samedi 22 avril 2017

5 ANS

   Bonjour, tout le monde !

   Hé oui, ce blog a déjà 5 ans… C'est fou comme ça grandit vite, ces petites bêtes là ! 

  Alors, voilà, 5 ans, je me suis dit que c'était l'occasion de changer certaines choses ici. A l'origine, je devais mettre en place la nouvelle bannière à cette occasion, mais le zèle et le travail impeccable de Marcia m'en ont empêchés (je ne pouvais décemment pas garder ce magnifique dessin sur mon bureau en attendant le 22 avril 2017 !). 


   Alors, qu'est-ce qui a changé ici ? Les cinq ans impliquent de nouveaux onglets. Déjà, les tags (ou libellés) avaient été modifiés, mais là, j'ai choisi de regrouper différemment les articles afin qu'ils soient plus accessibles. Je vais vous en dresser brièvement un portrait. 

   Tout d'abord, nous avons l'onglet “Je vois…”. Cet onglet va regrouper tous les articles ayant trait aux animés, aux cartoons, aux films, aux séries… Je crois qu'il était grand temps que je le fasse, surtout que j'ai encore envie d'écrire sur une foule de sujets, mais que je trouvais ça dommage de tout mettre dans “Je lis…”

   Cet onglet a aussi été mis en place car j'ai envie de diversifier  mes articles. Je ne lis ni ne garde pratiquement plus de mangas et d'animés, ce qui me laisse le temps d'explorer d'autres choses. Je suis aussi une passionnée de mythologie, alors j'aimerais vraiment mettre quelque chose en place afin de vous en parler. Peut-être que ça signifiera créer un nouveau blog, je ne sais pas encore. 

    Parce que, vous me connaissez maintenant, je suis une grande bavarde ! Et j'aimerais vous faire part de tellement de choses ! Par exemple, à un moment, je me demandais si je n'allais pas créer un onglet “Je cuisine…”, et ce pour deux raisons : j'aime cuisiner (merci pour l'évidence) et je suis végétarienne. Et comme tous les végétariens, quand on se lance dans l'aventure (la mienne a débuté il y a deux ans et demi maintenant), c'est compliqué. Mais cela n'a rien à voir avec le reste, alors… Peut-être juste un article dans l'onglet “Je suis…” suffira. 

    Je vais vous parler un peu plus longuement de “Ils écrivent…”


   Ce n'est un secret pour personne, j'aime lire. Mais j'aime surtout lire de tout ! Et quand mon entourage écrit, je saute sur l'occasion pour dévorer leurs productions. Et parfois, je tombe sur ce genre de petits textes. Alors je fais mes yeux de chiots et je leur demande si je peux les publier sur mon blog. 

   Si vous suivez ce blog depuis longtemps, vous avez déjà dû rencontrer Mlle Pumpinks. Il s'agissait d'une amie de lycée qui aimait écrire. Je lui avais proposé de mettre en ligne une de ses histoires et elle avait accepté (Fire House, une fanfiction sur les creepypastas). Cependant, chemin faisant, la collaboration n'est jamais allée plus loin. 

   Mais, aujourd'hui, je vous ai dégoté de nouvelles petites graines de talent ! Il s'agit d'Alexandre, Nupina, Luna la Lune et Etienne. Je vais les laisser se présenter avant de vous parler un peu plus longuement de leurs textes. 

   ALEXANDRE

   Bonjour à tous et joyeux anniversaire au blog de Marine !

   Mon nom est Alexandre, j'ai 21 ans et je suis étudiant en Informatique. Je suis un grand amateur de films, de musiques, de jeux vidéos et de jeux de société, bref un grand consommateur de culture en tout genre, je ne suis pas un grand lecteur, mais j'aime lire de belles histoires de temps en temps.

   J'ai toujours aimé écrire mes propres histoires quand j'étais jeune, que je ne partageais pas à beaucoup de monde. Malheureusement, j'ai perdu la motivation d'écrire depuis un moment. Mais c'était sans compter sur Marine, que j'ai rencontré lors de mes premières années au lycée, il y a déjà 6 ans, qui aujourd'hui, me redonne la motivation de faire travailler mon imagination, un grand merci à elle !

   NUPINA

  
Ding Dong ! Les cloches sonnent, aujourd’hui c’est Pâques ! ^w^
Alors en ce jour de renaissance du Christ (et pas seulement du chocolat, bande de morfalous !), il faut que je fasse une petite présentation de moi-même…
Ahem, par où commencer ? Je m’appelle ******,  j’ai ** ans et j’écris sous le nom de plume Nupina. Pourquoi ce nom ? Bonne question ! A laquelle je ne répondrais pas ^_^
Il y a beaucoup de choses que j’aime (dont ma merveilleuse marraine qui tient ce Blog <3), et énormément que je déteste, avec en première position les clowns, parce que c’est flippant les clowns, et puis le tonnerre aussi, parce qu’il faut pas déconner !
Si je suis ici, c’est en partie pour présenter mon travail d’écriture. J’aime écrire, je fais cela depuis des années (je ne sais pas exactement depuis quand, je n’ai pas non plus noté la date sur un calendrier U.U), cela me permet de m’échapper et de laisser libre cours à mon imagination, de créer des petits mondes en assemblant des mots, et surtout de me vider l’esprit dans ce monde impitoyable que sont les études ! Ce que j’aime le plus écrire, ce sont les poèmes, ensuite les textes, en police Century, s’il vous plaît ! Je rêve aussi de créer une pièce de théâtre. Chose cocasse et qui me plaît dans ce que j’écris, c’est que le caractère de mon écriture est aux antipodes du mien : assez sombre, triste… alors que je suis une personne plutôt enjouée et exubérante de nature.

Voilà, c’est tout pour moi. Je vous laisse avec ces trois petites citations que j’apprécie énormément :

-« Il faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » _Danton
-« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Les grains s’ajoutent aux grains et un jour soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas » _Beckett
-« Il aimait la mort, elle aimait la vie, il vivait pour elle, elle est morte pour lui » _Shakespeare

PS : si ça vous intéresse, un petit lien vers mon blog : ici

   LUNA LA LUNE

   Luna, 16 ans, écrivaine à plein temps, est passionnée par les jeux vidéos et les mangas. Ses romans préférés sont les thrillers bien qu'elle préfère écrire du fantastique, mais elle écrit avant tout des fanfictions sur des univers divers afin de faire profiter un maximum d'internautes. Ambitieuse, elle souhaite publier ses propres romans et vivre de sa passion - tout en devant accessoirement assez riche pour avoir une piscine avec du chocolat fondu !

   ETIENNE

   Bonjour, je m’appelle Etienne et j’aime les licornes et les cochons mignons -même si ça ne se ressent pas forcément dans mes écrits.

   Alors, sinon, que nous ont écrits nos petits camarades ? 

   Concernant Alexandre, il s'agit d'une forme de texte dont vous avez déjà eu affaire sur ce blog. En effet, il a rédigé une histoire de mille mots à partir d'une carte Dixit, plus particulièrement, à partir de l'extension Journey. Je ne vous en dis pas plus et je vous invite à cliquer sur son nom afin d'accéder au texte.

   Pour Nupina, on a un poème et un extrait de C'était nous, une histoire de sa composition. Cliquez sur son nom pour accéder à sa petite histoire.

    Ensuite, Luna la Lune, qui nous a écrit une petite fanfiction aux oignons. C'est avec ce texte que je l'ai découverte et, personnellement, il m'a chamboulé. Cependant, comme je l'ai souligné, c'est une fanfiction, qui plus est sur Osomatsu-san, alors il ne parlera pas forcément à tout le monde. Mais je me disais aussi que ce serait chouette si on avait des styles divers sur le blog, alors… Vous n'avez qu'à cliquer sur son nom pour découvrir son style. 

   Avec à Etienne, nous ne sommes pas dans le même registre. En effet, son texte est une nouvelle qui porte sur un sujet pour le moins particulier. Quand je l'ai lu, je n'en suis pas revenue. Le style est tourbillonnant, on est pris dans une sorte d'étreinte angoissante absolument fascinante. Je me tais maintenant. Tout comme les autres, pour accéder à son texte, il vous suffit de cliquer sur son nom !

   De plus, pour l'occasion, un ami de la famille a accepté également que je publie certains de ses textes. Il s'agit d'un artiste nommé William E. En plus d'être une personne très agréable et cultivée, William est aussi un poète, sculpteur, peintre talentueux (quand j'étais plus jeune, il m'a offert un de ses tableaux qui trône toujours sur l'un des murs de ma chambre).

   Pour accéder à son poème, cliquez ici.

   J'espère vraiment à l'avenir que des participations de ce type vont se renouveler. Qui que vous soyez, je serai plus qu'heureuse si vous acceptiez de me confier un ou plusieurs de vos textes afin qu'ils soient publiés ici. Car la créativité de tout à chacun ne doit jamais rester dans un tiroir.


   Enfin, voilà… Mon blog a 5 ans. Et il reçoit toujours plus de visites chaque jour. Depuis sa création, 66 847 personnes sont venues afin de lire mes articles pour parfois y réagir, parfois les diffuser. Je sais que je le répète assez souvent, mais ce site n'aurait pas raison d'être s'il n'était pas alimenté par vos présences. Alors, juste… merci de lui permettre de vivre, de grandir et de s'épanouir. C'est là un merveilleux présent.

   Et comme à chaque fois que je vous écris un article pour vous déclarer mon amour, je vous laisse à la fin avec une petite musique. Mais comme c'est mes cinq ans, je vais même faire plus que ça ! Cette fois-ci, on va conclure avec non pas une, mais deux vidéos ! Une humoristique et une pour promouvoir un groupe que vous connaissez peut-être ThePianoGuys. Je n'en dis pas plus, je vous laisse le plaisir de découvrir tout cela…

   Première vidéo !


   Et voici la seconde…


   Alors, voilà, ce sera tout pour cet article anniversaire spécial pour les 5 ans. Tous les textes de collaborateurs extérieurs sont dans l'onglet “Ils écrivent…”, n'hésitez pas à y jeter un oeil. Quant à moi, je vous dis à très vite pour un nouvel article !

   marine.lafontaine@gmail.com
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    Marine Lafontaine

NUPINA

    Bien le bonjour, tout le monde !

    Et voilà, un nouveau texte pour les 5 ans. Alors, que nous a réservé Nupina ?



Vanité

Nouvel Aragon,
Tu te noies aveuglément
Dans les yeux céruléens d’Elsa.
De leur profondeur
Tu en oublies tes serments passés
Ou peut-être n’est-ce dû qu’à l’admiration qu’elle te porte ?
L’histoire se répète.
Tu recycles à nouveau
Tes mots et tes sentiments
Avec l’espoir que les yeux d’Elsa seront les derniers que tu contempleras.
(L’amour cependant demeure éphémère lorsqu’il n’est pas sincère. Il nous enterre.)



Extrait : C’était nous.

Liselotte/ Joshua
-C’était Hayden ?
-Non, pourquoi ça aurait été elle ?
-Je ne sais pas, Hayden est belle. Elle fait partie de ces gens qui vous charment dès le premier regard, avec son air ingénu, ses tâches de rousseur et son parfum rappelant la rosée du matin.
-Ce n’est pas Hayden, ce n’est personne. Arrête de chercher des réponses là où il n’y en a pas.
-Mais Hayden…
- Arrête-toi maintenant ! Que cherches-tu à faire ?
-Excuse-moi… Je ne le sais pas moi-même. Je pense que j’essaie de te faire réagir, même si ce n’est visiblement pas la bonne façon de faire…
-Ne fais rien, ne dis rien. Viens dans mes bras, embrasse-moi. Puis disons-nous adieu.
C’était un matin de décembre. J’avais froid. Joshua aussi. Je lui pris doucement la main, sans raison. C’était étrange, il venait de me quitter, mais ça me faisait du bien… j’aimais ses mains, contrairement à lui. C’était la première fois qu’elles étaient froides, tout comme nos lèvres. C’était notre dernier échange, notre dernier baiser.

PS de Marine :  Et voilà, on poursuit notre ribambelle de textes. J'espère que cela vous a plu ! Si, tout comme moi, vous souhaitez un jour en savoir plus sur "C'était nous" (que je ne connais pas du tout), n'hésitez pas à laisser un commentaire !

VAGABONDAGE D'ETIENNE

Bien le bonjour, tout le monde !

Je vous présente maintenant Etienne ! Il a beaucoup de choses à nous raconter à l'occasion des 5 ans. Je laisse sans plus tarder sa plume s'exprimer… 



C’est d’abord une danse, une envolée, le lyrisme d’un corps qui se débat avec lui-même –une perte momentanée de l’équilibre qui bouscule les cœurs.

*

Avant le suicide, la nuit se teinte de rouge. Ce n’est pas le sang, ce n’est pas à cause du sang, ce n’est même pas la couleur du sang mais celle des néons. Ils sont nombreux à éclairer la rue : bleus, verts, mais surtout rouges ou roses, des flaques dans lesquelles les yeux se noient, des éclats, et autant de phares, autant de faux soleils.
Il marche sur le trottoir, petits pas malgré sa grande taille, T-Shirt gris, cheveux blonds –à la limite du cliché. Il fend le reflet des enseignes, comme emporté par un courant. Le rouge de la nuit ne l’effraie pas, il le remarque à peine d’ailleurs, concentré qu’il est sur un objectif invisible, loin devant lui.
Les bars se succèdent –odeur de rhum, menthe, ananas, vodka, mélange du classique et de l’exotique, et la pisse et le vomi bien sûr, impossible d’y échapper. Beaucoup de monde se masse sur les terrasses, parle, crie, s’invective et chante, comme pour se raccrocher à des notes solides que l’alcool n’a pas encore emportées.
Il sent le son des basses qui se répercutent dans son oreille interne, écho, écho, boum, boum, boum. Il a l’habitude, marche en rythme, une envie de danser l’empoigne mais il résiste : ce n’est plus l’heure. Il a chaud malgré l’absence de soleil, c’est peut-être ce rouge qui m’écrase il songe, puis il oublie cette pensée. Il est seul.
Soudain, il s’arrête, halo bleu sur son corps, bières sur les tables sorties pour que les clients profitent de la douceur de l’été, et il entre dans le bar, celui-là et pas un autre : c’est un choix. Bustes pressés contre lui, de vrais rouleaux, il tend un bras, montre son profil et glisse entre les trop nombreuses personnes. Des têtes se tournent, regards inquisiteurs, quelques mains qui palpent… Il reste indifférent ; l’habitude des corps. De toute façon, il ne s’attardera pas.
Il s’approche d’une jeune fille, la bouche en cœur, vingt ans environ. Elle étire ses lèvres violacées, lève au ciel ses deux bras, crie son nom, le serre entre ses seins. Il lui sourit en retour -dents porcelaine- et constate qu’elle a mis trop de maquillage. Sur le comptoir, devant la jeune fille, deux verres sont posés, je t’ai pris un mojito elle dit, merci.
Ils discutent et bientôt il est l’heure de partir, je dois go au boulot, oh, déjà ? Air déçu, mais elle comprend, l’argent, après tout, ce n’est pas négociable… Je reste encore un peu, y en a une qui me fait de l’œil, la brune canon là-bas à droite, tu la vois ? Pas mal hein ? Sans doute, oui, mais, dans son esprit, il l’associe à une marionnette constituée de feuilles sèches ; parfois, des images irradient en lui, souvent trop étranges pour qu’il puisse les exprimer. Ils se font la bise, c’était rapide mais ça lui a fait du bien, boire, parler, se faire pincer le cul, la vie, la vie tout simplement, réelle. Il n’a pas hâte de traverser à nouveau les néons pour rentrer chez lui.
L’écran de l’ordinateur s’éveille, sa luminosité se fond dans celle intense de son studio : c’est un tout qui écorche les yeux, et pourtant les siens restent secs. Il travaille jusqu’à 6h, puis s’endort. Ses rêves s’effilochent ; il est souvent nu dedans.
Le soleil encore, brûlant ; la sueur, le café qui grince sur la langue, la marche : il se sent en forme aujourd’hui. Le réveil carmin n’a pas sonné, il était déjà debout, opérationnel, enthousiaste, tout en ayant le sentiment de se mêler à un brouillard d’illusions. C’est l’après-midi. Une cloche frappe le temps au moment où il entre dans la salle de sport. Il a encore l’amertume du café dans la bouche, il se concentre dessus pour oublier l’effort ; son palais, ses dents, ses gencives, tout est charbonneux, ça colle à l’ambiance. Le corps, il le connaît, ça le fascine, il sait comment le travailler. Mince, blond, grand, musclé –oui, un vrai cliché, il en a conscience.
Déjà 15h, il a une faim de loup, le feu du café s’est estompé et a laissé place au vide du ventre, bedon sculpté, charnu et dur, ça aboie là-dedans. Il se faufile sous la douche –c’est compris dans l’abonnement-, ses muscles s’apaisent, il somnole un peu sous l’eau glacée qui emporte sa transpiration de jeune premier. Il ne danse pas aujourd’hui alors il retourne chez lui, 25m², pas de quoi se plaindre ni être satisfait. Il grignote. Son déjeuner a un goût de verdure, ce doit être trop frais, il dévore toujours les légumes alors qu’ils sont encore verts ; regard panoramique autour de lui, il aurait pu ranger ce matin -enfin ce midi- avant de partir. Pour lui, le temps est comme un atome, il ne cherche plus à comprendre ce mystère trop plein d’une puissance intime. Il a décidé qu’être en décalage, c’était être plus libre, même s’il sait que c’est un mensonge. Ce soir, il commence à 19h, il ne sait pas trop quoi faire, n’a pas envie de ressasser ce qu’il s’est produit avec Joan, alors il prend son téléphone, tapote les touches, ça appelle, allô, allô, tu veux passer ?
Entendu elle répond, à tout de suite, bisous, bisous. Nora est toujours d’accord, elle aime voir du monde, parfois elle se demande pourquoi, remet en question cette attirance, ça fait chier putain de ne pas supporter d’être seule cinq minutes, c’est comme ça. Elle ne se l’avoue pas mais elle crève de trouille, elle n’arrive pas à contempler sa vie alors elle se complait dans celle des autres. L’horizon est jaune, c’est la seule chose dont elle soit certaine : jaune pisseux, fumant, qui pique le nez et atteint la gorge, qui attrape l’esprit et le couvre de bleus, alors pas question de lui accorder de l’attention, le présent sinon rien, le présent ou la mort, le présent et ferme ta gueule, j’en ai rien à foutre de la suite.
Elle met sa partenaire de la nuit à la porte, faut que tu y ailles, je dois partir, c’était bien, on s’appelle –elle prononce tout cela sincèrement. Rejoindre son ami, elle a hâte, il aura sûrement des choses à lui raconter. Ce n’est pas que ses histoires vont lui plaire mais elle se sent utile, rit souvent parce qu’il énonce même les pires mésaventures avec une dérision acerbe et puis c’était trop frustrant, hier, au bar, il est resté quoi ? une demi-heure ?
La brune canon dehors, Nora sort à son tour.

                                                                          *

Il avait suffi d’un pop-up sur un site de streaming pour que tout se lance. Matt était prêt, plaid troué contre son buste, thé orange-cannelle sur la table basse rayée, la soirée allait être agréable dans sa fadeur. C’était au moment précis où il avait cliqué sur le triangle bleu du lecteur pour lancer le film que la fenêtre intrusive était apparue, et il avait pensé : c’est où qu’on te ferme toi, mais pour une fois c’était facile, la croix rouge était bien visible, pas de démultiplication de la pub, on avait échappé au pire. Souris pointée prête à quitter la page, il avait pourtant hésité, ce n’était pas commun, son rythme cardiaque s’était légèrement emballé, Matt en avait trop vu, c’est ça la curiosité aussi, aimer les imprévus et ne pas avoir peur de perdre un moment, découvrir un monde et se dire : c’est réel ? Non, ça ne l’était pas, pas encore, il faudrait qu’il attende pour cela, pour que ça bascule et qu’il soit happé, mi-humain mi-machine, art uni au corps et sensation de vacuité. Et au bout, tout au bout, la richesse. Son dû.

                                                                             *

Le reflet incendie le corps de Joan. Les rayons du soleil frappent le miroir de sa salle de bain. Il se tient nu et l’on croirait que sa chair est en suspension ; il n’est pas vraiment dans cette pièce humide qui sent le savon bon marché mais plus loin, dans le studio de danse, vaste hall qui lui a toujours évoqué une gare, et sa professeure, mince comme un trait, lui donne des conseils sur sa posture. Il s’imagine en train de s’étirer, pendant que Mme Ferrara le berce de ses mots, quand tout à coup surgit Matt, loup blanc, crocs apparents, et l’image apaisante du cours de danse s’estompe pour laisser place aux relents cendrés de leur dispute. Joan revient alors dans sa salle de bain et contemple ce corps nu qui se dresse devant lui, c’est un corps blessé, verdâtre, un corps de fin du monde. Il refuse de céder, mais déjà sa colère s’amoindrit et il se reconnaît des torts, la clé de voûte d’un couple c’est la communication lui disait son frère, il faut faire des efforts de compréhension et son cœur va mieux lorsqu’il se remémore ces paroles, du venin acide perce sa peau, goutte le long de son torse et s’écrase sur le sol carrelé, il s’allège, prend une décision, se résigne.

*

Nora se souvient pendant qu’elle marche. Quand il avait commencé, Matt ne restait pas chez lui, on lui avait mis à disposition un studio, très étroit d’après ce qu’il lui avait décrit, dépouillé et propre. C’était un monde de couleurs vives et il avait expliqué à Nora -elle entendait encore les mots résonner dans sa tête, c’est drôle comme ça peut rester graver en nous, comme ça pique les neurones, ces mots qu’on retient parmi tant d’autres, et qui deviennent des sortes de mantras, parfois dynamiques, parfois aussi collants que des marasmes- il lui avait expliqué, donc :  je me suis senti mordu par les murs et elle avait compris, elle avait eu peur alors pour lui, à ce moment précis, et maintenant, lorsque ça lui revenait à l’esprit, comme en cet instant, elle avait presque envie de pleurer sans trop savoir pourquoi. Matt aimait son boulot, il le faisait depuis chez lui, c’était du passé, au même titre que les séances de coaching les premiers jours, c’était tellement loin, on ne pouvait plus comparer.
Elle sonne à la porte. Ils ne sont pas ensemble, Nora est lesbienne, Matt est gay –même si sur son profil de travail c’est la mention « bi » qui est notée, ça n’exclut personne donc c’est meilleur pour les affaires- et pourtant on dirait un couple : ils s’enlacent, s’embrassent, se frappent, s’engueulent, de véritables cercles concentriques ces deux-là, ils sont liés, sûrement plus qu’ils se l’imaginent, même s’ils discutent avant tout pour eux-mêmes ; ils ne comprennent pas que l’autre peut aider, trop d’illusions se sont déjà cassées et ils se rappellent le bruit du verre qui se brise à chaque fois qu’ils essaient de s’ouvrir l’un envers l’autre : ça les bloque. Matt parle plus que Nora, il a comme toujours plein d’anecdotes, c’est un peu sa collection de bouteilles de formol, on trouve de tout. Bien sûr c’est scabreux le plus souvent. Scabreux et misérable. L’horizon se bouche, autant en rire. Nora l’écoute, elle apprend pour sa dispute avec Joan mais ne s’appesantit pas trop sur ce sujet, Matt lui-même ne l’a pas évoqué hier et ne semble pas vouloir revenir dessus ; sa tête est penchée, cou blanc surmonté d’un collier verdâtre, elle se dit que Matt a du courage, oui, elle a de l’admiration pour lui, elle a le cœur fendu aussi, il n’est pas si heureux que cela, il aurait dû ne pas en arriver là. Il a évité la prostitution, c’était ça ou la prostitution, elle est sûre qu’il l’aurait fait, le trottoir, s’il n’avait pas connu ce site par hasard, s’il n’avait pas découvert ce réseau virtuel qui jouait avec le voyeurisme, avec les pulsions, avec l’image, s’il n’avait pas vu cette offre, il serait dans la rue en ce moment et sans doute qu’il serait mort aussi parce qu’il ne l’aurait pas supporté, mais quand même, c’était ça ou la prostitution parce qu’on ne lui avait laissé que ça ou la prostitution. C’était injuste. Et lui, il souriait en racontant. Il souriait, et c’est vrai qu’il était triste, mais pas pour les raisons envisagées par Nora, non ; au-delà de son amour souffrant, il sentait surtout le décalage de compréhension entre elle et lui, une fissure, leurs perceptions se heurtaient sans s’accorder. Il n’était pas question d’édulcorer la réalité, d’accord son boulot était difficile, humiliant parfois, d’accord il était en contact avec des personnes déprimantes, dégueulasses, perverses, d’accord il s’en prenait souvent plein la gueule mais quoi ? c’était pour tout le monde plus ou moins pareil, non ? Sa commisération à deux balles, il la trouvait gerbante. Il ne voulait pas, ne pouvait pas embellir, prétendre que c’était toujours merveilleux, mais Nora défigurait ses mots, elle en venait à penser que c’était affreux, elle le plaignait, ça se lisait dans ses yeux, et Matt, Matt avait la folle envie de lui hurler au visage, de la griffer, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse que non, effectivement, peut-être que ça ne t’atteint pas plus que ça. Il savait que jamais elle ne pourrait prononcer cette phrase, ni même concevoir le fait qu’il appréciait sincèrement son travail. Encore moins –et pourtant il le lui avait déjà exprimé- que quelque chose de beau pouvait intervenir, que son corps il l’avait réévalué, il en avait pris conscience et non seulement il aimait jusqu’au dernier de ses muscles, tendons, nerfs, os, jusqu’au dernier repli de sa chair, mais que tous les corps lui plaisaient, il avait appris à admirer et à trouver désirable même le plus bizarre  d’entre eux. Sa matière, il la transformait en émotions et les palettes étaient infinies. Ce qui faisait hurler de rire Matt, un rire un peu froid qui courait dans son sang, c’est lorsque Nora essayait de le réconforter sans avoir l’air de le faire, c’était évident et ridicule, elle lui faisait remarquer qu’au moins il avait évité de faire la pute –elle l’affirmait avec plus de tact, mais la rue c’était son repoussoir, la déchéance ultime évitée, ouf, l’honneur est sauf les amis ! Sauf que du point de vue de Matt, c’était exactement ça, il se prostituait mais sans les inconvénients, les mains qui le touchaient restaient virtuelles, soyons pragmatiques pensait-il, on paie pour mon corps, c’est aussi bas que cela -mais l’expliquer à Nora, ce serait se heurter à un mur.
L’après-midi s’étire, Nora décide de partir, merci pour le verre, on se revoit vite elle dit, avec plaisir, évite les PD sur la route répond Matt–la blague habituelle, pas drôle. Il se retrouve seul.

*

La pub qui avait absorbé Matt un an et demi plus tôt montrait un homme, en direct, torse nu, filmé par une caméra dans ce qui semblait être sa chambre. Il souriait, contractait ses biceps, caressait son torse et tapait par intermittence sur son clavier. En fond sonore, Matt entendait, parasitée, Starboy de The Weeknd. Parfois, le modèle parlait voire chantait sur le rythme de la musique. A droite de la vidéo, un tchat gratuit pour discuter avec lui. En dessous, une barre jaune fluo pour lancer un show privé –quatre euros la minute. C’était simple, très vite compréhensible. Il avait été intrigué. Cela avait été son premier contact avec le métier de camboy ; il avait déjà à moitié traversé l’écran.

                                                                                *

Joan se dirige vers le bâtiment dont l'aspect neuf tranche avec le grisâtre uniforme qui l'entoure ; même l'herbe du quartier semble pousser dans la cendre, entre deux parpaings du trottoir fissuré. Alors qu'il s'approche, il distingue une silhouette qui sort de l’immeuble, il la reconnait, elle est grande, élancée ; son portable collée à l'oreille, l'ombre aux cheveux blonds sourit, parle fort, s'accroche comme elle peut aux mots, les empoigne, les relance, les cogne, c'est Nora, elle est passée chez Matt, chacun son tour après tout. Joan lui fait signe mais elle est trop occupée à se plonger (avec complaisance pense-t-il) dans une conversation, elle s’y ébat corps et âme, c'est un réel dévouement, un peu effrayant, mais ça la protège, ça lui fait un rempart, rien n'existe plus autour d'elle si ce n'est sous l'aspect cotonneux d'un rêve déjà gangrené. Elle l'ignore. Lui, il continue alors d'avancer, ne cherche pas à attirer son attention, et la laisse glisser hors de sa vue. Joan est un peu nerveux, son pantalon est collé par la sueur, il transpire beaucoup des jambes et des fesses, c'est la chaleur. Il ne sait pas encore ce qu'il va dire à Matt. Le moment doit être improvisé pour réussir. Il pénètre dans la cage d’escalier et une odeur agréable de coquelicot le prend de court. Les marches défilent, les paliers, les fenêtres, Matt habite au bout du couloir, au dernier étage ; il aurait dû prendre l'ascenseur, maintenant il sue encore plus. Joan sonne, ça rebondit partout dans l'appartement derrière la porte, et puis le bruit des pas, il reconnait la démarche, le voilà, il ouvre. Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je veux te voir ce soir, je veux être avec toi, partager ce moment, me faire pardonner, essayer, répond Joan, et ses paroles se répercutent sur les murs du studio. Matt est un peu perdu, il allait prendre sa douche et voilà que son amant débarque et fait amende honorable, pourquoi pas après tout, la démarche est sincère, il le sent, oui, pourquoi pas, on verra ce que ça donne : entre je t'en prie, ces mots lui échappent, ça sonne très officiel, merde, on est encore ensemble pourtant, c'est pas comme si on avait rompu. Joan ne remarque pas ce ton solennel, il est heureux que Matt veuille bien l'accueillir.
Ils ne font pas l'amour mais ils se retrouvent.

*

La dispute avait éclaté une semaine plus tôt. Il n'y a pas que l'argent dans la vie, tu défends l'art mais tu ne cherches que l'argent et tu sais que c'est un travail de merde, de pute, il n'y a pas d'art qui tienne, ton corps n'est pas une œuvre, arrête de faire comme si tout ça était normal, ce n’est pas le cas et tu le sais (ça c'était Joan) ; c'est quoi ton souci, c'est que rien ne me retombe dessus, que je me fasse du fric avec un boulot que tu juges glauque et qu'il n'y ait pas de conséquences, pas de réseau mafieux, c'est ça la vraie raison, ou c'est vraiment que t'es juste trop con pour comprendre que la merde n'empêche pas le sublime, que je peux mêler les deux, et en plus que oui ça me rapporte, beaucoup, et que j’aime ça, oui, j’aime gagner des thunes, on dirait Nora, tu me casses les couilles (ça c'était Matt).

*

Le soleil les éblouit à travers les carreaux de la fenêtre malgré le soir qui éclot. Matt est assis sur son canapé bleu turquoise, il porte un T-Shirt sobre mais moulant et un jean slim. Ses cheveux sont coiffés avec soin et il a mis une couche légère de fond de teint sur son visage. Joan est assis sur une chaise, en face de son amant ; il l'observe, scrute ce grain de peau, le trouve magnifique. Il sait que la nuit va être longue alors il a posé sur la table basse à côté de lui de quoi rester éveillé. Entre Matt et Joan : l'ordinateur, la caméra. Et puis ça commence. Les clients se succèdent. Parfois le show dure moins de trois minutes, parfois il atteint les vingt. Joan voit son amant bouger son corps, faire un strip-tease, se masturber, prendre des poses, se pénétrer. Il ne rate rien du spectacle, essaie de saisir ce qui se déroule devant ses yeux. Matt joue avec la caméra, c'est une chorégraphie pornographique, il l'approche, l'éloigne, dessine des arabesques et c'est l'oeil du voyeur qui voyage sur son corps, fait escale, surplombe puis plonge, c'est érotique, bien sûr excitant, et d'autant plus érotique et d'autant plus excitant que c'est beau. C'est vrai, il y a de l'art, un savoir-faire, pense Joan, même si tout reste factice, c'est le plus bel art factice du monde. Un client demande à Matt de jouir, c'est d'accord à condition qu'il paie pour quarante minutes en show privé. Des temps morts saccadent les discussions entre deux sessions, Joan cache son trouble pendant que Matt fume une clope, se fait un café, croque une pomme, vérifie son apparence. Lorsque bander devient difficile, il passe des pornos sur son écran, ça chasse un peu la fatigue physiologique, ça permet de continuer. Joan n'intervient pas, essaie de rester hors de lui-même. Vers 5h du matin, les demandes se font plus rares, la nuit touche à sa fin et déjà un oiseau se fait entendre dans le dehors qui s’éclaircit. Matt a gagné de l'argent, presque 600€, une somme dont il se satisfait, d’autant qu’il a eu des offres pour vendre ses sous-vêtements sales de la nuit, il les enverra demain par la poste, une centaine d'euros en plus, c'est toujours ça. Il n'est pas mécontent, n'a pas été confronté à des personnes trop irrespectueuses, c’est peut-être un effet de son succès mais il en doute, c’est surtout que le site possède une communauté de membres plutôt bienveillante. Il a obtenu le Skype de certaines personnes pour des sessions en-dehors du site, c'est comme du travail au noir il rigole, il ne pense pas que ce soit légal mais ça renfloue encore un peu plus son compte en banque. Il est 6h maintenant, Matt se déconnecte, alors, t'en as pensé quoi ?

*

C'est lors d’un cours de danse que Matt et Joan s'étaient rencontrés. L'attirance n'avait pas été immédiate. Et puis ils avaient dû faire un duo, les jambes entremêlées, l'instabilité comme appuie, ils s'étaient fait confiance, et les mouvements précis les avaient autant éloignés que rapprochés. Une liberté était née ; en se contemplant, ils avaient senti que la puissance se trouvait dans la communion d'un geste esquissé, ensemble.

*

Matt dort encore mais Joan est réveillé, il réfléchit, à ce qu'il a vu, à ce qu'il a entendu, aux sensations éprouvées et aux interrogations suspendues ; il fait jour ; presque 11 heures ; il n'a pas l'habitude de vivre en décalage, n'aime pas ça, le matin est trop précieux, c'est le matin que tout se passe, que tout survient. Comprendre, c'est une démarche qu'il juge primordiale mais qui ne résout pas tout, ce n'est pas tomber d'accord avec l'autre, car cela comble souvent un fossé mais avec des sables mouvants. Il voudrait que Matt arrête d'être camboy parce que, psychologiquement, ça l’attaque comme un cancer, ça grignote tous les soirs un peu plus de son cerveau, de ses pensées, de ses idées, il évite la palpation des doigts mais les mots sont durs, sont des tentacules, ils restent, et les clients protégés par un anonymat confortable ne se privent pas pour les jeter comme des pointes acérées et souillées ; lorsqu'ils portent sur le physique c'est supportable parce que Matt en sait plus sur son corps et celui des autres que n'importe qui, parce qu'il se fait confiance concernant cette question, mais lorsque les mots dépassent cet élément, ils forment de minuscules scarifications dans l'être qui, accumulées, le font abondamment saigner. Joan ne sait pas si Matt en a conscience. Mais il est sûr que s'il continu, un jour, il en mourra.
Plus tard dans la journée ils dansent et ils oublient. Leurs pas les emportent comme une vague.
Ils ne se quittent pas, ne se disputent pas et le soir Joan ne regarde pas Matt travailler.

*

Nora leur rend visite quelques jours plus tard, elle est surprise de voir Joan lui ouvrir la porte, elle est contente pour Matt car Matt a besoin de Joan, il lui fournit un équilibre, il rend les tons criards de sa vie moins agressifs et surtout, Nora n'en doute pas, il l'aime. Mais elle constate alors, incrédule, que Joan a un œil au beurre noir, elle ne l'a pas tout de suite remarqué dans l'embrasure à contre-jour, merde elle pense, merde, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Sûrement que Matt l'a frappé, ils ont dû se disputer et le coup est parti, un bras qui se détend comme un élastique et au bout le poing qui s'écrase contre le visage, abîmant l'arcade sourcilière ; ceci dit, Joan est encore là, il serait parti si c'était grave, mais soudain Nora a peur, elle se dit que ce n'est peut-être ni la première ni la dernière fois, elle a déjà constaté des traces bleuâtres sur Joan, s'est toujours imaginée qu'il s'était fait ça à la danse, et voilà qu'elle doute, elle ne sait plus, peut-être que Matt le bat, peut-être qu'il est devenu un défouloir et peut-être que Joan ne le quitte pas car il est emprisonné dans une bulle caoutchouteuse de violence et d'amour. Cette pensée la fait fondre en larmes.
Quelques minutes plus tard, Matt répond évasivement à une question de Nora. Ils ne sont que trois autour de sa table et ils sont pourtant serrés, il faudra qu'il pense à en acheter une plus grande ; non, il faudra qu'il pense à déménager, dans un quartier plus chic, il en a les moyens, il faut penser à l'avenir, épargner c'est bien mais pour un temps seulement ; il n'ose pas dépenser, pas trop en tout cas, il a toujours peur de tout perdre, qu'un jour l'argent n'arrive plus et qu'il revienne à ce qu'il était avant, un tas de merde, voilà ce qu'il était, et il ne veut pas que ce passé lui retombe sur la gueule. Alors il économise, devient riche mais n'entreprend rien. Il accumule. Perdu dans ses pensées, il n'a pas remarqué les yeux teintés de rouge de Nora ; d'habitude, cela ne lui aurait pas échappé mais ces questions économiques le préoccupent ; et puis il y a Joan. Il sent que leur relation se détériore, il l'a frappé, ça ne peut plus continuer mais sans lui c'est pire encore : plus de doutes, de remords, d'angoisses. Nora s'est adressée à lui, il n'a pas entendu, demande de répéter ; Joan est agacé, il a tiré un coin de ses lèvres en bas à droite de son visage, il n'aime pas lorsqu'on n'est pas attentif aux autres, ne trouve pas cela respectueux ; je disais : pourquoi tu ne te consacres pas à la danse ? Matt rit et répond, d'un air amusé, je ne crois pas avoir le talent nécessaire pour pouvoir en vivre. A cela, Nora ne trouve rien à rétorquer ; elle se perd dans la contemplation de son jus d’orange et, bien que toujours pleine de mots, elle les retient à l’intérieur d’elle-même.
Une fois rentrée chez elle, Nora prend du papier, un feutre puis saute depuis son étroit balcon, au seizième étage. Sur la feuille blanche, elle a tracé une ligne jaune.

*

Après le suicide, la nuit s’abandonne à la pâleur du clair de lune. Matt souffre moins avec le temps, c’est toujours la même histoire, les secondes s’écoulent et le mal s’apaise mais ne disparaît pas. La mort de son amie est une énigme qu’il ne cherche pas à résoudre, c’est trop dur, il a peur d’être une partie de la solution alors il pleure et il apprend à vivre. Des vertiges l’enveloppent et il se met à danser. Il tourne sur lui-même, sent la présence de Joan en filigrane autour de son corps-pivot, ça le rassure, il ne sera jamais seul. Plus il tourne vite et plus l’odeur de l’argent se disperse, un peu de sa colère aussi, ça s’extirpe et ça coule par les pores de sa peau, remplacé par la sueur qui dégouline, rouge, alors il intensifie le mouvement, ses pieds se déplacent tellement vite qu’il ne sent plus le sol et soudain ça se produit, le bruit du verre qui éclate, un réel qui le frappe, ici et maintenant il se répète, ici et maintenant, il accélère encore le rythme, le visage tordu par l’effort, et son corps glisse, aveugle et sourd, il virevolte, encore, c’est ça, c’est ça, sans s’arrêter, l’écho -l’infini.


Etienne


PS de Marine : Je sais, pour un anniversaire, j'aurais pu prendre des textes plus… enthousiastes ? Mais, tout comme celui de Luna la Lune, le texte d'Etienne était un coup de coeur que je tenais à vous partager. N'hésitez pas à laisser un commentaire si vous désirez qu'il revienne ici pour nous partager d'autres histoires…

ALEXANDRE ET DIXIT

Bien le bonjour, tout le monde ! 

   Bien le bonjour, tout le monde !  

    Voici l'un des textes publiés à l'occasion de l'anniversaire du blog ! Alex nous a écrit une petite carte à partir d'une carte piochée dans l'extension Journey du Dixit. Sans en dire plus, je vous laisse découvrir en 1000 mots le destin d'une princesse…

LIBRE !



   Être la princesse d'un royaume n'était pas une vie de rêve comme on pourrait le croire. Toute ma vie était régulée par des protocoles interminables imposés par le roi, mon père, ainsi que par mes dames de compagnies.


  J'étais levée tous les jours à la même heure, habillée dans des corsets terriblement douloureux et maquillée au point que ma jolie peau rose-beige devenait aussi pâle que celle d'un vampire. Tout cela dans l'unique but de plaire à la règle, d'être dans la norme, "comme une princesse qui se respecte", me disait-on.

   Je rêvais encore de l'époque où j'étais enfant, avide d'aventures et de paysages grandioses, uniques, imaginant traverser le monde pour y découvrir ses mille et une merveilles. Mes rêves étaient nourris par chevaliers et nobles qui rentraient de leurs quêtes et se présentaient devant le trône de mon père, pour raconter leurs épopées. Des milliers d'histoires comme celle d'un fier général revenant victorieux d'une campagne de reconquête d'un territoire envahi par des barbares au Nord du pays. Ou encore celle d'un marchand qui avait pris la mer pour voguer loin, là où, disait-il, l'été ne se terminait jamais.

   Mais me voilà, face à mon visage enfariné devant la glace, alors qu'on cache ma longue chevelure brune sous une immonde coiffe. On me prépare pour un dîner avec mon père, le seigneur d'un pays voisin et son fils, dans le but de me marier à ce dernier. Celà afin de renforcer les alliances entre nos deux pays. C'était ce que j'étais devenue, un instrument diplomatique.

   Tout me revenait, tous mes rêves dansaient dans ma tête. Tous ces souvenirs firent couler une larme le long de ma joue, provoquant la fureur de ma dame de compagnie, contrainte de recommencer mon maquillage.

   Je me mis à hurler, lui sommant de sortir rapidement. Je voulais être seule. Elle obéit mais me prévint tout de même qu'elle reviendrait dans l'heure. La porte claqua, le silence revint. Je m'allongeai dans mon lit, fermant les yeux.

   Je ne voulais pas m'enfermer dans cette vie là, cette vie de souffrance, de protocole, de code de conduite, je voulais être libre. Au diable le mariage, au diable mon père, au diable tout le monde. Je ne souhaitais pas de cette vie là, je voulais voyager, courir, voguer, rêver...

   Il fallait que je fuis. Mais j'avais déjà essayé, maintes fois. Malheureusement les gardes me repéraient toujours et me ramenaient dans ce cachot qu'était ma chambre. Mon père ne voulait rien entendre, il ne comprenait pas mon attitude. Comment pouvait-il comprendre ? Il n'était pas à ma place, il ne vivait pas ce que je vivais...
   Cette fois ci, c'était décidé, j'allais quitter cette vie d'enfer pour de bon. Dès ce soir, après le dîner, je fuirais le château, loin et jamais je ne reviendrais.

   L'attente fut longue, le dîner interminable. Je n'avais été évoquée qu'en début de repas et on avait parlé de moi comme d'une vulgaire marchandise.

    Une fois le dîner fini, je feignis un intérêt pour le prince et gardai un joli sourire jusqu'à ce que tout le monde soit parti. Mon père me raccompagna à ma chambre et m'y laissa, m'embrassant sur la joue et disant qu'un jour, je serai reine. Je le saluai, et il partit.



   Je ne veux pas être reine, je veux être libre d'accomplir mes rêves.


   C'en était assez. J'attrapai le chandelier placé dans le coin de ma chambre et le renversai sur mon lit. Rapidement, les draps commencèrent à brûler, puis le bois. J'observai les flammes dévorer ma chambre, dévorer mon cachot. J'ouvris la fenêtre, ôtai les terribles chaussures qu'on m'avait forcée à porter et je sortis. Le long des remparts, m'accrochant, comme dans ma jeunesse, aux parois du château et descendit doucement, pieds nus, jusqu'au sol.

   J'étais sortie. Aucun garde n'était là; ils étaient certainement allés voir l'origine de ce feu qui dévorait maintenant une bonne partie de la tour. J'étais libre. J'observai une dernière fois ma demeure, sachant que je brisais le cœur de mon père, puis je me mis à courir vers la vallée, loin, de mon passé, loin de ma souffrance et vers mes rêves.



   Au fur et à mesure de ma course, je voyais une étrange forme se dessiner, comme une immense fenêtre qui apparaissait au loin. Qu'était-ce donc ?


   Ma course se termina là, au pied de cette étrange coupure. Le monde semblait différent derrière. Je grimpai, il y avait des dorures... Des dorures gigantesques qui séparaient le paysage verdoyant de mon côté et le paysage plus géométrique de l'autre.

   Je vis un couloir, un immense couloir, bordé de gigantesques peintures, Elles représentaient des endroits tous plus féériques les uns que les autres. Une échelle semblait se présenter à moi, sur le bord du cadre. Je l'attrapai sans problème et descendis dans une étrange charrette rouge. C'est là que je la vis, une petite fille gigantesque qui me regardait fixement avec un sourire bienveillant. J'étais ridicule face à elle, cet objet rouge était sûrement un de ses jouets. Elle ne semblait pas étonnée par ma présence.

   Me retournant, j'observais la peinture d'où je venais. Mon ancien monde était maintenant immobile, fixe, gardant pour toujours le souvenir d'un' château enflammé par mon désir de vivre. Je regardai autour de moi et observai tous les cadres magnifiques. J'aperçus dans l'un d'eux un marin à bord d'un navire qui voguait vers une île boisée, mystérieuse. Je pointai alors ce cadre du doigt. La petite géante observa dans la même direction que moi et compris mon intention. Elle s'approcha lentement de moi à quatre pattes et me saisit doucement entre ses doigts immenses sans me faire de mal. Je me sentais voler.

   Elle m'amena à ce cadre et leva ses mains en coupe pour que j'y accède. Je vis le monde se mettre à vivre alors que je m'en approchais. Je me retournai alors vers le visage de la petite fille, la remerciai d'un signe de la tête et traversai le cadre, commençant une nouvelle vie, un nouveau rêve.


   Alexandre


   PS de Marine : Et voilà ! Dorénavant, vous connaissez la plume d'Alexandre. Si vous voulez qu'il revienne écrire ici, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour le lui faire savoir, ça lui fera très plaisir ! En attendant, je vous dis à bientôt pour un nouvel article !

LUNA LA LUNE, FANFICTION

   Bien le bonjour, tout le monde !

   Le florilège des 5 ans se poursuit avec un texte de Luna la Lune ! Il s'agit d'une fanfiction, alors un petit disclame est de rigueur : les personnages et l'univers appartiennent Fujio Akatsuka et aux studios Pierrot.



Je regarde la boite face à moi, en silence. Je suis Osomatsu Matsuno, l'aîné de sextuplés. J'ai la vingtaine, des cheveux et des yeux noirs. J'aime jouer au pachinko et parier au tiercé. Je suis au chômage. Je vis encore chez mes parents.
Mes frères sont partis. Tous. Sans exception. Ça a commencé avec Choromatsu, qui a trouvé du travail. Puis les autres ont suivi.
Mais je ne n'ai pas besoin d'eux.
J'ouvre la boite. Ils reviendront bientôt, je le sais. Ils sont comme moi : des flemmards immatures. Impossible qu'ils gardent le moindre travail. Et sans travail, pas de logement. Donc ils vont revenir. Ils auront honte, et ils l'auront bien mérité. Ce sont des idiots. Comment peuvent-ils croire qu'ils sont capables d'être autonomes ? Sans moi, ils ne sont rien.
Tandis que moi, je n'ai pas besoin d'eux.
Je prends une pilule. Je suis Osomatsu Matsuno. Je suis l'aîné. De mes six frères, j'ai toujours été le chef. C'est toujours moi qui ai choisi ce que nous devions faire, sur telle ou telle chose. J'ai toujours eu les idées, les stratagèmes, les ruses, les plans... Je connais ma famille par cœur, et grâce à ça, j'ai à chaque fois pu convenir à leurs attentes. Eux ne m'ont jamais rendu la pareille.
Ce sont des boulets. Je n'ai pas besoin d'eux.
Je prends une pilule. Choromatsu a toujours joué au plus malin, alors qu'il n'est qu'un stupide fan d'idole. C'est un idiot naïf qui s'est toujours placé au-dessus de tout le monde. N'importe quoi. Trouver un travail ? Fonder une famille ? Pourquoi a-t-il toujours placé la barre si haut ? Notre vie ne lui convient pas ? Nos parents nous logent gratuitement et nous donnent de l'argent. On vit dans une ville paisible. On a des amis sur qui compter. Et puis, à nous six, nous formons déjà une famille. Quel besoin a-t-il de trouver une femme et de faire des enfants ?
C'est stupide. Il n'a pas besoin de ça.
Aucun de mes frères n'a besoin de ça. Ils le savent très bien. Ils ne veulent juste pas l'avouer devant moi. Ils ne veulent pas révéler qu'ils ont seulement besoin de moi. Parce que je suis l'aîné. Je suis le pilier. Le protecteur. Le guide. Ils vont revenir vers moi.
Je prends une pilule.
...
Lors de la fête de départ de Choromatsu, je me suis énervé contre Jyushimatsu. J'ai été violent avec lui. J'aurai peut être dû l'être moins.
... Karamatsu m'a frappé après ça. C'est la première fois qu'il levait la main sur moi.
... Totty m'a aussi frappé quand je n'ai pas dit au revoir à Choromatsu. Et je lui ai rendu son coup.
... Il l'avait mérité. Un cadet ne frappe pas son aîné pour une raison aussi stupide.
... Mais... Il a tout de même eut un œil au beurre noir...
Mais ce n'est pas grave. Je devais lui remettre les idées en places.
Je prends une pilule. C'est bizarre. Ma gorge est bizarre.
Je n'aurai pas dû être violent avec Jyushimatsu. Je n'aurai pas dû frapper Totty. Mais c'est de la faute de Choromatsu : son départ m'a énervé.
... Mais j'aurai dû me retenir. C'est mon rôle d'aîné.
... J'ai mal au cœur.
Ca fait mal.
Todomatsu est partit parce que je l'ai frappé, n'est-ce pas ? Je suis sûr que c'est ça.
Et Karamatsu ? Ichimatsu ? Jyushimatsu ? Pourquoi sont-ils partis ?
... J'aurai dû dire à Choromatsu qu'il n'avait pas besoin de travailler. S’il avait su que j'avais de l'argent, il serait resté, n'est-ce pas ? Et les autres aurait fait de même.
... Ce n'est pas trop tard. Je peux aller les voir et leur expliquer : « J'ai gagné au Pachinko mais, pour ne pas que vous dépensiez tout, j'ai confié l'argent à Maman ! Le même argent qu'elle fait mine d'avoir gagné à son travail et qu'elle vous donne de temps à autres ! ». Ils me demanderont sûrement comment j'ai fait pour gagner au Pachinko alors que je n'ai même pas assez pour y jouer. Je leur répondrais alors que certains hommes au pachinko me trouvent très mignon, et qu'ils me donnent de l'argent en échange de services.
... J'ai pris combien de pilules… ?
Ça ne marchera pas. Choromatsu ne cherche pas seulement à gagner de l'argent. Il cherche une vie stable. Une vie où il fait quelque chose d'utile. Il cherche à s'épanouir. Et mes autres frères aussi. Ils ont des objectifs. Des objectifs qu'ils ont tenté d'atteindre, même lorsqu'ils vivaient encore ici.
Todomatsu travaille encore au café. Il va sûrement se faire l'une de ses deux collègues.
Jyushimatsu est promis à une brillante carrière de baseballeur. Et puis il va peut être retrouver cette fille dont il est amoureux.
Karamatsu est plus intelligent qu'il ne le laisse croire. Il est débrouillard, optimiste, et sa gentillesse va lui ouvrir de nombreuses portes.
Ichimatsu se satisfait juste avec des chats. Il va rapidement trouver son bonheur.
Ils n'ont pas besoin de moi.
La boite est vide. Ma tête fait mal. N'était-elle pas remplie ? Je veux vomir. Choromatsu a tout détruit. J'en ai marre. Il a tout brisé. Mon utopie.
Je suis Osomatsu Matsuno, l'aîné de sextuplés. J'ai la vingtaine, des cheveux et des yeux noirs. J'aime EFZBIZEBIMES.FRERESFOBOÉ jouer au pachinko et HOZEHEOVHETRE.AVEC.EUXEBIVB parier au tiercé. Je suis au chômage. Je vis encore chez mes parents.
Mes frères sont partis FEZBOBFBIFÉM.ONT.ABANDONNÉSCBICO&BC. Tous. Sans exception. Ca a commencé avec Choromatsu qui a trouvé un travail.
J'AIME MES FRÈRES.
Je viens de vomir. Et je vomis encore. Partout sur le sol, mes pieds...
J'AIME ETRE AVEC EUX
Je suis par terre. Pourquoi je suis par terre ? C'est dégueulasse... J'en ai plein les genoux... les mains...
ILS M'ONT ABANDONNE
T'étais pas bien avec nous, Minimatsu ? T'étais pas bien avec moi ? J'ai mal au crâne. Vous étiez tous pas bien ici ? C'est pour ça ? Pour ça qu'vous avez essayés de me remplacer ? Je gerbe encore. Tu veux une blague ? Tu veux rire un bon coup ? Ben je vais te dire : Je vois tout flou ! Tout flou tout flou ! AHAHAH ! C'est drôle hein?
Je me lève. J'suis entrainé vers la droite. Ou vers la gauche. Mais on s'en fout du sens, non ? Ouais, on s'en contre fout ! Mes jambes, c'est de la guimauve. C'est bon la guimauve. Tu te rappelles, Jyushimatsu ? J'suis sûr que tu te rappelles... Quand on avait piqué des chamallows et qu'on les avait mangé en douce... après les avoir fait griller dans la cheminé...
Je suis une merde. J'ai jamais rien foutu à l'école. De nous six, c'était moi qui avait les pires notes. Du coup c'était facile de gueuler « On s'en fout des cours ! ». C'était facile pour moi de sécher ! Ouais, c'était tellement putain de facile. Et je suis l'aîné. Ca a toujours été moi, le chef. Alors vous dire de sécher et de ne pas bosser, ça aussi c'était facile. J'ai toujours été doué pour vous convaincre.
Comme ça, vous restiez avec moi.
Mauvais élèves : Pas de diplôme : Pas d'emplois. C'est simple. C'est putain de tellement simple !
Les frères Matsuno : ensemble pour la vie. Les frères Matsuno : flemmards et immatures. Les frères Matsuno... Seulement les frères Matsuno... Les SIX frères, ensemble, encore et encore !
... Je viens de taper le mur. Ou le sol.
... Mes yeux brûlent. Ma gorge aussi.
... Mes mains tremblent. Je ne tiens pas debout. Je ne tiens plus debout.
Je suis Osomatsu Matsuno, l'aîné de sextuplés.
C'EST MA SEULE IDENTITEE.
J'ai toujours été le chef.
CAR JE NE SAIS QUE DONNER DES ORDRES.
J'aime jouer au Pachinko et parier.
CAR JE PEUX GAGNER DE L'ARGENT TOUT EN VOYANT MES FRÈRES QUAND JE LE VEUX
Je suis colérique et VIOLENT, flemmard et INSIGNIFIANT, idiot et NAVRANT. Le pire des exemples, la pire des merdes, le pire des aînés, le pire des frères. Un boulet. Celui en trop. L'égoïste. Le lâche. Le peureux. Le menteur. La pute.
Je n'ai rien accompli. Rien fait de ma vie. J'ai tiré les autres vers le fond pour ne pas assumer mes échecs. J'ai cru en une Utopie. Cru en mes frères. Cru qu'on serait ensemble jusqu'à la fin.
Je me suis voilé la face. J'ai fais genre que je les connaissais, mais mes frères ont leur vie privée. Une vie que j'ignore. Une vie dont je suis exclu. Une vie où je n'ai pas ma place.
Je m'en fous d'avoir un boulot. Je m'en fous d'avoir une femme ! Je m'en fous d'avoir des gosses, du fric ou de la reconnaissance ! J'men fous d'être intelligent ! J'men fous des prestiges ! Moi tout ce que je veux... Tout ce que je veux...
Tout ce que je veux c'est mes frères. J'ai besoin d'eux.
...
Je suis un idiot, n'est-ce pas ? Si je suis dans cette situation, c'est entièrement de ma faute. Je n'ai jamais rien pris au sérieux. Je ne voulais rien prendre aux sérieux. Je voulais juste rester un enfant. Je voulais continuer à vivre paisiblement, avec mes frères. Mais à force, je n'ai fait que les mauvais choix, hein ? C'est à cause de mes actions que je me retrouve tout seul, n'est-ce pas ?
Ah… Ahah... Quelle douce ironie... C'est en voulant conserver ce que j'ai de plus cher... Que j'ai tout perdu... Alors, oui, on peut le dire... Je suis un véritable idiot.
Je crois que je pleure. Je ne sais pas. Je ne sens plus rien. Juste... Je vois flou. Comme si des larmes voilaient mes yeux. J'ai un sourire. Un sourire amer. Et puis je n'entends plus rien, sauf mon cœur. Il bat avec une certaine régularité. De plus en plus lentement. C'est apaisant...
Je veux dormir.
Choro... Kara... Ichi... Jyushi... Totty...
...
Je suis désolé... Je suis... Je suis tellement désolé...
...
Je....
« OSOMATSU ! »
....
.... Je vous aime.
....
...
..
.

Luna la Lune 


   PS de Marine : Je reconnais que je n'ai pas pris le texte le plus… joyeux de Luna (les autres le sont bien plus en règle général), mais j'ai vraiment, vraiment eu un coup de cœur pour celui-ci. Et elle m'a dit que j'étais totalement libre dans mes choix, alors je n'ai pas vraiment hésité. Cette auteur est aussi présente sur Skyblog, Fanfiction.net et Wattpad si vous êtes intéressés ! En attendant, moi, je vous dis à bientôt…