dimanche 22 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 8

Bien le bonjour, tout le monde ! 

Et oui, encore et toujours un nouveau chapitre ! Cette fois-ci, nous allons connaître le déroulé de l'après-midi de notre petit Félix qui a été embarqué par les lapereaux pour diverses activités. Et Oswald nous réserve une petite surprise en fin de chapitre…

Bonne lecture ! 




Quelques heures plus tard, Cuphead fut autorisé à emmener son petit frère loin des couloirs aseptisés de l’hôpital. L’aîné n’était pas réellement confiant. Il craignait de voir le blessé s’effondrer à tout moment, même si ce dernier lui assurait qu’il allait bien.
-       J’ai eu tout le repos dont j’avais besoin depuis que tu m’as oublié ici, ajouta Mugman sur le ton de l’humour.
Sa blague n’eut pas l’effet escompté car elle assombrit d’avantage l’humeur angoissée de Cuphead. Celui-ci passa le bras de son cadet autour de ses épaules afin de l’assister dans sa marche. Sa joue se posa un instant contre le front de Mugman. Ah… Il était bel et bien là, avec lui.
Quel soulagement !
-       Ne plaisante pas avec ça, Mug, lui chuchota-t-il d’une voix éteinte. J’ai vécu le pire jour de ma vie sans toi… Je pensais que tu étais mort, que je t’avais tué. Et, peu importe combien j’essayais, je ne pouvais m’enlever cette pensée de la tête…
Mugman se mit à rougir, soufflé par le discours de son aîné. D’ordinaire, son frère n’avait jamais d’aussi tendres paroles à son égard ! Au contraire, il se moquait constamment de lui, de sa maladresse, le traitant d’idiot inutile. Il avait réellement du lui faire sacrément peur pour qu’il se montre aussi gentil envers lui… 
-       Cuppy, s’il te plaît, je ne suis pas habitué à tout cet amour, bafouilla-t-il, embarrassé.


Cuphead rit légèrement de sa gêne. Il passa son bras libre autour des hanches de son cadet puis tous deux se mirent lentement en route.
-       Et maintenant ? finit par lui demander Mugman.
Le regard du larbin du Diable s’étrécit. Maintenant… hein ?
-       On repart en chasse.

*

Félix était assis sur un banc dans le crépuscule, un muffin à la carotte dans la main. Rêveur, il repensait à la charmante après-midi qu’il venait de vivre. Après avoir été traîné bon grès mal grès par des lapereaux bleus des plus enthousiastes, il s’était retrouvé assis au milieu du salon du célèbre Mickey, en train de se faire pomponner comme jamais. Les enfants étaient de véritables pros pour prendre soin des autres ! Pendant qu’un lui limait les griffes, un autre s’occupait de brosser sa fourrure et un troisième époussetait son manteau !


Le pauvre chat s’était demandé dans quoi il s’était encore embarqué ! Mais il avait pu voir Oswald passer du temps avec ses adorables rejetons, alors il avait fini par pensé que ce n’était pas si mal que ça… Car les lapereaux n’avaient bien sûr pas oublié leur père qu’ils avaient brossé tout aussi longuement. Avec des gestes automatiques, Oswald avait agi de manière semblable, même si aucune émotion n’avait transparu sur son visage. Il avait bien eu l’air légèrement surpris de sentir si souvent le regard de Félix sur lui, mais il n’avait fait aucun commentaire.
En réalité, le seul point noir de cette délicieuse après-midi était survenu une heure après leur arrivée à la maison. En effet, les lapereaux, qui avaient définitivement adopté Félix, lui avaient présenté la photo d’une chatte absolument adorable.  
-       C’est maman ! lui apprit un des enfants. Vous lui ressemblez, monsieur !
-       Oh ? s’étonna l’intéressé. Mais elle est si belle comparé à moi…
-       Oncle Mickey dit qu’elle est dans un endroit meilleur, ou quelque chose comme ça, enchaîna le gamin.
-       O… Oh, je…
Félix commençait à comprendre certaines choses… Le lapin avait du perdre sa femme récemment et portait encore son deuil… Il voulut rendre la photo au lapereau, mais il n’eut pas le temps d’esquisser un geste. En un éclair, Oswald avait récupéré le cadre, un air furieux peint sur le visage.  
-       Je suis d… désolé, bafouilla l’écrivain, terriblement mal à l’aise. V… Votre fils me l’a donné…


Les lapereaux fixaient leur père avec étonnement, sûrement interdits par la brutalité de son comportement. Oswald s’éloigna rapidement pour remettre la photo de sa femme à sa place, loin des mains baladeuses de ses petits. Félix prit une profonde inspiration, sentant qu’il n’avait plus sa place ici. Mieux valait-il qu’il s’en aille maintenant… Il se tourna vers les lapereaux et leur offrit un sourire timide.
-       P… Puis-je avoir ma veste, mes chéris ? Je pense que j’ai causé suffisamment de problèmes comme ça…
Les oreilles des petits retombèrent en arrière en voyant le chat récupérer ses affaires. L’un d’entre eux tenta bien de le retenir en faisant remarquer qu’il n’avait pas encore mangé les muffins à la carotte, mais rien ne semblait pouvoir retenir l’écrivain. Les lapereaux se retournèrent alors contre leur père, sourcils froncés. Par sa faute, leur nouvel ami s’enfuyait !
-       Méchant papa, va dans ta chambre ! ordonna le plus strict.
-       Non, va t’excuser, proposa le plus diplomate.
-       C’est exactement ce que j’allais dire, approuva le plus suiveur.
Le frère de Mickey comprit alors qu’il était allé trop loin. Sous le regard autoritaire de ses fils, le veuf revint auprès de Félix qui était en train de remettre ses chaussures dans l’entrée. Leur invité leva un regard perdu sur son hôte puis il lut le message inscrit sur sa fidèle ardoise.
«  Désolé, cette photo signifie beaucoup pour moi. »


La démarche du lapin soulagea grandement Félix. Pendant un moment, il avait cru qu’il le détestait…
-       Oh, c’est bon ! lui assura-t-il avec un sourire. Je n’aurai pas osé la regarder par moi-même, de toute manière. Mais je ne pouvais pas dire non à cet adorable enfant…
Oswald hocha simplement la tête, comme s’il approuvait les dires du chat. Mais, avec ses traits dépourvus d’expression, cela restait difficile à déterminer. Le lapin tendit alors devant lui un muffin en guise de cadeau d’excuse. Rougissant comme un chaton à son premier émoi, Félix accepta la sucrerie à force de grands bredouillements. Les lapereaux observaient son manège avec un sourire satisfait sur les lèvres. Ils ignoraient s’il s’agissait là de leur nouvelle maman, mais ils n’avaient rien contre ! Un des enfants avait d’ailleurs déjà mis une option sur le chapeau de l’écrivain. Rien que d’y repenser, le chat sentait de nouveau le rouge lui monter aux joues !
Un courant d’air froid tira Félix de ses plaisants souvenirs. Il se redressa rapidement.  
-       Je ferai mieux de rentrer, murmura-t-il pour lui-même.

L’écrivain avait prévu de planter sa tente dans un espace éloigné du reste des habitations. Une fois qu’elle fut montée, il s’installa confortablement afin de travailler son manuscrit en cours. Penser à ses rencontres de la journée le faisait doucement sourire. Non seulement, il avait pu faire la connaissance d’un de ses lecteurs, mais en plus il avait sympathisé avec l’adorable famille lapine. Un jour rempli de bien belles découvertes ! Le chat secoua la tête pour chasser son coup de foudre de la tête. Il avait un livre à terminer, il devait se concentrer !
Cependant, il n’était pas au bout de ses surprises. Alors qu’il tentait de se concentrer, une voix parvint jusqu’à ses oreilles. 
-       Hum, cette tente m’est familière, qui pourrait donc bien être à l’intérieur ?
Intrigué par ce ton féminin et joueur, l’écrivain sortit la tête de son abri. Face à lui se dressait une jolie chatte qui avait un adorable sourire sur les lèvres.
-       Salut, l’aborda-t-elle, les poings plantés sur les hanches.


-       Sheba ! s’exclama Félix, le visage métamorphosé par la joie.
Sheba, sa grande amie d’enfance ! Quel plaisir de la revoir ! Il sortit de la tente pour l’étreindre. Sheba rit devant tant d’affection avant de saisir l’écrivain pour les épaules afin de frotter son poing contre le sommet de son crâne, taquine.
-       Alors, comment va ma boule de poils préférée ?
-       Bien, bien, lui répondit l’intéressé entre deux rires.
Ils échangèrent sur divers sujets, heureux de se retrouver. A vrai dire, Sheba tenait une librairie en ville. Félix avait prévu d’y passer demain pour lui faire une surprise, mais son amie l’avait devancé ! Finalement, celle-ci déclara :  
-       Allez, je t’embarque. Viens dormir à la maison, ce sera toujours plus confortable que ta tente. Et comme ça on pourra discuter à notre aise, compléta-t-elle en mimant une personne qui boit, un sourire machiavélique sur les lèvres.
Comment refuser une telle proposition ?
-       Je te suis !

*

Oswald avait été réveillé par les enfants. Inquiété par leurs airs angoissés, il les avait suivis jusqu’au jardin où il avait trouvé son petit frère, assis sur un banc, tête basse. Le veuf s’approcha de lui timidement avant de s’asseoir à ses côtés. Il passa un bras autour de ses épaules pour lui signifier qu’il était présent, là, prêt à l’écouter.

 
Mickey lui adressa un pauvre sourire où ne transparaissait aucune joie. Il prit un lapereau entre ses bras pour le serrer doucement contre son cœur. La fourrure soyeuse des petits avait toujours eu le don d’apaiser les troubles de son esprit. Pourtant, ce soir, cela ne suffisait pas… 
-       Me voilà encore en train d’en faire trop pour des choses qui n’ont pas d’importance… Pathétique, n’est-ce pas ? ajouta-t-il avec un petit rire nerveux. Donald avait raison. Je ne peux pas juste aider tout le monde. Ce gamin avait besoin d'aide, mais lui et son frère ont leur propre vie. Et moi… J'ai un travail et une famille dont je dois m'occuper. Je peux juste lui souhaiter la meilleure des chances…
Mickey n’eut pas de réponse, pas qu’il en ait attendu, de toute manière. Il poussa un soupir et enfouit son visage dans la fourrure qui garnissait le crâne d’un des lapereaux. Lui, le grand Mickey… Quel piètre héros il faisait ! Même pas capable de sauver un simple enfant ! Un léger raclement de gorge lui fit soudain redresser la tête. Sous son regard halluciné, Oswald porta sa main à sa gorge dans une grimace. Puis, doucement, il parvint à dire :
-       Tu es trop bon pour ce monde, frangin. C’est pourquoi j’étais toujours jaloux de toi, confessa-t-il avec un doux sourire.
Un silence pesant suivit sa déclaration. Oswald se rendit alors compte que ses fils et son frère dardaient sur lui un regard médusé, comme s’ils venaient d’assister à l’événement le plus étrange et dérangeant de l’année. Puis, tout à coup, les lapereaux explosèrent de joie ! Ils se jetèrent sur leur père en hurlant leur ravissement. Ils réclamaient tous l’attention d’Oswald, quémandant des phrases qu’ils souhaitaient entendre depuis si longtemps ! Leur père avait parlé ! Cela ne pouvait dire qu’une chose : il guérissait ! Et rien n’aurait pu les rendre plus heureux…
-       Papa, dit « Je t’aime » !
-       Non, dis « Mes enfants sont géniaux » !


Le lapin, qui ne s’attendait absolument pas à un tel déchainement d’allégresse, ne savait plus où en donner de la tête ! Tout à coup, il reçut un Mickey larmoyant dans les bras ! Son petit frère s’agrippa avec force à lui, comme s’il était sa bouée de secours. Ses épaules tremblaient… 
-       Oh, Ozzy…  Ta belle voix m’a manqué… Et ton doux sourire aussi… Ils m’ont tant manqué !
Emu, le veuf ne sut quoi dire. Il avait juste parlé afin de remonter le moral de son cadet, mais voilà que celui-ci pleurait à chaudes larmes sur son épaule. Il sourit doucement et l’enlaça à son tour. Son cher petit frère aux épaules si menues… Il lui avait causé bien des soucis, n’est-ce pas ?
Oswald remarqua soudain qu’un de ses fils portait un drôle de couvre-chef. Il était persuadé de déjà l’avoir vu, mais où… ?
-       Attend, ce ne serait pas le chapeau de ce gars… ?
-       Ouais ! répondit fièrement le lapereau. Il me l’a donné !


Un air coupable se peignit sur le visage du lapin.
-       C’était une personne vraiment gentille… J’ai gâché votre temps avec lui, n’est-ce pas, les enfants ?
Tous les lapereaux protestèrent dans un bel ensemble, à l’exception de quelques uns de droite à gauche qui approuvaient d’un air accusateur. Mickey leur fit signe de se taire puis se tourna de nouveau vers son aîné.
-       Nan, ne t’inquiète pas, Ozzy, le rassura-t-il. Je suis sûr n’était pas si fâché que ça !
Oswald le remercia d’un sourire. La souris comprit alors qu’il ne tirerait rien de plus de son frère. Le veuf avait fait un effort considérable pour le rendre heureux, mais il ne souhaitait pas continuer cette conversation. Le directeur du cirque proposa alors à l’ensemble de la petite famille d’aller se coucher.

vendredi 20 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 7

Bien le bonjour, tout le monde ! 

J'ai tellement de bons retours, comment s'arrêter d'écrire ! Un grand merci à toutes et tous ! Et un autre grand merci à mes lecteurs qui viennent de Tumblr et de Wattpad pour tous vos adorables messages ! Ça fait tellement chaud au cœur ! 

Mais j'arrête de parler et je vous laisse profiter du nouveau chapitre. Ah, oui ! J'ai oublié de vous le dire ! Une surprise vous attend en deuxième partie… 

Bonne lecture !




Après avoir déposé Cuphead à l’hôpital le plus proche, Boris et Bendy décidèrent ensemble de retourner au restaurant. L’aîné avait protesté, mais le jeune loup avait argué qu’ils ne pouvaient partir ainsi sans un mot d’excuse.
-       Déjà, il faut qu’on lui dise qu’on va bien, sinon, il sera très inquiet, expliqua l’apprenti mécanicien. Et… !
-       Désolé, Boris, le coupa Bendy. Mais, tu sais, personne n’agit ainsi sans raison.
Son cadet fronça les sourcils, dérangé par le sous-entendu qui planait dans les paroles du malade.
-       Et alors ? le relança-t-il.
-       Allons, frérot, personne n’est aussi gentil sans attendre quelque chose en retour.  

 
Boris eut un sursaut. Comment Bendy pouvait sortir des horreurs pareilles ? Il ne pouvait le laisser ainsi traîner le nom de son idole dans la boue ! Monsieur Mickey lui avait proposé du travail, il les avait invités à déjeuner. Il s’agissait de quelqu’un de bien, alors il se devait de le défendre.
-       Merci, mais je sais ce que je fais, rétorqua-t-il. De plus, je ne peux pas juste refuser une offre comme ça, spécialement de quelqu’un aussi incroyable que monsieur Mickey. Il était là aussi pour toi, tu te rappelles ?
Il était rare de voir Boris s’enflammer ainsi ! Mais Bendy n’était pas admiratif du tout. Non, au contraire, son discours lui irrita les oreilles. Quand son cadet cessera-t-il enfin d’agir comme un enfant !?
-       Tu donnes trop facilement ta confiance, asséna-t-il d’un ton acerbe. Pourquoi tu ne grandirais pas, pour une fois ?


Son attaque fit mouche. Boris sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu’un sentiment de honte lui dévorait le visage. Il croisa les bras et renifla bruyamment pour se donner contenance.
-       Je ne le ferai pas, répliqua-t-il, car je suis déjà un grand ! Et je ne me comporterai pas comme un…
Sans lui laisser le temps d’achever sa phrase, Bendy l’attrapa par le col et l’obligea à se mettre à genoux pour que leurs visages soient à la même hauteur. L’aîné attrapa ses joues entre ses mains en coupe, le regard douloureux. Son adorable petit frère… Mais que deviendrait-il une fois que l’Inkness l’aurait fauché ? C’était cela qui l’effrayait le plus, bien plus que la mort elle-même.
-       J’espère que tu n’oublies pas que je t’aime plus que tout au monde, n’est-ce pas ? lui murmura-t-il.
Boris n’osait pas bouger, soufflé par la souffrance qu’il lisait sur les traits de son aîné. C’était lui… qui provoquait un tel sentiment ?
-       Bien sûr que je ne l’oublie pas, murmura le jeune loup, la gorge nouée. Tu veux toujours le meilleur pour moi, je sais, je sais…
Il colla son front contre le petit torse de son aîné. Ce dernier enlaça sa tête et appuya sa joue contre le sommet du crâne de Boris.  
-       Mais, poursuivit celui-ci, j’ai l’impression que le meilleur est le pire… Et là, je ne peux pas t’obéir. Je veux aller m’excuser auprès de monsieur Mickey, Bendy. Il le faut.


L’intéressé poussa un soupir. Il ne lâcherait pas le morceau, hein ?
-       Très bien, céda-t-il. Juste une excuse, d’accord ? Après, on s’éloigne de cette souris de malheur.

*

Quand Mickey franchit le seuil du restaurant, il s’arrêta net, frappé par le spectacle de désolation qui s’offrait à lui : tables renversées, clients apeurés, lustres brisés, murs perforés ! Plaqués contre un mur malmené, Max et Donald n’osaient toujours pas esquisser un seul mouvement. Le pauvre canard avait le bout de queue noire ! Visiblement, le rayon mortel de Cuphead avait bel et bien fait une victime… 


Mickey se précipita vers ses amis afin de vérifier s’ils allaient bien. Plus loin, Dingo était tranquillement en train de ranger les tables, comme si de rien n’était. La souris s’approcha de Max qui affichait un air de panique totale. 
-       Oncle Pete va me tuer, gémit l’adolescent.
-       Mais non, mais non, tenta de le calmer le directeur du cirque. Nous lui expliquerons tout, pas de soucis. Mais, et si tu me racontais tout d’abord ce qu’il s’est passé ?
Max hocha péniblement la tête et se lança dans un récit décousu, récit haché par les interruptions incessantes et bruyantes de Donald. Résultat, la souris n’y comprenait absolument rien ! Tout à coup, elle se rendit compte qu’une personne manquait…
-       Mon Boris ! s’exclama-t-elle.


Sans hésiter, Mickey se dirigea de nouveau vers la sortie en courant. Il fallait qu’il retrouve Boris ! Si quoique ce soit arrivait à cet enfant, il ne pourrait jamais se le pardonner. Tout cela serait sa faute ! Mais, alors qu’il franchissait la porte du restaurant, il tomba justement nez à nez avec celui qu’il cherchait.
-       Bonjour, monsieur Mickey, le salua le jeune loup, accompagné d’un Bendy taciturne.
Mickey se mit à rougir d’embarras. Pourvu qu’il ne l’ait pas entendu crier !
-       Oh, merci mon Dieu, tu… vous êtes sains et saufs ! T… tous les deux !  
Son visage prenait de plus en plus une belle teinte coquelicot qui pouvait concurrencer celui de Boris, gêné. Bendy, lui, dardait sur la souris un regard mauvais. Qu’est-ce qui lui prenait, à cette fichue souris ? « Son Boris » ? Et puis quoi, encore ! Ils revenus sur leurs pas uniquement parce que son cadet avait insisté. Mais il ne laisserait pas ce directeur de cirque de pacotille enrôler son louveteau !
Pendant qu’il ruminait, Mickey s’était approché du jeune loup et avait posé sa main sur son avant bras. A ce toucher, la queue de Boris se mit à battre joyeusement l’air.
-       Tu sais ce qu’il s’est passé, ici ? le questionna le directeur du cirque. Ou tu l’as manqué comme moi ?
-       Hé bien… bredouilla Boris.
Il fut interrompu par Bendy qui s’immisça entre lui et son idole et écarta violemment les doigts de la souris d’un revers de bras.
-       Désolé, nous ne sommes pas vraiment tactile, c’est un truc de famille, assura-t-il.

 
Boris voulut protester face à un comportement aussi rude, mais un regard de son aîné suffit à le faire taire. Bendy se tourna vers Mickey.
-       Merci pour tout, mais nous sommes pressés, lui apprit-il. Demande juste à un de tes amis ce qu’il s’est passé.
-       J… Je peux toujours vous inviter autre part, proposa maladroitement la souris, blessée par la froideur du ton de son interlocuteur.
-       J’ai dit que nous étions pressés, le coupa le mécanicien.
Sans ajouter un mot, ou ne serait-ce qu’un regard, à l’égard de Mickey, Bendy sortit du restaurant. Embarrassé par son comportement, Boris salua son idole avec un pauvre sourire avant d’emboîter le pas de son aîné, oreilles basses. Le directeur du cirque les regarda partir, résigné. Alors il n’aurait pas réussi en définitive, hein… Une main se posa sur son épaule. Dingo lui sourit gentiment.
-       Tu ne peux pas porter le monde entier, Mick’… 
L’intéressé eut un triste sourire à l’égard de son ami. Ce dernier rit puis l’invita à le rejoindre dans ses travaux de réaménagement. Alors Mickey attrapa un balai et se mit à déblayer les gravats.
Après tout, que pourrait-il faire d’autre ?

*

Mugs… Mugs, où es-tu… ? Mugs !
Cuphead revint brutalement à lui. Il se redressa dans son lit comme un ressort, les yeux écarquillés, le souffle court.


Désorienté, le frère de Mugman se mit à observer autour de lui. Cette chambre lui était totalement inconnue… Où était-il ? Que faisait-il là ? Et comment avait-il atterri ici ? Ses souvenirs étaient extrêmement confus… 
Quelle importance, après tout… ?
Cuphead repoussa ses draps pour mettre pied à terre. Alors qu’il s’apprêtait à se lever, la porte s’ouvrit sur une petite infirmière qui semblait surprise de le voir assis.
-       Oh, monsieur Cuphead ! s’exclama-t-elle. Vous êtes réveillé !
Elle voulut l’interroger pour savoir comment il se sentait, mais elle n’en eut pas le temps. Tout à coup, un « Vous ! » tonitruant retentit et une seconde infirmière débarqua dans la chambre. Cependant, celle-ci semblait habitée par une grande colère. Sans ménagement, elle attrapa Cuphead par son col et l’obligea à le suivre à travers les couloirs de ce que le patient identifia être un hôpital.
-       Viens ici, crétin ! lui ordonna la lapine révoltée.
-       Fanny, s’il te plaît, sois gentille ! la supplia sa collègue qui la suivait, inquiétée par sa brutalité. 
-       Qu’est-ce qu’il se passe, mademoiselle ? protesta faiblement la victime de Fanny.


L’intéressée garda le silence. Elle finit par repousser le battant d’une nouvelle chambre où elle balança son patient sans aucun ménagement, hautaine.
-       Tu ne peux pas juste jeter tes déchets ici, le tança-t-elle, le sourcil haut. Tu es censé revenir et les récupérer.
Cuphead lui jeta un regard halluciné, ne comprenant absolument rien à son discours insensé. Ce fut une petite voix qui le ramena à la réalité. Une fluette et fragile petite voix… 
-       C… Cup ?
L’interpellé fit brutalement volte face. Son souffle se suspendit dans sa gorge alors que des tremblements s’emparaient de son corps. Face à lui, un blessé venait de se redresser maladroitement, les membres enserrés dans des bandes de gaze. Des larmes roulaient sur ses joues pâles.
-       Où étais-tu ? gémit le patient. J’ai cru que tu m’avais laissé ici pour toujours… 
-       M… Mugman… 
L’aîné marcha d’un pas d’automate jusqu’à son cadet. Il se laissa tomber près de son lit, les yeux écarquillés. Ce n’était pas une illusion ? N’est-ce pas ? Le Diable ne lui jouait pas un tour, hein ? Sans réellement y croire, Cuphead avança ses doigts pour effleurer la peau de porcelaine de Mugman.
-       T… Tu es réel ? s’étrangla-t-il.
-       Ne me parle pas, grommela le blessé. Je suis fâché contre toi… 
-       Je ne suis pas fou, hein ? se mit à débiter son aîné, de nouveau gagné par des frémissements incontrôlables. Je peux te voir, je peux te toucher…
-       Cup ?  


Il était réel ! Aucune illusion ne pouvait avoir sa chaleur ! Aucune hallucination ne pouvait imiter sa voix ! Aucun sortilège ne pouvait reproduire sa présence ! Cuphead se redressa d’un bond et enlaça son jeune frère de toutes ses forces. Il était vivant ! Bon sang ! L’aîné ne savait qui il devait remercier pour ce miracle, mais bon sang… ! Merci ! Des larmes de soulagement et de joie se mirent à dévaler ses joues alors qu’il couvrait le visage de son cadet de baisers.
Il était vivant !
Mugman riait sous les assauts de son aîné, couvé par le regard énamouré de la gentille infirmière et celui, blasé, de la seconde. Elles décidèrent finalement de quitter la chambre pour laisser les deux frères profiter pleinement de leurs retrouvailles. Cuphead et Mugman demeurèrent enlacés longuement, heureux d’être enfin réunis. Peut-être que l’aîné ne se rappelait pas de la manière dont il avait atterri ici, mais ce n’était pas grave !
Il était avec son frère, alors… c’était tout ce qui comptait.


jeudi 19 octobre 2017

BENDY AND BORIS, CHAPITRE 6

Bien le bonjour, tout le monde !

Devinez qui est de retour dans ce chapitre ? Notre antagoniste préféré, bien entendu ! Mais il revient vers nous dans un sacré état… Je vous laisse le découvrir par vous-même.

Bonne lecture !




Quand Félix fut parti, Boris s’installa avec son aîné qui souriait tranquillement, heureux d’avoir finalement pris la décision de rester un peu plus longtemps en ville.
-       Mec, j’ai rencontré le Félix, murmurait-il d’un air rêveur. Et en plus, il écrit un nouveau livre !
Boris rit, amusé par l’expression émerveillée de son aîné.
-       Dire qu’on a rencontré nos deux idoles, s’exclama le jeune loup. Sacrée journée !
La porte du restaurant fut tout à coup écartée. Le battant s’écrasa contre le mur dans un violent claquement, attirant l’attention de l’ensemble des clients présents. Un homme se tenait sur le seuil de l’établissement, le regard sombre, le visage plus lisse qu’un masque. Avec horreur, les deux frères reconnurent Cuphead.


Ce dernier fit courir ses yeux morts sur l’ensemble de la salle. Quand ils parvinrent à ses cibles, un horrible sourire vint défigurer son visage. Boris descendit de son tabouret, les oreilles couchées en arrière.
-       Monsieur, votre frère… ? Votre frère va bien ?
Bendy l’attrapa par le coude pour le forcer à reculer. L’expression de leur agresseur n’était que haine. Il devait certainement les tenir responsable pour l’accident !
-       Boris, on doit sortir d’ici, le pressa l’aîné.
-       Mais… !
-       Maintenant !
Une lumière bleue envahit soudainement le restaurant. Bendy et Boris virent avec horreur Cuphead s’avancer d’un pas mécanique vers eux, paume levée, prêt à lâcher de nouveau un laser mortel. Il les aurait… Cette fois-ci, il les aurait ! Il allait les tuer !
Ils ont tué Mug !
Les deux mécaniciens prirent la fuite le plus vite possible. Dans leur dos, Cuphead venait de relâcher son pouvoir. Les clients se jetèrent sous les tables en hurlant alors que la vague d’énergie pure frappait les murs du restaurant. Les frères coururent vers les cuisines et Bendy défonça d’un coup d’épaule la porte de sortie. Riant tel un fou furieux, Cuphead les prit en chasse.
Tuer, tuer ! Tuer ! Je vais les tuer !


Le nervi du Diable se lança à la poursuite des frères à travers les rues de la ville. Cuphead ne pouvait s’empêcher de rire, de rire comme un hystérique. Son pouvoir le torturait, il fourmillait dans ses doigts, il pulsait, il brûlait ! Il allait perforer d’abord le corps de Boris. Oui, rien que pour voir l’expression de désespoir de Bendy. Puis, après, oui, seulement après, il tuerait le malade. Il l’achèverait avec joie !
Le frère de Mugman lâcha une injure quand il s’aperçut que ses deux proies lui avaient échappé. Il s’arrêta et fit courir son regard dément sur les rues alentours. Où étaient-ils ? Où étaient ces ordures ?  
-       Hé, les gars ! les appela-t-il. Pas besoin de se cacher ! Allez, venez ! Putain, je veux juste vous buter, c’est tout ! Et je vais adorer ça…
Mais où s’étaient cachés ces raclures ? Revenez ! Revenez ! S’il les tuait, peut-être, peut-être que le Diable accepterait de sauver Mugman. Son petit frère, il fallait qu’il vive ! Il allait devenir fou sans lui… Complètement fou !
-       Je vais vous trouver ! enchaîna-t-il, un sourire de plus en plus illuminé sur les lèvres. Je le fais toujours ! Et je vais m’assurer que vous ne vous reposiez jamais ! Jamais !
Oh oui, il allait les traquer ! Les poursuivre ! Et leur retirer la vie ! Il ne s’arrêterait jamais ! A cause d’eux, Mugman… Mugman était… Son petit frère… Un violent sentiment le saisit à la gorge et à la poitrine. C’était comme si une main griffue s’amusait à empoigner son cœur pour le réduire en charpie.
Mugman !


Des larmes se mirent à rouler sur les joues pâles de Cuphead. Ses jambes ne purent le soutenir et il s’effondra à genoux sur place, dévoré par le désespoir. Non… C’était lui… Il avait tué Mugman… Tout était de sa faute ! Ses sanglots secouaient son corps tout entier alors qu’il se recroquevillait sur lui-même. Puis un nouveau sourire malade se dessina sur son visage. Des phrases dépourvues de sens tombaient de ses lèvres, brouillonnes, confuses.
-       Oui, oui, débitait-il. C’est ça, Mug, on se sépare. E… Et r… regarde à… d… droite ! N… Non, ma d… droite, idiot !
Mugman aurait certainement ri d’un air gêné. Il avait cette adorable petite bouille… Et lui, il aurait soupiré, agacé, mais, au fond, attendri. Après tout, ils formaient le parfait duo. Cuphead sentit une fois encore un rire gonfler dans sa poitrine. Il rejeta la tête en arrière pour laisser exploser dans l’atmosphère sa folie.  
-       Ouais ! Travail d’équipe !


A genoux dans cette rue déserte, Cuphead riait à en perdre haleine. Ses larmes ne pouvaient être séchées, son désespoir ne pouvait être apaisé. Il avait tué son propre frère !
Toujours dissimulés derrière un pan de mur, Bendy et Boris n’osaient plus esquisser un seul mouvement. Le jeune loup avait porté ses mains à ses oreilles, le regard noyé sous les larmes. Son aîné serra les mâchoires au point de se faire mal. Non… Ils ne pouvaient y retourner… Cuphead ne les laisserait pas s’expliquer, il les tuerait dès qu’il les apercevrait.
Cependant, peu à peu, le rire fou se mourait. Finalement, ce fut un silence d’une pesanteur abominable qui tomba sur les deux frères. Ces derniers échangèrent un regard hagard. C’était terminé ? Boris voulut s’en assurer, mais Bendy lui fit signe de ne pas bouger.
-       Je sais à quoi tu penses, mais je ne te laisserai pas prendre un tel risque, frérot, lui chuchota-t-il. Je vais y aller, moi.
Boris renifla puis hocha doucement la tête.
-       M… Merci… Sois prudent… 
Prudemment, le mécanicien s’approcha de la limite du mur qui les cachait jusqu’alors.



Il jeta alors un coup d’œil dans la rue. Ce qu’il vit lui glaça le sang dans les veines. Toujours agenouillé, tête basse, le visage souillé de traces de larmes séchées, Cuphead avait posé un doigt contre sa tempe, prêt à décocher un nouveau laser.


Sans plus réfléchir, le malade bondit hors de sa cachette. Il courut jusqu’à leur poursuivant dont il saisit violemment le poignet.   
-       Mais qu’est-ce que tu fous ? s’époumona-t-il. Tu es complètement malade !
Sans que Cuphead puisse les retenir, les larmes se remirent à courir sur ses joues. Il se recroquevilla contre le torse de son ennemi, enfant brisé, piétiné.
-       De qui je me moque ? articula-t-il difficilement entre deux sanglots. Je suis c… celui qui l’ai tué… C’est moi qui dois… mourir…
Bendy le contempla sans un mot, ce terrible adversaire devant lequel il fuyait depuis si longtemps. Il lui paraissait tellement petit, maintenant, tellement fragile. Malgré lui, le mécanicien ressentit la morsure de la pitié dans sa poitrine.
-       Tu sais très bien que c’était un accident, tenta-t-il de le raisonner.
-       Que ce soit ma faute ou non, un accident ou non, qu’est-ce que ça peut faire ? rétorqua le frère de Mugman dans un filet de voix. Tout est fini… C’est nous deux ou rien… 
Le visage de Cuphead se contacta alors qu’une autre vague de chagrin s’abattait sur lui. Ses épaules s’affaissèrent alors que de violents tremblements prenaient possession de son corps.
-       J’aurais juste voulu lui dire que je l’aimais ! hurla le frère en deuil.


Touché par l’abattement de Cuphead, Bendy l’enlaça afin de le laisser déverser son désespoir. Accroché à lui, son agresseur n’était plus qu’un petit garçon perdu. Le mécanicien ne pouvait que trop bien comprendre son désespoir. Un monde sans Boris… Un frisson le parcourut. Il n’osait même pas y penser. Son frère était la seule personne qui lui restait dans ce monde. S’il n’était plus là… S’il venait à disparaître…
Alors l’Inkness avait intérêt à le tuer vite.  
Le mécanicien sentit soudain le corps de Cuphead s’affaisser contre lui. Surpris par ce poids, Bendy passa ses bras dans son dos pour le soutenir.
-       Hé, tu vas bien ? lui demanda-t-il.
Son adversaire respirait toujours… Il venait de s’endormir. Le mécanicien poussa un soupir de soulagement. Pendant un moment, il avait cru qu’il venait de passer l’arme à gauche. Cuphead n’avait pas du prendre de repos depuis l’accident… 
-       Boris, c’est bon, tu peux sortir ! lui indiqua-t-il.
Alors qu’il soulevait aisément son ennemi dans ses bras, le jeune loup s’avança timidement.
-       Est-ce qu’il va bien ? l’interrogea-t-il avec angoisse.
-       Ouais, juste endormi. Trouvons un endroit sûr où on pourra le laisser. Puis on pourra enfin reprendre la route.
A ces mots, Boris eut un violent sursaut.
-       Attends, on va le laisser ? s’enquit-il d’une petite voix.
-       Heu, oui ! rétorqua son aîné sur le ton de l’évidence. Pourquoi, tu avais autre chose en tête ?
-       Mais… 
-       Je suis désolé, Boris, mais il n’y a plus d’espoir pour lui.


Oui, Cuphead avait essayé de se suicider. Sûrement recommencerait-il, d’ailleurs. Mais Bendy ne pouvait placer sa confiance en lui. Il ne pouvait décider de demeurer auprès de l’homme qui avait tenté à plusieurs reprises de leur ôter la vie. Alors, maintenant, ils devaient le laisser.
Avant de s’attacher pour de bon.