mardi 26 mars 2013

MINI ARTICLE

   Bien le bonjour et nous voici de retour avec un nouvel article ! Alors, sur quoi portera-t-il aujourd'hui ?… C'est une bonne question sur laquelle je vais me pencher immédiatement ! Ah bah tiens, et si je vous parlais d'un concours aujourd'hui ?

    Le concours en question a été organisé par les éditions Black Moon. Le principe est simple. Vous écrivez un livre et vous l'envoyez. Le meilleur écrit sera publié. Après, Black Moon, qu'est-ce que c'est ? C'est romans de morsure et compagnie avec sous sa bannière Twilight, 16 lunes et j'en passe ! Personnellement, je tenterai bien le coup, mais je ne pense pas que mes écrits colleraient avec l'esprit des éditions. Néanmoins, si vous êtes fans ou déterminés, lancez-vous ! Le concours est ouvert jusqu'à juillet, je crois bien. Pour inscriptions, questions et détails, voici le lien !

Marine Lafontaine

lundi 25 mars 2013

CHAPITRE 6

    Hé oui, il s'est fait attendre, mais voilà le chapitre 6 de nos aventures en compagnie de Gilles et Lizzie ! Pour rafraîchir les mémoires, je rappelle que nous avons découvert dans le chapitre précédent que Wait était un imposteur et Gilles le véritable héritier. Quelle donc sordide pièce a été jouée au sein du manoir Phamvarna ? C'est ce que nous allons découvrir en partie avec ce chapitre !
    Ah oui, j'oubliais ! Avant de nous lancer, je voulais vous annoncer que les éditions Robert Laffont m'avait… refusé ! Oui, encore… Dommage, j'adore cette édition, cela aurait été un bonheur d'être prise chez eux. Tant pis, continuons d'espérer ! Fini les bavardages, place à l'écrit ! 



    Au premier coup d’œil, Lizzie comprit qu’elle rêvait. Peut-être parce qu’elle était en chemise de nuit au beau milieu de la forêt et qu’elle ne se rappelait pas comment elle était arrivée là. Elle observa autour d’elle avec inquiétude. Elle pouvait sentir la sensation agréable de la terre humide sous ses pieds. La quiétude qui régnait au cœur de ses arbres apaisa son âme livrée aux interrogations. 
-                Jeune maître ! Jeune maître !
    La jeune fille poussa un soupir agacé. Allons bon, qui venait donc troubler son… Elle aperçut un buisson bouger et une silhouette s’en extirper. Un jeune garçon, vêtu d’un beau costume tâché de terre, jeta un regard par-dessus son épaule, un sourire espiègle sur les lèvres. 
-                On dirait que je l’ai semée…
-                Gilles ! s’étrangla la duchesse.
    L’héritier Phamvarna était méconnaissable ! Ses cheveux, d’un châtain presque brun, atteignaient le creux de ses reins en une longue, longue tresse. Ses yeux bleus riaient, étincelant d’innocence. Autour de son cou pendait un médaillon en forme d’étoile. C’était incontestablement Gilles, mais il était si différent de celui que Lizzie connaissait ! Il lui fallut quelques instants pour mettre le doigt sur ce qui la dérangeait. Pourtant, c’était bien simple… 
Le Gilles en face d’elle souriait.

Elle suivit Gilles à travers les arbres. Le garçon chantonnait une mélodie tout en sautillant entre les arbres, rêveur. Il s’arrêta soudain, comme s’il avait entendu quelque chose. Intriguée, Lizzie tendit l’oreille. Il lui parvint alors une voix… douce, chaude et fluide… Une voix belle et tellement agréable… Quand elle vit son fiancé se diriger vers la source de cette voix, elle réalisa avec horreur quelque chose.
-                Gilles ! Ne va pas par là ! cria-t-elle.
Elle essaya de l’attraper par le coude, mas sa main passa à travers du garçon. Gilles continua son chemin, insensible à sa détresse, inconscient du basculement de son destin. Il cherchait la voix, s’arrêtant de temps à autre pour s’assurait qu’il suivait le bon chemin et reprenait sa marche. Il finit par se figer, attentif, subjugué par cet ton doux et chantant. Il se laissa glisser sur une pierre, comme hypnotisé.
Il lui sembla qu’il ne s’était écoulé que quelques minutes quand la voix se tut. Déçu, il se leva. 
-                Tu as aimé l’histoire ?
Gilles et Lizzie sursautèrent et de se retournèrent. Cette dernière hoqueta. Devant eux se tenait une jeune fille pauvrement vêtu, un livre à la main. Elle était maigre, comme une enfant des rues, mais elle était… attractive. Elle tendit le bouquin à son auditeur.
-                Candide. Belle leçon, non ? “Il faut cultiver notre jardin”.
Gilles, toujours silencieux, baissa la tête vers l’ouvrage puis la releva pour détailler les traits de la lectrice. Elle avait un visage anguleux, creusé, mais doux. Ses yeux brillaient de curiosité. Elle portait sur la tête un chapeau en cuir usé, sans forme. Lizzie se précipita entre les deux protagonistes.
-                Gilles va-t-en ! Cette fille va  te mener à ta perte !
Mais tout cela était inutile. L’histoire était déjà écrite.
Elle ne pouvait plus changer le cours de cette destinée.
-                Tu as une belle voix, complimenta le garçon.
-                Merci, c’est gentil. Je m’appelle Rima Rami, enfin, c’est comme cela que l’on m’appelle en tout cas. Et toi ?
-                Gilles, Gilles Phamvarna.
La jeune fille sursauta violemment. Elle remarqua alors les longs cheveux tressés et le pendentif autour du cou de son interlocuteur, symbole de l’héritier de la famille Phamvarna. De plus, seuls les hommes de caste supérieure étaient autorisés à porter les cheveux aussi longs… 
Et puis, il y avait ces yeux, de ce bleu si intense, hypnotique… On les disait d’une couleur unique, sans pareil, plus belle que n’importe quelle autre.
C’était bien un Phamvarna.  
-                Excusez-moi, mon Seigneur, railla-t-elle, mauvaise. Je ne me serais jamais permise de vous tutoyer si j’avais su plus tôt à qui j’avais à faire.
-                De quoi parles-tu ? Oh… je vois… C’est mon nom, n’est-ce pas ?
Un air déçu, triste même, passa sur le visage du jeune comte. Rima s’en étonna. Mais qu’est-ce que… Elle se sentait presque coupable du visage misérable qu’affichait le garçon.
-                Je suis désolé, s’excusa-t-il finalement. Je vais te laisser.
-                At… Attendez ! l’arrêta Rima en le saisissant par le poignet. 
Elle retira prestement sa main, comme si elle avait peur que le simple fait de toucher l’héritier plaçait son poignet sous une lame. Gilles prit ses doigts et les plaça doucement, mais fermement, contre sa peau.
-                Oui ?
-                Je… Vous… bafouilla la lectrice. Heu… Vous aimez les histoires ?
Le visage de Gilles s’illumina.
-                J’adore ça ! s’exclama-t-il en battant des mains comme un enfant. Je m’échappe souvent du manoir pour pouvoir lire tranquillement !
-                Vous vous… échappez ?
-                Oui. La vie est très agréable là-bas, les domestiques sont vraiment gentils avec mon frère, mes sœurs et moi. Mais j’ai beaucoup de responsabilités, aussi… C’est un peu pesant à force, ria-t-il nerveusement. Je suis l’héritier Phamvarna, après tout ! Mais, quand je lis, là, je suis Gilles et seulement Gilles.
“C’est parfois plus facile de se confier à une inconnue qu’à une amie”, songea Lizzie avec un petit sourire. Un appel fit sursauta les trois protagonistes.
-                Jeune Maître ! Jeune Maître Gilles !
L’intéressé prit un air embêté.
-                C’est ma nourrice, confia-t-il. Il faut que j’y aille.
-                Au revoir, Seigneur, s’inclina légèrement Rima.
-                Au revoir, Rima ! J’ai été ravi de faire ta connaissance et, qui sait, peut-être pourra-t-on se revoir.
Rima ne répondit pas, muette de stupéfaction. Un sourire de loup finit par étirer ses lèvres alors que la silhouette de l’héritier disparaissait entre les arbres. Elle tourna les talons et s’enfonça dans la forêt. Après quelques hésitations, Lizzie choisit de la suivre.

-                Un Phamvarna ?
-                Ouais, confirma Rima, les mains enfoncées dans les poches de son manteau. T’imagines tout l’argent qu’on peut se faire ? Ce Gilles est un blanc bec doublé d’un naïf. Je n’aurai aucun mal à l’embobiner.
-                C’est une bonne idée, approuva Wait d’un air carnassier. Ça vous dit, vous autres ?
-                Ouais !
Lizzie avait d’abord eu du mal à le reconnaître. Plus mince, d’une saleté repoussante, il abordait un crâne pratiquement rasé, sûrement pour éviter que des poux ne viennent s’y loger. La duchesse observa autour d’elle, curieuse. Ils se trouvaient dans une ancienne bibliothèque, visiblement abandonnée. Des tables aux pieds pourris semblaient sur le poids de s’effondrer, des étagères éventrées avaient cédé sous le poids trop lourd de leurs entrailles qui étaient maintenant répandues sur le sol, amalgame de papier et d’encre. Lizzie continua son exploration en examinant les personnes qui entouraient Wait. Elle reconnut sans peine Léna et son air hautain. Toboré était très facilement identifiable également avec son visage rougi par l’alcool. Par contre, il y avait un petit garçon parmi eux, à peine âgé d’une douzaine d’années. Elle ne se souvenait pas de l’avoir vu au manoir… Il prit soudainement la parole : 
-                Les Phamvarna ne sont pas de mauvaises personnes !
-                La ferme ! le rembarra Wait sans ménagement. Ce ne sont que des pourris gâtés qui se prélassent dans leur manoir avec leurs serviteurs pendant que nous on crève la dalle ! Et pourquoi donc ? Le sang, la naissance, voilà pourquoi !
-                Mais… 
Wait sauta à terre, l’air mauvais, appréciant peu qu’on le contredise. Personne ne fit mine de venir en aide à cet enfant qui tremblait maintenant de peur. Lizzie, pétrifiée, le vit le saisir par le col.
-                Tu devrais pourtant comprendre, toi aussi, qu’il y a certaines différences qu’on ne peut combler. De part la naissance, nous possédons un certain statut qui nous enchaîne à une condition. La nôtre est d’être des miséreux tout juste bon à servir de paillasson à ces enflures de riches ! Alors il est normal qu’on fasse pencher la balance de temps à autre, tu ne crois pas ?
Son vis-à-vis choisit prudemment de ne pas répondre et il fit bien. Wait, après une dernière grimace, le relâcha brutalement. Il se tourna vivement vers Rima. 
-                Tu sais ce qu’il te reste à faire.

Le lendemain, Lizzie repartit avec Rima dans la forêt dans l’espoir de revoir Gilles. La lectrice s’assit au même endroit que la veille, mais elle n’eut même pas le temps d’ouvrir le livre qu’une silhouette sautait d’un arbre ! Elle se reçut souplement sur ses pieds, un grand sourire aux lèvres. 
-                Salut, Rima ! Tu lis quoi, aujourd’hui ? l’interrogea Gilles avec curiosité.
La jeune fille lui offrit son sourire le plus hypocrite. Elle dénota sa belle tenue et serra les dents. Dieu qu’elle haïssait ces riches !
-                Vous vous êtes encore enfuis ?
L’héritier haussa les épaules avec désinvolture.
-                Si cela peut attirer l’attention de mes parents, éluda-t-il.
Rima n’insista pas. Gilles l’observait avec attention et attendait, impatient, qu’elle commence sa lecture. Doucement, la voix de la jeune fille s’éleva. Elle se surprit à aimer lire pour cet auditeur si attentif et si passionné. Gilles était tellement concentré que rien ne semblait pouvoir le troubler. Seule la voix comptait… 
-                Comme celle d’une sirène, murmura Lizzie pour elle-même, impuissante.
La lectrice s’interrompit soudainement pour dévisager l’héritier.
-                Qu’est-ce qu’il y a ? voulut savoir Gilles, déçu qu’elle s’interrompt. Et qu’arrive-t-il après au héros ?
-                Heu… je… Je voulais m’excuser de mon comportement de la veille. Il était très déplacé. Je vous ai repoussé alors que vous n’aviez rien fait de mal. Ai-je votre pardon ?
-                Non, pas tant que tu me vouvoieras !
-                Hé bien, comme vo… tu voudras, Gilles.
-                Merci, Rima !
Son sourire était sincère qu’il fit oublier un moment à Lizzie vers quelle situation cette rencontre allait mener. Elle se mordit la lèvre inférieure, furieuse de sa propre impuissance. Rima et Gilles s’étaient mis à bavarder gaiement. La duchesse reporta son attention sur eux, surprise. La lectrice semblait si détendue… On voyait clairement qu’elle prenait plaisir à parler avec l’héritier. Comment une amitié, pourtant bien démarrée, s’était-elle changée en haine ?
La voix de la veille leur parvint soudainement.
-                Jeune Maître Gilles !
-                Déjà, ronchonna l’intéressé. Désolé, Rima, je vais devoir y aller…
Alors que les appels se rapprochaient, Rima agit presque instinctivement, son corps agit avant sa tête.
-                Reste, s’il te plaît !
L’héritier la dévisagea sans comprendre. Lizzie, elle, passa une main sur son visage, désespérée. Gêné par cette demande inattendue, Gilles hésita avant de lâcher son approbation. Ils se turent le temps que les appels s’éloignent. Puis la conversation reprit comme si de rien n’était et dura jusqu’à tard dans la nuit. Tous deux se séparèrent à contre cœur et se fixèrent un nouveau rendez-vous pour dans le courant de la semaine. Lizzie, cette fois-ci, décida de suivre son fiancé.

Si Lizzie attendait avec impatience à quoi ressemblait le domaine Phamvarna, elle ne fut guère déçue. Le bâtiment était… magnifique. Trapu, il était rehaussé de délicates fenêtres en vitrail et ceint de haies mouchetées de roses blanches, reprenant la teinte éclatante des murs qui contrastait avec la noirceur des tuiles. Gilles ouvrit la porte doucement et jeta un coup d’œil dans le hall d’entrée vide de toute présence. La voie était libre ! le garçon s’élança dans les couloirs, un grand sourire aux lèvres. Lizzie, surprise par ce brusque départ, se mit à courir à son tour pour ne pas se laisser distancer. Ses yeux s’écarquillèrent alors qu’elle reconnaissait les lieux au fur et à mesure de leur course. Gilles s’engouffra soudainement dans une pièce et referma la porte derrière lui. Il tourna alors sur lui-même en riant, sa tresse volant autour de sa tête. Il sautilla jusqu’à un tableau devant lequel il s’inclina respectueusement. Lizzie, curieuse, s’en approcha. La surprise lui coupa le souffle. Il s’agissait d’un portait… Elle s’en souvenait encore… Les longues heures de pose qu’elle avait détesté de tous les pores de son être.   
-                Mademoiselle, la salua Gilles ironiquement. Hé, tu as vu ! Elle était là !
-                Gilles…
-                C’est une fille chouette, Rima ! Je pense qu’on va devenir bons amis. Mais n’oublie pas ! C’est un secret ! ajouta-t-il avec un clin d’œil en posant un doigt sur ses lèvres.
-                Gilles ! appela soudain une voix. C’est l’heure !
-                J’arrive, Holly !
Gilles prit le temps de se changer avant de filer. Il descendit l’escalier en glissant sur la rampe et sauta à terre. Holly fronça les sourcils, faussement sévère.
-                Allons, jeune homme ! Vous êtes en retard !
-                Mais ce n’est même pas la peine de s’exercer ! protesta Gilles. Tu es tellement douée que toute répétition s’avère inutile !
-                Si les parents viennent, c’est essentiellement pour te voir, toi, leur héritier, lui rappela doucement son aînée.
Le visage de son frère se ferma. Lizzie vit Holly poser ses deux mains blanches sur les épaules de son benjamin comme pour le réconforter. Elle respirait le calme et la dignité. Sa maladie l’avait donc tant changée ?
Lizzie les suivit dans un salon chargé de tentures. Assise près d’un piano, les jumeaux jouaient un morceau ensemble. La mélodie, complexe et rythmée, ravit Gilles qui applaudit sans retenue, une fois les deux musiciens levés. Les quatre enfants Phamvarna se mirent à discuter sans tabous, calmes, tranquilles et enjoués. Une scène de famille croquée au fusain, aquarellée avec tendresse et délicatesse. La duchesse, le cœur serré, se recula. Elle avait l’impression d’espionner, d’être un vulgaire voyeur. Quand tout cela se terminerait-il ? Quand pourrait-elle enfin se réveiller ? Alors que la musique s’élevait de nouveau, une lumière jaillit et éblouit Lizzie. Quand elle put de nouveau voir ce qui se passait autour d’elle, elle constata avec stupéfaction qu’elle était de nouveau dans la bibliothèque abandonnée. 
-                Alors, que décides-tu ? demanda une voix avec une certaine agressivité.
Inquiète, la duchesse s’empressa de trouver la source de cette tension. Elle tomba sur Rima, face à face avec l’enfant qui avait osé défier Wait, auparavant. La jeune femme émit un drôle de rictus.
-                Je relance, décida-t-elle.
Elle piocha quelques pièces dans sa bourse qu’elle déposa avec d’autres au centre d’un livre qui leur servait de tapis de jeu.
-                Pas mal, admit son adversaire. Mais… 
-                Ne me dis pas que tu as encore gagné !
-                Et si !
-                Kanvre, tu es un tricheur !
-                Mauvaise perdante !
Kanvre accompagna sa réplique par un petit bout de langue rose qui vint pendre hors de ses lèvres, ce qui alimenta la colère de Rima. Le gagnant s’apprêtait à empocher la mise quand un hululement de chouette leur parvint soudain. Kanvre pâlit et coula un drôle de regard à Rima.
-                Heu… Ça, ça doit être une chouette blessée ! Je vais voir !
Il se leva si précipitamment qu’il en oublia son argent ! Rima haussa les épaules. Comme si une chouette pouvait émettre un tel son… 
-                Wait, je sors, indiqua-t-elle en coinçant un livre sous son bras.
L’intéressé ne répondit pas, absorbé par quelque tâche. La lectrice quitta leur refuge et se dirigea d’un pas tranquille vers la forêt. Dans les ruelles mal famées de la cité, elle croisa quelques gamins pouilleux qui couraient se réfugier dans les pattes de leurs mères alors que des hommes venaient caresser leurs seins. Rima les ignora, son chapeau enfoncé sur sa tête. Elle aurait fini comme ça si Wait ne l’avait pas pris sous son aile, il y a de ça maintenant cinq ans… Elle lui devait la vie.
Elle gagna le couvert des arbres avec soulagement. La tranquillité de ce lieu l’apaisait. Pourtant, aujourd’hui, il y régnait une tension à couper au couteau…  Intriguée, Rima s’arrêta. Qu’est-ce que… Elle tendit l’oreille, interloquée. C’est alors qu’elle perçut de faibles sanglots entre les arbres. Rima se tendit. Elle connaissait cette voix… Elle lâcha son livre alors qu’elle se mettait à courir.  
-                Gilles ! s’époumona-t-elle. 
Lizzie, tout aussi inquiète, s’empressa de la suivre à toute vitesse. Elles débouchèrent sur une clairière où elles trouvèrent l’héritier assis dans la poussière, vêtu d’un costume déchiré. Ses cheveux étaient défaits et il tenait entre ses mains jointes son médaillon, tête basse, les épaules secouées de sanglots. Lizzie ne comprenait pas… Qu’était-il arrivé au jeune garçon ? Rima sembla hésiter.
-                G… Gilles ? finit-elle par l’appeler tout doucement.
L’intéressé sembla prendre brusquement conscience de sa présence et se redressa vivement, le feu aux joues, honteux d’avoir été surpris dans une telle position de faiblesse.
-                Bon… Bonjour, Rima ! la salua-t-il avec empressement. Comment vas-tu ?
Il réajusta maladroitement sa tenue, tâchant d’avoir l’air un peu plus présentable. Rima s’avança.
-                Qu’est-ce qui se passe ? lui demanda-t-elle vivement ? Quelque chose est arrivé ?
-                Oh, ce n’est rien, une chute ! lui assura-t-il.
-                 Tu saignes… 
En effet, une tâche sombre avait fleuri sur le costume du jeune homme. L’héritier posa une main sur son bras et le serra, espérant ainsi bloquer ses tremblements.
-                Je suis juste tombé de l’arbre, souffla-t-il, le regard fuyant.
-                Tu mens !
Le garçon sursauta devant la violence du ton de Rima. Un rictus nerveux joua sur ses lèvres alors que son regard se faisait lointain, désormais.
-                Je ne vois pas de quoi tu parles, je suis juste tombé. Oui, je suis juste tombé… 
Rima avait déjà eu à faire à des traumatismes. Des gamins violés, elle en avait déjà rencontré dans sa vie, des femmes battues, des témoins de mort violente… Elle savait que, dans ces cas-là, mieux ne valait pas brusquer le sujet au trauma. Alors, doucement, mais fermement, elle attira Gilles dans ses bras. Ce dernier sursauta et leva un regard étonné sur elle.
-                Rima ?
-                Qui t’as fait ça ? Tu peux me le dire, tu sais… 
Gilles voulut se dégager, mais Rima le tenait fermement entre ses bras. Elle le sentait trembler contre lui et resserra son étreinte. Doucement, alors, le garçon se mit à parler.
-                Mes parents… devaient venir exceptionnellement nous rendre visite au manoir… puisqu’ils ne vivent pas avec nous… préférant leur résidence secondaire à leurs propres enfants… 
-                Et ils ont annulé ? l’encouragea gentiment la jeune femme.
Gilles eut un rire nerveux.
-                Non, ça c’était la dernière fois… Mais… quand j’ai voulu prendre mes parents dans mes bras… Ils m’ont repoussé. Mon père s’est mis à crier parce qu’il trouvait mon comportement indigne d’un héritier et ma mère m’a giflé… 
-                Quoi ?
-                Avec mes sœurs et mon frère, nous leur avions organisé une représentation musicale, mais ils ont refusé de l’écouter. Mes sœurs sont restées très dignes, mais Black, mon frère, n’a pas pu s’empêcher de leur dire sa façon de penser… et c’est sur moi que c’est retombé.
-                Il faut te soigner !
-                Non… c’est bon… L’habitude.
Lizzie aurait tant aimé pouvoir changer la suite des évènements. Elle vit Rima chuchotait quelque parole à l’oreille de celui qu’elle était censée détruire avant de se pencher sur lui et d’effleurer ses lèvres des siennes. Elle détourna les yeux, impuissante, se sentant terriblement faible. Mais cette scène n’appartenait qu’à eux deux… Elle s’éloigna entre les arbres, méditant sur le sens de tout cela, sur le sens de cet étrange rêve, déchirée entre le désir de s’enfuir et celui de demeurer spectatrice jusqu’au bout.
Un craquement sec la fit sursauter et elle redressa vivement la tête. Elle reconnut alors une imposante silhouette qui se découpait entre les arbres.  
-                Gilles ! rugit-elle d’une voix de stentor.
-                Le seigneur Phamvarna, déglutit péniblement Lizzie. Oh, Gilles…
Elle courut dans la direction des deux amants qui, eux aussi, avaient entendu la voix. L’héritier, aussi pâle qu’un fantôme, se détacha à contre cœur de Rima.  
-                C’est mon père, je dois y aller… 
Rima approuva silencieusement, sachant qu’ils ne pouvaient lutter contre un tel homme. Gilles commençait à s’éloigner quand il sembla hésiter. Il fit brusquement volte face pour arracher un dernier baiser à Rima. Il se sentit rougir, surpris par sa propre audace et fuit sans laisser le temps à la jeune femme de réagir. Mûe par quelque instinct, la lectrice lui emboîta discrètement le pas. Dissimulée par le rideau de verdure, elle observa Gilles courber l’échine devant un homme à la carrure impressionnante. Le premier coup qu’il donna envoya son fils à terre. Rima retint difficilement un cri de colère et de stupeur. Elle voulut intervenir, mais une main la saisit par le poignet pour l’obliger à demeurer cacher. 
-                Ne fais pas ça, chuchota Kanvre près d’elle sans quitter le père des yeux. Il ne le battrait que plus fort… 
-                Kanvre, s’étrangla Rima, mais… 
-                Viens, partons… Il ne faut jamais se mêler des affaires familiales des Phamvarna, je l’ai promis à Holly… 
-                Holly ? Mais… 
-                Viens, je t’expliquerai tout à la bibliothèque.
Rima fut obligée de le suivre, mais jetait fréquemment des coups d’œil par-dessus son épaule. Lizzie, elle, ne parvenait à détacher son regard du corps recroquevillé de son fiancé, choquée par cet acte de violence. Jamais… Jamais ses parents n’avaient levé la main sur elle. Ils s’étaient parfois montré injustes ou égoïstes, mais ils n’avaient jamais fait montre de violence envers elle !
Les larmes aux yeux, elle se détourna de ce pitoyable spectacle et s’empressa de suivre Kanvre et Rima.  

La suite, la prochaine fois ! Merci à tous pour vos visites de plus en plus nombreuses, cela me fait énormément plaisir ! Continuez de me lire, s'il vous plaît ! Je vous promets toujours de meilleurs articles ! 
 J'en profite pour rappeler que le concours “A vous la suite !” va bientôt être lancé ! Attendez l'évènement avec impatience, s'il vous plaît !
A très bientôt ! 

Marine Lafontaine

samedi 23 mars 2013

L'ENFANT DE BRUGES

   Bien le bonjour tout le monde !
   Ayant pris un peu de retard avec l'écriture de la fiction, j'ai choisi de vous faire patienter en vous proposant une nouvelle lecture, j'ai le plaisir de nommer L'enfant de Bruges !
    A l'origine, il s'agissait d'une lecture cursive pour le lycée sur l'humanisme. Je vois déjà les grimaces “Ah non ! Pas un livre barbant !” Je dois avouer que je pensais la même chose en achetant ce livre, mais Gilbert Sinoué m'a prouvé le contraire. Ce thriller du 15ème siècle va nous emmener au cœur des secrets des peintres de l'époque et vous entraîner dans une course obscure où complots et conspirations vont se mêler. 
    L'histoire tourne autour de Jan, un enfant de treize ans, recueilli bébé par un célèbre peintre. De mystérieux meurtres visant les artistes surviennent peu à peu, jusqu'à ce que Jan lui-même en soit la cible sans raison aucune ! S'il veut survivre, Jan va devoir lutter et résoudre un complot qui le mènera dans un monde empli de ténèbres… 
    
    Je dois m'avouer assez passionnée d'art, ce livre m'a appris foule de choses sur les techniques utilisées à l'époque telle la conception du vernis ou des pinceaux, le mélange des pigments… Si ce livre a parfois quelques longueurs, l'auteur sait quand il faut relancer l'intrigue pour vous accrocher de nouveau. Il vous entraîne dans la société du 15ème siècle avec l'entrain de Jan dont le plus grand rêve est de gagner Venise… Et moi qui n'ai jamais été une grande fan de thriller, j'ai vraiment aimé suivre l'enquête au fil des pages. Un bon moment à passer, une lecture facile, instructive et intéressante ! 

Marine Lafontaine

samedi 16 mars 2013

LES CONSEILS DE MARINE, 3ÈME VOLET

    Bien le bonjour (ou bonsoir, plutôt, vu l'heure). Ce soir, je vais une nouvelle fois vous donner quelques conseils d'écriture pour créer votre propre personnage principal.
   Ce personnage est celui avec qui vous allez passer le plus de temps, celui qui va être le ciment de votre histoire. Il doit accrocher le lecteur, lui plaire, l'interpeller. Il existe quelques piliers essentiels qui feront de votre personnage un “héros”.
   Vient alors la question, qu'est-ce qu'un héros ? Un personne qu'on admire, répondront certains. Quelqu'un avec beaucoup de valeur morale, répondront d'autres. Superman, enfin, diront les fans de comics. Il existe autant de héros possibles que de lecteurs différents, mais quelques “trucs” reviennent toujours. Je vous en parlerai tout à l'heure.
   Alors, pour créer son personnage principal, le critère le plus important est qu'il doit vous plaire à vous. Sinon, l'écriture de son aventure va se révéler plutôt pénible ! Pour qu'il soit quelques peu crédible, je vous conseille de lui créer ce que j'appelle sa “fiche d'identité” : âge, taille, poids, couleurs de cheveux (dire également s'ils sont courts, longs, et autres particularités comme serre-tête, mèches teintes…), couleurs d'yeux (dire s'ils sont vairons, lunettes ou non…), signes distinctifs (ce qui le différenciera des autres physiquement : cicatrice, tatouage, percing, barbe, moustaches, bijoux particuliers…), caractère (enjoué, renfermé, calme, s'emporte facilement…), passé/enfance, secrets (ça peut être tout et n'importe quoi : aime Joan Miro -mais le dit pas parce que ses amis trouvent ça ringard la peinture-, a déjà tué quelqu'un…), famille (parents divorcés, frère, cousin… Indiquez des personnages que vous pourrez introduire dans le livre par la suite), aime (le chocolat, la musique… Tout ce que vous voulez ! Soyez fous !), n'aime pas (idem) et les tics (bégaye quand elle/il est en colère, mordille une mèche de cheveux… ou rien du tout, après tout !).  
   Personnellement, je ne me suis mise que récemment à cette technique pour un livre compliqué. Ça me permet d'y voir plus clair et cela donne de la crédibilité à vos personnages. Cette fiche peut s'appliquer à n'importe quel personnage et peut être ajustée et brodée en fonction de vos écrits : pouvoir particulier, tenue d'agent secret, uniforme d'école, études…

   Revenons aux points clés d'un héros. On va en prendre deux diamétralement opposés pour voir : disons Eragon et Arsène Lupin. D'un côté un gentleman cambrioleur intemporel et, de l'autre, un jeune dragonnier qui lutte pour libérer son monde d'un tyran. Chacun est une icône du héros, mais ils n'ont aucun point commun si ce n'est celui-ci : être capable de réaliser l'impossible. Peu de personnes peuvent se vanter de s'identifier à Arsène Lupin, mais il va donner envie, parfois de se comporter avec autant d'élégance que lui : il fait rêver. Eragon, aussi, à un autre niveau. Ce n'est qu'un point de vue personnel, mais je trouve qu'il “motive”. Il a ses coups de cafard et d'angoisse, mais il va toujours de l'avant et ne va jamais cesser la lutte, quelque soient les difficultés. Ensuite, ce qui fait qu'un héros est un héros, ce sont ces actions. Prenons, par exemple, Marie, du livre d'Olivier Adam “A l'abri de rien”. C'est une jeune femme comme n'importe qui : elle est au chômage, dépressive, elle fait ses courses au Monoprix, a un mari et deux enfants. Rien d'exceptionnel chez elle. Mais elle va s'investir à fond dans la survie des sans-abris. Et, par ce geste, elle va devenir une héroïne : elle va jusqu'au bout des choses (je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler).
   S'identifier au héros est important aussi. Il faut qu'il ait des émotions : doutes, peines, peur, joie… N'en faites surtout pas un insensible ! Même s'il cache tout ça, ce n'est pas grave ! Mais il doit en vivre, en ressentir, pour que le lecteur puisse avoir des affinités avec lui. Harry Potter était un adolescent tout à fait banal avant de se découvrir sorcier. Mais ce n'est pas en acquérant ses pouvoirs qu'il va devenir inhumain, au contraire. On assiste à tout : ses coups de gueule, ses amours, ses doutes, sa détermination… C'est aussi ça qui séduit.
   Un héros n'est jamais seul ! Il faut qu'il ait autour de lui une panoplie de personnes qui le seconderont dans sa tâche, sa quête, qui le pousseront à atteindre son but. Prenons, par exemple, le personnage d'un joueur de basket. Il se propulsera à la victoire grâce à ses coéquipiers, mais ce sera lui qui marquera le panier ultime, celui de la gloire !… Ou pas, si vous voulez écrire un bouquin déprimant.
 
Bon, il est tard quand même, je commence à fatiguer. On reprendra une autre fois ! Bonne nuit et à très vite pour la suite des aventures de Lizzie où notre jeune duchesse fera un rêve… un drôle, étrange rêve…

Marine Lafontaine       

jeudi 14 mars 2013

LES PRIX DU CONCOURS

   Bien le bonjour ! C'est de fort bonne humeur que je vous écris aujourd'hui, dû à l'approche de mon anniversaire, sans aucun doute. Alors, c'est tout en gaieté que je vous transmet aujourd'hui cet article qui va porter sur les différents prix du concours “A vous la suite !” (titre décidé à l'instant même). Rappelons d'abord les prix ! 
  • Prix quatre : vous recevrez un exemplaire de La boîte noire et autres nouvelles de Tonio Benacquista.
  • Prix trois : vous aurez les deux premiers tomes de l'Épouvanteur de Joseph Delaney.
  • Prix deux : vous gagnerez un exemplaire d'Hôtel des deux mondes d'Eric Emmanuel Schmitt, un exemplaire de Ne t'inquiète pas pour moi d'Alice Kuipers et un Alchimiste de Paulo Coelho.
  • Prix un : vous pourrez choisir un de mes manuscrits parmi mes romans terminés et vous recevrez un très bel exemplaire du Baron Perché d'Italo Calvino, ainsi qu'un exemplaire de La machine à rêves de Jean-Louis Lafontaine.
   Alors, qu'avons-nous là ? Le quatrième prix, comme il est dit plus tôt, sera un exemplaire de La boîte noire et autres nouvelles de Tonio Benacquista. Alors, je vais être tout à fait honnête avec vous… Je ne l'ai pas lu. Honte à moi, je sais. Mais je connais l'histoire ! Arthur Seligman est victime d'un grave accident de voiture qui lui provoque une amnésie partielle. Janine, une des infirmières qui s'occupent de lui, lui confie à sa sortie d'hôpital un carnet dans lequel elle a noté les paroles qu'il a proférées lors de son coma. Un accès à sa boîte noire, en somme, dans laquelle se trouvent consignés ses désirs, ses peurs et ses fantasmes...
   (Ici la couverture de la BD qui a été tirée de la nouvelle). 
   Alors, pourquoi vous proposer un livre que je n'ai pas lu. Il m'a été fortement recommandé par ma maman qui est une excellente lectrice. Je lui fais vraiment confiance en lecture, je trouve qu'elle a de très bons goûts. Mais j'essaierai de lire “La boîte noire” d'ici là et, si elle ne me plaît pas, je vous promets de changer le prix ! 

    La suite par contre, je connais bien, même très bien ! Le troisième prix sont les deux premiers tomes de l'Epouvanteur. Joseph Delanay est un écrivain jeunesse célèbre maintenant grâce à cette série qui vous fera frissonner de délices. Sorcières, gobelins, esprits frappeurs, voilà les créatures que Tom, notre héros, doit côtoyer tous les jours. Son métier ? Epouvanteur, enfin, apprenti. Il doit chasser les ténèbres pour que la paix règne sur le Comté. Mais quand le Malin en personne vient semer le chaos, les choses commencent à se corser. 
   Je suis fan de cette série, je l'avoue sans détours et sans honte, je l'adore. L'écriture est simple, légère, l'histoire rondement menée, l'action toujours au rendez-vous, le suspens de même. Une très belle aventure. 

   Le deuxième prix est un mélange hétéroclite de livres. Celui d'Eric Emmanuel Schmitt que je vous propose est un recueil de trois pièces : Hôtel des deux mondes, Petits crimes conjugaux et Frédérick ou le boulevard du Crime. Toutes sont… comment dire ? Délectables! Hôtels des deux mondes est de loin la plus connue, mais c'est aussi celle que j'ai le moins apprécié. Je vous la résume rapidement : Julien Portal, journaliste sportif, débarque dans un étrange hôtel sans savoir comment il a atterri là. Bien vite, et quelques rencontres plus tard, il commence à comprendre que repartir de cet endroit sera un destination aléatoire, entre la vie et la mort. 
   Ce recueil est un délicieux mélange de philosophie et d'humour qui vous fera autant rire que réfléchir. 
     Le deuxième prix, c'est aussi Paulo Coelho ! L'Alchimiste est la quête d'un jeune berger qui décide de partir à la recherche d'une aventure, la sienne, celle que chaque être humain doit accomplir pour être heureux. Cette quête le conduira dans des pays inconnus où il rencontrera joie et désespoir, amour et dédain. Un voyage initiatique à lire sans vergogne. J'ai beaucoup aimé le principe de Coelho disant que chacun avait quelque chose à accomplir ici, en ce bas monde. Par contre, je n'approuve pas du tout le fait qu'il dise que notre destin est déjà écrit à l'avance par “La Main du Destin” (voyez les majuscules !). Je penche plus du côté des existentialistes, désolée. 
    Ah, Alice Kuipers ! Son livre est super, très émouvant. C'est l'histoire d'une mère et sa fille qui ont tellement peu de temps à se consacrer l'une à l'autre qu'elles ne communiquent que par de petits post-it accrochés sur le frigo. Je n'en dis pas plus pour ne rien gâcher ! Le principe est là, le rendu superbe ! 

 
  Enfin, le premier prix ! Parlons-en !   La baron perché est l'histoire de Côme qui, suite à une dispute avec son père, prend la résolution de vivre au-dessus de tous sans plus jamais toucher terre. Le récit est raconté par le petit frère de Côme qui nous livre toutes les aventures de Côme avec sensibilité et une plume légère.

Ensuite, nous avons la Machine à Rêves de Jean-Louis Lafontaine. Suite à la découverte d'un journal du Chevalier de Saint-Fron, Athanase Hermont et son petit-fils Walter Citerne, se mettent en quête de la fabuleuse Machine à rêves qui pourrait réaliser le voeu qui nous est le plus cher. Une aventure qui les plongera dans la recherche de la communion avec la nature, mais qui va s'avérer beaucoup plus dangereuse que prévue. 


Enfin, vous allez avoir le choix entre trois de mes manuscrits : “Le masque de la princesse”, “Eros et Thanatos” et “Réflexions d'une marionnette de papier”.  Je vous en fais un rapide résumé. 

Le masque de la princesse : la princesse Eliya est promise à l'héritier de l'empire de Lavia. Avec cette union, le modeste royaume d'Asrestos accédera aux hautes sphères de la société et se taillera une place de choix aux côtés des grands de ce monde. Mais Eliya n'est pas celle qu'on croit. Pour être une dernière fois celle qu'elle est vraiment, elle choisit de se tourner vers les armes. Et pour lui apprendre, qui de mieux que le fougueux et arrogant Liam  qui n'a pas l'air d'avoir la langue dans sa poche ? Mais le jeune homme est aussi intelligent que curieux et bien vite, il verra le revers de la médaille…  

Eros et Thanatos : il existe dans ce bas monde des êtres possédant des pouvoirs pouvant égaler les Dieux. Malheureusement pour eux, car la vie est bien difficile, mais certains humains sont là pour leur tendre la main. Ceci est l'histoire de plusieurs d'entre eux qui, malgré leurs différences, vont apprendre à s'aimer et connaître l'amitié : Nathanaël que les ombres obligent à tuer, Azela, une mystérieuse jeune fille rencontrée au détour d'un couloir, Ael qui est entraîné malgré lui dans la fuite de Cinaed, un jeune homme pouvant faire jaillir des flammes et Gabrielle dont l'actuel travail est de veiller sur une jeune femme cachée derrière des paravents. Tous sont liés les uns aux autres, mais leurs liens seront-ils assez forts ou Thanatos finira-t-il par les arracher des bras d'Eros ? 

Réflexions d'une marionnette de papier : Mathias est un adolescent à la santé fragile qui s'ennuie. Il vit à Honeda, une ville excessivement riche de la superficie d'un pays. Un jour, il rencontre Noé, une terroriste de papier, cet ordre qui prône la liberté, traquée par le gouvernement et il la recueille. Elle va lui raconter son passé, lui parler de l'écriture et de la lecture. Mais, au fur et à mesure, au contact de l'adolescent, des questions  naissent dans la tête de la jeune femme. Qui est-il en réalité ? Quel lourd secret cache-t-il ? Dans ce jeu de miroir, la vérité pourrait être bien plus horrible qu'elle ne le croyait… 

Et voilà, vous savez tout ! Alors, satisfaits ? Je vous donnerais les derniers détails du concours le trois avril. A très vite !

Marine Lafontaine 
  

mardi 12 mars 2013

CHAPITRE 5

  Et voici le chapitre 5 de notre fiction ! Hé oui, je profite de ce que le lycée soit fermé (cause : neige) pour vous le mettre en ligne dès maintenant. Alors, sans plus attendre, venez découvrir le secret des Phamvarna et les nouveaux masques dont vont se revêtir les personnages…



   Rima et Lizzie, vêtues de tenues similaires, se faufilèrent à travers le manoir. Cette dernière sentait son excitation monter en flèche. Elle allait enfin savoir la vérité sur cet endroit !
-     Cachez-vous ! lui ordonna soudain Rima.
Les deux jeunes filles se coulèrent derrière une colonne de pierre. Toboré, lampe tempête à la main, avançait d’un pas vif. De l’autre, il tenait un couteau. Le visage de Rima s’assombrit alors que cette vision faisait frissonner la duchesse. 
-     Dépêchons-nous, murmura la servante de Wait.
-     Qu’est-ce qu’il fait avec ce couteau ?
-       Il est sans doute chargé de m’éliminer, répondit la jeune femme d’un ton tranquille alors que son interlocutrice sursautait. Je vais devoir quitter le manoir plus tôt que prévu… 
-     Mais… Et Gilles ?
-      Quoique je fasse, il ne quittera pas le manoir tant que sa famille sera entre les mains de Wait.
-      Je n’y comprends vraiment rien… 
Elle tiqua soudain alors que les pièces du puzzle s’assemblaient dans sa tête.
-     Un piège, murmura-t-elle.
-     Comment ?
-      Vous avez tendu un piège à Gilles et sa famille ! C’est vous qui avez incendié le manoir et tué les domestiques !
-    … Oui, c’est nous… 
-      Wait a fait ça pour se venger du fait que sa famille l’ait tenu à l’écart ? C’était pourtant pour sa sécurité !
-    Non… La vérité est bien pire… 
-     Quoi ?
-     Dépêchons-nous, Mademoiselle !
Elle tira une clé de son corset et l’introduisit dans la serrure d’une lourde porte de chêne, renforcée par des plaques métalliques. Les deux complices se glissèrent dans une pièce étroite divisée en deux cellules de part et autre d’un minuscule couloir d’accès. Dans l’une dormaient deux enfants et dans l’autre, cela ne pouvait qu’être…  
-      Les Seigneurs Phamvarna ! tiqua Lizzie.
Ces derniers chantaient à tue tête et dansaient dans leur geôle aux murs couverts de moisi. Ils sourirent à la vue des jeunes filles.
-      Ah, Rima ! Tu nous amène la nouvelle domestique ! se réjouit l’homme. Comment s’appelle-t-elle ?
-    Lizzie, Mon Seigneur, s’inclina Rima.
-    C’est fort bien. Oh, ma chère, notre dîner est-il prêt ?
L’intéressée rougit, confuse.
-    Non, mes Seigneurs, mais il sera prêt dans peu de temps.
-     Excellent !
-      Ils sont fous, s’étrangla l’héritière des Nemurine.
-     Drogués, rectifia sa complice. Ils se croient dans leur résidence secondaire et… on les a rendu un peu euphorique.
-       Un peu ?… Les autres, ce sont Green et Black ?
-     Ce sont leurs surnoms. En réalité, ils s’appellent Perlæ et Lando. Tous quatre sont les otages de Wait.
-    Pour forcer Gilles et Holly à travailler pour lui ?
-    Normalement, seul Gilles faisait parti du contrat. Il a proposé de servir Wait si ce dernier relâchait sa famille en contre partie, ce qu’il fit. Mais Holly, Perlæ et Lando sont allés chercher leurs parents pour qu’ils viennent en aide à Gilles… et tous sont tombés dans une embuscade.
-       Quoi ?
-       Wait avait prévu qu’ils feraient ça et les a emprisonné. Mais Holly a été gravement blessée. Depuis, elle délire, mais a conscience de ce qui se passe autour d’elle sans parvenir à l’exprimer, sauf tout à l’heure, comme tu l’as vu. On ne pouvait pas la laisser en cellule, ça l’aurait tuée.
-       Hum… Ça n’explique pas que… Attends ! tiqua soudain Lizzie. Non, laisse tomber, ce serait complètement dingue… 
-      Tu t’es dis que les parents en question qu’étaient allés chercher Holly et les jumeaux étaient les Seigneurs Phamvarna ?
-     … C’est vrai ?
-       C’est vrai.
-        Mais… Même s’ils sont les enfants des Seigneurs, Wait est plus âgé que Gilles, il n’est donc pas l’héritier ! C’est toujours le plus jeune qui… 
-      En fait, il n’a pas une goutte de sang bleu dans les veines.
Lizzie sentit ses yeux s’écarquiller… Mais… Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Et Gilles était donc… son fiancé ? 
-       Il faut que… !
Des bruits de pas l’interrompirent. 
-       Bon sang ! jura Rima. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me retrouve si vite. Mademoiselle, je dois partir ! Attendez au moins cinq minutes avant de faire de même !
-     Mais… 
-     Je n’ai pas le temps de vous expliquer d’avantage ! Mais je vous en prie… Sauvez Gilles !
Elle recula puis fit volte face. Elle ouvrit la porte et s’élança dehors.
-         Elle est là ! cria Toboré.
Lui et une autre personne, Léna assurément, se lancèrent à sa poursuite. Lizzie se mordit la lèvre inférieure.
-     Rima je t’en prie, ne meurs pas, murmura-t-elle.
-      Vous êtes la duchesse Nemurine ?
Lizzie se tourna vers la source de la voix. L’un des jumeaux s’était réveillé. Tout comme Holly et Gilles, il possédait de magnifiques yeux bleus. 
-      Bonjour… Lando, c’est ça ?
Le garçon hocha la tête. Il se leva en prenant garde de ne pas réveiller sa sœur jumelle.
-      Je vous reconnais, sourit-il. Gilles nous avait montré des portraits de vous. Il était très fier de sa fiancée.
Malgré elle, la jeune fille se sentit rougir, ce qui amusa Lando.
-     Comment va mon petit frère ? demanda-t-il, redevenant grave.
-     Pas… Pas très bien… 
-     Il doit quitter ce manoir !  
-     Mais… Et vous deux ? Et vos parents ?
-      Perlæ et moi sommes décidés depuis bien longtemps. Quant à nos parents… Ils ne sont rien de tels. Ils n’étaient jamais à la maison, vivant dans leur résidence secondaire. Ils imposaient à Gilles une pression monstrueuse. Ils ne peuvent même pas être considérés comme des être humains.
Il avait craché ces derniers mots en dardant sur ses parents une œillade incendiaire. Indifférents, ces derniers continuaient de chanter dans leur cellule.
-     Mais… murmura Lizzie… Qu’est-ce qu’il s’est passé, en réalité ?
-     Tout a démarré à cause de Rima, soupira Black. Elle a séduit Gilles avec sa belle voix, telle une sirène.
-      Sa voix ?
-      Hum… Gilles adore les romans. Rima avait l’habitude de lire à voix haute dans la forêt et… 
-       Et c’est tout, trancha une voix identifiable entre milles.
Lizzie fit volte face. Dans l’encadrement de la porte, Gilles avait l’air plus pâle que jamais. L’héritière des Nemurine songea un instant qu’il était son vrai fiancé et éprouva un étrange soulagement, bien vite remplacé par de la colère et de l’incrédulité.
-      Alors comme ça… Tu es l’héritier des Phamvarna…
-        Je ne le suis plus, répliqua l’intéressé. Les titres de noblesse, l’étoile de rose, le manoir, le domaine tout entier… Tout appartient à Wait et ce, légitimement. Les papiers sont à son nom.
-     Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas te laisser faire ça ! Laisse-moi t’aider, Gilles, et… 
-      Si tu veux m’aider, épouse-le.
-       Quoi ?
   Lizzie écarquilla les yeux, incrédule. Il n’y avait aucune hésitation dans le regard de Gilles… 
-    Une fois l’alliance scellée, les Seigneurs Phamvarna ne pourront plus rien contre Wait. Alors il pourra régner ici en toute tranquillité tandis que je disparaîtrai dans la nature avec mon frère et mes sœurs, selon notre accord.
-    C’est du n’importe quoi ! cracha Lizzie, furieuse.
-     Ça te déplaît tant que ça de l’épouser ?
-     Là n’est pas la question ! Qu’est-ce qui te dit qu’il remplira votre accord, d’abord ? Tu lui as déjà demandé de laisser ta famille en paix et il leur a tendu une embuscade !
-    Black ! siffla Gilles.
-     Pas moi, Rima ! se défendit Lando en levant ses mains vides en guise de preuve de son innocence.
-       Non, mais c’est pas vrai ! Voilà un an que je m’échine à tout ce qu’aille dans le sens des plans de Wait ! J’ai volé, menti et corrompu ! Et cette duchesse avec ces idées stupides va tout gâcher !
-     Idées… stupides ? Tout ce que je veux, moi, c’est t’aider !
-     Tu ne peux pas, combien de fois faudra-t-il te le répéter ? Pas de la manière que tu crois… tu ne peux pas… 
   Sa voix n’était plus qu’un murmure. Il se recroquevilla soudain sur lui-même, les bras croisés sur la poitrine, comme pour étouffer une douleur trop forte. Et là, il éclata en sanglots amers. Désarçonnée par cette faille dans cette carapace qu’elle pensait plus dure que le diamant, Lizzie demeura un long moment interdite. Les yeux de Lando s’assombrirent, mais il ne prononça pas un mot. Il passa ses bras entre les barreaux de sa geôle et attira son jeune frère contre lui pour le bercer. Deux mains vinrent se joindre aux doigts de Lando pour caresser les cheveux de Gilles. 
-     Perlæ… murmura Lizzie.
Muette de naissance, la jeune fille lui répondit par un petit sourire. Gilles sembla se calmer sous les cajoleries de sa sœur. Il sécha ses yeux dans un geste rageur puis enlaça les jumeaux à son tour. Le métal des barreaux était si froid contre la peau nue de leurs bras… Pourtant, la chaleur de sa famille, de leurs corps, de leur présence, le réchauffa délicieusement. Lizzie n’arrivait plus à prononcer un mot, émue par cet échange. La poitrine de Gilles se soulevait difficilement. Quel lourd fardeau qu’était le sien ! Il se redressa, délaissant les jumeaux à contre cœur.  
-   Je reviendrai avec Holly la prochaine fois, leur promit-il.
-    Tu m’en vois ravi, sourit Lando. Repose-toi bien.
Gilles fit signe à Lizzie de le suivre. Ils quittèrent les geôles pour s’engager dans des couloirs sans échanger un mot ou un regard.
-    Ne parlez pas de ce que vous venez de voir à Wait, recommanda Gilles au bout d’un long moment de silence pesant. Il n’hésiterait pas à vous tuer.
Lizzie observa un instant celui qui aurait dû être son fiancé. Elle détailla son visage noble, son œil unique à la couleur si intense, ses cheveux secs et sales, la tristesse qu’on lisait en lui.
-   Gilles, nous avons des soldats à la garde des Nemurine. Ils ne feront qu’une bouchée de Wait, tu le sais, non ? Ils peuvent résoudre ce problème…
-   Oui, on pourrait faire ça, soupira Gilles. Mais je suis… j’étais un Phamvarna et j’ai hérité de leur orgueil. Je ne veux quémander de l’aide, quoiqu’il m’en coûte. De plus, notre blason serait souillé à jamais si notre situation venait à s’ébruiter. Je ne veux pas humilier mes parents une nouvelle fois.
-   Mais…
-    Cela ne sert à rien, lady Elizabeth.
-    Je n’épouserai pas Wait.
   Sa voix était sans appel.
-     Celui avec qui je devais me marier était l’héritier des Phamvarna : toi, Gilles. Pas un homme vicieux et sanguinaire tel que Wait.
   Gilles lui adressa un curieux petit sourire.
-     Si Rima n’avait pas été là, j’aurai été ravi de faire votre bonheur… Lizzie.
   Sur ces mots, il s’inclina et tourna les talons. L’écho de ses pas ne tarda pas à s’éteindre au loin.

Lizzie défit ses cheveux et recueillit de l’eau dans une vasque dans le creux de ses mains en coupe. Elle s’en aspergea le visage. Puis elle s’appuya dessus et un soupir franchit ses lèvres.
-     Quelle journée… Moi qui avait peur de m’ennuyer… J’en reviens presque à regretter le domaine familial !
   Elle avait atterri dans un univers étrange, faux et théâtral, un monde plein de mensonges et de sang où elle ne se sentait pas à sa place. Pourtant, ce monde, elle le connaissait, le destin des Nemurine étant lui-même imprégné d’une semblable essence. Son père avait assassiné ses propres frères pour accéder à l’héritage. Ah, il avait été bien content que sa femme mette une fille au monde ! “Une qui ne pourra pas m’avoir !”, avait-il déclaré avec satisfaction à sa naissance. Il n’avait pas tort, dans un sens : l’héritage ne valant rien aux yeux de sa fille, cette dernière ne représentait guère une menace pour lui.
La jeune fille se laissa tomber sur son lit. Elle songeait à son fiancé, le vrai, au futur qui l’attendait et à cet usurpateur. Elle ne voulait épouser Wait, non par caprice, mais parce qu’elle était certaine que cette union scellerait le destin des enfants Phamvarna. Connaissant le personnage, Wait ne tarderait pas à les exécuter, une fois les papiers signés.   
-      Une solution, il me faut une solution et vite. Je ne peux pas laisser Gilles et sa famille continuer à dépérir… 
-      M’amzelle ?
   Sanal entra dans la chambre à pas timide. Il triturait son chapeau entre ses grosses paluches, l’air indécis.
-     Qu’y a-t-il ? l’interrogea Lizzie, surprise par son attitude.
-      On a p’oblème.
-       Quel problème ?
-      C’est miss Holly, M’amzelle. E’ va pas b’en, pas b’en du tout.
    La santé d’Holly était une sérieuse préoccupation, elle aussi. Lizzie frémit et se leva d’un bond. D’un pas rapide, elle se mit à tourner dans la pièce, sous l’œil inquiet de son serviteur. Que pouvait-elle faire ? Que devait-elle faire ?
Une idée lui traversa soudain l’esprit.
-      Sanal, tu n’aurais pas un serrurier dans ta famille, par hasard ?
-       Famille très, très nombreuse, M’amzelle, précisa Sanal. ‘n a sœurs servantes, frère forgeron, frère médecin, sœur mariée et encore plus, mais pas serrurier, M’amzelle.
-        Médecin ?… Oui, cela devrait faire l’affaire !
-        Com’ent ça, M’amzelle ?
-       Wait doit avoir un rendez-vous important demain. Gilles et Lena seront sûrement avec lui. Et si… Oui, ça pourrait le faire… 
-        … 
-       Dis, Sanal, ton frère médecin et celui qui est forgeron, tu crois que tu pourrais les faire venir ici pour demain ?


   Et voilà pour ce chapitre. Encore deux, trois et ce sera la fin de nos aventures en compagnie de Lizzie et Gilles. Dans le prochain, vous allez enfin découvrir ce qui s'est réellement passé au manoir avec Wait, les Phamvarna et Rima… Attendez-les avec impatience, voici bientôt la suite !

Marine Lafontaine