dernière, vient d'ailleurs illustrer le titre.
Je
ne peux pas vraiment résumer ce récit sans vous en dévoiler une partie,
donc, pour conclure, je vous livre un dernier extrait qui, je l'espère,
éveillera votre intérêt !
Amedeo Kea
-
Bonjours,
vous pourriez m’aider à retrouver mon corps, s’vous plaît ?
Je pensais pouvoir dire, sans me vanter,
que j’avais déjà vu et vécu beaucoup de choses malgré mon âge. Entre ma mère
qui m’avait abandonné à la naissance, les dettes monstrueuses de mon père, mon
passage dans un centre de correction, mon adoption aux alentours de seize
balais et autres joyeusetés sur lesquelles je passerai, oui, à vingt-quatre
ans, peu de personnes pouvaient affirmer avoir fait tout ça.
Mon nom, Amedeo Kea, le prénom que m’a
donné mon père, le nom de famille de mes parents d’adoption. Et, sur le pas de
ma porte, Gianni Prochenzo, le SDF du coin, celui qui fréquente le parc Van
Gogh. A son air, je devinais qu’il n’avait pas quitté son banc pour une raison
quelconque. Il me tendait un sac d’où était sortie cette phrase curieuse et
dérangeante. J’hésitais à m’en saisir, mais Gianni ne me laissa pas le choix et
le fourra dans mes bras. Je poussais un soupir et lui fit signe d’attendre un
instant.
-
Darkie,
dépêche-toi, tu vas louper ton bus, grognai-je en entrant dans la cuisine.
L’enfant, attablé devant son bol de
céréales, ne me répondit pas, comme à son accoutumée. Il se contentait de
mâcher mollement sa nourriture lyophilisée que j’ai en horreur tout en
regardant des dessins animés débiles à la télé. Je retournai sur le pas de la
porte avec un tupperware en main.
-
Here, take
it. It should be enough for you this afternoon.
Il me remercia d’un signe de tête et d’un
sourire ; l’est pas bien bavard, lui non plus. Je le vis s’éloigner de son
drôle de pas feutré et refermai la porte. Darkie m’avait déjà chipé le sac et
s’employait à le fouiller.
-
Ame’,
m’appela-t-il.
Je m’accroupis près de lui, curieux de
voir ce que nous avait apporté le vieux Gianni. Si je puis dire… ça ne m’a
pas déçu.
-
Ah bah
enfin ! Non, mais vous aviez l’intention de me faire poirauter encore
longtemps là-dedans ! Mine de rien, il y fait chaud !
OK… Heu… Darkie tenait en main
une tête. Oui, une tête, vous avez bien lu. Je ne saisissais pas bien la
blague, là… Le visage était celui d’une jeune femme, approchant de la
vingtaine, je dirai, encadrés par des cheveux blonds cendrés ondulés. Ses yeux
verts dardaient sur moi un regard courroucé.
-
Jeu ?
suggéra Darkie avec le si peu de mots qui le caractérisaient.
Agacé, je me tournai vers lui. Ce gamin,
je l’avais trouvé, il y a quoi ? Deux ans ? Malade, à la rue. Depuis,
il vit ici. Je n’ai jamais réussi à lui arracher la moindre info à son sujet,
j’ignore à même son prénom ou son visage puisqu’il porte en permanence (même
pour dormir ou se laver, j’ai vérifié) un masque de Dark Vador.
-
Sûrement,
acquiesçai-je. Remets ça dans le sac et va chercher tes clics et tes clacs. A
cette heure-là, le bus est déjà passé, je t’emmène.
Mais Darkie ne m’obéit pas, détaillant la
tête. Il la posa sur le sol comme pour mieux l’étudier. L’intéressée ne
semblait d’ailleurs pas bien heureuse d’être l’objet de cette observation.
-
Non, mais
oh ! s’emporta-t-elle. Vous voulez me disséquer aussi ! Bon sang, je
me demande bien pourquoi ce clochard m’a amené là si vous n’êtes pas
fichus de me venir en aide !
C’est trop perfectionné pour être un
jouet, ça. Darkie, nullement surpris par la colère de la tête, l’avait reprise.
Il la logea dans le creux de ses bras et leva son visage sur moi.
-
Besoin
d’aide, me lança-t-il.
Tout être humain rationnel aurait déjà
balancé cette chose par la fenêtre en espérant ne plus jamais croiser son
chemin. Sauf que Darkie et moi, on se ressemblait assez à ce niveau-là :
on n’avait pas toujours des réactions dites normales. C’est pourquoi, cette
tête, on ne l’avait pas jetée, on n’avait pas hurlé, on ne s’était pas planqué
sous une table et on n’avait pas appelé d’exorcistes. Au lieu de cela, je
consultais l’heure dans une grimace.
-
Ton prof va
gueuler, Darkie.
Le gamin hocha la tête et partit chercher
son sac dans sa chambre. Je me retrouvais alors seul avec la fameuse tête qui
semblait bouder. Elle roula soudainement vers moi.
-
Je vous en
prie, aidez-moi ! me supplia-t-elle avec des yeux baignant de larmes. J’ai
perdu mon corps suite à un accident, je ne sais pas du tout où il peut
être !
-
Ton
corps ? répétai-je.
Oui, je parle avec une tête, rien de plus
normal. Bah, j’ai déjà vu plein de films d’horreur que plus rien ne m’étonne,
que voulez-vous.
-
Oui, mon
corps ! insista vivement la tête, visiblement ravie que je lui prête enfin
un peu d’attention. Je l’ai perdu !
-
Comment
t’as fais ton compte ?
Là, je vis la tête froncer les sourcils.
-
Mais… vous
n’avez pas peur de moi ? demanda-t-elle, apparemment froissée par ce
constat.
-
J’en ai vu
d’autres, éludai-je.
-
Alors ça,
c’est trop fort ! s’énerva-t-elle pour de bon. Je quitte l’Irlande parce
que je ne fais plus peur à personne, mais en France, c’est la même
rengaine ! Vous ne croyez plus aux fantômes, aux morts-vivants, aux
esprits et vous nous tournez en ridicule dans des films pathétiques ! Ah,
vive le 21ème siècle, bravo ! Si j’avais mon corps, je vous
applaudirais, tiens !
Darkie revint sur ces entres faits avec
son sac de cours. Je me redressai et saisis la tête pour la déposer sur la
table basse du salon.
-
Je conduis
le gamin à l’école et je reviens.
-
Hé, vous
n’allez pas me laisser là ! s’indigna la tête. Non, mais,
revenez !
Je refermai la porte sans prendre en
compte ses insultes. Darkie me tira par la manche pour que je me presse et nous
descendîmes jusqu’au parking dans un silence habituel. Nous nous installâmes
dans la voiture et je mis en marche le moteur.
-
Dullahan.
Je m’arrêtais dans ma manœuvre pour fixer
Darkie qui venait de prononcer ce mot. D’après ma mémoire, un dullahan était
une sorte de cavalier qui tenait sa tête sous son bras et qui répandait la
terreur autrefois en Irlande. Ils apportaient la mort et pouvaient posséder un
fouet créé à partir d’une colonne vertébrale humaine.
-
Tu parles
de notre invitée surprise, déduis-je.
Il acquiesça. Je soupirai et jetai un
coup d’œil à ma montre. Bon, de toute manière, les cours avaient commencé.
-
On remonte.
Je
m'arrête ici. Je pensais éventuellement le mettre en ligne aussi.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Tout dépend de vous. Faites-moi vite
savoir vos avis !
je ne sais plus la date de publication exacte
LES CONSEILS DE MARINE, 5ème ROUND
Bien le bonjour ! Aujourd'hui,
nouveau billet sur des petits conseils. Cette fois-ci, je vais vous
aider à construire une histoire en vous fournissant une astuce qui vous
aidera, je l'espère, à rendre votre récit intéressant, voir
passionnant.
Il existe une astuce que j'utilise énormément dans mes livres pour leur
donner un minimum d'intérêt. J'appelle ça : l'intrigue derrière
l'intrigue. Ce n'est guère original, certes, mais cela résume bien
l'idée.

Prenons un exemple. Alors, sur le vif, on va se faire une petit impro.
Disons, un homme, un historien, qui part faire des recherches sur les
heu, mayas ? Ouais, on va dire ça. Donc il y va, fait son petit bonhomme
de chemins avec ses recherches, fait quelques rencontres etc, etc. PUIS
! On découvre qu'en réalité, il n'est pas celui qu'on pensait qu'il
était ! Par exemple, qu'il est possédé par un maya qui cherche à faire
renaître son peuple. Ou d'autres choses de ce genre.
Le but est de surprendre le lecteur. Le principe de l'intrigue derrière
l'intrigue n'est pas un rebond, mais un total retournement de
l'histoire. C'est tout remettre en cause, mais pas tout de suite. Il
faut d'abord que vous laissiez l'intrigue première s'installer avant de
pointer le lecteur du doigt et lui dire “Tu as été trompé. Ce que tu
vois, ce n'est pas la réalité”.

Je disais donc, la première leçon du sorcier s'appuie sur la volonté des gens. Zed, le sorcier au nom
très, très long, donc nous nous contenterons de Zed et non de Zeddicus
Zu'l Zorander, Zed nous dit que les gens croient ce qu'ils ont envie de
croire, et que c'est ainsi qu'ils se laissent heu… “berner” par des
illusions ou des rumeurs.
C'est exactement ce procédé-ci avec l'intrigue derrière l'intrigue.
Vous poussez les lecteurs à croire en certaines choses, puis vous
inversez la tendance avec de nouvelles informations qui vous font dire
le contraire de ce que vous disiez jusque là.
Voilà en somme, le procédé de l'intrigue derrière l'intrigue. Cela
rendra votre récit plus vivant, plus attrayant et surtout plus
intéressant ! Bien sûr, il existe encore une multitude de façons
d'étoffer votre récit, je vous en parlerai dans un prochain article !
En attendant, vous pouvez vous abonner, me suivre sur Facebook ou
Google +, laissez un commentaire ou me commander un article. Surtout
n'hésitez pas et à très bientôt !
16/07/2013
LES CONSEILS DE MARINE, 4ème PARTIE
Bien le bonjour ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas mis un
article de conseils en ligne pour vous aider dans votre écriture.
Aujourd'hui, je vais m'intéresser à deux choses : le style et le cas
spécial des réécritures. Suivez le guide !
J'ai choisi de commencer par le style d"écriture qui est une chose
trèèèèès importante dans un livre. Il m'est déjà arrivé, par exemple,
d'arrêter un livre en cours de route car je n'arrivais pas à accrocher
avec la manière d'écrire de l'écrivain.
Prenons un exemple. Vous connaissez tous Pierre Bottero, n'est-ce pas ?
Il a une façon d'écrire qui lui est propre, comme une signature, une
marque qui va ajouter à ses histoires, je trouve, un soupçon de candeur
qui rendra ses livres si particuliers. Ce n'est qu'une impression
personnelle, mais voilà, c'est toujours ainsi que je l'ai ressenti.
Alors, la question que vous devez vous poser c'est “comment avoir son
propre style”, non ? Je pourrai vous dire que ce comment est erroné, ce
qui n'est pas totalement vrai, mais pas si faux que ça… En réalité, je
pense que le style ne peut se forger qu'à travers le travail et la
lecture.
Il faut vous inspirer des
autres, les prendre comme modèle. Mais c'est long, vraiment long. Cela
fait plus de dix ans que j'écris et je dois avouer que mon style
d'écriture n'est pas encore au point, même s'il est déjà façonné.
C'est en écrivant que vous arriverez à vous définir vous-même, il n'y a
pas de secrets. Plus vous vous exercerez, plus vous aiguiserez votre
plume. Les mots vous viendront plus facilement, votre langage se
développera, deviendra plus fluide. Mais ne vous arrêtez jamais de lire.
C'est en vous inspirant des plus grands que vous parviendrez à vous
lancer.
Super transition ! Nouvelle question : oui, mais, comment se lancer ?
C'est là que j'introduis mon deuxième sujet ! Les réécritures.

Vous n'êtes pas sans ignorer que Jean de La Fontaine, le célèbre
fabuliste, s'est inspiré des fables d'Esope jusqu'à même reprendre
totalement ses histoires pour les faire à sa sauce. Plagiat ou
invention, c'est un peu des deux, je l'avouerai. Quel rapport avec mon
sujet ? J'y viens.
Tout comme La
Fontaine, rien ne vous empêche de vous approprier une histoire pour
exercer votre écriture. Choisissez une légende, adoptez un point de vue
différent (ou pas) et retranscrivez-là avec vos propres mots. Ainsi,
vous pourrez donner un second souffle à l'histoire en elle-même et la
rendre encore plus intéressante.
Les réécritures sont partout, c'est une sorte d'hommage. Combien de
personnes ont-elle reproduit Roméo et Juliette à leur façon ?
Après, dans une autre version, vous avez les fanfictions.
Au lieu de reprendre l'histoire toute entière et de la refaire à votre
façon, vous vous appropriez quelques personnages que vous aimez, voir
tout l'univers du livre, pour écrire vos propres aventures. C'est une
manière de se lancer sympathique et plutôt douce. Doucement, vous
apprendrez à vous détacher et créer vos propres mondes.
Bon, évidemment, les conseils que je vous donne peuvent être modulés à
loisir. Les réécritures peuvent être plus complexes, plus subtiles.
Vous pouvez aussi carrément vous détacher de l'histoire principale pour
écrire le “côté caché” de l'œuvre choisie. C'est ce que j'ai choisi de
faire avec Romlus et Rémus (la fiction devrait être mise en ligne un peu
plus tard, vous verrez à ce moment-là) où j'ai adopté le point de vue
de la louve quand elle recueille les deux enfants.
ce sera tout pour cet article. Il est plus court que les précédents,
mais je pense que l'essentiel y est. J'espère avoir réussi à vous
convaincre ou, tout du moins, d'avoir titillé votre envie d'écrire. Si
ce n'est pas le cas… tant pis ! A très bientôt pour un nouvel article !
06/07/2013
LA MALLE FOURRE-TOUT

Vous avez été plusieurs à me poser des questions par mail, ce dont je
suis absolument ravie. Pour ceux qui hésiteraient encore, je vous y
incite vivement. Voici l'adresse : marine.lafontaine@sfr.fr
Je réponds à toutes les questions, dans le mesure du possible, bien
sûr. J'ai aussi reçu quelques demandes d'articles que je suis en train
de traitée. Je répondrai d'ailleurs à l'une d'entre elles dès la semaine
prochaine.
Sans plus attendre, voici les questions… génial, j'ai l'impression d'être célèbre !
Q : Comment t'appelles-tu ?
R : Ah, heu, bah, Marine Lafontaine. Ça paraît si improbable que j'écrive sous mon vrai nom sur Internet ?
Q : Es-tu une descendante de Jean de La Fontaine ?
R : Evidement !
Q : Pourquoi écris-tu ?
R
: Ah, la question piège ! J'écris parce que j'écris, rien de plus. Ce
n'est pas pour communiquer mon avis ou montrer ma vision des choses
(bien que j'en profite un peu pour justement y glisser quelques petits
choses), j'aime écrire, c'est aussi simple que ça.
Q : Quelles études fais-tu ? Tu as des projets ?
R
: Alors j'entre à la rentrée prochaine en terminale L avec pour but
d'intégrer une prépa par la suite. Après, j'envisage faire des études
d'édition, mais j'ai aussi d'autres envies comme travailler dans le
social, ce genre de choses. Bien sûr, mon but premier reste toujours de
vivre de mon écriture, mais je crois qu'il est important d'avoir quelque
chose à quoi se rattraper si par malheur je ne devais rester qu'un
écrivaillon.
Q : Aimes-tu les olives ?
R : Oui, beaucoup, mais à quoi sert ce genre de questions ?
Q : Quel est ton personnage de livre préféré ? Pourquoi ?
R
: Wha, ça, ça va être compliqué d'y répondre ! Heu… Si je devais
vraiment n'en choisir qu'un seul, heu… Je crois que je prendrai
Shaar-Lun, un des trois héros de la trilogie Les Empereurs-Mages
de Jean-Luc Bizien. C'est un vagabond mystérieux, aguicheur, au grand
cœur, loyal, fidèle à ses principes et courageux. Depuis que je suis
petite, il a toujours été en quelque sorte un idéal de personnage pour
moi.
Q : Comment ton entourage vit-il ta passion ?
R
: Hum, je ne leur ai jamais posé la question, mais plutôt bien, je
pense. Bon, il y a eu une époque où ma mère n'arrivait plus à me
décoller de mon clavier, donc, là, ça a bardé, mais sinon ça va. Je ne
refuse jamais une sortie entre amis, ce genre de choses, donc jamais ils
n'ont eu de problème avec mon écriture.
Q : Tu écris vraiment tous les jours ? Tu fais quoi à côté ?
R
: Hi, hi, hé oui ! J'adore pianoter sur mon clavier, j'ai toujours un
projet sur lequel travailler, une idée à coucher sur papier alors je m'y
atèle vraiment tous les jours. Sinon, j'aime beaucoup dessiner, lire,
regarder des séries, faire du sport, sortir avec ma famille ou mes amis.
Comme vous pouvez le constater, je suis parfaitement normale !
Q : Tu as déjà eu le syndrome de la page blanche ?
R
: Argh ! Question maudite ! Oui, ça m'est déjà arrivé. Dans ces cas-là,
j'erre comme une âme en peine, je dois vraiment me forcer pour tenter
d'écrire quelque chose de potable. Au bout d'un moment, un déclic
survient, mais c'est vrai que parfois j'ai du mal à écrire un livre,
jamais parce que le sujet ne m'intéresse plus, mais parce que je
n'arrive pas à formuler mes idées. Dans ce genre de situations, j'ai une
technique infaillible… Je commence à écrire un nouveau roman !
Q : Sur quoi tu travailles en ce moment ?
R : Alors, heu, beaucoup de projets ! Alors, en ce moment je m'essaie à un deuxième tome de Eros et Thanatos, mais je ne suis pas sûr qu'il soit destiné à la publication. Après je planche également sur la réécriture de Médée,
ainsi que sur quelques romans : Entre Ciel et Terre, Cruor ramorum,
Projet soldat parfait, Les bonnes mœurs, ainsi qu'une ébauche d'un
troisième tome concernant Le Recommencement
(pour ceux que vous ne connaissez pas, je vous les présenterai plus
tard). Et, une première pour moi, je travaille pour quelqu'un en ce
moment ! En effet, une blogueuse m'a contacté pour que j'écrive une
fiction pour son blog ! Ça m'a fait tout drôle, surtout que son site est
excellent ! Donc j'y travaille en ce moment-même.
Voilà, ça nous fait une dizaine de questions, cela devrait suffire pour le moment à satisfaire votre curiosité ! A très bientôt pour un nouvel article, n'hésitez pas à commenter ou à
vous abonner au blog par mail pour être prévenus dès qu'un écrit est mis
en ligne. Vous pouvez aussi me suivre sur Google + et sur Facebook.
17/05/2013
EROS ET THANATOS
Bien le bonjour ! J'espère que vous allez bien aujourd'hui et que vous
profitez du beau temps (si vous êtes du Nord, comme moi, pour une fois
qu'on en a !).
Alors, je voulais vous présenter un de mes romans qui a été terminé
depuis peu. Dès les dernières corrections établies, il sera envoyé à des
éditeurs et, décision récente, j'ai décidé de le mettre en ligne pour
que vous puissiez y avoir accès. Bien entendu, vous serez les premiers
tenus au courant et je vous fournirai le lien vers le site où je le
mettrai.
Le livre en question s'appelle Eros et Thanatos.
Je vous avais déjà parlé à l'occasion et il fait parti des manuscrits
que je propose dans les prix du concours “A vous la suite !”. Comme son
titre l'indique, il s'agit d'une histoire principalement centrée sur
l'amour. C'est la première fois que j'écris dans ce domaine, mais je
dois m'avouer plutôt fière du résultat. La mort est aussi présente, je
vous laisserai juger par vous-même…
Comme vous avez déjà dû le remarquer, j'ai une position très campée au sujet du mariage pour tous
et de l'homosexualité en général. Dans mon livre, j'ai donc choisi de
mettre en scène trois couples : un de gays, un de lesbiennes et un
d'hétéros. Ainsi, chacun est au même rang et tous participent à
l'histoire. D'ailleurs, en voici le résumé !
Il
existe dans ce bas monde des êtres possédant des pouvoirs pouvant
égaler les Dieux. Malheureusement pour eux, car la vie est bien
difficile, mais certains humains sont là pour leur tendre la main. Ceci
est l'histoire de plusieurs d'entre eux qui, malgré leurs différences,
vont apprendre à s'aimer et connaître l'amitié : Nathanaël que les ombres l'obligent à tuer, Azela, une mystérieuse jeune fille rencontrée au détour d'un couloir, Ael qui est entraîné malgré lui dans la fuite de Cinaed, un jeune homme pouvant faire jaillir des flammes et Gabrielle dont l'actuel travail est de veiller sur une jeune femme cachée derrière des paravents. Tous sont liés les uns aux autres, mais leurs liens seront-ils assez forts ou Thanatos finira-t-il par les arracher des bras d'Eros ?
Le dessin à votre gauche est une réalisation personnelle, la seule pour
le moment. Je vous présente donc Ael Duncin, mon personnage principal
!
Nous ne sommes plus dans la fantaisy comme avec Soul sea ou Le Recommement où
la magie régnait dans un monde créé de toutes pièces. Cette fois-ci,
nos personnages sont ancrés dans la réalité, mais certains possèdent des
capacités exceptionnelles.
Il existe deux fins pour ce livre : une gaie et une triste. La petite
anecdote est, qu'au début, j'avais mis sur papier une première fin, la
triste. Une fin assez… morbide sur les bords. En fin bref, le tout est
que ma mère a pleuré en la lisant et que j'ai écris une deuxième fin,
une joyeuse. Après, celle que je mettrai en ligne… ce sera à vous de
lire ! Si demande il y a, je mettrai les deux.
Alors, évidemment, vous l'attendiez et le voici, un petit extrait
choisi par mes soins pour vous mettre l'eau à la bouche. Messieurs,
dames… A table ! Voici le premier chapitre, rien que pour vous.
Scène de piété filiale
L’éclat accrochait les rayons du soleil et les
réverbérait. Ils semblaient glisser le long du fil de lame pour aller ensuite
ricocher dans son œil.
Une vie de tournesol… Toujours à chercher la
lumière, le corps si vite fané une fois qu’on l’a arraché de terre.
Que voulez-vous dire ? Une fois cueilli… c’est ça ?
Les gouttes vermeilles se mêlaient aux
rayons pour se fondre l’un dans l’autre, comme des amants qui s’enlaçaient.
Beau et repoussant à la fois …
Tu as fait le bon choix, Nathanaël. Il n’y a pas de problème. Il fallait le faire…
Non, non… Je ne pense pas.
Nous sommes là, nous. Tu n’as pas à t’en faire.
Pupilles dilatées, mains tremblantes, corps secoué
de frissons malsains. Nathanaël leva lentement la tête vers le ciel paisible.
Pourquoi m’avoir fait faire ça, une
nouvelle fois ?
Il le fallait.
Mais…
-
Nathanaël !
Un cri strident et aigu. Une voix familière. Elle
aurait dû évoquer de tendres souvenirs au parfum de lait et d’étreinte.
Mais elle n’éveilla en le jeune homme que
des regards terrifiés. Il pensait pourtant les avoir enfermés à double tour
dans un coin de son esprit… Pourquoi revenaient-ils maintenant ?
Elle ne comprend pas, Nathanaël, laisse-la donc.
Elle n’est rien.
Il ne leur répondit pas, fixant la femme horrifiée
de ses yeux gris aux reflets d’orage. Elle tremblait, son corps était secoué de
spasmes, elle se retenait mal de vomir. Sa peau était recouverte d’une
pellicule de sueur. Une sueur froide… provoquée par la peur. Il voulut
l’approcher, mais elle hurla. Tout en poussant ce cri abominable, elle
reculait, se cognant à la table de la terrasse. Elle faillit tomber, mais se
rattrapa à une chaise.
-
Ne
m’approche pas ! Ne m’approche pas, espèce de monstre !
Abomination !
-
Mais…
-
AAAAAH !
Elle continuait de crier, vrillant les
tympans de Nathanaël de sa voix perçante. Elle avait une sorte de bracelet
à son poignet dont elle avait enclenché le bouton. Dans le lointain, des
sirènes se mirent à mugir. A ce son, la femme retrouva un semblant de courage,
assez pour cracher à la figure du garçon. Ce dernier ne broncha pas.
Puis ils débarquèrent. Toutes ces mains
qui l’agrippent et le secouent… On le jeta à terre et on lui passa les
menottes. Les policiers beuglaient des choses, mais Nathanaël ne les entendait
pas. Ses oreilles bourdonnaient et sa vision était floue. Il eut un regard pour
le couteau qui traînait dans le gazon, souillant les brins d’herbe d’un rouge
vermeille. Son père adorait son jardin. Il en avait toujours pris soin avec une
attention et une tendresse toute particulière. Tout comme il s’était toujours
occupé de son fils. Et lui avait toujours énormément aimé cet homme compréhensif
et généreux.
C’était d’ailleurs lui aujourd’hui sa
nouvelle victime.
-
Nathanaël… Tu
as quel âge déjà, mon garçon ?
-
J’ai seize
ans, monsieur.
-
Seize
ans… Je ne pensais pas te voir encore ici.
Tue-le, tue-le !
Nathaël les ignora, se concentrant sur
l’homme qui lui faisait face. Il s’agissait de son avocat, le même, toujours.
Celui qui le suivait depuis la première fois. Un homme sec comme une vieille
branche, aux mains noueuses. Il était assis de l’autre côté d’une vitre de
protection en verre renforcé de barreaux en acier. Nathanaël se tortilla sur sa
chaise en plastique, mal à l’aise. Les murs suintaient d’humidité et une sorte
mousse grisâtre courrait sur les cloisons de plâtre.
Tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le,
tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le, tue-le ! TUE-LE !
Nathanaël étouffa à grand peine un gémissement. Il
avait l’impression qu’on broyait ses tempes entre deux pierres. Il ressentait
des picotements dans ses avant-bras et son poignet le torturait. Quand il le
fit tourner, l’os craqua. Il remarqua avec horreur que ses doigts étaient
recourbés comme des serres. Ou plutôt…
Comme lorsque j’ai étranglé Ael.
Oui, exactement. Refais-le !
Pourquoi ?
Parce qu’il le faut. Sinon, tu sais bien ce qu’il
va se passer ! Tu tiens vraiment à vivre ça, Nathanaël ?
L’intéressé leva lentement sa main vers
les barreaux. Mais, au dernier moment, il fit semblant de toucher une tâche sur
la vitre de protection. L’avocat n’avait pas reculé. Il planta ses yeux bleus
dans ceux de son client.
-
Jusque-là,
j’ai tout fait pour te sauver, Nathanaël, mais… Cette fois-ci, je
n’arriverai jamais à te sortir de ce bourbier.
-
Je sais,
monsieur, murmura le garçon en baissant la tête.
-
J’aurai
vraiment aimé t’aider, mais là… Je ne peux rien faire. C’était l’acte de
trop, mon garçon.
Nathanaël ne pleura pas. Cela faisait des années
qu’il avait cessé de verser des larmes. Il savait ce qui l’attendait. Il vit
l’avocat se lever et fit de même, précipitamment.
-
Excusez-moi !
appela-t-il.
L’interpellé s’arrêta.
-
Est-ce
que… Est-ce que ma mère va venir ? demanda timidement le jeune homme.
L’avocat posa sur son client un regard empli de
tristesse. Le meurtrier se rassit sur sa chaise, sachant parfaitement ce que ça
voulait dire.
-
Au revoir,
mon garçon.
Nathanaël fut reconduit à sa cellule sous bonne
escorte. Il était pieds et poings menottés. Sa geôle en voisinait d’autres,
mais toutes étaient vides.
Tant mieux. Il ne faut pas m’approcher, je suis
dangereux.
Mais non, tu n’es pas dangereux. C’est eux qui sont
stupides. Pourtant, c’est bien que nous soyons seuls, non ? Comme ça nous
ne serons pas dérangés.
Le meurtrier s’assit sur sa couchette. La
même, toujours. Celle sur laquelle il avait dormi la dernière fois, mais aussi
la fois d’avant, et celle qui précédait celle d’avant. Il ne ferma pas les
yeux. Il préférait ne pas dormir. Sinon, ils les reverraient.
Les visages de ceux qu’il avait tué.
-
Fallait-il
vraiment que je le fasse ? demanda-t-il dans le vide.
Evidemment ! Il le fallait ! C’est bien mieux ainsi, tu ne crois pas ?
-
Je… Je
ne sais pas…
Nous sommes là pour toi, ne te préoccupe de rien
d’autre.
-
Mais… Mon
père…
Tout va bien, Nathanaël. Quoiqu’il
arrive, nous serons toujours là, à tes côtés.
-
Le pire
c’est que je sais que c’est vrai…
Ael observa un moment la silhouette de Nathanaël
qui dormait sur sa couchette, recroquevillé comme un petit animal.
Machinalement, il porta deux doigts à sa gorge pour retracer les marques que
lui avait laissé son ami le jour où il avait tenté de l’étrangler. A ce
moment-là, si… Il préférait ne pas y penser.
-
Chéri, je
ne sais pas si c’est une bonne idée de venir, tenta de le retenir sa mère,
jetant des regards apeurés vers la cellule. Il est fou à lier.
Ael lui offrit un sourire rassurant et frappa contre
la vitre pare-balles qui le séparait de Nathanaël. Ce dernier sursauta, tiré
brusquement de son semi sommeil. Il posa un regard surpris sur Ael, qui vira à
la panique.
-
Tu ne
devrais pas être là, lui murmura-t-il précipitamment. Tu dois t’en aller !
C’est lui, Nathanaël, tue-le ! Tue-le, voyons !
Ael, inconscient du risque auquel il
s’exposait, sourit tristement.
-
J’ai appris
que tu avais tué ton père…
-
Je… Oui…
Le garçon baissa la tête, honteux. Ael voulut
ouvrir la bouche, mais sa mère le tira en arrière sans ménagement.
-
Arrête de
parler à ce monstre ! lui cria-t-elle. C’est un malade mental, il a déjà
essayé de te tuer, je ne veux pas que ça se reproduise !
-
Mais,
maman…
-
On s’en
va !
Mais son fils se dégagea de son emprise.
Les mots résonnaient dans sa tête : monstre, malade mental… Il savait
que Nathanaël n’était pas comme ça. Il alla s’accroupir près de son ami. Ce
dernier semblait au bord de la nausée.
Qu’attends-tu pour le tuer, voyons ? Il faut que tu le fasses, n’attends pas !
Je ne veux pas… Je…
Fais-nous confiance, Nathanaël. C’est ce qu’il y a
de mieux.
-
Va-t-en,
supplia le meurtrier en reculant. Tu sais pourtant de quoi je suis capable.
-
C’est
d’ailleurs pour cette raison que je viens te voir, lui sourit Ael. Je suis ton
meilleur ami, Nathanaël, ne l’oublie pas.
Il vit le visage de son ami se chiffonner de
tristesse. Il voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Ael se
redressa.
-
Je serai
là, le jour du procès. Je serai là.
Cinaed poussa un grognement de
frustration. Il prit une nouvelle cigarette dans son paquet et la porta à sa
bouche. Sans rien sortir, que ce soit briquet ou allumette, le bout de sa
nicotine en barre se mit à rougir et grésiller. Il en prit une bouffée,
espérant ainsi calmer la nervosité qui le rongeait. Cela faisait un quart
d’heure qu’il faisait le pied de grue près du poste de police. Il savait qu’il
ne pouvait intervenir, et cette idée le ravageait. Il aurait tellement aimé y
aller et ainsi pouvoir…
La porte du poste s’ouvrit soudainement
sur Ael et sa mère. Un soupir de soulagement passa les lèvres entrouvertes de
Cinaed. Quand il avait appris qu’ils allaient voir au poste l’autre fou qui
faisait office de meilleur ami au jeune homme, il avait paniqué. Il n’avait pas
envie d’user de nouveau de ses pouvoirs devant Ael… Même si ce dernier
ignorait qui il était en réalité. Il le fixa, remontant la rue tout en tentant
de calmer sa mère hystérique. Il dut sentir qu’on l’observait car il se
retourna soudainement. Cinaed croisa ses yeux bleus, trop bleus pour être
réels. Cinaed se demanda un court instant s’il portait des lentilles ou si
cette couleur extraordinaire était la sienne… quand il reçut un coup de
coude dans le ventre !
-
Tu pourrais
écouter quand je te parle ! signala une voix féminine avec mauvaise humeur.
Déjà que ça fait trois plombes que tu t’es arrêté et… Hé, Cinaed, tu
m’écoutes, oui ?
-
Oui, oui,
soupira celui-ci. Qu’est-ce qu’il y a, Gabrielle ?
Sa sœur jumelle lui lança un regard courroucé. Si
ces deux-là n’avaient pas vraiment le même physique, ils possédaient la même
personnalité, ainsi que les mêmes goûts. Ils étaient d’ailleurs souvent
ensemble, quand chacun ne partait pas de son côté s’amuser avec ses amis. Ils
pouvaient s’entendre à merveille pendant une journée complète, puis, sans prévenir,
devenir les pires ennemis au monde.
Gabrielle plissa les yeux. Elle s’était
récemment acheté des lentilles de couleur sépia qu’elle adorait. Elle scruta la
rue d’un air concentré, puis un sourire vint trancher sa frimousse couverte de
tâches de rousseurs.
-
Alors
quelle fille étais-tu en train de mater ?
-
Aucune.
-
Un garçon
alors ?
-
Non
plus !
-
Hum…
Elle eut une moue ennuyée, tout en se grattant
l’arrière du crâne. Ses cheveux roux coupés à la garçonne lui procuraient un
air espiègle. Elle donna un petit coup de poing dans l’épaule de son frère et
glissa son bras au creux de son coude.
-
Allez
viens ! On va se boire quelque chose ?
-
Non, j’ai
pas vraiment envie, ce soir.
-
Très
bien ! Alors, on rentre !
Ael fixait d’un air absent les gyrophares des voitures
de police qui déchiraient la nuit. Il savait le procès de son ami le lendemain.
Sa mère était allée voir celle de Nathanaël pour la calmer et la soutenir. Il
savait qu’elles allaient toutes deux déverser leur bile sur le jeune meurtrier,
et cette pensée le révoltait. Bien qu’il ait tenté de le tuer par le passé,
jamais Ael n’avait réussi à lui en vouloir.
Il avait l’impression que son ami
entendait certaines choses. Des choses que lui et les autres ne parvenaient à
percevoir. Il aurait donné cher pour savoir ce que c’était. Il aurait aimé
aider Nathanaël et ainsi empêcher ce qui allait arriver le lendemain même.
Parce qu’il connaissait déjà la décision du juge, chacun le savait…
Ael tira les rideaux pour ne plus voir
les lumières colorées et se laissa tomber sur sa chaise de bureau. Il n’avait
pas la tête à ses devoirs… Il se mit à jouer avec son stylo plume sans
réellement y faire attention. Aujourd’hui encore, il l’avait
croisé… Cinaed Helldi. Ce gars-là était dans le même lycée que lui. Connu
pour son côté impulsif, il jouait facilement des poings et était un piètre
élève. Il avait un succès fou avec les filles. Il fallait dire que c’était un
“morceau de choix”. Son côté mauvais garçon séduisait, mais il avait également
un physique avantageux, sculpté par le sport (seule matière en laquelle il
excellait). Mais on ne lui avait jamais connu de petites amies. Comment Ael
savait-il tout ça ? Parce que c’était un des élèves les plus populaires du
lycée et que, dans ces cas-là, les rumeurs allaient vite. Sa sœur jumelle,
Gabrielle Helldi, était également connue pour son côté garçon manqué. Ael avait
longuement sympathisé avec elle cette année comme ils étaient dans la même
classe. C’était une fille plutôt sympa et mignonne.
Le garçon soupira et reposa son stylo.
Demain soir, à dix-sept heures, le procès… Dans trois jours, l’enterrement
de Monsieur Ouïmo, le père de Nathanaël.
Et dans une semaine, tout au plus, il
n’aurait sûrement plus jamais l’occasion de voir son ami.
Gabrielle et son frère se trouvaient dans
la salle de bain, chacun vêtu d’un tee-shirt noir, de jeans délavés et troués,
chaussés de baskets colorées. La jeune fille souligna son regard d’un coup de
crayon alors que son frère tentait d’aplatir un épis.
-
T’es au
courant ? lui lança sa sœur. Apparemment, c’est aujourd’hui, le procès du
copain d’Ael.
-
Je sais,
marmonna Cinaed. Ah, saleté d’épis !
-
Passe-moi
ta laque, je vais arranger ça.
Il lui donna et elle se mit derrière lui pour
tenter de discipliner la chevelure blonde de son jumeau. Elle reprit :
-
Ça fait
deux jours qu’il est en prison. Il aurait tué son père, cette fois-ci.
-
…
-
Dire que
c’était le meilleur ami d’Ael… Il doit être rudement secoué.
-
Hum…
-
Voilà !
C’est arrangé !
Elle ébouriffa ses cheveux roux qu’elle
aspergea ensuite de laque. Satisfaite, elle rendit le tube à son frère qui,
lui, était en train se brosser les dents. Il grogna un remerciement.
-
Je crois
que c’est son cinquième meurtre, murmura-t-elle.
Cinaed cracha dans le lavabo.
-
Cinq ?!
s’étrangla-t-il. Mais il n’a que seize ans !
-
Ael n’aime
pas en parler, donc c’est par les journaux que je le sais. Il aurait tué son
cousin à huit ans, puis sa sœur à dix, un ami à onze, sa petite amie à treize
et là son père…
-
Mais il est
taré ! Pourquoi ne l’ont-ils pas coffré depuis tout ce temps ?
-
Je suppose
qu’il était trop jeune, qu’ils ont jugé qu’il valait mieux l’assigner à
résidence… Je ne sais pas. Je trouve ça triste…
-
Moi je dis
surtout que c’est un fou dangereux !
Elle eut un petit sourire amer, puis passa son
anneau en fer où étaient écrits en noir “live” et “death”. Son frère avait le
même au pouce, mais avec l’inscription “FIRE”. Au sommet de son oreille droite
se déployait une sorte de griffe, agrémentée d’une pierre rouge. L’oreille
gauche de sa sœur était également percée et elle y accrochait toutes sortes de
boucles d’oreilles fantaisies. Aujourd’hui, elle en avait choisi une composée
de trois chaînes où pendaient des plumes blanches qui coulaient sur son
épaule.
-
Bon,
sourit-elle. On essaye d’entrer au lycée sans se faire virer dès la première
heure ?
-
C’est une
option, ricana son frère.
-
Prends tes
études au sérieux !
-
Oui,
chef !
Elle poussa un soupir et attrapa le sac en toile
qui lui faisait office de cartable.
-
Go !
Une ambiance lourde régnait au petit-déjeuner, ce
matin-là. Ael triturait ses céréales sans réelle envie de les porter à sa
bouche. Ses parents lui jetaient des regards en coin quand ils pensaient qu’il
ne s’en rendait pas compte. Sa mère finit par se racler la gorge et posa sa
main sur son poignet :
-
Ael, chéri,
dis-moi… Tu n’envisages pas d’aller au procès de ce garçon
aujourd’hui ?
-
Il
s’appelle Nathanaël, maman.
Il la vit sa raidir. Ce prénom était tabou ici
depuis qu’il avait failli mourir de ses mains. Mais Ael n’hésitait pas à le
prononcer. Ce n’était qu’un prénom, après tout ! Pas de quoi en faire une
crise cardiaque !
Sa mère ravala difficilement ses larmes
et il sentit son cœur se serrer. Il n’aimait pas la voir souffrir. Il savait à
quel point elle tenait à lui et que sa réaction vis-à-vis de Nathanaël était
normale. Malgré tout, il ne supportait pas quand elle parlait de lui comme s’il
s’était agi d’un monstre…
Ce que tous pensaient.
-
Maman, lui
sourit-il doucement en pressant sa main dans la sienne. Je veux y
aller… Tu comprends ?
-
Mais, Ael,
il a tenté de te tuer ! explosa son père.
Le garçon ne répondit pas. Il se souvenait de
chaque détail de ce jour, comme si tout s’était passé la veille. Les doigts de
Nathanaël sur sa gorge, le manque d’air, la tête qui lui tournait, leurs larmes
qui coulaient, puis cette explosion… Ces flammes, des bras qui
l’arrachaient de l’étreinte mortelle de son ami, une voix dont il ne se
rappelait ni le timbre, ni les mots… Juste la chaleur que cela lui avait
procuré…
Il fut arraché de ses pensées par les
sanglots de sa mère. Il se leva pour entourer ses frêles épaules de ses bras.
Il se haïssait de la faire
pleurer, de lui causer du mal, mais il devait y aller…
-
Ne t’en
fais pas, la berça-t-il. Tout ira bien, Nathanaël ne m’approchera pas.
-
Je ne
t’empêcherai pas d’y aller, mon poussin, lui confia sa mère, mais… Si tu
savais comme ça me fait peur.
-
Maman…
-
Vas-y avec
quelqu’un, alors ! le pria son père avec inquiétude. Ne te retrouve pas
seul avec lui !
-
Mais,
papa…
-
Je veux que
quelqu’un soit avec toi ! Moi… c’est au-dessus de mes forces.
-
D’accord,
je demanderai à un de mes amis.
-
Merci.
Ael sentit une bouffée d’amour monter en
lui. Il se dit qu’il avait vraiment des parents forts et compréhensifs. Il les
embrassa, attrapa son sac et fila en cours.
Voilà pour cette petite présentation !
Le livre devrait normalement être mis en ligne dès le mois prochain, en
tout cas, il sera là très vite, promis ! A très bientôt pour un nouvel
article, n'hésitez pas à commenter ou à
vous abonner au blog par mail pour être prévenus dès qu'un écrit est mis
en ligne. Vous pouvez aussi me suivre sur Google + et sur Facebook. Merci et à la prochaine !
26/03/2013
MINI ARTICLE
Bien le bonjour et nous voici de retour avec un article shampoing ! Alors, sur quoi portera l'article aujourd'hui ?… C'est une bonne question sur laquelle je vais me pencher immédiatement ! Ah bah tiens, et si je vous parlais d'un concours aujourd'hui ?

Le concours en question a été organisé par les éditions Black Moon. Le principe est simple. Vous écrivez un livre et vous l'envoyez. Le meilleur écrit sera publié. Après, Black Moon, qu'est-ce que c'est ? C'est romans de morsure et compagnie avec sous sa bannière Twilight, 16 lunes et j'en passe ! Personnellement, je tenterai bien le coup, mais je ne pense pas que mes écrits colleraient avec l'esprit des éditions. Néanmoins, si vous êtes fans ou déterminés, lancez-vous ! Le concours est ouvert jusqu'à juillet, je crois bien. Pour inscriptions, questions et détails, voici le lien !
16/03/2013
LES CONSEILS DE MARINE, 3ÈME VOLET

Ce personnage est celui avec qui vous allez passer le plus de temps, celui qui va être le ciment de votre histoire. Il doit accrocher le lecteur, lui plaire, l'interpeller. Il existe quelques piliers essentiels qui feront de votre personnage un “héros”.
Vient alors la question, qu'est-ce qu'un héros ? Un personne qu'on admire, répondront certains. Quelqu'un avec beaucoup de valeur morale, répondront d'autres. Superman, enfin, diront les fans de comics. Il existe autant de héros possibles que de lecteurs différents, mais quelques “trucs” reviennent toujours. Je vous en parlerai tout à l'heure.

Personnellement, je ne me suis mise que récemment à cette technique pour un livre compliqué. Ça me permet d'y voir plus clair et cela donne de la crédibilité à vos personnages. Cette fiche peut s'appliquer à n'importe quel personnage et peut être ajustée et brodée en fonction de vos écrits : pouvoir particulier, tenue d'agent secret, uniforme d'école, études…

Revenons aux points clés d'un héros. On va en prendre deux diamétralement opposés pour voir : disons Eragon et Arsène Lupin. D'un côté un gentleman cambrioleur intemporel et, de l'autre, un jeune dragonnier qui lutte pour libérer son monde d'un tyran. Chacun est une icône du héros, mais ils n'ont aucun point commun si ce n'est celui-ci : être capable de réaliser l'impossible. Peu de personnes peuvent se vanter de s'identifier à Arsène Lupin, mais il va donner envie, parfois de se comporter avec autant d'élégance que lui : il fait rêver. Eragon, aussi, à un autre niveau. Ce n'est qu'un point de vue personnel, mais je trouve qu'il “motive”. Il a ses coups de cafard et d'angoisse, mais il va toujours de l'avant et ne va jamais cesser la lutte, quelque soient les difficultés. Ensuite, ce qui fait qu'un héros est un héros, ce sont ces actions. Prenons, par exemple, Marie, du livre d'Olivier Adam “A l'abri de rien”. C'est une jeune femme comme n'importe qui : elle est au chômage, dépressive, elle fait ses courses au Monoprix, a un mari et deux enfants. Rien d'exceptionnel chez elle. Mais elle va s'investir à fond dans la survie des sans-abris. Et, par ce geste, elle va devenir une héroïne : elle va jusqu'au bout des choses (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler).
S'identifier au héros est important aussi. Il faut qu'il ait des émotions : doutes, peines, peur, joie… N'en faites surtout pas un insensible ! Même s'il cache tout ça, ce n'est pas grave ! Mais il doit en vivre, en ressentir, pour que le lecteur puisse avoir des affinités avec lui. Harry Potter était un adolescent tout à fait banal avant de se découvrir sorcier. Mais ce n'est pas en acquérant ses pouvoirs qu'il va devenir inhumain, au contraire. On assiste à tout : ses coups de gueule, ses amours, ses doutes, sa détermination… C'est aussi ça qui séduit.
Un héros n'est jamais seul ! Il faut qu'il ait autour de lui une panoplie de personnes qui le seconderont dans sa tâche, sa quête, qui le pousseront à atteindre son but. Prenons, par exemple, le personnage d'un joueur de basket. Il se propulsera à la victoire grâce à ses coéquipiers, mais ce sera lui qui marquera le panier ultime, celui de la gloire !… Ou pas, si vous voulez écrire un bouquin déprimant.
Bon, il est tard quand même, je commence à fatiguer. On reprendra une autre fois ! Bonne nuit et à très vite pour la suite des aventures de Lizzie où notre jeune duchesse fera un rêve… un drôle, étrange rêve…
13/02/13
LA VOIE DE L'ÉCRIVAIN, 2

Enfin, bref… Revenons à nos moutons ! Alors, une fois le fichier fin
prêt, nous sommes allés chez un imprimeur (qui nous a coûté d'ailleurs
une for-tune ! Ghouap !). Non mais ça nous est revenu à plus de 100
euros, tout ce bazar !

Vous la voyez cette enveloppe ? Sûr ? Cette enveloppe Auchan à bulles
là ? Bah c'est de la m**** ! Une demi-heure il nous fallut pour mettre
les huit manuscrits dans ces enveloppes ! Hou, c'était du sport !

Après avoir inscrits les adresses, réussis à mettre les manuscrits dans
ces screugneugneu d'enveloppes (accompagnés d'une lettre), tout est
prêt pour être envoyé ! Mon rêve, me voilà !
Quant à vous, chers lecteurs, je compte également sur vous pour m'aider
(s'il vous plaît ?) ! Je ne demande pas grand chose, juste que vous
relayiez cet article ainsi que ceux qui vous plaisent. Sans buzz, je
n'arriverai à rien. Merci beaucoup pour tout votre soutien et votre
présence !
24/01/13
LES CONSEILS DE MARINE, LE RETOUR
Hé oui, déjà de retour ! Je suis en forme en ce moment, je fournis les articles par deux !
Second round pour les conseils de Marine. Cette fois-ci, comme promis,
je vais vous donner quelques conseils pour que vous puissiez coucher sur
papier vos propres envies. Mais avant tout, voici mon adresse email :
marine.lafontaine@sfr.fr
Alors,
pourquoi mon mail ? Pour que vous n'hésitiez pas à me questionner. Pas
de problème, vous pouvez me demander ce que vous voulez (du moment que
ce n'est pas trop indiscret !), j'y répondrai dans la mesure du
possible. Ainsi, si vous avez une question assez pointue, vous n'aurez
qu'à me la poser ! Je vous le répète, n'hésitez pas (je fais déjà cela
avec mon cousin, alors ça ne me gêne pas du tout). Maintenant que cela
est dit, passons au vif du sujet !
Il existe d'indénombrables façons de commencer une histoire. Pourquoi ?
Parce que l'idée peut venir de n'importe où ! Je vais vous raconter une
petite anecdote, tiens ! Elle date d'environ mes classes CP, CE1. Quand
nous étions toutes jeunes, mes amies et moi avions inventé un jeu où
nous étions des fées qui se battaient grâce à leurs pouvoirs magiques
pour tuer un serpent qui tyranisait notre village (on voit l'influence
des Witch et des Winx…). C'est comme ça que j'ai écrit mon premier
texte, que je lisais le soir à mes peluches pour avoir leur avis
(moquez-vous, c'était un travail très sérieux !). En m'inspirant de ce
jeu, j'avais couché sur papier mon premier récit.
Les premiers textes puisent généralement dans les histoires qui nous
ont le plus marquées ou celles qu'on préfère, tout simplement. Alors, ne
vous étonnez pas si vous faîtes un remake d'Harry Potter et compagnie !
C'est parfaitement normal. Puis, à force, vous aurez vos propres idées
et vous parviendrez à les mettre sur papier.
Où trouvez l'inspiration ? Hé bien, attrapez la loupe du brillant
Sherlock Holmes, drapez-vous du manteau de l'espiègle Arsène Lupin et
suivez-moi ! Nous allons entrer dans le fantastique laboratoire de
l'imaginaire, un endroit plus époustouflant encore que la chocolaterie
de Roald Dahl. L'inspiration, pour tout vous avouer, est… partout ! Hé
oui, les idées sortent de tout et n'importe quoi. Vous pouvez avoir le
déclic n'importe où, n'importe quand, ou simplement en laissant vos
pensées vagabonder (des fois, des idées me viennent même en pleine nuit,
ce qui est assez agaçant… et fatiguant).
Prenons, par exemple, une image, tiens notre petit scientifique ! Que
prépare-t-il ? Quels secrets de l'humanité peut-il tenter de percer avec
son intelligence ? Ou, voyons plus loin encore ! Et s'il n'était qu'un
robot, manipulé par un extraterrestre qui cherche à reproduire
chimiquement une glace à la fraise qu'il ne peut trouver sur sa planète,
mais dont il est complètement fan (je n'ai jamais dit qu'on ne devait
avoir que des idées sérieuses…).
Pour une première fois, je vous conseille de vous inspirer d'histoires
déjà écrites. Prenez un gramme de Percy Jackson, un soupçon d'Artemis
Fowl (dont le tome 8 est sorti aujourd'hui, au passage !), une pincée de
l'Epouvanteur et vous aurez… un beau bazar ! Héra et Pan se sont alliés
contre les FARfadets et menacent de détruire le monde ! C'est un
travail pour nos trois héros, Percy, Artemis et Tom qui vont s'allier
et… bon, j'arrête mon délire.

Avant d'aller plus loin, je dois vous avertir. Ecrire, c'est long.
Ecrire, c'est parfois pénible et angoissant. Mais écrire, c'est une
drogue affreusement et délicieusement magique. Une fois qu'on y est
habitué, une fois qu'on aime, cela devient comme une seconde peau. Dans
mon cas, ça m'est pratiquement indispensable. Cependant, écrire
correctement avec de belles figures de style, de manière fluide et sans
fautes, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C'est énormément de
travail, un travail quotidien, indispensable. Je ne veux pas vous
décourager d'avance, au contraire ! Je ne saurai correctement exprimer
ce que je ressens quand j'écris, c'est juste… merveilleux ? Oui,
merveilleux. Alors, franchement, si vous en avez envie, lancez-vous ! Il
n'y a pas hésiter, qu'avez-vous à perdre ? Rien. A gagner ? Tout !
Bon, je parle beaucoup pour pas dire grand chose, moi… Alors, étape
suivante ! Une fois que vous avez une vague idée de votre sujet de
départ (ça peut être vraiment n'importe quoi !) Allez, prenons un
exemple : un homme atterrit dans un monde parallèle au sien à une
différence près, c'est qu'il est une femme. Si vous voulez ajouter un
petit plus à votre histoire, vous pouvez dépeindre une situation
féminine épouvantable : port du voile, soumission totale à son mari… Si
le sujet vous plaît, c'est tout bon. Ou, au contraire, ajoutez de la
magie : dragon, sorcières et abracadabra, que je te transforme en
crapaud ! Ou, plus nuancé, avec un peu de télékinésie, quelques touches
discrètes et nuancées. Bref, vous avez plus de possibilités que vous ne
pourriez imaginer.
Votre personnage principal va être votre premier point d'ancrage dans
l'histoire. Faîtes-le comme vous l'aimez parce qu'il va vous suivre
partout !
Hum… Avez-vous déjà joué aux Sims
? Votre protagoniste, c'est un peu comme la création d'un sims : vous
commencez par le définir physiquement et mentalement avant de vous
lancer dans l'aventure. Tout est permis : cheveux courts, longs, bruns,
roux, yeux bleus, verts, peau noire, de lait, grand, petit, gros,
mince, vieux, jeune. Mais ne vous contentez pas de ça ! Donnez-lui des
caractéristiques qui le rendront unique : percing, tatouage, teinture,
lunettes, et même plus ! Yeux vairons, cicatrices, ailes (bah, pourquoi pas ?), doigts palmés...
Donc, notre bonhomme, qu'est-ce qu'on en fait une fois qu'il est ce
qu'il est ? Personnellement, je ne le fais jamais, mais, pour vos
premiers essais, écrivez-en une : une biographie. Si vous voulez que vos
histoires soient réalistes, écrivez sa vie : où il est né, ses études,
ses fréquentations, ce qu'il aime etc. Quand vous serez plus familiers
avec votre plume, vous pourrez vous passer de cette étape que je n'ai
jamais prisée : je trouve qu'elle enlève beaucoup de magie à
l'écriture.
Par contre, ce que
j'adore dans ce genre de portrait, ce sont les caractéristiques mentales
! Alors là, mais éclatez-vous ! Plus vous travaillerez cette partie,
plus votre personnage sera intéressant : tics nerveux, phobies, manies,
ne lésinez pas ! Créer lui un caractère qui pourrait attendrir ou faire
rire, même exaspérer !
Vous pouvez faire ce genre de biographies avec tous vos personnages, ce qui serait l'idéal, mais alors, bonjour le travail !
Une fois que cela est fait, une nouvelle marche à franchir : vous allez
passer aux grandes lignes de l'histoire. Pareil, cette étape, vous
pourrez la sauter plus tard (ou pas, cela dépend des personnes). Donc,
vous allez complètement écrire l'histoire, mais dans ses grandes lignes,
toutes les péripéties, sans rentrer dans les détails. Par exemple,
notre bonhomme a donc atterri dans un monde parallèle sous la forme de
femme, mais, pas de chance, il est capturé par une horde de bandits qui
veulent le revendre dans un harem. Ajoutez des personnages, des
descriptions, et baladez-les un peu n'importe où jusqu'à l'évasion
finale.
J'ai dit, éclatez-vous, éclatez-vous, mais restez un minimum cohérent !
Si votre personnage a 26 ans à la page 4, il n'en aura pas 14 à la page
10 (sauf si vous faîtes un flash-back, bien sûr, ou si c'est fait
exprès). Après, que dire d'autre... ? Faites attention à l'orthographe
et à la grammaire, n'hésitez pas à vous documenter à côté, à lire
d'autres histoires (surtout !!) qui pourront toujours vous fournir de la
matière. Faites lire vos essais autour de vous : un point de vue
extérieur est toujours le bienvenu et souligne parfois des choses que
vous n'auriez pas vu seul.
Bon
après, j'ai encore foule de conseils à vous donner, mais ce sera pour
une prochaine fois, je crois que je vous ai assez bourré la tête comme
ça avec toutes mes histoires ! Retenez juste une chose : l'écriture est
un plaisir et non une corvée. Ce qu'il faut, c'est vous amuser, c'est le
mot d'ordre ! Alors, on se retrouve une prochaine fois ! Merci de votre
visite et à bientôt.
24/01/13
Bien le bonjour !
Petit article quelque peu inhabituel ! Aujourd'hui, je ne vous parlerai
pas de livres ou de mangas, je ne vous parlerai pas non plus de choses
diverses. Non, je vais viser un sujet en particulier. Oui, aujourd'hui,
je vais vous parler de l'écriture.
Par écriture, je ne vais vous bassiner de longues et belles phrases qui
feront l'éloge de ma passion. Non, je vais vous donner des conseils
pour que vous écriviez vos propres textes !
Il faut savoir qu'il existe plus d'une forme d'écriture, mais peut-être
le saviez-vous déjà. Un blog ne sera pas rédigé de la même manière
qu'un site professionnel ou un roman. Le registre, le style et le public
changent, il faut savoir s'adapter.
Quelques conseils pour rédiger un article :
Comme vous le saviez peut-être déjà, Marine's blog
est mon deuxième blog. J'ai commencé à écrire des articles sur Internet
depuis que je suis en quatrième. Au début, c'est toujours pataud et
maladroit, quoi de plus normal ?
Dans l'écriture, selon moi, il n'y a qu'un secret : il faut écrire sur
des sujets que l'on aime. Cela ne sert à rien d'essayer de rédiger un
texte sur quelque chose qui ne nous botte pas, il sera mauvais (à moins
d'avoir une bonne maîtrise de sa plume, évidemment).
Donc, imaginez que vous avez créé un blog et que vous voulez mettre en
ligne un article sur un sujet que vous aimez. Prenons, par exemple (je
vais dire une bêtise, je vous préviens), l'élevage des lapins. Vous
devez vous documenter (ce que je fais toujours, ou presque, même quand
je connais le sujet), croiser les données etc. Vous pouvez aussi
illustrer vos propos de quelques photos/dessins : vous n'en serez que
plus agréable à lire !

Pour en revenir à nos
lapins, imaginons que vous donniez des conseils pour élever son propre
lapin. Commencez par accrocher votre lecteur avec un titre du genre
“Quelques conseils pour élever son lapin” ou, plus fantaisiste “Les bons
trucs de Tonton Charles pour s'occuper de Jano lapin !” Enfin bref…
Une fois que vous avez procédé ainsi, vous allez présenter votre
article dans les grandes lignes. Du genre “Je vais vous parler de la
façon de le nourrir, puis comment nettoyer sa cage…” etc. Ayez un esprit
de synthèse et ne vous étalez pas sur de petits détails : allez à
l'essentiel.
Après, bien sûr,
vous pouvez très bien faire autrement. Ces conseils ne sont applicables
que si vous le voulez. Mais, si j'étais vous j'écouterai mon génie… non,
je plaisante !
Une dernière chose quand même : pour avoir un article plutôt bien
structuré, vous pouvez utiliser la superbe technique de l'entonnoir !
Qu'est-ce que c'est ? J'ai appris ça l'année dernière en latin, quand
on devait rédiger pour la première fois de notre vie une sorte de
commentaire composé sur l'Odyssée d'Homère. Le truc c'est, vous partez
du plus général pour aller au plus particulier, vous affinez votre
recherche. En gros, nous c'était : 1, la présentation ; 2, les axes
généraux ; 3, le détail. Ça peut marcher aussi ici.
Voilà, ce sera tout pour cet article, mais je vous retrouve très vite
pour un deuxième article du même genre, mais cette fois-ci, on parlera
de comment écrire son propre roman. A tout de suite !
21/12/12
DANS LA PEAU DE RIMBAUD
Bien le bonsoir. Ce soir, je voulais vous faire partager un exercice
d'écriture. Pour ne rien vous cacher, nous travaillions sur Rimbaud en
classe et notre professeur nous a proposé une rédaction de type bac pour
nous entraîner. L'exercice consistait à nous mettre dans la peau du
jeune poète et d'écrire une lettre en pastichant son écriture. Le but
était de raconter, en 1881, pourquoi Rimbaud avait renoncé à l'écriture.
Nous basant sur sa biographie et les poésies vues en classe, nous nous
sommes mis au travail. Et, sans vouloir paraître orgueilleuse, j'étais
tellement fière de ma lettre que j'ai voulu la partager avec vous !
Rimbaud avait pour habitude de joindre un poème aux lettres qu'il
écrivait. Alors j'ai décidé de l'imiter en vous proposant un vieux poème
que j'avais écris lorsque j'étais en quatrième. J'espère que cela vous
plaira.
La lettre est adressée à Monsieur Théodore de Banville, poète
fortement admiré par Rimbaud. Mais, sans plus tarder, voici la lettre !
Harar (Abyssinie), le 26 septembre 1881.
À Monsieur Théodore de Banville.
Cher Maître,
Cela fait bien des années que nous nous
sommes vus pour la dernière fois. Vous rappelez-vous de celui que
j’étais ? J’ai bien changé - fort heureusement. Je n’écris plus, plus une
seule poésie. Pourquoi, me demanderiez-vous ? Pardon, cela me fait rire
car la réponse est bien simple, mais j’ai moi-même mis du temps à la
comprendre. Vous souvenez-vous pourquoi j’ai commencé à écrire ? Tout
comme mes pas me permettaient de fuir ma mère, mes vers me permettaient de
m’évader. Enlisé - que dis-je ! - enterré dans la marne de cette
bourgeoisie d’hygiénistes, j’avais beau me débattre, je continuais à lentement
dépérir. Mon moyen d’évasion, la poésie ! Des vers, des rimes, que j’égrenai
dans ma course par milliers. Mes ambitions - folles dames - m’entraînèrent dans
leur ronde effrénée. Que c’était étourdissant ! Je larguai les amarres, je
me libérai de cette vie ô combien étouffante ! Poésie fade et plate, je la
voulais lumineuse… non… objective !
Je m’étais rendu poète, je travaillais à
être voyant. Ah, cher Maître, que dire de la vie que je menais ? Les
poches crevées, mais la tête ballottée par les rêves, je vivais en bohème, une
existence dite de débauche. L’écriture était un long travail qui a nécessité
nombre d’expériences dont mon innocence a été le prix à payer. Je me suis
adonné, abandonné et j’ai écrit - une folle erreur de ma part, non ?
J’ai aimé, lors de mes années les plus
absurdes, un homme à l’intellect séduisant nommé Verlaine - mais vous le saviez
déjà, sans doute. Mon existence, déjà malaisée, prit le visage de l’enfer. La
souffrance que j’éprouvai fut plus grande encore ! Douleur, douleur, ô
douleur atroce ! Mes querelles avec Verlaine se firent graduellement plus
violentes, notre vie orageuse, non ! tempétueuse ! Nous vivions,
comme lui-même l’avait si bien souligné, “une orgiaque misère” où nous nous
permettions tout excès. Quand il me quitta, le monde me sembla soudainement
erroné et vide. Mais, quand je tentai de le revoir, il me tira dessus avec un
pistolet. La douleur fut effroyable, dans le cœur et dans le corps.
Satan, ô Satan, comme je le suppliai
pitoyablement de me laisser la vie sauve ! Je devais écrire, encore !
Par deux fois de nouveau, j’ai noirci des feuillets
et des feuillets. Le premier recueil que je composai, je le fis alors que je
marchais, vacillant, au bord du gouffre de la mort. Le
second… non… bien qu’il suivît l’autre de près, il fut
radicalement… différent. Comme si le bonheur avait apposé son empreinte à
même mon âme ! Je dois vous sembler exalté, mais cette époque me paraît
bien lointaine. Cependant, avec ces poésies, il m’a semblé arriver à une
sorte… comment dirai-je ? D’accomplissement ? Orphée avait bien
pâle figure à côté de moi !
Toutes ces
années, j’ai vécu à travers la poésie, pour elle, rien que pour elle.
Désormais, je voulais vivre pour moi. Alors, Anch’io, cher Maître, je voulais
être homme d’action ! Pourquoi ce brusque revirement ? Je ne puis
plus écrire de poésie. J’avais, au fond de mon âme, une ambition secrète dont
je ne vous ai jamais fait part : celle de créer un jour une langue qui
m’aurait permis d’exprimer ce que je ressentais. Hélas ! Je ne l’ai jamais
trouvée… Alors, oui, j’ai quitté le monde des chimères puisque cette langue n’y
était point. Peut-être la trouverai-je ailleurs, dans l’action, loin des terres
du Nord. Ici, sur ces terres du Sud dessinées grâce la sueur des hommes,
peut-être aurai-je une chance - ne sait-on jamais. J’ai longtemps voyagé, cher
Maître, j’ai cheminé à travers mille contrées dont j’ai appris tous les
dialectes pour m’en imprégner, les graver à même mon âme et ainsi espérer
trouver cette fameuse langue - même si, à mon grand désespoir, je dois vous
avouer que ce n’est toujours pas le cas. Cependant, le voyage n’est plus un
moyen d’évasion, mais un mode de vie. J’allais partout : Italie,
Rotterdam, Alexandrie, Chypre ! Ah, quel cachottier je fais, je ne vous ai
pas encore tout dit. Vous risquez d’être fort surpris - et je regrette de ne pas
être présent pour rendre compte de l’effet de cette nouvelle - mais, ne voulant
plus vivre de poésies, j’ai pris la décision de gagner ma pitance grâce au
travail : cette nouvelle expérience m’a beaucoup apporté ! Je
m’essayais à la direction de chantiers, au trafic d’armes… Que de
palpitantes nouveautés !
Mon cher
Maître, la poésie m’a longuement guidé, m’a grandement aidé, mais je devais me
détacher d’elle avant qu’elle ne me rende fou. Je ne regrette rien. Après tout,
comment pourrait-on regretter une vie que l’on a choisie ?
ARTHUR RIMBAUD
A travers la lettre, je retrace la vie de Rimbaud : ses fugues pour
échapper à l'éducation trop stricte de sa mère, sa volonté de devenir
“voyant”, son histoire avec Verlaine, Une saison en enfer, les
illuminations, ses voyages, son travail…
Ensuite, voilà un petit poème que j'avais écrit lors de mes années collèges.
Un
jour, je sortirai
De
ce lieu où je t’ai rencontré
Où
nos souffles se sont échangés
Où
tout s’est achevé
Un
jour, tu es venu à moi
Tel
un messie comme je le perçois
Dans
toutes ces prophéties qu’étaient mes rêves
Un
jour, Éros s’est joué de nous
En
nous réunissant en cet instant
Cruelle
qu’est la Mort
Un
jour, l’amitié
A
tissé sa toile vicieuse
Pour
l’embraser par un baiser
Un
jour, j’ai crié
J’ai
pleuré
Et
même frappé les murs qui m’étouffaient
Quand
ils t’ont emmené
Un
jour, la lumière
La
porte qui grince sur ses gonds
Le
son du glas est annoncé
On
me saisit, on me traîne, on me secoue
Sonnée
par un coup, je vois le monde de rouge se colorer
Un
jour, je suis sortie
De
cette prison où je t’ai rencontré
Où
nos souffles se sont échangés
Où
l’échafaud a tout achevé
Maintenant
je viens vers toi
Quand
les lames pénétreront ma peau
Ne
crois pas que je crierai
Je
resterai digne et humble
Car
je sais que plus loin
En
dehors de cette gangue de chair
Tu m’attends
Je n'ai écrit que très peu de poésies, je ne suis pas spécialement
douée. Contrairement aux romans, l'inspiration ne me vient que trèèèès
rarement ! Enfin bon, qui puis-je si ce n'est pas ma tasse de thé ? Je
n'ai plus qu'à me concentrer sur mes livres et devenir un bon écrivain !
25/11/2012
LIBRE ARBITRE
Suite à une remarque de ma lectrice favorite, Libre Arbitre va faire l'objet d'une réécriture complète. La première version était, selon elle, trop compliquée et trop violente. Je vous laisse découvrir l'article par vous-même, mais je doute publier un jour cette version.
Salutations, chers lecteurs ! Aujourd'hui, pour tout vous avouer, je n'avais aucune idée d'article en tête. Quelques lectures sympas à partager, mais je voulais faire autre chose. Alors l'article de ce dimanche portera sur moi (oh, l'égoïste !) et d'un nouveau livre que j'écris en ce moment-même (cinq en même temps, mon record, qui dit mieux ?).
Salutations, chers lecteurs ! Aujourd'hui, pour tout vous avouer, je n'avais aucune idée d'article en tête. Quelques lectures sympas à partager, mais je voulais faire autre chose. Alors l'article de ce dimanche portera sur moi (oh, l'égoïste !) et d'un nouveau livre que j'écris en ce moment-même (cinq en même temps, mon record, qui dit mieux ?).
Le titre de ce
livre est “Libre arbitre” et les personnages sont… des personnages ! Hé
oui ! Dans ce roman, je vous propose une mise en abîme, l'envers du
décor. L'histoire commence avec la naissance du personnage principal.
Son principal problème ? Son auteur. Pourquoi ? Premier extrait !
Je m’étais rendu compte que la plus
petite chose avait une conscience à ma naissance.
Je me souvins encore de tout cela…
J’étais né dans un univers entièrement blanc et uniforme. Il n’y avait pas de
limites. Ça s’étendait, là, tout autour de moi, immense. Moi, avec mes yeux
d’encre, j’observai silencieusement. Je n’étais alors qu’un nom sur du papier.
Oui, on m’avait nommé Ludivine. Mais
j’ignorai de quel sexe j’étais, la tonalité de ma voix, la couleur de mes yeux,
de mes cheveux ou de ma peau. J’ignorai à même mon corps. Mon esprit était
aussi vierge que la feuille de papier sur laquelle j’étais couché(e).
J’étais une petite tâche d’encre.
Puis, on m’a nommé Ludovic, ensuite
Pablo, on est revenu sur Ludivine, pour partir sur Camille et finalement
adopter Kei. Je crois que celui qui me nommait n’avait aucune idée de ce qu’il
allait faire de moi. Il hésitait, tapait sur son clavier et effaçait avant de
taper de nouveau. Puis, pour se changer les idées, il a lu Rust Blaster, de Yana Toboso (qui est également le
mangaka de Black Butler,
non je ne fais pas du tout de pub, pourquoi ?). Je me souvins qu’il
pleurait à la fin. Il a alors
décidé de me nommer comme le personnage principal de ce manga : Kei. Je
fus depuis lors un garçon aux cheveux blancs et aux yeux violets, tout comme le
protagoniste du manga. Si ça, ce n’était pas du plagiat…
D’ailleurs, à qui appartenait ses mains
qui tapaient ces touches avec hésitation ? Maintenant que j’avais des yeux
corrects, je pouvais regarder par-delà l’écran qui me séparait de mon créateur.
J’y ai vu des poils de barbe, de la fumée de cigarette. Un homme… et il
buvait de la bière. Super, mon avenir était assuré ! Il sembla
soudainement avoir une idée et ses doigts se mirent à voler de touche en
touche. Autour de moi, les mots virevoltaient pour aller se placer
correctement. Une fois qu’ils avaient trouvé leur place, ils s’accrochaient à
la feuille et se transformaient sous mes yeux. Je me retrouvai assis dans un
fauteuil, une télécommande à la main, une canette de coca dans l’autre. J’étais
dans une maison coquette. De grandes fenêtres laissaient le soleil déverser ses
rayons chaleureux dans la pièce. C’était agréable et… Tiens ? L’auteur
avait changé d’avis, il pleuvait maintenant. On sonna à la porte et des mots
s’écrivirent sur les murs de la maisonnette. “Va ouvrir !” qu’ils
disaient. Je me suis retrouvé propulser hors du fauteuil et revêtu d’un costume
noir avec un plateau sous le bras. J’étais maintenant serviteur dans un immense
manoir. J’allais ouvrir. Sous la pluie grelottait une jeune fille vêtue d’une
crinoline qui formait comme un demi-globe à partir de ses hanches. Elle avait
de grands yeux verts… Ah non, ils étaient bleus maintenant. Heu… L’auteur
avait décidé désormais qu’elle portait un cache œil et qu’elle avait des
cheveux noirs comme le jais avec trois mèches colorées : une violette, une
lavande et une indigo. Elle leva le nez pour lire son texte d’une voix
monocorde :
- Exc… Excusez-moi. J’ai été surprise par l’orage et je me demandai si je
pouvais rester ici le temps que ça se calme. Pour en venir à la trame du récit, Kei va donc évoluer dans un univers qui ne va cesser de changer et, quand le tout se sera stabilisé, va devoir subir toutes les envies et pulsions de l'écrivain sans jamais pouvoir aller contre sa volonté. Par exemple :
- Je
n’ai pas pu ramener l’antidote, mais je vais quand même te sauver. J’ai passé
un pacte avec notre adversaire. Je vais partir, Kei… Et ainsi…
Elle sanglotait, mais moi, je ne voulais tout
simplement pas y croire.
- Tu
vivras, acheva mon amie.
Animée par la volonté de notre écrivain, elle se
leva.
- Paola !
criai-je.
Je voulus m’élancer vers elle, mais les mots
fondirent sur moi, bruyant et malfaisant essaim d’insectes noirs, pour
m’empêcher d’avancer. Mr
l’ennemi-qui-nous-attend-en-embuscade-dans-un-arbre-pour-nous-tuer ne tenta
rien, le visage fermé. Moi, je continuai à lutter.
- PAOLA ! hurlai-je de nouveau.
Voilà (bon, je vous rassure, Paola ne s'en va pas vraiment, ce n'est que le début de l'histoire, après tout!). Pour ceux qui se poseraient éventuellement la question, Mr l’ennemi-qui-nous-attend-en-embuscade-dans-un-arbre-pour-nous-tuer est bel et bien un personnage. C'est le protagoniste un peu mystérieux du moment qu'on nomme en fonction des circonstances (je vous laisse donc imaginer la situation dans laquelle se sont retrouvés Paola et Kei…)
L'histoire va donc se construire autour de cette problématique. Puis, un jour (mon prince viendra ? Hé non !), l'auteur tue un des personnages les plus proches de Kei pour faire avancer l'histoire. Alors le protagoniste n'a plus qu'une idée en tête : se révolter et quitter définitivement son monde de papier et ainsi avoir enfin son propre libre arbitre.
Vous pourrez retrouver également d'autres personnages de mes livres que rencontre Kei au fur et à mesure de sa quête : Ascal (Soul sea), Koena et Harley (Le Recommencement), Noé (Réflexions d'une marionnette de papier)…
Allez, un dernier petit extrait pour la route !
-->
Je m’appelle Kei. Nom de famille :
inconnu. Taille : inconnue. Poids : inconnu. Parents : inconnus.
Passé : inconnu. Futur : plus qu’incertain. Libre arbitre :
zéro.
J’ai des cheveux blancs malgré mon jeune
âge (je dois avoir dans les dix-sept ans à vue de nez) et des yeux violets. Je
n’ai pas d’histoire pour le moment. J’ai été le porteur d’une clé des Enfers
pendant quelques pages, mais cette époque est révolue (apparemment).
Je partage mes lignes avec papi André, un
savant amateur de thé, Paola, une tueuse voir plutôt une terroriste et Mr la
mystérieuse-silhouette-qui-observe-tout-la-scène-un-sourire-de-loup-sur-les-lèvres
qui ne sait pas qui il est et dont on ne connaît pas le visage parce qu’il est
masqué par son abondante tignasse rousse qui descend jusqu’au creux de ses
reins. On a un auteur qui fume et qui boit. De plus, il nous a créé, mais il
n’a aucune idée de ce qu’il va faire de nous.
En gros, bah, on est un peu dans la galère, quoi.
09/11/2012
MON PREMIER ROMAN

Je ne peux pas vous parler des Sorcellyres sans évidemment commencer
par le début. En réalité, cette histoire date de primaire et a été de
nombreuses fois écrite et rata-écrite. Je l'ai commencée à peu près en
même temps que je démarrai Harry Potter et mon récit s'en est
trouvé fortement influencé : la lettre pour entrer dans une école de
Sorcellires (oui, avec un i à l'époque), le lieu coupé du monde pour
faire ses achats… Bon, l'histoire tenait plus de la fantaysie que du
fantastique, puisque l'histoire se déroulait dans un autre monde et
qu'on y croisait des sangarennes (petits êtres ailés, équivalents des
chouettes dans HP, mais bien plus dangereuses… et assoiffées de
sang !), ainsi que des elfes ! Ces derniers avaient été chassés de la
société et étaient considérés comme des monstres. Bon, je ne suis pas
allée au-delà de la page 16, mais bon…
J'ai d'ailleurs gardé l'histoire telle quelle et bien qu'elle date de
très longtemps, je me suis dit que vous aimeriez peut-être en lire un
extrait que voici (début du chap 1) :
Minuit
sonna. Une ombre la rue d’un pas rapide et s’arrêta devant le numéro quatorze.
Elle se
glissa dans le jardin en faisant le moins de bruit possible puis pris l’échelle
qui était couchée à terre. D’un geste lent, elle la posa contre le mur de la
maison. Un chat qui observait tout ce va-et-vient, décida que le moment était
venu de savoir qui s’amusait à venir dans son jardin et qui voulait rentrer
dans sa maison. Il s’avança de son pas léger et silencieux. Quand il fut à un
mètre, il reconnut la personne qui avait déjà commencé à gravir les échelons.
C’était sa jeune maîtresse, Loune, elle venait encore de faire une escapade
nocturne, ce qui est strictement interdit chez la famille Lambarte.
Loune avança lentement et parvint jusqu’à sa chambre, elle poussa doucement la fenêtre et sauta dans la pièce. Là, une mauvaise surprise l’attendait. Sa mère en robe de chambre, le visage livide, était assise sur le lit. Elle n’eut aucune réaction quand sa fille entra. Après un silence gênant, la mère prit la parole :
-
Je sais que tu ne te souviens jamais de ce que tu fais la nuit, mais, bon sang
de bonsoir, il faut que tu arrêtes de te balader quand le jour est tombé.
Loune
se balança d’avant en arrière l’air perturbé.
-
Désolée maman.
Elle
avait murmuré ces mots très timidement. Mrs Lambartre s’adoucit un peu.
-Je
ne t’en veux pas vraiment, mais, il faut que tu arrêtes quand même de te
balader la nuit.
Loune
bailla et sa mère la laissa se coucher après s’être assuré que la fenêtre était
bien fermée. Le lendemain matin, Loune se réveilla tard, elle étira un à un
tous ses muscles et regarda sa chambre. Il y régnait un de ses désordres. Elle
claqua des doigts comme le fait sa mère pour que soit impeccable, ce qui ne fit
qu’empirer les choses. Loune laissa tomber et sauta de son lit. Ensuite, elle
se regarda dans la glace de sa chambre. Elle vit une jeune fille, le teint
pâle, ses yeux verts bouffis et ses cheveux noirs tombant sur ses épaules. Elle
passa sa main au-dessus de sa tête. Une poussière bleue tomba. Quand le nuage
s’évapora, Loune était habillé avec un jean slim, des botes en daims noirs, un
haut marron et un boléro à capuche pourpre. Ses cheveux noirs étaient regroupés
en une longue tresse. Loune se regarda dans le miroir, tourna sur elle même et,
la mine satisfaite, alla prendre son petit-déjeuner.
Elle
descendit d’un pas feutré pour ne pas réveiller sa petite sœur qui n’était
encore qu’un enfant de six ans. La fin de l’escalier débouchait sur la porte
d’entrée, le courrier était là, machinalement, Loune le ramassa. Il y avait
deux lettres d’impôts, une pub pour du linge, un magazine d’ustensiles de
cuisine et une lettre adressée à son nom. Tiens, qui peut m’écrire ? Se
demanda-t-elle. D’un pas lent, elle se dirigea vers la cuisine vide. Ses
parents étaient déjà au travail. Un sourire étira ses fines lèvres, au moins
elle serait tranquille pour lire son courrier. Elle mis le reste du courrier
sur la table, pointa son doigt vers le frigo puis vers le placard, sans lever
les yeux de sa lettre. Aussitôt lait, bol, pain, confiture, céréales volèrent.
Mais le bol se brisa sur le bord de la table ainsi que le pot de confiture, le
bouchon du lait s’ouvrit répandant le liquide par terre, le pain et les
céréales atterrirent dans le bocal de Fichte, le poisson rouge. Loune regarda,
enfin, ce qui se passait. Elle poussa un cri muet. Elle se leva et aperçu le
chat que l’on avait vu hier soir assis sur une des chaises. Il ronronnait. Elle
lui murmura dans un souffle :
-
Aide moi, Mistick, s’il te plaît.
Mistick
leva ses yeux vert doré et dit à son tour.
-Tu
t’es encore promenée cette nuit.
-Ah
bon ?
-Si
tu continues, ta mère va faire une crise.
-Oui,
bon, tu peux m’aider ?
-
D’accord
mais, après tu me montres ton courrier.
Loune
soupira d’exaspération et d’étonnent, d’exaspération car on ne peut rien cacher
à Mistick et d’étonnent, comment le chat était-il au courant de la lettre.
Déjà, le vieux matou s’était mis au travail. Tout voltigeait dans la petite
cuisine : les morceaux du bol et du pot de confiture se sont rassemblés,
le lait fut nettoyé et la bouteille jetée, le pain et les céréales furent
" pêchés " et jetés à leur tour. Pour couronner le tout, Mistik
nettoya l’eau de Fichte et prépara le petit-déjeuner de Loune. Le gros chat
s’effondra d’épuisement puis s’endormit sur le carrelage froid. Loune en
profita, elle déchira l’enveloppe de la lettre et qu’elle lut à haute
voix :
Chère
mademoiselle Lambarte.
Nous
avons le privilège de vous annoncer que vous êtes admise dans l’enceinte de
notre école de sorcellires. Vous trouverez ci-jointe la liste des éléments pour
votre scolarité. La rentrée est fixée le trois septembre et attendons votre
réponse avec impatiente (le vingt-cinq juillet au plus tard). Nous rappelons
aux élèves que lors des grandes vacances, un bateau vous mènera à l’île de la
décision. Après un repos d’un mois, nous vous conduirons à la route de passage
pour l’achat de vos fournitures puis, encore un mois de repos. Suite au temps
écoulé, vous rentrerez pour reprendre votre scolarité.
Nous
espérons vous voir bientôt entre les murs du collège de Sortéle.
Professeur Calouni
Mirolde
Directrice

Ensuite est arrivée l'influence Tara Duncan
et Keira a fait son entrée. Cette jeune fille va subir beaucoup,
beaucoup de modifications au cours des années à venir, mais elle va
garder son caractère trempé et son indépendance. Dans le premier livre
que j'ai écrit sur elle, elle vit avec sa mère et son beau-père, se
baladait toujours avec une hache (oui, oui, je sais, c'est bizarre, mais
bon…) et possède un vélo enchanté (ne regardez pas l'écran comme ça,
enfin !).
C'est aussi à partir de
là qu'est apparu le clan des Noyés. Ce camp composé de morts avait pour
mission de protéger certaines personnes (une sorte d'entreprise de
gardes du corps très puissants, en gros). Depuis, ce clan s'est toujours
retrouvé dans mes récits, avec plus ou moins d'importance, la Noyée
principale restant toujours Elena, celle qui devait protéger Keira. Avec
mon papa, on avait d'ailleurs écrit un petit cross-over à ce moment-là
entre son livre (cf l'article sur La machine à rêves)
où Fulberte Chinchila (l'un de ses personnages, et mon préféré de son
histoire) devient la soeur d'Elena. Par la suite, nous avons abandonné
cette idée parce que les deux univers de nos récits divergeaient trop.
L'histoire s'est mêlée à l'ancienne pour donner un peu du n'importe quoi, dont voici un extrait (début chap 2) :
Keira le repéra tout de suite. La
chevelure rousse dépassait d’un buisson situé sous le vieux chêne. La jeune
fille hésita. Son regard passa de sa ceinture de fortune au buisson. Puis elle
haussa les épaules, tant pis. Elle saisit sa hache et la lança avec précision
et force.
Cette
hache, elle ne s’en séparait jamais. Elle l’avait trouvée en jouant aux
archéologues avec ses amis. Le manche et la lame était en fer, d’un seul
tenant. Quand à son tranchant, il était tellement aiguisé que rien qu’en
caressant la lame, le sang pouvait goutter.
La
hache se planta dans l’épaisse écorce, juste au dessus des cheveux.
-
Hé,
protestèrent ceux-ci, Keira, pas encore !
La
chevelure bougea et un garçon sortit du buisson. Il avait des yeux vert pleins
d’étoiles. Tout était droit en lui. Des épaules à la silhouette en passant
par les sourcils.
Le
nouveau venu croisa les bras et soupira.
-
Tu ne peux
pas t’en empêcher ?
-
Non, avoua
t-elle, j’aime tellement faire ça. C’est drôle de te faire peur.
-
On avait
dit que tu arrêtais ! Allez, récite.
-
Pas le
droit de faire du lancé de hache, de…
-
Et ça c’est
quoi ?
-
Du lancé de
hache, Chef ! déclara la
jeune fille en se mettant au garde à vous du parfait petit soldat.
Le
jeune homme passa sa main sur son visage et soupira comme s’il parlait à une
folle.
-
T’inquiète
pas, Peter. Je ne recommencerai plus. promit Keira.
-
C’est ce
que tu avais dit la dernière fois ! s’emporta Peter.
-
Et si on
cherchait Jenn’. proposa la jeune fille pour changer de sujet.
-
J’arrive,
ne vous dérangez pas !
On
entendit un craquement. Le bruit de quelque chose que l‘on traîne au sol et une
jeune fille, un coati aux talons, se faufila entre les arbres du petit bois.
C’était Jenny, dit Jenn’. Ses cheveux blonds lui arrivait aux épaules et ses
yeux étrangement rose vif faisait penser à deux bonbons à la framboise. Les
deux autres l’aimer pour son air sympathique, ses joues rebondit, son optimiste
et aussi pour son côté mystérieux.
- Bon, et cette pêche ? On y va ? s’impatienta l’arrivante.
Voilà pour le deuxième essai des Sorcellyres. C'est vrai que dans cet
extrait-ci, il n'y a pas de magie, mais la première fois que Keira
utilise ses pouvoirs, il y a trop de personnages et je mettrai longtemps
à vous dire qui est qui pour que vous compreniez l'extrait (désolée, je
m'en repends !).
Me voici entrée en sixième et je m'attèle toujours à la même histoire.
Je laisse tomber l'autre (je suis quand même allée jusqu'à la page 39,
ce dont j'étais très fière à l'époque !). Mais ça y est, j'ai trouvé un
filon ! Les deux anciennes histoires se mêlent à la nouvelle, je pétris
le tout dans mon cerveau, j'y ajoute un peu de Naruto (je venais
de découvrir les mangas, et j'avais lu celui-ci en tout premier) et pouf
! Tada, les Sorcellyres, mon tout premier roman, était né…
J'ai été cruelle avec Keira, à ce moment-là. Son pire ennemi qui
cherche à la tuer, Aveuntaine, est en réalité son père et toutes les
gens qui l'ont adopté sont morts sous ses yeux. De plus, elle est la
porteuse d'une entité qui ronge son énergie vitale : elle est condamnée
dès le début. Bon, tout n'est pas mauvais, quand même ! C'est une forte
tête, ma Keira, et elle est charismatique. Sa puissance fait son charme
et elle se retrouve très vite entourée d'amis fidèles dont quelques
personnages récurrents tel que Frida. C'est une personne que j'aime
beaucoup, donc je pense la faire encore apparaître par la suite. Il
s'agit d'une fée violette, spécialiste dans la guérison et les plantes.
Elle possède également un lourd secret que je vais peut-être réutiliser
pour les nouveaux sorcellyres !
Un élément, une entité. Une entité, un réceptacle. Keira était celui de
l'Hydre de l'eau, et elle l'est toujours. L'histoire commence
d'ailleurs par le moment où cette créature fut scellée en elle…
Extrait du premier chapitre !
L’Hydre jeta un regard haineux aux sorcellyres, un peu plus
bas. Comment avaient-ils réussis à l’emprisonner ? Leurs maudits
sortilèges avaient eu raison de sa liberté. Mais, ils ne pourraient pas le
garder éternellement ici. Un sortilège, c’est comme une peau de chagrin* Ça
s’use. Oui, il n’avait pas à s’inquiéter, bientôt il serait libre, il
dévasterait le reste du pays et il écraserait les sorcellyres. Il avait été
conçu pour ça.
Il était gardé dans une grotte circulaire et puante. De la moisissure courait le long des
murs de roche et de l’eau tombait à gouttes régulières. Plic, plic, plic… Des
coupelles de feu volaient au ras du plafond et leur fumée verdâtre frôlait les
cloisons pour finir leur course au ras du sol.
Les
sorcellyres discutaient entre eux. L’Hydre ne saisit pas grand-chose, mais il
sut qu’on parlait de lui. Le sorcier guérisseur paraissait soucieux comme quand
on lui donnait un travail trop grand. C’était un fainéant, mais il maîtrisait
des techniques anciennes et interdites.
C’était plutôt inquiétant de le voir :
-
Je
veux bien moi, se justifia-t-il alors que l’un de ses disciples le traitait de
trouillard, mais il me faut un enfant d’un an.
-
J’ai
ce qu’il vous faut, déclara avec une lenteur bien calculée une des disciple.
Le
sorcier guérisseur tourna son visage ridé et inexpressif vers la jeune femme
qui venait de parler. Elle rougit et dit.
-
Mon
enfant…
*
-
C’est
très dangereux, Layla.
-
J’en
suis consciente. Mai si ça peut nous débarrasser de l’Hydre de l’eau, je suis
prête à payer le prix.
Le
sorcier guérisseur soupira et prit dans ses bras le bambin.
Il le
posa sur l’autel de pierre rouge entouré de bougies à demi consumées. Celui-ci
sourit et attrapa son pied pour le mettre dans sa bouche, faisant glousser la
disciple. Le sorcier guérisseur fronça les sourcils et donna une tape sur la
jambe du bébé.
-
Un
peu de sérieux, gronda-t-il, à demi attendri.
Il
dessina une sorte de bande, traversant son visage, au sang d’Hydre. Le liquide
rougeâtre coula sur les joues de l’enfant puis, à l’aide de son scalpel, il fit
trois entailles dans la chair des tempes du bébé. Enfin, il écrivit un sceau
dans la langue des dragons sur son poignet droit. Il répandit le sceau tout le long
du bras de l’enfant
La
cérémonie pouvait débuter.
Le
sorcier guérisseur commença à psalmodier. Il enferma sa main droite dans sa
main gauche, levant l’index et le majeur vers le ciel. L’Hydre commença à se
débattre dans ses liens magiques : tout ça ne sentait pas bon du tout.
Le
bambin se mit à pleurer et le monstre mythologique comprit ce qu’il allait se
passer. Il avait déjà assisté à une cérémonie comme celle-là : On allait
l’envoyer dans les veines du gamin ! L’Hydre de l’eau poussa un
rugissement qui fit trembler les murs de la grotte. Ce genre de pratiques
étaient interdites par la loi !
Déjà,
son esprit devenait vaporeux et une force venue des fins fonds des astres le
poussa vers l’enfant. Il eut une dernière pensée pour sa fille, abandonnée de
tous. La dernière chose qu’il vit fut le regard triomphant de l’ennemi.
*
Le seau
s’était rétracté sur le poignet de l’enfant, empêchant ainsi l’Hydre de
s’évader. Dès qu’il essayait, il se brûlerait de toute part.
Le
sorcier guérisseur s’épongea le front avec sa toge de cérémonie blanche, ornée
d’une étoile rouge, tout en regardant d’un œil discret Layla bercer son
bébé :
-
Un héros,
lui murmurait-elle, un vrai héros.
-
C’est aussi
grâce à vous, reprit-elle en se tournant vivement vers le vieil homme.
-
Layla,
l’interrompit brusquement le sorcellyre, écoutez bien ce que je vais vous dire.
(Il soupira en regardant sa plus fervente disciple.) Votre fille ne pourra pas
rester sur Lavia. Dès la première relève, nous l’enverrons sur Terre. Personne
ne devra l’approcher, même pas vous.
Un silence de mort s’abattit sur eux à la
vitesse d’un aigle sur une proie.
En
voyant le visage livide de la jeune mère, le dos du sorcier guérisseur se voûta
comme sous le poids d’un trop lourd fardeau.
-
Elle aura une famille d’accueil mais ce
sera tout. tenta-t-il de la rassurer.
Layla plissa les yeux de colère et
d’impuissance. Elle se leva et répondit.
-
Quand j’ai
dit que j’étais prête à payer le prix pour nous débarrasser de l’Hydre de
l’eau, je ne pensais pas à ça. (Puis elle dit d’un ton chargé de haine.)
Soit !
Bon,
Layla a eu un rôle très dur à ce moment-là, mais en plus, par la suite,
j'en fais une antagoniste de choix… C'est méchant, dis donc !
C'est
partir de cette base-ci que j'ai écrit mon premier roman, ainsi que le
deuxième… et la moitié du troisième. Je voulais terminer les aventures
de Keira et compagnie en quatre tomes, mais c'est devenu très, très
compliqué, entre les complots, les liens de parentés qui n'en étaient
pas, les mensonges, machin qui avait tué machine, mais qui finalement il
s'agissait du cousin de bidule, lui-même chargé d'une mission et devait
protéger truc qui lui était l'héritier de machine et… Pfoui ! Voilà,
quoi ! De nouveau, on a le droit au clan des Noyés qui doit protéger
Keira pour éviter que l'Hydre ne s'échappe de son corps et ne dévaste
tout sur son passage.
Après
avoir bloqué complètement au milieu du troisième tome, j'ai voulu de
nombreuses fois reprendre l'histoire sans y parvenir. J'ai tenté
plusieurs fois des débuts qui se révélaient mauvais ou inintéressant.
Puis finalement, j'ai essayé le cycle de la Chrysalide, nouveau nom
donné au clan des Noyés. Je voulais reprendre les différentes histoires
présentes dans ma collection et les séparer… Et ça n'a pas marché !
Pourtant, j'étais bien parti, mais non, ça ne m'intéressait pas d'écrire
ma collection comme ça.
Et
me voici, cinq ans plus tard, avec, je pense, un bon filon… J'ai
transformé ma petite Keira en un gladiateur expérimenté et l'ai propulsé
dans un monde proche de celui de L'épée de Vérité… Je vous en mets le premier chapitre ici ! Vous verrez bien si vous aimez !
-
Condenser
l’eau…
Un frisson, un souffle de vent, peut-être. Dans le
sous-bois, la lumière dorée du soleil était tamisée par l’épais feuillage des
arbres.
-
Vaporiser
l’eau…
Les branches en charmille formaient une voûte,
offrant aux rares promeneurs une ombre fraîche et reposante. Dans le lointain
se mêlait le doux bruit des vagues, les sons furieux et multiples de la ville.
-
Dévier la
lumière…
Une journée paisible, une comme toutes les autres,
dirait-on. Et c’en était une.
Gassloth avait été ravagée pendant la
guerre. Cette terre immense avait subi tant de dommages que les champs ne
produisaient plus et que les rivières avaient encore un goût de sang. Il
arrivait même que l’on aperçoive encore des armes qui, charriées par les flots,
finissaient inéluctablement par couler dans la vase. Les citoyens avaient tout
donné pour espérer remporter la victoire : leurs fils, leur nourriture,
leur eau, leur argent, leur vie… Ils ignoraient tout des combats et sur ce
qu’il se passait sur les champs de bataille. Ils avaient bien trop peur pour
demander de quoi il en retournait, de toute manière ! Ainsi, dès qu’ils
apercevaient des soldats, ils leur offraient tout ce qu’ils possédaient,
espérant qu’ils partent le plus vite possible sans, entre temps, aller s’amuser
avec leur femme.
Ryner leva la tête vers le ciel qui lui
semblait trop bleu, trop vaste pour être honnête. Il semblait se moquer de lui
et de sa condition misérable. Il se demanda vaguement si, dans les pays en
paix, les nues étaient semblables. Aussi railleuses et belles…
Il se secoua. Evidemment qu’elles
l’étaient ! Un ciel était un ciel, quoiqu’en en dise ! Pas de temps à
perdre en réflexions poétiques ! Le jeune homme se chargea de son seau. La
guerre reviendrait bientôt, c’était évident. Bientôt, le sang coulerait de
nouveau. Encore et encore…
Ryner avançait à pas lents pour ne pas
renverser la moindre goutte d’eau. En ce moment, cette denrée s’achetait à un
prix d’or. Avec l’argent qu’il en tirerait, il aurait assez de quoi payer le
passage de la frontière. Mais si les soldats le coinçaient avec sa marchandise,
il se ferait bastonner. La dernière fois, il s’en était tiré de justesse grâce
à Chase, mais son ami (ou plutôt, sa connaissance…) ne pourrait pas intervenir
à chaque fois.
Une fois le seau vidé dans une sorte de
jarre, il estima le niveau de l’eau et jugea qu’il pouvait encore la remplir un
peu. Il retourna près du puit et accrocha son récipient à un rochet. C’était un
vieux puit construit à l’ancienne, avec sa manivelle manuelle. Tout se faisait
avec la magie de nos jours… Ryner entendit le seau atteindre l’eau et
attendit un moment avant de le remonter. Il avait retiré sa chemise pour éviter
de l’imbiber de sueur. Ses muscles roulaient sous sa peau lustrée par la
transpiration. Le soleil était à son zénith et aucun nuage était là pour faire
obstacle à la chaleur de plomb qu’il diffusait. Ryner attrapa son seau et le
décrocha. Une fois vidé, il le laissa près du puit, se demandant s’il servirait
à un autre chanceux. Quoique peu étaient nombreux à se risquer aussi près des
derniers champs de bataille, pour ne pas dire personne. On disait ces terres
maléfiques, suintant d’une magie mortelle qui maudirait tous ceux qui s’en
approcher. Mais pour le jeune homme, ces endroits représentaient son gagne
pain. Des domaines laissés à l’abandon, des habitations intactes (ou presque)…
Dans ces lieux désertés, on y trouvait de tout. Des monceaux de richesses, des
souvenirs, des traces du passé, des morts, aussi… L’image d’un vieil album
photo lui revint en mémoire. A l’intérieur, il avait trouvé toutes sortes de
clichés aux couleurs altérées. Il l’avait brûlé avec son propriétaire, un vieil
homme tout juste cadavre.
Il arrivait que certaines personnes
viennent le voir pour qu’il aille fouiller dans leurs anciennes demeures,
celles d’avant guerre, et en rapportent certains objets. Quand la somme en
valait le risque, il acceptait. En fait, il ne montrait de la réticence que
pour faire monter les prix. Les terres en lisière des anciens champs de
bataille ne représentaient aucune menace pour lui, depuis le temps qu’il les
parcourait. Elles étaient son territoire, un lieu qui n’appartenaient qu’à lui.
On le prenait pour un fou, un individu marginal qui mettait les autres mal à
l’aise, si bien qu’on s’écartait sur son passage.
Ryner s’étira longuement avant de
remettre sa chemise. Il jucha la jarre sur son dos avant de s’en aller à bons
pas. S’il marchait suffisamment vite, il arriverait au prochain village avant
la nuit tombée. Ne jamais rester dehors la nuit, c’était sa première règle de
survie. Le jour lui appartenait, mais une fois le noir installé, les créatures
qui se tapissaient sur ces terres reprenaient leurs droits. Elles se mettaient
à déambuler à la clarté métallique de la lune, régaliennes et affamées. Pour en
avoir déjà affronté à plusieurs reprises, le jeune homme savait à quel point
elles étaient dangereuses et leurs crocs effilés.
S’il avait demandé à Chase des
renseignements sur ces êtres, il lui aurait probablement fourni un exposé clair
et concis sur leurs habitudes, leur nourriture, leur cycle de fécondation et
autres détails sans intérêt à ses yeux. Mais Chase, lui, était passionné par la
faune. Il l’étudiait à travers les différentes contrées du monde et revenait
toujours avec des anecdotes qu’il jugeait passionnantes sur ses nouvelles
trouvailles. Malheureusement pour lui, à chaque fois qu’il voulait partageait
ses découvertes avec Ryner, ce dernier était toujours occupé ailleurs, par le
“plus grand des hasards” ! Le destin faisait mal les choses,
parfois…
Ryner ne prit pas le temps de s’arrêter
pour déjeuner, mâchonnant en cours de route des lanières de viande séchées. Il
croqua également dans une miche de pain racornie. Il avait hâte de passer de
nouveau dans la zone “vivante” où il pourrait acheter des aliments frais !
Cela faisait longtemps que la nourriture qu’il trouvait dans les maisons
abandonnées était couverte de moisie et de poussières, à l’exception de
quelques rares trouvailles conservées grâce à la magie.
Quand il atteignit enfin le nouveau
village, la nuit commençait à s’installer. Sans perdre un instant, il parcourut
rapidement les rues pavées en jugeant les maisons d’un simple coup d’œil. Il
finit par trouver celle qu’il voulait : sur ses murs blanchis à la chaux
étaient peints des symboles cabalistiques rouges, comme s’ils avaient été dessinés
avec du sang… Ce qui était effectivement le cas.
Ryner n’eut aucun mal à faire sauter la
serrure de la porte d’entrée. Quand il en franchit le seuil, il fut entouré
pendant quelques secondes d’un halo vert qui s’éteignit quand il avança. La
protection magique était donc toujours en place. Avec ça, il n’avait rien à
craindre des bêtes ! Dans un grognement de soulagement, il déposa son
précieux fardeau à terre et se massa les reins avant de se laisser choir dans
un vieux canapé défoncé. Il pouvait déjà entendre les grondements affamés des
créatures alors qu’elles laissaient leurs griffes traîner à même le sol,
raillant les pierres des rues pavées. Ryner écouta un moment leurs pas lents et
leurs bruits gutturaux, puis s’enroula dans sa couverture. Sans même prendre la
peine de manger ou de boire, il s’allongea et s’endormit aussi sec.
La silhouette sembla surgir de nulle
part. Les particules d’eau qui l’enveloppaient s’éparpillèrent brutalement,
révélant son corps aux multiples blessures. Un râle d’animal blessé s’échappa
de sa bouche alors qu’elle se laissait choir dans la poussière. Son dernier
combat l’avait sacrément abîmée… Elle parvint lentement à glisser ses genoux
sous elle pour se forcer à se relever. Si elle continuait ainsi, ils allaient
la rattraper…
-
Je ne veux
pas… chuchotait-elle, au bord de l’évanouissement, retourner… dans…
l’arène…
Son regard embué par la douleur se posa sur sa
gourde qui s’était renversée sur le sol au moment de sa chute. Elle la ramassa
péniblement et la porta à ses lèvres. Seules quelques gouttes vinrent humecter
ses lèvres.
- Je
m’en procurerai plus tard… murmura-t-elle.
Un sifflement lointain lui fit dresser l’oreille.
Ils l’avaient repéré !
-
Condenser
l’eau, chuchota-t-elle avec empressement.
Aussitôt, les particules d’eau qui
flottaient autour d’elle se rassemblèrent près de ses paumes ouvertes. Une
vague de douleur contracta son visage.
-
V… Va… haleta-t-elle.
Le contrôle lui échappa soudain et l’eau
retomba à ses pieds en une pluie fine. Sans même prendre le temps de jurer, la
jeune fille se mit à courir. Elle avait épuisé jusqu’à la moindre parcelle de
magie en elle ! Le sifflement se faisait de plus en plus proche !
Elle ahanait, le souffle haché par l’effort. Ses jambes menaçaient à tout
moment de la lâcher, mais elle les força à accélérer. Elle sonda les alentours
de son regard aigu et parvint à distinguer quelques silhouettes qui la
suivaient de près. Ses dents se serrèrent. La première attaque viendra… de
la droite ! La fugitive se
jeta en arrière. Son corps exercé virevolta dans les airs avant s’atterrir sur
le sol, accroupi parmi les broussailles. Deux… Non, six tueurs, tous
entraînés à des sorts aussi dangereux que douloureux.
Une longue bataille s’annonçait…
Gavriel prit une grande inspiration. Les
yeux clos, la respiration courte, il se concentra, se coupant ainsi de tout ce
qu’il pouvait se passer autour de lui. Il aurait pu avoir un tremblement de
terre à l’instant même, il ne s’en serait même pas rendu compte. Ses sens
déployés balayèrent un large champ d’action. Il caressa des zones étendues,
effleura des contrées inconnues, souffla à travers des paysages
lointains… Il voulut s’approcher d’un secteur tout en particulier, mais
l’accès lui fut brutalement refusé. Ses mâchoires se serrèrent alors qu’un lent
flux de douleur lui traversait le corps. Une protection magique… Cela
faisait des années qu’il ne s’était pas heurté à une aussi puissante ! On
le secoua brutalement par l’épaule, mais il n’y fit pas attention, totalement
prit par sa lutte avec ce sort. On força alors l’accès à ses lèvres et un
liquide brûlant glissa dans sa gorge. Il hoqueta et ouvrit les yeux. Il était
allongé sur le flanc dans la poussière. Deux paires d’yeux le scrutaient avec
inquiétude.
-
Vous allez
bien, Père Anachorète ? Excusez-moi de vous avoir réveillé, mais vous me
sembliez très agité, s’excusa l’une des jeunes femmes.
-
C… ce n’est
rien, bredouilla Gavriel, encore sonné par sa rencontre. C’est l’une des
premières fois qu’un sort me résiste comme ça…
Les deux femmes échangèrent un regard à la fois
surpris et inquiet. Celle qui l’avait réveillé l’aida à se relever.
-
Le chemin
est encore long jusqu’aux Terres Désertes, Père Anachorète, il vaut mieux
continuer.
-
Ce serait
préférable, oui… Je m’en remets à vous, mesdemoiselles !
La seconde, bien plus taciturne que son amie,
s’approcha de Gavriel et le questionna :
-
Avez-vous
pu localiser nos ennemis ?
-
Malheureusement,
non, grimaça le jeune homme. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous être
utile…
-
Ne
regrettez rien, Père Anachorète ! s’empressa de le rassurer la première en
souriant. C’est notre travail de vous protéger, après tout ! N’est-ce pas,
Jennifa ? ajouta-t-elle en lançant un regard lourd de signification à sa
collègue.
Celle-ci, pour toute réponse, haussa les épaules.
Dans le clair de lune, son armure bleutée prenait un éclat métallique irréel.
Accrochée dans le bas de son dos, sa large épée se cognait contre ses reins à
chacun de ses pas. Gavriel offrit un petit sourire à la première guerrière,
vêtue d’une semblable cuirasse. Cette dernière lui rendit poliment son sourire
avant de lui indiquer d’un geste de tête qu’il était temps de se remettre en
route.
Ryner bâilla longuement. Sa jarre sur le
dos, il parcourait de son pas vif
les grandes allées de la capitale. Il était arrivé ici dans la matinée
même, bien décidé à vendre son eau sans finir en prison. Il leva les yeux vers
l’imposant château qui ombrageait la ville de sa majestueuse masse. Son regard
sombre parcourut pendant un moment les tourelles, les remparts, caressa les
meurtrières et glissa le long des créneaux. Il se détacha de sa contemplation
en entendant le bruit du pas caractéristique et rythmée d’une patrouille. Si
elle le voyait, elle ne manquerait pas de l’arrêter et de l’interroger. Les
patrouilles adoraient faire ça, surtout avec lui.
Le jeune homme se coula dans une ruelle
et passa rapidement à une nouvelle rue où il se mêla à la foule. Il savait que
cela ne suffirait pas à duper les soldats… Il retira habilement le large
tissu rouge dans lequel il s’était enroulé pour avoir un peu plus chaud et le
retourna pour de nouveau s’en draper et cacher ses cheveux blonds. Au soleil,
le textile était maintenant d’une couleur jaunâtre. Sans cesser de marcher,
Ryner fit couler les sangles de sa jarre le long de ses épaules et la coinça
sous son bras. Puis il s’assit près d’un marchand ambulant. Adoptant une
posture nonchalante, il s’appuya contre un mur et fit semblant de s’intéresser
aux produits disposés sur le tapis en laine qui était posé à même le sol poussiéreux.
La patrouille passa devant lui sans même lui accorder un regard. Ryner les
suivit du regard jusqu’à ce qu’ils disparaissent de son champ de vision.
-
Hé gamin,
siffla le marchand, si t’as quelque chose à vendre, sors la marchandise ou bien
dégage !
Pour toute réponse, Ryner dévoila sa jarre. Il
l’ouvrit, exposant alors son contenu aux yeux des passants. Le soleil se
déversa à l’intérieur et fit briller l’eau comme du diamant.
-
Par ici,
messieurs, dames ! cria-t-il. De l’eau, qui veut de l’eau ?
Il vit aussitôt les clients du marchand se
détourner de lui pour s’avancer, avide.
-
D… de
l’eau ? chuchota une vieille femme aux lèvres desséchées. Elle
n… n’est pas empoisonnée ?
-
Fraîche,
potable et riche en minéraux ! promit Ryner avec un sourire charmeur. Et
de plus, elle n’est pas si chère que ça ! Je vous fais le litre à vingt
roys, qu’en dites-vous ?
-
Vingt ?
cracha un enfant avec amertume.
-
Tu préfères
aller en réclamer aux patrouilles, morveux ?
Pour toute réponse, le gosse fouilla dans la bourse
accrochée à sa ceinture et tendit quelques pièces au jeune homme. Celui-ci les
prit et les compta. Puis il lui fit signe d’approcher avec son récipient qu’il
plongea dans l’eau claire. Puis il le rendit à son client qui en but avidement
une gorgée. Son regard s’éclaira alors qu’un filet d’eau clair coulait sur son
menton, traçant une raie blanche sur son visage noir de poussière et de boue.
-
Elle
est… bonne, murmura-t-il avec émerveillement.
-
J’en
veux ! cria une personne dans la foule qui s’était formée autour de la
jarre.
-
Moi
aussi !
-
Ne poussez
pas, j’étais là avant vous !
-
Donnez
m’en !
Ryner posa sur ses gens un regard suffisant
empreint de mépris, mais ne fit aucun commentaire. Il accueillit les pièces
dorées presque avec indifférence, mais s’empressait de les glisser dans sa
propre bourse. Une rumeur se répandit soudain parmi les plébéiens. Certains
s’empressèrent de se disperser sans même réclamer l’eau qu’ils venaient de
payer. Craignant une patrouille, Ryner se redressa, prêt à décamper à son tour,
mais il ne s’agissait pas de ça. A quelques pas de lui se dressait une
silhouette à l’état pitoyable. Le jeune homme fronça les sourcils à la vue de
ses vêtements en cuir et son crâne rasé.
Un gladiateur…
Et vu ses blessures, il ne devait pas être en permission.
-
De
l’eau… réclama-t-il. Vite…
Il avait une voix jeune, oui, presque celle d’un
enfant… et féminine ! Les guerriers féminins étaient rares par les
temps qui courraient. En général, ils appartenaient au clan de la
chrysalide… et étaient donc impitoyablement exécutés.
-
Je ne vends
pas de l’eau aux personnes en fuite, déclara alors Ryner en récupérant sa
jarre.
La jeune fille attrapa vivement le bord du
récipient. Ses yeux brillaient de convoitise.
-
S’il-vous
plaît… C’est une question de vie ou de mort.
-
Ne me
faites pas une tête de chien battu, je ne vous en vendrai pas !
Elle le fixa intensément. Ses yeux noirs
arrachèrent un frisson à Ryner. On aurait dit qu’elle était en train de sonder
son âme ! Il se sentit tout à coup nu et extrêmement vulnérable, une
sensation des plus désagréables. Il lui semblait que le monde tanguait autour
de lui. Une impression de vertige l’obligea à s’agripper fermement à la jarre
pour ne pas chuter. Ses dents se serrèrent à lui en exploser la mâchoire, mais
il parvint à les desserrer pour siffler quelques mots :
-
Dis donc,
ma petite demoiselle, tu ne serais pas en train de légèrement jouer avec le
feu, toi ?
-
Pourri…
murmura la jeune fille d’une voix caverneuse. Tu n’accordes aucune importance à
ton prochain, je…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un
bras l’attrapait par la taille pour la tirer en arrière. Un cri de surprise et
de rage sortit de sa gorge alors qu’elle se débattait vainement contre quatre
soldats qui tentaient de l’attacher. Ryner tressaillit en voyant les liens
dorés qu’ils tenaient entre leurs mains.
-
Mais…
Hé ! Qu’est-ce que vous faites ?!
Il voulut s’approcher, mais on le repoussa
rudement. Son dos heurta la jarre qui tomba et se vida de son contenu. Un
patrouilleur se pencha et recueilli un peu de liquide dans sa main.
-
De
l’eau…
Il se releva d’un bond et gifla Ryner à toute
volée. Pris de court, le jeune homme n’avait pas réagi. Sa lèvre éclata sous
l’impact et du sang souilla son menton.
-
Comment
oses-tu présenter de l’eau à cette fille ?! rugit-il. Trahison,
trahison !
Plaqué ventre à terre, le gladiateur avait cessé de
se débattre. Il observait silencieusement l’eau qui se répandait dans la boue.
-
Je n’ai
rien présenté à cette fille ! gronda Ryner. S’il y a des personnes en
tort, c’est vous ! Je ne sais pas ce qu’elle a commis, mais certainement
pas un crime assez grave pour mériter l’Ejih !
Pour toute réponse, le soldat posa sur lui un
regard teinté d’un mépris sans nom. Rapidement, il se détourna et attrapa le
lien doré qu’il noua autour des poignets de la fugitive. Mais pas la moindre
trace de douleur ne parut sur son visage. Elle siffla comme un chat sauvage,
mais il n’y avait que dans la colère cette stridulation, pas de la souffrance.
L’Ejih n’avait strictement aucun effet sur elle. Le soldat obligea sa
prisonnière à se relever puis détailla longuement Ryner du regard. Ce dernier
porta la main à son foulard par réflexe en se demandant si son visage était
assez bien caché ainsi.
-
Mettez-le
aux fers pour complicité et insulte envers un officier en service !
aboya-t-il. Et pour tous les autres que ce fils de charogne n’a toujours pas
payé !
-
Ah, vous
m’avez reconnu ? s’étonna faussement Ryner.
Il aurait aimé cracher à la figure de l’hautain
personnage, mais choisit d’adopter profil bas pour le moment. C’était la seule
chance qu’il avait de sortir sans prendre trop de coups. On lui brûla les
poignets avec une corde rugueuse, mais sur laquelle aucun sortilège n’avait été
jeté, contrairement aux liens de sa compagne d’infortune. On les mena sans
ménagement à une sorte de roulotte aux parois renforcées. Ryner évalua le
nombre de soldats dans un discret sifflement admiratif.
-
Qu’as-tu
donc commis pour déplacer deux patrouilles entières ? lança-t-il
moqueusement à la fille.
Pour toute réponse, l’intéressée lui jeta un regard brûlant de rage et de
peur. Ce mélange ne surprit guère Ryner qui connaissait assez les prisons et
ceux qui les occupaient pour savoir que cette fugitive supplierait bientôt pour
sa vie.Voici ce qui conclut mon article ! Merci de l'avoir lu jusqu'au bout, j'espère qu'il vous a plu ! A la prochaine!
22/08/2012
Aujourd'hui, je vous propose deux extraits de mes romans à moi. Comme je vous ai déjà fait lire les deux premiers chapitres de Soul sea,
j'ai décidé de vous faire découvrir deux autres livres dont je n'ai que
peu parlé jusque alors. Il s'agit du premier tome de la collection en
deux livres appelée “Le Recommencement” et un autre extrait de
“Le masque de la princesse”
En voici les synopsis :
Id-Entités, tome 1 -le Recommencement-
: Nathaniel et Koena sont deux adolescents qui ont été abandonné à
l'Arypha quand ils étaient jeunes, un abominable orphelinat où ils sont
surveillés par des monstres appelés Cyrofalyus. Le jour où ils
parviennent à s'enfuir, poursuivis par leurs tortionnaires, ils sont
sauvés par un vieillard nommé Golta qui leur annonce de but en blanc
qu'ils sont des élus des Dieux et qu'ils doivent aller réveiller
l'entité qui dort en eux pour pouvoir ainsi libérer leur monde du
terrifiant Harley, un mage tyrannique et sanguinaire. Commence alors une
terrible quête pour les deux adolescents dont les chemins vont très
vite diverger…
Id-Entités est un livre très sombre et bien sanglant, qui est très différent de Soul sea. Ne vous attendaez pas à rire à tous les chapitres ! Voici l'extrait que je vous ai choisi :
Il pleuvait. Assise au
seuil de la grotte où ils avaient trouvé refuge, Koena tendit ses mains devant
elle pour recueillir de la pluie au creux de ses paumes.
-
Tu
as quelque chose à me dire… Siyan ?
L’enfant sortit de sa
cachette pour s’approcher à pas timide de la jeune fille. Ses yeux aux éclats
d’émeraude le troublaient. Mais ce qui le faisait frissonner, en réalité,
c’était cette nouvelle expression sur le visage de son amie : dure, amère,
déterminée… Elle n’avait plus rien de naïve. Son amie se détourna de lui
pour observer le ciel dont les grondements roulaient dans le lointain. Un éclat
aveuglant les suivirent de peu, éclaboussant Koena de sa lumière blanche.
-
Le
ciel est tellement risible, murmura Koena.
-
Pardon ?
sursauta l’enfant.
-
Regarde-le
gronder, Siyan. Dans ses éclairs se déploient une telle colère… Mais nous
en ignorons tous quelle est la cause. Alors qu’il a le moyen de se faire
entendre de tous, le ciel ne nous fait passer aucun message. Il est en colère,
et après ? Qu’avons-nous fait pour qu’il se hérisse ainsi ? Si j’avais
son pouvoir de partage… J’aimerai tant crier aux gens de cesser cette
guerre stupide. Au lieu de ça… Le seul qui entende ma voix dans ce bas monde… C’est
toi, Siyan.
Elle posa sur lui un
regard humide. Les larmes commençaient à s’amonceler au coin de ses yeux, mais
elles ne semblaient pas décider à partir. Comme si les sentiments de Koena
étaient instables… Comme si elle hésitait ? Devrait-elle être triste ?
Devrait-elle être en colère ? Elle se laissa aller sur le côté et posa sa
tête contre une des parois de la grotte. Un sourire amer vint étirer ses
lèvres.
-
J’ai
si peur… pas toi, Siyan ? Cette histoire ne te terrifie-t-elle
pas ?
-
Si…
-
Tu
es toujours si calme, si impassible… Je t’envie tellement…
Dans son dos, Siyan
demeurait debout, figé, incapable de prononcer un mot. Des larmes roulaient sur
ses joues sans qu’il puisse les en empêcher.
-
C’est
faux, murmura-t-il.
Il courut hors de la
grotte. Le visage tourné vers le ciel, les bras légèrement écartés, il prit une
grande inspiration et expira. Il fit volte face vers Koena qui n’avait pas
bougé et qui le fixait de ses yeux d’émeraude.
-
J’ai
tellement peur que j’en ai mal au ventre tant mes tripes sont nouées, chuchota
l’enfant. Tu es tellement courageuse, Koena… Tu ne te rends pas compte de
ta propre valeur. Dans les moments difficiles, tu sais toujours comment réagir.
Moi… Je maîtrise une infime partie des pouvoirs de Golta… Et c’est rassurant.
Je sais qu’en cas de danger, je peux me téléporter hors de portée de mes
ennemis. Ça me permet de continuer à avancer. Ça me permet de ne pas flancher.
-
…
-
Parce
que j’ai une mission à accomplir… Et… Et que je ne dois pas
faillir… sinon… c… ce serait fouler du pied… les efforts de
tous ceux qui nous… ont permis d’avancer… Ce serait déshonorer la mort de
Frida… ainsi que la chute de Belen et Radjine. Avant, je me disais “si ça
devient trop dangereux, je peux fuir. Avec mes amis, nous pourrons toujours
nous cacher quelque part et vivre tranquillement. Parce qu’après tout, pour
cela devrait être à nous de faire tout ça ? Pourquoi c’est nous qui devons
sauver l’humanité du joug d’Harley ?” Maintenant, j’ai la réponse.
-
Comment
ça ?
-
On
le fait… Parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse. Parce que cette
guerre nous concerne tous… Nous y avons tous un rôle… Le nôtre est
juste plus important que celui des autres.
Il esquissa un sourire
tendre et timide à la fois. Faisant face à son amie, il souriait. Koena se leva
lentement et vint enlacer Siyan. Ce n’était qu’un enfant… Est-ce qu’un
enfant avait le droit de prononcer de telles paroles ? Est-ce qu’un enfant
avait le droit de porter un tel fardeau ? “Dieux… ou entités, peu importe
qui vous êtes… se mit à prier Koena en fermant les yeux. Si vous
m’entendez, je vous en supplie, ne prenez pas la vie de cet enfant. Il est si
jeune… Pourquoi l’avez-vous choisi ? Etes-vous impitoyables à ce
point-là ?”
Le grondement du ciel
s’intensifia et fut simultanément accompagné d’un puissant éclair. Koena laissa
ses larmes couler. Elle serra Siyan contre elle. Elle avait besoin de lui. De
sa présence, de ses paroles, de sa chaleur… Elle savait que s’il lâchait
prise, elle chuterait avec lui. Elle ne pouvait pas réussir seule… Est-ce
pour ça que tous deux avaient été choisis ? Pour parcourir ce chemin de
croix ensemble ?
“Et Nathaniel, songea amèrement Koena. Lui aussi avait été
choisi… Comme quoi, les Entités sont comme nous… Naïves et pleines
d’incertitudes… Elles commettent des erreurs, comme tout être humain…”
On a connu des moments plus joyeux, n'est-il pas ? Mais je trouvais
que ce passage illustrait bien l'ensemble du livre. J'ai d'ailleurs
écrit une suite appelée “In-Humanité” où l'on retrouve tous les
personnages du premier tome, plus quelques nouveaux.
Ensuite vient “Le masque de la princesse” qui est bien plus léger que
“Id-Entités”. Ce livre n'est rattaché à aucune suite et c'est le premier
livre non fantasy que j'ai écrit. En voici le résumé :
Le masque de la princesse : La princesse Ezra est promise à l'héritier de l'empire de Lavia, le plus puissant du
monde. Avec cette union, le modeste royaume d'Arestos accédera aux
hautes sphères de la société et se taillera une place de choix aux côtés
des grands de ce monde. Mais Ezra n'est pas celle qu'on croit. Pour
être une dernière fois celle qu'elle est vraiment, elle choisit de se
tourner vers les armes. Et pour lui apprendre, qui de mieux que le
fougueux et arrogant Liam qui n'a pas l'air d'avoir la langue dans sa
poche ? Mais le jeune homme est aussi intelligent que curieux et bien
vite, il verra le revers de la médaille…
Liam est l'un des personnages que je préfère dans tous les romans
que j'ai écrit. Il est hautain, arrogant, orgueilleux et pugnace, mais
aussi tendre et protecteur. J'ai adoré écrire “Prince(sse)” car j'y ai
placé une galerie de personnages hauts en couleurs et tous un peu
excentrique dans leur genre. Mais assez parlé, voici l'extrait !
-
Liaaam !
chantonna une voix.
-
Amy !
s’écria-t-il en réprimant une grimace.
Pourquoi à chaque fois qu’il mettait un pied en ville cette
fille devait lui tomber dessus ?! Amy se détacha de lui en souriant. Le
soleil avait fait ressortir ses tâches de rousseur et elle portait une robe de
soie bleu toute légère qui lui arrivait aux genoux.
-
Tu n’as pas
froid ? railla Liam. L’hiver n’est même pas fini.
-
Tu es venu
vendre des récoltes ? le questionna vivement la jeune fille, ignorant
royalement sa question.
-
Tu es
idiote ou quoi ? soupira le garçon. Les champs commencent à peine à
dégeler. On doit travailler la terre. On ne pourra semer que d’ici deux ou
trois semaines.
-
Ah…
Amy était gentille, mais pas très futée. Surtout collante.
Issue de la petite bourgeoisie, elle attendait sagement que son père la marrie
et passait ses journées à échapper à ses leçons de lecture, piano, cuisine et
autres. Elle adorait fureter de droite à gauche à la recherche de ragots à se
mettre sous la dent. Puis, dès qu’elle croisait Liam, elle lui sautait dessus
et lui cassait les oreilles avec ses récoltes et ses avis.
D’ailleurs, ça y est, elle était partie…
-
Tu sais que
la princesse Ezra est de sortie aujourd’hui ? lui lança Amy alors que Liam
marchait tranquillement sans prêter attention à ses bavardages. C’est tellement
rare de la voir hors du palais ! J’aimerai tellement la croiser ! On
la dit si belle ! C’est l’anniversaire de la mort de son frère jumeau,
j’ai entendu dire donc elle serait au cimetière royal tout à l’heure puis
viendrait en ville ! Je ne sais pas pourquoi faire, mais il y a tellement
de rumeurs là-dessus que je ne sais plus où donner de la tête !
Liam se demanda un instant si la langue était un muscle
indépendant qui ne connaissait pas la fatigue puis si toutes les filles étaient
aussi bavardes. Sa mère aimait bien parler également. Elle chantonnait en
faisant la cuisine ou parlait aux plantes qu’elle arrosait. Elle lui posait
sans cesse des questions telles que “Et ta journée, elle s’est bien
passée ?”, “Tu as bien travaillé aujourd’hui ?”, “Tu as pensé à
ranger les outils ?”… Oui… Cela devait être propre à la gente féminine de
parler tout le temps.
Il détailla un moment le profil d’Amy qui
lui racontait que des brigands semblaient avoir été aperçus autour de la ville.
Ses joues rebondies et ses yeux malicieux lui donnaient un air de hamster. Elle
avait noué d’imposants rubans rouges à ses couettes, une vraie
gamine… Malgré ses manière futiles de petite bourgeoise, il arrivait (bien
que rarement) à Liam d’apprécier sa compagnie. Dans le coin, il était plutôt
connu comme quelqu’un de bagarreur qui s’emportait facilement, trop en réalité.
On lui donnait un regard de démon, hérité par son grand-père qui avait
autrefois trahi le royaume et avait été exilé. Ses yeux vifs et d’un bleu
particulièrement lumineux, cachés en partie par une mèche de cheveux châtains
qu’il laissait pousser. Si sa mère faisait mine d’approcher les ciseaux de
cette mèche, il s’enfuyait en courant. Il n’aimait pas ce regard de démon et le
cachait. Amy n’avait emménagé que très récemment dans la cité royale. Attentive
aux rumeurs, elle n’avait pas tardé à entendre parler de Liam Sefa, cet
adolescent qui ne cessait de causer la pagaille et avait voulu très vite le
rencontrer.
Ils étaient enfin arrivés à la
poissonnerie. Amy se pinça les
narines d’un air indigné.
-
Le poisson
sent bien meilleur une fois cuit et mélangé à de la sauce ! décréta-t-elle
d’une voix nasillarde.
-
Tu me
fatigues, soupira Liam.
Il allait pousser la porte quand il se fit percuter de plein
fouet par une silhouette. Tous deux tombèrent à terre dans un cri de
surprise.
-
Dé…
Désolée ! bafouilla une voix. Je courrai et je ne vous ai pas vu !
-
J’ai
remarqué ! répliqua Liam avec humeur. Si tu cours, regarde où tu vas,
idiote !
La jeune fille qui lui était rentrée
dedans rougit fortement. Elle ne s’attendait pas à une réaction aussi
véhémente.
-
Comme si,
persifla le jeune homme en se redressant.
-
Liam,
voyons ! intervint Amy. Ce n’est pas de sa faute, ne sois pas aussi
agressif ! Vous allez bien, mademoiselle ?
La jeune fille hocha la tête. Elle était vêtue de vêtements
sales, mais plutôt bien coupés. Ses longs cheveux noirs lui arrivaient dans le
bas du dos et ses grands yeux entre le noisette et le doré étaient très
vifs.
-
Je suis
désolée, répéta-t-elle.
-
Pff…
Sans même lui accorder un regard, il entra dans la
poissonnerie. Amy s’excusa auprès de la jeune fille et courut à la suite du
garçon.
-
Tu es
vraiment malpoli ! le réprimanda-t-elle. Cette fille ne t’avait rien fait
de mal !
-
Si mon
attitude te dérange, tu peux partir, répliqua Liam d’un ton où perçait tout son
ennui. J’ai mieux à faire que d’écouter tes bavardages.
- Tu es vraiment impossible !
Voilà ! Et encore, là, Liam est très gentil avec Amy ! Il est
capable de bien pire (vous le verrez quand je serai publiée… ce qui
n'est pas encore gagné) !
Voilà, ce sera tout pour le moment ! En espérant que ça vous ai plu ! A bientôt !
02/07/2012
REFLEXIONS D'UNE MARIONNETTE DE PAPIER
Comme promis, un petit article sur Noé, le personnage principal de mon nouveau roman : Réflexions d'une marionnette de papier.
Le sujet tient en plusieurs thèmes : la liberté, la connaissance et le
monde en général (ça fait très professeur dis comme ça...).
Bref, l'idée m'est venue pendant un cours de français où l'on étudié un
texte appelé “Réflexion sur la peine de mort” d'Albert Camus. Ce qui m'a
plu, c'est le terme “Réflexion”. La suite du titre m'est venue toute
seule. Puis j'ai lu successivement Felicidad le premier tome de No.6
et je me suis décidée : je voulais écrire un livre sur un monde qui
paraissait utopique, mais bourré de défauts et d'ignominies.
Bref résumé de l'histoire
: Mathias est un adolescent qui vit à Honeda, la ville la plus riche de
la planète. Il est promis à un avenir brillant qui le propulsera dans
les hautes sphères de la société. Un jour, alors qu'il tente de fuir
l'atmosphère étouffante de la ville, il rencontre Noé, une terroriste
traquée. Sans aucune raison apparente, il la soigne et la recueille. Les
évènements s'enchaînent, Noé dévoile son passé et se questionne sur son
sauveur : qui est-il réellement ? Quel lourd secret porte-t-il sur ses
épaules ? La jeune fille s'engage alors dans un combat terrible qui
pourrait changer la face du monde, tout en se questionnant sur les
libertés de l'Homme.
Précisions sur l'histoire :
Honeda a été construite sur un ancien village de pêcheurs. Le Président A
Vie y a établi sa capitale. Pour en faire un monde de profits, il a
supprimé certaines notions telles la liberté ou les loisirs. Pour ce
faire, il a interdit lecture, musique, film, journaux et net. Tout était
contrôlé par le gouvernement. Mais Noé est passée outre les règles et a
rejeté cette société qu'elle hait.
Pour écrire
ce livre, je me suis beaucoup aidée d'un dictionnaire de citations,
j'ai fouillé dans des livres pour en partager des extraits. Normalement,
le personnage principal est Noé, mais je dois avouer que j'aime
beaucoup Mathias. Son côté sombre et torturé le rend attrayant quand
j'écris.
Un petit mot sur Noé tout de même : je
voulais d'abord faire de Noé une fille, mais c'est devenu plutôt un
garçon manqué. Elle a plutôt bon caractère, mais elle ne se laisse pas
marcher sur les pieds. Elle a des idéaux et elle s'y tient. En gros, un
bon personnage, mais pas très rigolo.
24/06/2012
LA PREMIÈRE APPARITION D'ASCAL
Comme promis, voici la première
apparition d'Ascal, ou tout du moins de son nom. A l'époque, en 5ème, on
devait écrire une rédaction sur le thème des noms de rue ou de place :
il fallait raconter pourquoi ce nom là avait été choisi en fonction
d'une légende, d'un personnage célèbre etc... Personnellement, j'avais
choisi la place du petit soleil et en voici la légende que j'ai tiré
(les fautes d'orthographes en moins) :
PS : un peu d'indulgence, s'il-vous
plaît, j'ai écrit cette rédaction à 13 ans, elle n'est pas forcément
géniale au niveau du style... Merci !
Place du petit soleil
- Maman, maman !
J'éteins mon portable, le range dans ma poche et pose enfin mon regard sur ma boule d'énergie de fille.
- Oui, Avril ?
- Pourquoi la place se nomme-t-elle "Place du petit soleil" ?
- Attends que je me rappelle. Ah, oui ! Cette histoire remonte au Moyen-Age...
Ascal
était le fils du médecin le plus respecté de l'époque. Cet enfant
enchantait les bourgeois malades grâce à son rire cristallin, ses yeux
de feu et son incroyable perspicacité. Il aimait accompagner son père
voir ses patients et observait avec la plus vive attention ses moindres
faits et gestes. Mais, ce que préférait Ascal, c'était se rendre à la
place publique.
Les
jours de fêtes, jongleurs, ménestrels, musiciens et faiseurs de tour
envahissaient joyeusement la place. Comtes, nobles et barons étaient
conviés à des mets subtils.
Mais
tout ça n'intéressait pas Ascal. Lui, ce qu'il voulait, c'était revoir
Lev, l'homme qui lui avait sauvé la vie quand il s'était fait attaquer
par des brigands. Lev lui avait promis de revenir et l'enfant
l'attendait.
Mais,
aujourd'hui, nulle fête ne vint enchanter la place. Une foule animée
d'une rage noire se massait devant l'échafaud. Dans le soleil de midi se
découpait trois silhouettes : les gens d'armes, appelés autrement les
exécuteurs, et le condamné à mort.
Le
coeur du fils du médecin rata un battement et un noeud malsain se forma
dans sa poitrine. Le condamné à mort, c'était lui ! C'était Lev !
L'enfant tira sur la manche de son père et s'enquit d'une voix blanche :
- Père, qu'a commis cet homme ?
- Mon fils, cet homme n'est autre que l'organisateur d'un coup d'Etat.
- Ce n'est point possible... Père, cet homme n'a commis nul crime !
- Comment peux-tu l'affirmer ?
- Je le sens au fond de moi.
- Mon fils, soupira le médecin, ce n'est point avec des sentiment que se joue la justice.
- Mais, père !
- Ascal ! Cela suffit !
L'enfant recula, la colère lui empourprant les joues.
- Cet homme est innocent ! hurla-t-il en désespoir de cause.
Les gens d'armes posèrent sur lui un regard teinté de mépris.
C'en fut trop pour Ascal.
Il
fendit la foule pour se trouver devant l'échafaud. Là, il s'éleva dans
les airs. Son visage n'exprimait nulle peur. Comme s'il savait ce qu'il
faisait. Comme s'il savait ce qui allait arriver...
Il entendait plus les cris de son père, ni ceux de la foule et encore moins ceux des gens d'armes.
Un
trou béant se forma sous ses pieds et un feu opalin s'éleva en
tourbillonnant pour encercler l'enfant, épousant les formes de son
corps. Un véritable petit soleil flottait au centre de la place.
Ascal tendit les bras, les yeux emplis de rage. Il hurla. Le feu explosa, réduisant les exécuteurs à l'état de cendres.
Lev se leva et, profitant de l'hébétude de la foule, il s'enfuit.
Le médecin chercha son fils des yeux, désemparé.
- Ascal ! Ascal !
Maisl'enfant avait disparu.
- C'est le Diable réincarné ! cria un homme.
N'y tenant plus, le médecin s'enfuit à son tour. C'était tout ce qu'il lui restait à faire...
Avril lève sur moi un regard humide pour conclure :
- Elle est triste ton histoire.
- Mais non, Ascal est toujours là. Il protège la place et nous éclaire pendant nos heures sombres, faisant naître la joie dans nos coeurs.
- N'empêche que ton histoire est triste, persiste-t-elle.
Je hausse les épaules et lève les yeux vers le soleil. Ascal veille sur nous.
Alors,
ça vous a plu ? Evidemment, Ascal est très différent maintenant : il ne
s'exprime pas de la même façon, c'est un jeune homme de 17 ans, il ne
se désintègre pas quand il tente de sauver des gens et puis il aurait
fait bien plus de dégâts matériels que ça, quoi ! Là où passe Ascal, les
villes sont détruites !
En espérant que ça vous ait plu ! A la prochaine !
18/05/2012
SOUL SEA, BREF PRÉSENTATION
Soul sea est mon trésor. Il a été créé à partir d'un simple nom, que j'avais donné à un de mes journauxs intime (je leur donne toujours un nom, je trouve ça plus convivial). Après, j'ai commencé à pianoter sur mon clavier, doucement, puis de manière de plus en plus passionnée ! Les idées se sont enchaînées les unes après les autres, le scénario est devenu de plus en plus complexe, plus intime, plus fort. Je travaille sur cette histoire depuis la fin de la cinquième et je suis loin d'en avoir terminé avec Ascal et sa clique !
En voici un bref résumé du premier livre :
Dans un monde peuplé essentiellement d'îles, c'est l'âge d'or de la piraterie. Les forbans sillonnent les océans à la recherche de la Soul sea, le plus fabuleux des trésors, héritage du célèbre flibustier Maolan. Dans un petit village perdu au milieu de la mer, Ascal, un orphelin, rêve de devenir pirate et de mettre la main sur la Soul sea. Un rêve précipité par l'arrivée d'un certain Makum qui lui indiquera où se trouve la carte nécessaire à son voyage. Tous deux, accompagnés de Sanko, l'ami d'enfance de l'orphelin, vont se lancer sur les mers dans une aventure qui va bientôt dépasser l'entendement. Surtout quand Ascal se voit octroyé du curieux don de pouvoir invoquer les Constellations.
Soul sea comporte 15 livres appelés :
1- Dans l'ombre du trésor
2- La haine des morts
3- La couleur de l'arum
4- En bas
5- L'aiguille de cette boussole
6- Au bout du chemin, il y a...
7- Accelerando
8- Les liens de l'équipage
9- Sans soleil, ni lune
10- À la vie, à la mort
11- L'étendue des ambitions
12- Un jeu d'enfant
13- Nouveau départ
14- Mon Unique
15- Reverse Book -Tancred-
16- Reverse Book - Maolan et Suro -
Reverse Book : il s'agit d'un livre racontant le passé d'une personne avant le début de la série. Une suite des personnages principaux est envisagée.
Chaque livre est séparée en quatre parties et chacune d'entre elles est introduite par une phrase, un proverbe en rapport avec l'histoire et dite par l'un des personnages.
Un petit mot sur le personnage principal : Ascal est un pirate gourmand et plein de vie à qui il manque quelques neurones. Il entraîne toujours ses amis dans des situations abracadabrantes (un petit tour dans le royaume des morts tout en allant au centre de la terre, par exemple ! Et pourquoi pas aller en Enfer, hein ?). Paradoxalement, il est une personne de confiance qui est capable de tout pour atteindre son but, à savoir trouver la fameuse Soul sea, un trésor assez particulier, pour tout dire...
Son équipage se compose de sept flibustiers. Si aucun d'entre eux n'est aussi déjanté qu'Ascal, quand il s'agit de semer la pagaille, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre !
24/04/2012
PETIT SCARABÉE A ENCORE DU CHEMIN À FAIRE...
Ça
c'est rageant ! Écrire est un travail sans fin. J'ai beau prendre et
reprendre mes écrits, je trouve toujours trois tonnes de choses à
corriger ! La preuve ! Ma page est couverte de stylo vert et de notes au
crayon de bois !
Je sais que si je reprends cette page
corrigée dans un mois, ce sera la même chose ! Les corrections sont
perpétuelles, au fur et mesure que mon écriture mûrie. Ceci est la
première page de “Soul sea” et je suis sur le livre depuis un bout de
temps pourtant ! Mais non, en relisant, je trouve que tel mot irait
mieux ici, telle phrase devrait être tournée de cette façon... Mais bon,
quand j'ai décidé d'être écrivain, j'avais déjà accepté les
contraintes. Ces corrections, lire et relire ses livres, subir les
critiques des autres, s'imposer une auto-critique très exigeante...
C'est chiant, mais ce n'est rien comparé aux sensations que me procurent
l'écriture.
Enfin bref, petit scarabée a encore du
chemin à faire, mais compte bien gagner le sommet !... Enfin, tout
dépendra des lecteurs en fin de compte, alors j'espère que mes écrits
sauront vous séduire !
23/04/2012
MES PROTAGONISTES
(de gauche à droite : Ezra, Koena, Keira, Ascal et Noé)
J'ai
parlé de mon narrateur, maintenant, c'est au tour de mes protagonistes !
Chacun est issu d'une collection ou d'un livre différent. Je les ais
moi-même dessinés parce que j'avais besoin de mettre un visage sur ces
personnes qui m'accompagnent, pour la plupart, depuis des années
entières.
La plus “vieille” d'entre tous est Keira, la jeune fille aux cheveux bleus au centre. Elle fait partie de la collection “Les sorcellyres”,
série en deux tomes que j'ai abandonné à cause du trop grand nombres
d'histoires qui s'entremêlaient (si même l'auteur ne s'y retrouve plus,
où va le monde ?!). Mais Keira reste mon premier personnage, celui avec
lequel j'ai achevé mon tout premier roman. Elle est donc très importante
à me yeux et, même si je ne publierai jamais ses aventures, je tenais à
vous la présenter. Elle a fichu caractère, ne se laisse pas marcher sur
les pieds, mais elle reste une amie fidèle et prête à tout pour écraser
son père (le grand méchant de l'histoire).
Reprise avec le Cruor Ramorum
Reprise avec le Cruor Ramorum
Vient ensuite, chronologiquement, Ascal,
le garçon à la droite de Keira. Que dire de ce pirate (parce que c'en
est un !) ? L'écriture de son parcours est pour l'instant ma plus belle
et grande aventure. En effet, la collection “Soul sea” dont il
est issu tient en 16 livres. Ascal est un personnage très différent des
héros ordinaires, grands, intelligents et plein de sens moral. De taille
plutôt petite, ce pirate n'écoute que deux choses : son instinct et son
estomac. Ce qui, évidement, n'est pas toujours pratique car il conduit
systématiquement ses compagnons dans des situations abracadabrantes et
généralement mortelles.
Après, c'est au tour de Koena,
la jeune fille blonde aux cheveux courts, à la gauche de Keira. À
l'origine, son histoire ne m'appartenait pas. Connue sous le nom de
Camille, notre petit personnage évoluait dans “Les prisonniers du
Dardoll”, roman commencé et abandonné par ma meilleure amie. On avait
pour idée de reprendre l'histoire à deux, mais mon amie a vite baissé
les bras. J'ai gardé la trame de départ puis maquillé un peu le tout et
nous voilà avec Koena et son livre “Id-Entités”. Il existe une suite qui tient en un tome appelé “In-Humanité”.
Comment décrire Koena ? Selon les termes de son ennemi juré : faible,
pleurnicharde et idéaliste ! Soyons gentil et remplaçons ça par
courageuse, généreuse et idéaliste. Parce qu'elle est réellement comme
ça.
Puis nous avons Ezra, le premier personnage en partant de la droite. Son livre est appelé “Le masque de la princesse”.
Contrairement aux autres romans, ce livre est le premier à ne pas
appartenir au fantaisy. Pas de magie, de monstres (sauf si l'on
considère les hommes comme tels et c'est vrai qu'il y a de quoi se poser
des questions), ou de fées ! Par contre, si vous êtes intéressés par
les armes blanches, par ici ! C'est un véritable catalogue !
Enfin, voici Noé ! Heu... Je ne peux pas vraiment dire quelque chose sur elle puisque son livre (“Réflexions d'une marionnette de papier”) n'a pas encore été écrit. Mais ça ne saurait tarder ! Je vous la présenterai une prochaine fois !
23/04/2012
MON NARRATEUR

"Je ne suis ni un homme, ni une femme. Je ne suis ni noir, ni blanc, ni asiatique, ni d'une quelconque couleur de peau. Je ne suis ni objectif, ni subjectif. Je suis tout, mais rien. On me nomme HO- pour mon hospitalité : qu'importe la raison, vous serez toujours les bienvenus entre mes pages. On ne nomme N- pour ma nature. On me nomme E- pour les émotions que je suscite avec cette voix ni belle, ni laide. On me nomme DA- pour être dactylo, pour transcrire et transmettre mes histoires ni ennuyeuses, ni intéressantes.
Je suis HONEDA et je suis un narrateur."
Comme écrit ci-dessus, je me suis dit qu'il serait temps que je rende hommage à mon tout premier collaborateur : mon narrateur. Après tout, c'est lui qui conte toutes les histoires nées de ma plume : Honeda ! Il apparaît dans mes récits sous l'apparence d'un village en bord de mer qui évolue selon l'époque durant laquelle se déroule l'histoire. Un narrateur est normalement une personne furtive, placée comme un haut Seigneur et qui observe sans intervenir les histoires qu'il raconte. Ou au contraire il est lui-même plongé au coeur même de l'action. Dans ce genre de cas, il est généralement substitué au personnage principal. Invisible ou au devant de la scène, un narrateur n'est censé n'avoir ni avis : son existence même n'est jamais citée. Pourtant, il est là, dans le creux de la main de l'écrivain. Et cela, c'est important que tous le sachent.
Marine Lafontaine
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