vendredi 7 février 2014

LORENZACCIO

   Ah, je vous l'avais promis et je ne voulais pas faillir à ma parole. Surtout que cela m'aurait fait perdre l'occasion de faire un article sur un chef d'œuvre, ce qui aurait été un peu bête…

   Alors, qu'est-ce donc que Lorenzaccio ? Alors, Lorenzaccio est une œuvre du célèbre poète et dramaturge Alfred de Musset, considéré comme l'enfant prodige du romantisme, titre qu'il n'a en rien usurpé, à mon humble avis. 
   Musset a écrit deux recueils appelés Un spectacle dans un fauteuil où l'on retrouve, entre autre, Les caprices de Marianne, On ne badine pas avec l'amour… Et Lorenzaccio ! Alors, pourquoi publier des pièces de théâtre dans un recueil ? Parce que Musset n'écrivait plus pour la scène depuis que l'une d'entre elles,  La nuit vénitienne pour être précis, avait été mal accueillie par le public. Il refusera alors d'écrire de nouveau pour la scène. De ce fait, Lorenzaccio a été, pendant des années et des années, considérée comme une pièce injouable. Je reviendrai là-dessus plus tard.

   Au sein de l'histoire se distinguent trois intrigues : celle de la famille Strozzi, des républicains dans l'âme, qui rêvent de renverser le tyran pour mettre en place une république. Celle de la marquise de Cibo qui, pour délivrer la ville de Florence de la tutelle du pape et du roi Charles Quinte, décide de devenir l'amante du tyran. Et celle de Lorenzo de Médicis qui a un beau jour décidé d'assassiner un tyran de sa propre main. 

   Ai-je besoin de dire à quel point cette pièce est magnifique ? Sans blague, moi qui ai toujours adoré Hamlet, je ne pensais pas que cette pièce détrônerait Shakespeare du podium. Surtout qu'à ma première lecture, je n'étais pas franchement convaincue. Mais à force de l'étudier en classe, d'en découvrir toutes les facettes, de fouiller chaque personnage… Je suis tombée amoureuse de cette intrigue ô combien sombre qui propose un panel de personnages torturés. Un délice !

A votre gauche, voici l'affiche originale de la première représentation de la pièce en 1896, dessinée par Alfons Mucha. 

   Je vous disais plus tôt que Lorenzaccio était considérée comme une pièce injouable et ce, pour plusieurs raisons : tout d'abord à cause du trop grand nombre de personnages et de lieux différents. Après, de par la complexité de l'intrigue. Musset a entrelacé les trois histoires si bien qu'il peut parfois être dur de savoir qui est qui sur scène. De plus, la pièce est longue. Pas moins de cinq actes, soit trente-six scènes, soit neuf heures de représentation au total. Ajoutait à cela un langage lyrique et des répliques parfois très longues, la pièce était vraiment mal partie pour être mise en scène. 
    Mais cela n'a pas découragé Sarah Bernardt pour autant. C'est en 1896 qu'elle monte sur scène pour interpréter Lorenzaccio. Si le texte a subi de très sévères modifications à l'époque, elle n'en reste pas moins un succès. Aujourd'hui, Lorenzaccio est la pièce la plus jouée par la Comédie Française, même si, à ce jour, elle n'a toujours pas été représentée intégralement. 

   Pourquoi ai-je adoré cette pièce ? Houlà, heu… Pour le personnage de Lorenzo, tout d'abord. Méprisé par tous, il porte en lui l'orgueil et la douleur des plus grands héros tragiques sans pour autant nous entraîner dans le misérabilisme. Je n'ai eu en rien pitié de lui. Je le trouvais juste… extraordinaire. Lui qui était un jeune étudiant pur et tranquille, il a pris la soudaine et folle décision qu'un tyran tomberait de sa main. Pour cela, il est prêt à accomplir les pires bassesses jusqu'à y perdre sa propre âme. C'est en ça que je l'ai trouvé émouvant. 
   Ensuite…  Pour la beauté du texte. Pour les intrigues qui tirent irrésistiblement vers l'échec. Pour le personnage d'Alexandre de Médicis, celui de Tebaldeo, celui du cardinal Cibo, également, dans une moindre mesure. Et pour plein d'autres raisons que je ne saurai exprimer. C'est ainsi. 

   En tout cas, je vais m'arrêter là sinon cet article n'en finira pas. Voilà pour aujourd'hui, j'espère vous avoir convaincu ! N'oubliez pas que vous pouvez me suivre sur Twitter, Facebook et Google +, mais aussi devenir membres du blog ou vous abonner. Vous pouvez aussi me suggérer des articles par mail (marine.lafontaine@sfr.fr). D'ailleurs, le prochain article sera un article commande. J'espère que vous l'aimerez ! 

Marine Lafontaine  

    

1 commentaire:

Philippe PILLAVOINE a dit…

Bonjour Marine,
Merci pour votre blog et votre témoignage sur Lorenzaccio. J'ai beaucoup aimé et comme vous c'est un personnage dramatique qui m'attire. J'ai prévu de le jouer prochainement et en attendant organise des conférences. Je vous invite à regarder une vidéo d'une des récentes conférences : Lorenzaccio sur scène animée par Coralie Pasbecq : http://bit.ly/lorenzaccio-s-scene.
Bonne conférence !